Durant la Préhistoire, quand les dinosaures et les mammouths parcouraient encore la terre, un homme des cavernes courageux, Doug, et son meilleur ami Crochon s’unissent pour sauver leur tribu d’un puissant ennemi… Cro Man est la dernière création de l’anglais Nick Park, l’auteur bien connu de Chicken Run et Wallace et Gromit. Il est réalisé par les studios Aardman en utilisant comme toujours la technique de la pâte à modeler filmée en stop-motion. L’idée est originale, l’humour se niche beaucoup dans les détails et aussi dans le décalage et les anachronismes, un peu à la manière d’Astérix. Le scénario est moins riche que dans les productions Aardman précédentes mais le film nous fait tout de même passer un bon moment. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Antoine Peyralout est livreur pour le pâtissier de son village en Bourgogne. Fervent supporteur de l’équipe de football locale, il n’hésite pas à enfourcher son triporteur pour aller à Nice assister à la finale de la Coupe…
Adaptation d’un roman de René Fallet, Le Triporteur est le film qui fit découvrir Darry Cowl à la France entière. Il y montre déjà tous ses particularismes dans sa façon de parler et de se déplacer. L’humour est simple et bon enfant ; il fonctionne toujours bien, même s’il accuse son âge par endroits. Le film est construit comme une suite de sketches sans beaucoup de recherches sur la mise en scène. Certaines scènes sont vraiment mémorables : Darry Cowl contrôlé par le motard Pierre Mondy, ou le repas chez les paysans (avec Roger Carel) sont des grands moments d’humour. Darry Cowl est vraiment omniprésent, il est de toutes les scènes, et le plus étonnant est qu’il ne faiblit jamais. Comme on le sait, la suite de sa carrière au cinéma sera hélas beaucoup moins mémorable. Film populaire par excellence, Le Triporteur a connu un grand succès autant au cinéma que lors de ses multiples passages à la télévision. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarques :
* C’est dans Le Triporteur que Darry Cowl prononce (une seule fois) l’expression « petit canaillou ! » qui lui restera associée jusqu’à la fin de ses jours.
* Jacques Pinoteau a tourné une suite, Robinson et le triporteur (1959), beaucoup moins remarquable.
Darry Cowl et Pierre Mondy dans Le Triporteur de Jacques Pinoteau.
Lors d’un match de football américain, le caméraman Harry Hinkle est violemment heurté par le joueur Boom Boom Jackson. Le beau-frère d’Harry, un avocat peu scrupuleux, lui conseille de simuler la paralysie pour toucher l’assurance… Après le scandale de Kiss Me Stupid, Billy Wilder et I.A.L. Diamond se retrouvent comme « les parents d’un enfant à deux têtes qui n’osent plus avoir de rapports sexuels ». Les deux compères mettent finalement un terme à leur abstinence en écrivant cette comédie qui fustige cette fois, non plus la luxure, mais la cupidité. Dans ce portrait au vitriol, la vénalité est omniprésente, seul un personnage est épargné : le footballeur noir, dont la naïveté est toutefois trop excessive pour être crédible. L’équilibre entre la satire mordante et l’humour se révèle un peu délicat mais le film regorge de ces one-liners typiques de Wilder, le plus souvent de la bouche de Walter Matthau qui est vraiment le pilier de l’ensemble. L’acteur fut d’ailleurs récompensé par un Oscar. The Fortune Cookie n’est sans doute pas un grand Billy Wilder mais n’en est pas moins plus que plaisant. Elle: Lui :
Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 4,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Ron Rich, Jack Lemmon et Walter Matthau dans La Grande Combine de Billy Wilder.
Remarques :
* Comme pour plusieurs de ses films des années soixante (The Apartment – One, Two, Three – Kiss me Stupid), Billy Wilder reste fidèle au Cinémascope noir et blanc.
* Le tournage a du s’interrompre plusieurs semaines à la suite d’une crise cardiaque de Walter Matthau. Lorsqu’il fut en état de reprendre le tournage, l’acteur dut porter un gros manteau et autres rembourrages pour cacher sa perte de poids.
* Le premier de douze films avec le tandem Jack Lemmon / Walter Matthau.
* Aux Etats-Unis, on appelle « Fortune Cookie » le petit gâteau, servi à la fin du repas dans les restaurants chinois, dans lequel on trouve un morceau de papier où est écrit une maxime, une citation ou un « proverbe chinois ».
* Le film fut distribué au Royaume-Uni sous le titre Meet Whiplash Willie.
* 200 000 dollars de 1966 sont équivalents à 1 500 000 dollars d’aujourd’hui.
Jack Lemmon et Walter Matthau dans La Grande Combine de Billy Wilder (photo publicitaire).
Judi West, Jack Lemmon et Cliff Osmond dans La Grande Combine de Billy Wilder (photo publicitaire).
A Grimsby en Angleterre, Nobby n’a pas de travail mais vit très heureux avec ses neuf enfants qui l’adorent et ses copains supporters de foot. Il regrette seulement son frère dont il a été séparé quand il était enfant et qu’il n’a jamais revu. Il va le retrouver par hasard : il est devenu agent secret de haut niveau, l’un des meilleurs agents du MI6… Sacha Baron Cohen a confié la réalisation de son cinquième opus au français Louis Leterrier. Comme on le sait, l’humoriste n’a pas pour habitude de faire de la petite dentelle mais il avait toujours su éviter de tomber dans le mauvais goût. Cette fois, il a décidé d’y aller franchement et nous livre un condensé d’humour potache et trash, sous couvert de satire des films d’espionnage. Sacha Baron Cohen ose tout (c’est même à ça qu’on le reconnait…) Il y a des passages très drôles mais, finalement, le plaisir est plus dans le souvenir que l’on garde (on pense « il fallait oser ») qu’au moment du visionnage (pendant lequel on pense sans arrêt « c’est pas vrai… »), visionnage qui est finalement un peu pénible. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarque :
* Grimsby existe bel et bien : cette ville de 80 000 âmes est située sur la côte est de l’Angleterre. Comme on peut s’en douter, ses habitants n’ont pas été franchement ravis de l’image donnée d’eux… Il est vrai que cela ne donne pas envie d’aller y passer ses vacances !
Mark Strong et Sacha Baron Cohen dans Grimsby – Agent trop spécial de Louis Leterrier (admirez l’écriteau sur la porte du pub…)
Pete Wilson est le meilleur joueur de football de son équipe, au sommet de la gloire pour le grand plaisir de sa femme Liza qui voit en lui un moyen d’atteindre la réussite sociale. Une grande partie de l’argent qu’il gagne est englouti dans la société de décoration intérieure qu’elle tente de monter… Adapté d’une histoire écrite par Irwin Shaw, Easy Living n’a pas très bonne réputation. Les déclarations de Jacques Tourneur lui-même, exprimant son aversion pour le film, y ont certainement contribué (1). Pourtant, il ne manque pas de qualités. Cette parabole sur le monde du sport est aussi une vision de la société américaine où l’homme n’est qu’un pion sans réel pouvoir sur sa propre vie. Cette vision paraît encore plus désenchantée si l’on considère ce personnage du pseudo-mécène, homme d’une caste supérieure qui s’amuse à regarder se débattre ses congénères. Si le film comporte quelques faiblesses notamment sur le plan du déroulement (sautes brutales) et sur le plan de l’interprétation (Lizabeth Scott n’est pas dans la bonne tonalité), Easy Living n’en reste pas moins fort bien mis en scène et photographié, avec une noirceur élégamment distillée. Il a aussi pour lui d’être assez original comme en témoigne sa fin, un peu expédiée, peut-être, mais surprenante, sans aucun doute. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarques :
* Cet Easy Living de Jacques Tourneur (RKO) n’a absolument aucun lien avec le Easy Living de Mitchell Leisen (1937), par ailleurs une excellente comédie de la Paramount.
* La nouvelle d’Irwin Shaw s’intitule An Education of the Heart. L’adaptation a été écrite par Charles Schnee, scénariste qui a travaillé pour Hawks, Wellman, Ray et Minnelli.
(1) Jacques Tourneur avait du accepter le sujet car il devait un dernier film à la RKO. Il a déclaré n’avoir jamais vu un match de football avant de réaliser ce film et qu’il n’avait aucun intérêt envers ce sport.