2 octobre 2019

Des filles disparaissent (1947) de Douglas Sirk

Titre original : « Lured »

Des filles disparaissentA Londres, un tueur en série attire des jeunes femmes par petites annonces et avertit à l’avance la police de son crime par l’envoi d’un poème sibyllin. Lorsque l’américaine Sandra Carpenter voit son amie disparaître, elle accepte de travailler pour Scotland Yard et de servir d’appât…
Entre deux décennies où il s’est consacré aux mélodrames, Douglas Sirk a été plutôt éclectique pendant celle des années quarante. Ce film noir est un remake de Pièges, tourné en France par Robert Siodmack en 1939 alors qu’il avait fui l’Allemagne nazie. Que Douglas Sirk n’ait eut qu’un budget assez réduit pour réaliser Lured ne se ressent guère, ni dans les décors ni les costumes. L’atmosphère est assez forte alimentée par une belle galerie de personnages au comportement suspect et inquiétant. Lucille Ball tient le rôle  central de cette histoire avec beaucoup d’aplomb et de charme ; elle est vraiment remarquable. George Sanders est égal à lui-même, l’acteur était alors au faite de sa popularité et tournait beaucoup. Les seconds rôles sont tous très bien tenus par un beau plateau d’acteurs. Lured n’eut aucun succès à sa sortie mais bénéficie aujourd’hui d’un regain d’intérêt, après restauration. Il le mérite.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: George Sanders, Lucille Ball, Charles Coburn, Boris Karloff, Cedric Hardwicke, Joseph Calleia, Alan Mowbray
Voir la fiche du film et la filmographie de Douglas Sirk sur le site IMDB.

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Des filles disparaissentLucille Ball, Charles Coburn et George Sanders dans Lured (Des filles disparaissent) de Douglas Sirk.

Des filles disparaissentGeorge Zucco et Lucille Ball dans Lured (Des filles disparaissent) de Douglas Sirk.

Des filles disparaissentBoris Karloff dans Lured (Des filles disparaissent) de Douglas Sirk.

16 juillet 2018

Ma femme en feu (1938) de Garson Kanin

Titre original : « Next Time I Marry »

Ma femme en feuLa riche héritière Nancy Fleming aborde un inconnu dans la rue et lui offre de l’argent pour l’épouser. Son père décédé a en effet mis comme condition d’épouser un vrai américain pour éviter qu’un gigolo étranger ne s’empare de son cœur et de son argent. Elle cherche aussitôt à se débarrasser de son nouveau mari en allant divorcer à Reno mais ce dernier veut surtout récupérer son chien qu’elle a emmené par inadvertance…
Le formidable succès de It Happened One Night (New York – Miami, 1934) de Frank Capra a engendré beaucoup de copies ou variations diversement réussies. Deuxième réalisation de Garson Kanin, Next Time I Marry, (il est préférable d’oublier le titre français racoleur)  figure parmi les meilleures. La base du scénario est la même : une jeune femme riche et un jeune homme pauvre se retrouvent forcés de cohabiter le temps d’un voyage. Là encore, l’homme américain est idéalisé : il a beau être pauvre, il n’en est pas moins désintéressé et surtout il est particulièrement malin et débrouillard. Cette comédie screwball est très plaisante, mais bien entendu, moins mémorable que le film de Capra, son modèle.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Lucille Ball, James Ellison, Lee Bowman
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Next time I marry
James Ellison et Lucille Ball dans Ma femme en feu de Garson Kanin.

11 mars 2014

Easy Living (1949) de Jacques Tourneur

Easy LivingPete Wilson est le meilleur joueur de football de son équipe, au sommet de la gloire pour le grand plaisir de sa femme Liza qui voit en lui un moyen d’atteindre la réussite sociale. Une grande partie de l’argent qu’il gagne est englouti dans la société de décoration intérieure qu’elle tente de monter… Adapté d’une histoire écrite par Irwin Shaw, Easy Living n’a pas très bonne réputation. Les déclarations de Jacques Tourneur lui-même, exprimant son aversion pour le film, y ont certainement contribué (1). Pourtant, il ne manque pas de qualités. Cette parabole sur le monde du sport est aussi une vision de la société américaine où l’homme n’est qu’un pion sans réel pouvoir sur sa propre vie. Cette vision paraît encore plus désenchantée si l’on considère ce personnage du pseudo-mécène, homme d’une caste supérieure qui s’amuse à regarder se débattre ses congénères. Si le film comporte quelques faiblesses notamment sur le plan du déroulement (sautes brutales) et sur le plan de l’interprétation (Lizabeth Scott n’est pas dans la bonne tonalité), Easy Living n’en reste pas moins fort bien mis en scène et photographié, avec une noirceur élégamment distillée. Il a aussi pour lui d’être assez original comme en témoigne sa fin, un peu expédiée, peut-être, mais surprenante, sans aucun doute.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Victor Mature, Lucille Ball, Lizabeth Scott, Sonny Tufts, Lloyd Nolan
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Remarques :
* Cet Easy Living de Jacques Tourneur (RKO) n’a absolument aucun lien avec le Easy Living de Mitchell Leisen (1937), par ailleurs une excellente comédie de la Paramount.
* La nouvelle d’Irwin Shaw s’intitule An Education of the Heart. L’adaptation a été écrite par Charles Schnee, scénariste qui a travaillé pour Hawks, Wellman, Ray et Minnelli.

(1) Jacques Tourneur avait du accepter le sujet car il devait un dernier film à la RKO. Il a déclaré n’avoir jamais vu un match de football avant de réaliser ce film et qu’il n’avait aucun intérêt envers ce sport.