23 septembre 2011

Visages d’Orient (1937) de Sidney Franklin

Titre original : « The Good Earth »
Autre titre français : « La terre chinoise »

La terre chinoiseL’histoire d’un couple de fermiers en Chine, à l’époque de la guerre civile… Adaptation d’un best-seller de Pearl Buck, Visages d’Orient  est une grande production de la MGM qui nécessita trois années de tournage. 200 hectares d’une vallée californienne furent transformés en campagne chinoise, des tonnes d’éléments de décor furent importées de Chine ; 1500 figurants furent employés. Le fait de faire interpréter des personnages chinois à des acteurs américains peut gêner. Cela ne correspond plus à nos standards modernes et choquera même certains spectateurs. Quand on accepte de dépasser cela, force est de constater que les performances de Luise Rainer et de Paul Muni sont assez remarquables. L’histoire, assez émouvante, est bien mise en place et développée. Certaines scènes sont très spectaculaires : les foules dans la grande ville au moment de la Révolution sont impressionnantes avec une scène de pillage d’un palais qui grouille de monde et l’attaque des sauterelles est une merveille de trucages, vraiment saisissante. Visages d’Orient / La Terre chinoise bénéficie d’une réalisation parfaite et d’une interprétation pleine de sensibilité. Le film reste assez prenant aujourd’hui.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Paul Muni, Luise Rainer, Walter Connolly, Tilly Losch, Charley Grapewin
Voir la fiche du film et la filmographie de Sidney Franklin sur le site IMDB.

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Remarques :
1) Ont également participé à la réalisation :
– George W. Hill qui a tourné certains plans en Chine en 1933/34. Il devait être le réalisateur du film. Il est mort en 1934 avant que le tournage proprement dit ne commence.
– Sam Wood, qui a tourné certaines scènes dont celle du pillage.
– Victor Fleming
– Gustav Machatý

2) La période couverte par cette saga va globalement de 1900 à 1925. Il faut donc garder à l’esprit qu’à sa sortie, le film traitait d’une Histoire assez récente.

9 septembre 2011

L’ennemi public n° 1 (1934) de W.S. Van Dyke

Titre original : « Manhattan Melodrama »

L'ennemi public n° 1Le destin de deux amis d’enfance, tous deux orphelins : le premier devient procureur tandis que l’autre est un petit gangster vivant du jeu… Manhattan Melodrama est surtout célèbre pour avoir été le film que Dillinger est allé voir avant d’être abattu par la police à la sortie du cinéma. En France (et dans plusieurs pays européens), le titre fut alors changé de Un drame à Manhattan en L’ennemi public n°1. C’est pourtant bien un mélodrame, bien plus qu’une biographie de gangster. Le scénario a beau être écrit par le jeune Mankiewicz, il reste très conventionnel et sans surprise. L’interprétation est l’attrait principal du film : Clark Gable est un gangster plein de charme et de séduction, William Powell voit sa (déjà longue) Un drame à Manhattan carrière d’acteur rebondir, Manhattan Melodrama est le premier film où il apparaît en tandem avec Myrna Loy, ici particulièrement séduisante. A noter aussi la présence du très jeune Mickey Rooney qui interprète l’un des deux gamins au début de l’histoire. Le film fut un grand succès à l’époque… au point de réussir à faire sortir un véritable ennemi public n°1 de sa cachette.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Clark Gable, William Powell, Myrna Loy, Leo Carrillo, Nat Pendleton, Mickey Rooney
Voir la fiche du film et la filmographie de W.S. Van Dyke sur le site IMDB.
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Remarques :
* La M.G.M. aurait demandé à George Cukor de tourner quelques scènes additionnelles après montage, alors que W.S. Van Dyke était déjà occupé à réaliser son film suivant, The Thin Man.
* L’accident du General Slucum montré au début du film est un évènement authentique. Ce bateau qui remontait l’East River pour amener ses passagers à un pique-nique paroissial prit feu et sombra le 15 juin 1904 devant Manhattan, faisant plus de 1000 morts. En nombre de morts, c’est ainsi la plus grande tragédie de la ville de New York après celle du 11 septembre 2001.
* La chanson The bad in every man chantée dans le club par Shirley Ross a été légèrement réécrite peu après pour devenir Blue Moon, célèbre standard repris d’innombrables fois notamment par Django Reinhardt, Billie Holiday, Elvis Presley, Bob Dylan, Rod Stewart et Eric Clapton.

** Ne pas confondre ce film avec L’Ennemi public (The public enemy) de William A. Wellman (1931) avec James Cagney, Jean Harlow.
** Public enemies (2009) de Michael Mann, film qui retrace la vie de Dillinger, comporte quelques scènes de Manhattan Melodrama.

22 août 2011

Sa femme et sa secrétaire (1936) de Clarence Brown

Titre original : « Wife vs. Secretary »

Sa femme et sa secrétaireLa femme d’un séduisant patron de presse devient peu à peu suspicieuse et jalouse de la secrétaire de son mari… L’histoire est particulièrement simple et cette comédie de Clarence Brown serait parfaitement insignifiante sans le charme de ses trois interprètes principaux. La MGM réunit ici trois de ses plus grosses vedettes et ne prend aucun risque : chacun est dans son rôle de prédilection. Clark Gable est l’homme idéal que toute femme voudrait avoir pour mari : attentionné, moderne, brillant et aisé. Myrna Loy est l’épouse idéale, sage et amoureuse. Jean Harlow représente la tentation, séduisante jeune femme au grand cœur. L’ensemble est très sage, aucune connotation sexuelle à l’horizon (on pourra d’ailleurs noter que Jean Harlow est un peu moins blonde que d’habitude), la cible est visiblement ‘tous publics’. Le film était à l’époque fortement connoté de modernisme : les métiers de l’édition Sa femme et sa secrétaire et de la publicité étaient alors les plus modernes et les plus enviables qui soient, d’ailleurs Clark Gable semble toujours s’amuser. Le film reflète aussi un sujet alors très actuel, le dilemme pour une femme entre carrière professionnelle et vie sentimentale. A noter la présence de James Stewart dans un petit rôle ; c’est son 4e film. Sa femme et sa secrétaire a beau être un produit très calibré, il n’en reste pas moins plaisant. Mais il n’est guère plus que cela…
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Clark Gable, Jean Harlow, Myrna Loy, May Robson, James Stewart
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2 août 2011

Fric-Frac (1939) de Maurice Lehmann et Claude Autant-Lara

Fric-Frac Dans les tribunes d’un champ de courses, Marcel, sage employé d’une bijouterie, fait connaissance avec Loulou et Jo qui font partie du milieu des petits truands de Montmartre. Marcel est à tel point subjugué par Loulou qu’il repousse les avances de la fille de son patron… S’il est des films qui sont des supports pour de formidables numéros d’acteurs, Fric-Frac en est l’un des plus beaux fleurons. Il réunit trois acteurs au jeu particulièrement démonstratif dans des rôles où ils excellent : Arletty, combinaison de charme et de gouaille, le verbe haut, rapide dans la répartie, Fernandel en naïf, sentimental et chevaleresque et Michel Simon qui est tout à la fois. Tout l’humour repose sur le choc des cultures et les savoureux dialogues sont teintés d’un argot très coloré. L’histoire est totalement improbable mais très amusante. Les trois acteurs semblent prendre beaucoup de plaisir à jouer (1). Il est fascinant de voir qu’il ne surjouent jamais ; ils sont parfois à la limite mais ne la dépassent à aucun moment. Les dialogues fusent, l’humour est constant, il n’y a pas une seule scène faible. Fric-Frac n’est pas un « grand film »… mais quel plaisir de le regarder !
Elle:
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Fernandel, Michel Simon, Arletty, Hélène Robert, Andrex, René Génin
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(1) Et pourtant… Bien que cela ne se sente pas du tout à l’écran, Michel Simon et Fernandel ne s’entendirent pas du tout lors du tournage de Fric-Frac : les deux acteurs étaient en rivalité et le fait que Michel Simon parte souvent en improvisation ne devait rien arranger. Arletty dut fréquemment jouer les réconciliatrices et apaiser les conflits. Après Fric-Frac, Michel Simon et Fernandel ne retournèrent jamais de film ensemble.

Précision :
Fric-Frac est adapté d’une pièce de théâtre écrite par Edouard Bourdet en 1936. Elle fut jouée au théâtre de la Michodière par Victor Boucher, Arletty et Michel Simon. Ce fut un grand succès. A l’écran, Fernandel remplaça donc Victor Boucher.

(presque) Homonyme :
Fric frac, rue des diams (11 Harrowhouse) film anglais de Aram Avakian (1974) avec Charles Grodin et Candice Bergen.

14 juillet 2011

Pilote d’essai (1938) de Victor Fleming

Titre original : « Test pilot »

Pilote d'essaiLui :
Jim Lane est un pilote d’essai : il vole sur des prototypes qu’il pousse aux limites de leurs possibilités. Il côtoie le danger et brûle la vie par les deux bouts. A la suite d’incidents mécaniques, il se pose en plein champ et c’est une jeune femme qui vient lui porter secours… Test Pilot repose avant tout sur un solide trio d’acteurs aimés du public de 1938. Le Pilote d’essai c’est Clark Gable qui est ici dans un de ces rôles de juvénile tête brûlée qui lui vont si bien. Il forme un tandem très complémentaire avec Spencer Tracy, son mécanicien, dévoué et effacé, la tête sur les épaules. Myrna Loy symbolise le charme et l’intelligence, un rôle très flatteur pour elle Pilote d'essai (elle a d’ailleurs déclaré plus tard que Test Pilot était son film préféré) dans lequel elle paraît très à son aise. Les dialogues sont assez vifs et relevés du moins dans un premier temps car le scénario tombe rapidement dans la banalité. Les scènes d’aviation peuvent paraître datées à nos yeux blasés d’aujourd’hui mais elles n’en restent pas moins remarquables pour l’époque. Pilote d’essai fut l’un des plus grands succès commerciaux de la MGM.
Note : 2 étoiles

Acteurs: Clark Gable, Myrna Loy, Spencer Tracy, Lionel Barrymore
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Remarques :
Test Pilot aurait inspiré Howard Hawks pour son très beau Seuls les anges ont des ailes (1939).

8 juillet 2011

Les 39 marches (1935) de Alfred Hitchcock

Titre original : « The 39 Steps »

Les 39 marches En allant assister à une représentation de music-hall, un homme se retrouve impliqué dans une histoire d’espionnage. Il a à ses trousses une mystérieuse organisation et aussi la police qui le croit coupable d’un meurtre… Fort du succès de L’homme qui en savait trop (la version de 1934), Alfred Hitchcock obtient plus de liberté et plus de budget pour tourner Les 39 marches, librement adapté d’un livre de John Buchan. Il déroule son histoire avec un découpage très rythmé, le héros passant avec grande rapidité d’une situation à une autre, chacune semblant la dernière pour lui. La tension qui s’installe très rapidement ne retombe jamais, tout au plus est-elle soulagée par de petites notes d’humour. Hitchcock montre beaucoup de maitrise et il a des traits de génie comme cette transition/fusion entre le cri de la concierge qui trouve le cadavre et le sifflet du train qui emporte le fugitif. Robert Donat trouve le ton parfait pour interpréter ce héros simple, à l’attitude empreinte de flegme dans un style éminemment britannique. Très belle fin, un surprenant exemple de conscience professionnelle! Malgré des moyens limités, Les 39 marches a beaucoup de charme ; il fait partie des meilleurs films d’Alfred Hitchcock.
Elle: 4 étoiles
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Robert Donat, Madeleine Carroll, Lucie Mannheim, Godfrey Tearle, Peggy Ashcroft, John Laurie, Frank Cellier
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Remarques :
* Tout le film a été tourné en studio, au Lime Grove Studio à Londres. La campagne écossaise y était si bien recréée que les moutons introduits dans une scène se crurent en pleine nature et commencèrent à brouter tranquillement. Hitchcock dut tourner rapidement avant qu’ils n’avalent la moitié du décor !
* L’auteur du livre, John Buchan, occupait alors la fonction de British Governor General of Canada, il siégeait au Parlement Britannique.
* Dans ses entretiens avec François Truffaut, Hitchcock raconte que, ce qui lui avait plu dans le livre de John Buchan, c’est l’understatement, comportement qu’il qualifie de « très britannique » (le mot n’a pas vraiment d’équivalent en français, l’understatement c’est l’amoindrissement des faits, raconter d’un ton léger des évènements graves).

Remakes :
Les 39 marches (The 39 steps) de l’anglais  Ralph Thomas (1959) avec Kenneth Moore
Les 39 marches (The 39 steps) de l’anglais Don Sharp (1978) avec Robert Powell

3 juillet 2011

¡Que Viva Mexico! (1932) de Sergueï Eisenstein

¡Que viva Mexico!Lui :
Invité par la Paramount aux Etats Unis fin 1929, Eisenstein ne parvient pas à faire accepter un projet par les financiers du studio. Chaplin le met en relation avec l’écrivain Upton Sinclair qui accepte de le soutenir. Eisenstein choisit de faire un film sur le Mexique qu’il sillonne avec son chef-opérateur Edouard Tissé et son assistant Grigori Alexandrov. Hélas, le projet n’ira pas à son terme, Upton Sinclair ayant décidé de se retirer tout en conservant les parties déjà tournées. Eisenstein ayant perdu la propriété de ses rushes, ce n’est qu’en 1979 qu’Alexandrov réalisera une version « la plus proche possible de ce que voulait Eisenstein ». Ainsi monté, ¡Que Viva México! apparaît comme un mélange subtil de fiction et de documentaire qui replace le Mexique d’aujourd’hui dans la force de son Histoire. On peut supposer que les parties rituelles, un peu longues, auraient certainement été montées plus courtes si le film avait été complètement tourné. Ces parties opposent la vie et la mort, mort qui revient sous différentes formes dans les rites et les coutumes. Les images sont superbes. Mais c’est l’épisode « Maguey » qui est le plus remarquable, une histoire assez simple mais remarquablement mis en images. Il y a, dans cet épisode, une puissance et une force qui évoquent les plus grands films d’Eisenstein. Il ne fait nul doute que ¡Que Viva México! aurait été un très grand film s’il avait été achevé et monté par Eisenstein.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Martín Hernández, Félix Balderas
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Remarques :
Montage d’Alexandrov de 1979 en 4 parties :
Prologue : relie le Mexique d’aujourd’hui à son histoire, notamment la civilisation Maya. Eisenstein met en parallèle les têtes sculptées de divinités et des visages de mexicains vivants.
1. Sanduga : montre les rites actuels du mariage à Tehuantepec.
2. Fiesta : rites de célébration de la Vierge de Guadalupe suivi d’une corrida. Etude de la transcription du christianisme au Mexique.
3. Maguey : met en scène une histoire tragique se déroulant dans une hacienda sous la dictature de Porfirio Díaz. Le maitre des lieux viole et séquestre la fiancée d’un jeune péon qui organise sa vengeance.
4. Soldadera (non tourné) devait mettre en scène le soulèvement de 1910, prélude à la Révolution mexicaine, avec une mise en avant des femmes et plus généralement du peuple, tentant ainsi de faire un rapprochement avec la Révolution soviétique.
* Epilogue : montre la célébration du Jour des morts, légèrement satirique.

Utilisation des rushes de ¡Que Viva México! :
Thunder over Mexico (1933, 72 mn) montage produit par les américains Sol Lesser et Upton Sinclair, il s’agit essentiellement de l’épisode Maguey.
Kermesse funèbre (1933, 20 mn) montage produit par l’américain Sol Lesser, il s’agit des autres parties, montées comme un documentaire avec un commentaire.
Time in the sun (1939, 55 mn) montage respectueux fait par Marie Seton, journaliste britannique qui a rencontré Eisenstein et écrit sur lui.
Eisenstein’s mexican project (1954, 320mn) montage par Jay Leyda, ancien élève d’Eisenstein : mise bout à bout des rushes.
¡Que Viva México! (1979, 90 mn) montage fait par Grigori Alexandrov.

Pour en savoir plus :
– un bonne analyse sur Kinoglaz.fr,
– un article de Chris Meir (en anglais) replaçant le film dans sa dimension ethnographique faisant un rapprochement avec le Tabu de Murnau,
– et aussi un (long) article de Gabrielle Murray (en anglais) sur le symbolisme du film et l’utilisation des icones.

2 juillet 2011

The Great Ziegfeld (1936) de Robert Z. Leonard

Titre français : « Le grand Ziegfeld »

The Great ZiegfeldLui :
Ce film à grand spectacle retrace le parcours de Florenz Ziegfeld Jr., producteur de shows fastueux à Broadway au début du siècle et mort quatre ans auparavant. Charmeur et généreux avec les femmes, il était alors un personnage très populaire. The Great Ziegfeld nous relate toute sa carrière, depuis ses débuts dans les attractions foraines jusqu’à sa mort, met en scène sa vie amoureuse et reconstitue certains de ses shows. Ce sont ces aperçus de spectacles qui constituent tout l’attrait du film aujourd’hui, The Great Ziegfeld car il faut bien reconnaitre que le reste est un peu long (3 heures). Le faste des décors et l’extravagance des costumes rendent ces scènes assez uniques. Le numéro le plus célèbre est « A Pretty Girl is Like a Melody » (d’Irving Berlin), une scène de huit minutes où tout est dans la magnificence et la démesure. Un grand spectacle pour les yeux. Ne serait-ce que pour cette scène, le film vaut la peine d’être vu. Le succès du film fut immense.
Note : 3 étoiles

Acteurs: William Powell, Myrna Loy, Luise Rainer, Frank Morgan, Reginald Owen, Ernest Cossart
Voir la fiche du film et la filmographie de Robert Z. Leonard sur le site IMDB.
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Remarques :
The Great Ziegfeld * The Great Ziegfeld a été le plus grand succès au cinéma des années trente. Le film coûta la somme faramineuse de 2 millions de dollars mais il en aurait rapporté 40.
* Luise Rainer est assez mémorable dans la scène du téléphone où elle félicite son ex-mari pour son mariage. Elle se serait inspirée de la pièce de Jean Cocteau « La voix humaine » (pièce qui ne met en scène qu’un seul personnage, une femme au téléphone, pour une rupture amoureuse). A noter que, dans la réalité, Florenz Ziegfeld et Anna Held n’étaient pas mariés ;  les scénaristes les ont mariés pour éviter les foudres de la censure.
* Le film existe apparemment dans une version courte de 125 mn, diffusée à la télévision.

Ne pas confondre avec…
Ziegfeld Girl de Robert Z. Leonard et Busby Berkeley (1941) avec James Stewart, Judy Garland, Hedy Lamarr et Lana Turner
Ziegfeld Follies de Vicente Minnelli (1946) avec Fred Astaire et Lucille Ball, où William Powell joue à nouveau le rôle de Florenz Ziegfeld Jr.

1 juillet 2011

Le bonheur (1935) de Aleksandr Medvedkin

Titre original : « Schastye »

Le bonheurLui :
Un film étonnant qui mêle burlesque, rêverie et surréalisme. Avec sa femme et son beau-père, un paysan russe très pauvre observe son riche voisin, un koulak (paysan indépendant) s’empiffrer alors qu’ils n’ont rien à manger. Sa femme le met dehors en le disant de ne revenir que lorsqu’il aura trouvé le bonheur… Medvedkin connait particulièrement le monde rural pour avoir dirigé le Ciné-Train en 1932 : avec une petite équipe, il a sillonné le pays, filmant ici et là et organisant des séances de projection. L’optique était d’aider la population rurale à surmonter les difficultés et à vanter les mérites des kolkhozes. Deux ans plus tard, il réalise Le bonheur, film atypique, qui mêle burlesque, rêverie et surréalisme, un film qui évoque aussi bien Luis Buñuel que l’humour slapstick des premiers Chaplin ou Keaton. Montrant beaucoup d’inventivité, il crée des situations totalement inattendues, surprenantes, hilarantes. On y voit par exemple un cheval blanc à pois qui se met en grève ou une petite grange pleine de farine qui se déplace toute seule (portée par des voleurs). C’est surtout la cupidité des hommes qui est fustigée, c’est elle qui crée les situations les plus aberrantes. Le bonheur L’individualisme, la paresse sont également ridiculisés. On peut aussi y voir une critique des institutions, l’église, l’armée et bien entendu le tsar. Personne n’est épargné. Le bonheur est un film qui foisonne de thèmes, d’idées et d’images, un peu brouillon parfois ; c’est un film assez unique en son genre. La censure soviétique, ne parvenant pas bien à cerner le propos, préféra retirer le film de la circulation. Il a été redécouvert par Chris Marker dans les années soixante-dix. (Film muet de 64 mn)
Note : 4 étoiles

Acteurs: Pyotr Zinovyev, Yelena Yegorova, Nikolai Cherkasov
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Homonymes :
Le Bonheur de Marcel L’Herbier (1935) avec Gaby Morlay et Charles Boyer
Le Bonheur d’Agnès Varda (1965) avec Jean-Claude Drouot

29 juin 2011

Les aventures de Robin des Bois (1938) de Michael Curtiz et William Keighley

Titre original : « The adventures of Robin Hood »

Les aventures de Robin des BoisLui :
Deuxième grande adaptation de la légende au cinéma, Les aventures de Robin des Bois est l’un des plus beaux fleurons du cinéma d’aventures hollywoodien. Le film est plus l’œuvre d’un studio que d’un réalisateur, c’était à l’époque le film le plus coûteux mis en œuvre par Warner Brothers. Ce grand divertissment est assez différent de son modèle, la version muette de Douglas Fairbanks de 1922, non seulement par le déroulement de l’histoire, qui commence ici directement avec Robin des Bois dans la forêt de Sherwood, mais aussi par l’incarnation du héro mythique : Errol Flynn accomplit moins de prouesses physiques que Fairbanks mais, en revanche, développe un charme qui décuple son côté chevaleresque. Ce Robin des Bois a du style… Le nouveau procédé Technicolor est ici largement utilisé, notamment dans les rouges et les verts (l’herbe californienne fut même peinte en vert pour paraître plus anglaise…) Ce Technicolor participe grandement à la magie du film. Le scénario se déroule en sept ou huit grandes étapes, Les aventures de Robin des Bois sans qu’il y ait toujours un lien très travaillé pour relier ces grandes scènes entre elles. Cette construction n’en reste pas moins très solide grâce à la richesse des situations. Les aventures de Robin des Bois marqua la carrière d’Errol Flynn en l’associant durablement au personnage. Il faut souligner aussi les excellents seconds rôles, Basil Rathbone, Claude Rains et Olivia de Havilland en tête, qui donnent de l’épaisseur à l’ensemble. Le succès fut considérable et le film reste encore aujourd’hui l’un des plus aimés de l’histoire du cinéma.
Note : 5 étoiles

Acteurs: Errol Flynn, Olivia de Havilland, Basil Rathbone, Claude Rains, Patric Knowles, Eugene Pallette, Alan Hale, Ian Hunter
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Voir les autres films de Michael Curtiz chroniqués sur ce blog…
Voir les autres films de William Keighley chroniqués sur ce blog…

Remarques :
* Warner a d’abord confié la réalisation à William Keighley. A mi-parcours, après deux mois de tournage, les studios trouvèrent que les scènes d’action manquaient de vigueur et d’éclat. Ils firent appel à Michael Curtiz qui avait brillamment dirigé Errol Flynn dans Capitaine Blood (où apparaissaient également Olivia de Havilland et Basil Rathbone…) Michael Curtiz termina le film en un mois et demi. En pratique, de nombreuses scènes d’extérieurs ont été tournées par William Keighley et les scènes d’intérieur par Michael Curtiz. Ce dernier tourna également des compléments aux scènes en extérieurs, notamment lors des attaques.
* Errol Flynn a réalisé lui-même la majorité des ses cascades. Les tirs à l’arc sont l’œuvre d’un archer professionnel, Howard Hill, que l’on voit à l’écran lors de la compétition des archers (c’est celui qui est en finale avec Robin des Bois). Le tir qui fend la flèche en deux est réalisé sans trucage. Howard Hill a également aidé à la création du son si caractéristique des flèches. Ce son aurait servi de base à certains bruitages de Star Wars.
* Le film aurait mobilisé toutes les caméras en Technicolor 3 couleurs disponibles à l’époque, c’est-à-dire 11.

Principales adaptations de la légende de Robin des Bois :
Robin Hood (1912) d’Étienne Arnaud et Herbert Blaché (mari d’Alice Guy)
Robin des Bois (Robin Hood) d’Allan Dwan (1922) avec Douglas Fairbanks
Les aventures de Robin des Bois (The Adventures of Robin Hood) de Michael Curtiz (1938) avec Errol Flynn
Robin des Bois et ses joyeux compagnons (The Story of Robin Hood and His Merrie Men) de Ken Annakin (1952) avec Richard Todd
Robin des Bois (Robin Hood) film d’animation Disney (1973)
La rose et la flèche (Robin and Marian) de Richard Lester (1976) avec Sean Connery et Audrey Hepburn (variation de type « 20 ans après »)
Robin des Bois: prince des voleurs (Robin Hood: Prince of Thieves) de Kevin Reynolds (1991) avec Kevin Costner
Sacré Robin des bois (Robin Hood: Men in Tights) de Mel Brooks (1993), film satirique
Robin des Bois (Robin Hood) de Ridley Scott (2010) avec Russell Crowe