1 juillet 2011

Le bonheur (1935) de Aleksandr Medvedkin

Titre original : « Schastye »

Le bonheurLui :
Un film étonnant qui mêle burlesque, rêverie et surréalisme. Avec sa femme et son beau-père, un paysan russe très pauvre observe son riche voisin, un koulak (paysan indépendant) s’empiffrer alors qu’ils n’ont rien à manger. Sa femme le met dehors en le disant de ne revenir que lorsqu’il aura trouvé le bonheur… Medvedkin connait particulièrement le monde rural pour avoir dirigé le Ciné-Train en 1932 : avec une petite équipe, il a sillonné le pays, filmant ici et là et organisant des séances de projection. L’optique était d’aider la population rurale à surmonter les difficultés et à vanter les mérites des kolkhozes. Deux ans plus tard, il réalise Le bonheur, film atypique, qui mêle burlesque, rêverie et surréalisme, un film qui évoque aussi bien Luis Buñuel que l’humour slapstick des premiers Chaplin ou Keaton. Montrant beaucoup d’inventivité, il crée des situations totalement inattendues, surprenantes, hilarantes. On y voit par exemple un cheval blanc à pois qui se met en grève ou une petite grange pleine de farine qui se déplace toute seule (portée par des voleurs). C’est surtout la cupidité des hommes qui est fustigée, c’est elle qui crée les situations les plus aberrantes. Le bonheur L’individualisme, la paresse sont également ridiculisés. On peut aussi y voir une critique des institutions, l’église, l’armée et bien entendu le tsar. Personne n’est épargné. Le bonheur est un film qui foisonne de thèmes, d’idées et d’images, un peu brouillon parfois ; c’est un film assez unique en son genre. La censure soviétique, ne parvenant pas bien à cerner le propos, préféra retirer le film de la circulation. Il a été redécouvert par Chris Marker dans les années soixante-dix. (Film muet de 64 mn)
Note : 4 étoiles

Acteurs: Pyotr Zinovyev, Yelena Yegorova, Nikolai Cherkasov
Voir la fiche du film et la filmographie de Aleksandr Medvedkin sur le site IMDB.

Homonymes :
Le Bonheur de Marcel L’Herbier (1935) avec Gaby Morlay et Charles Boyer
Le Bonheur d’Agnès Varda (1965) avec Jean-Claude Drouot

29 juin 2011

Les aventures de Robin des Bois (1938) de Michael Curtiz et William Keighley

Titre original : « The adventures of Robin Hood »

Les aventures de Robin des BoisLui :
Deuxième grande adaptation de la légende au cinéma, Les aventures de Robin des Bois est l’un des plus beaux fleurons du cinéma d’aventures hollywoodien. Le film est plus l’œuvre d’un studio que d’un réalisateur, c’était à l’époque le film le plus coûteux mis en œuvre par Warner Brothers. Ce grand divertissment est assez différent de son modèle, la version muette de Douglas Fairbanks de 1922, non seulement par le déroulement de l’histoire, qui commence ici directement avec Robin des Bois dans la forêt de Sherwood, mais aussi par l’incarnation du héro mythique : Errol Flynn accomplit moins de prouesses physiques que Fairbanks mais, en revanche, développe un charme qui décuple son côté chevaleresque. Ce Robin des Bois a du style… Le nouveau procédé Technicolor est ici largement utilisé, notamment dans les rouges et les verts (l’herbe californienne fut même peinte en vert pour paraître plus anglaise…) Ce Technicolor participe grandement à la magie du film. Le scénario se déroule en sept ou huit grandes étapes, Les aventures de Robin des Bois sans qu’il y ait toujours un lien très travaillé pour relier ces grandes scènes entre elles. Cette construction n’en reste pas moins très solide grâce à la richesse des situations. Les aventures de Robin des Bois marqua la carrière d’Errol Flynn en l’associant durablement au personnage. Il faut souligner aussi les excellents seconds rôles, Basil Rathbone, Claude Rains et Olivia de Havilland en tête, qui donnent de l’épaisseur à l’ensemble. Le succès fut considérable et le film reste encore aujourd’hui l’un des plus aimés de l’histoire du cinéma.
Note : 5 étoiles

Acteurs: Errol Flynn, Olivia de Havilland, Basil Rathbone, Claude Rains, Patric Knowles, Eugene Pallette, Alan Hale, Ian Hunter
Voir la fiche du film sur le site IMDB.
Voir les autres films de Michael Curtiz chroniqués sur ce blog…
Voir les autres films de William Keighley chroniqués sur ce blog…

Remarques :
* Warner a d’abord confié la réalisation à William Keighley. A mi-parcours, après deux mois de tournage, les studios trouvèrent que les scènes d’action manquaient de vigueur et d’éclat. Ils firent appel à Michael Curtiz qui avait brillamment dirigé Errol Flynn dans Capitaine Blood (où apparaissaient également Olivia de Havilland et Basil Rathbone…) Michael Curtiz termina le film en un mois et demi. En pratique, de nombreuses scènes d’extérieurs ont été tournées par William Keighley et les scènes d’intérieur par Michael Curtiz. Ce dernier tourna également des compléments aux scènes en extérieurs, notamment lors des attaques.
* Errol Flynn a réalisé lui-même la majorité des ses cascades. Les tirs à l’arc sont l’œuvre d’un archer professionnel, Howard Hill, que l’on voit à l’écran lors de la compétition des archers (c’est celui qui est en finale avec Robin des Bois). Le tir qui fend la flèche en deux est réalisé sans trucage. Howard Hill a également aidé à la création du son si caractéristique des flèches. Ce son aurait servi de base à certains bruitages de Star Wars.
* Le film aurait mobilisé toutes les caméras en Technicolor 3 couleurs disponibles à l’époque, c’est-à-dire 11.

Principales adaptations de la légende de Robin des Bois :
Robin Hood (1912) d’Étienne Arnaud et Herbert Blaché (mari d’Alice Guy)
Robin des Bois (Robin Hood) d’Allan Dwan (1922) avec Douglas Fairbanks
Les aventures de Robin des Bois (The Adventures of Robin Hood) de Michael Curtiz (1938) avec Errol Flynn
Robin des Bois et ses joyeux compagnons (The Story of Robin Hood and His Merrie Men) de Ken Annakin (1952) avec Richard Todd
Robin des Bois (Robin Hood) film d’animation Disney (1973)
La rose et la flèche (Robin and Marian) de Richard Lester (1976) avec Sean Connery et Audrey Hepburn (variation de type « 20 ans après »)
Robin des Bois: prince des voleurs (Robin Hood: Prince of Thieves) de Kevin Reynolds (1991) avec Kevin Costner
Sacré Robin des bois (Robin Hood: Men in Tights) de Mel Brooks (1993), film satirique
Robin des Bois (Robin Hood) de Ridley Scott (2010) avec Russell Crowe

26 juin 2011

Penthouse (1933) de W.S. Van Dyke

PenthouseLui :
Comédie policière qui permit de découvrir le charme de Myrna Loy et qui préfigure la série des Thin Man. Un avocat, après avoir sauvé un gangster notoire de la chaise électrique, est rejeté à la fois par son employeur et sa fiancée qui se tourne vers un de leurs amis communs. Lorsque celui-ci est faussement accusé d’un meurtre, l’avocat accepte de le défendre et utilise ses relations… Penthouse est une comédie policière centrée sur l’enquête menée par l’avocat. Le ton est assez léger sans que le suspense perde de sa force. L’aspect comédie est surtout apporté par le personnage du gangster (merveilleux Nat Pendleton) et du valet (Charles Butterworth). Les dialogues sont relevés. Auparavant peu remarquée, Myrna Loy apparaît ici pour la première fois dans un rôle qui met son charme en valeur, tout à fait dans le type de personnage décidé et intrépide de la série des Thin Man qui suivront peu après sur le même modèle. C’est cet équilibre subtil entre policier et comédie qui rend Penthouse encore très plaisant à regarder, quatre-vingts ans après sa sortie.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Warner Baxter, Myrna Loy, Charles Butterworth, Nat Pendleton
Voir la fiche du film et la filmographie de W.S. Van Dyke sur le site IMDB.

Voir les autres films de W.S. Van Dyke chroniqués sur ce blog…

Remarques :
* Penthouse, en anglais, désigne les appartements situés dans les étages supérieurs des immeubles, offrant souvent une vue dégagée.
* Penthouse est un film « pre-code », c’est-à-dire qu’il précède de peu la généralisation du code Hays (1934). Par exemple, le caractère très sympathique du gangster n’aurait pas été possible l’année suivante.
Remake :
Society Lawyer de Edwin L. Marin (1939) avec Walter Pidgeon et Virginia Bruce

18 juin 2011

Un envoyé très spécial (1938) de Jack Conway

Titre original : « Too hot to handle »

Un envoyé très spécialLui :
Les reporters envoyés en Chine filmer la guerre sino-japonaise se lamentent du manque d’action. Ils n’hésitent pas à recourir à des mises en scène. L’un de ces reporters rencontre une jeune américaine, pilote d’avion, qui veut monter une expédition pour rechercher son frère en Amazonie… Pour Un envoyé très spécial, la MGM réutilise le tandem Clark Gable / Myrna Loy et une de fois de plus le succès fut au rendez-vous puisque ce fut l’un des plus gros succès de l’année 1938. Cette comédie saupoudrée d’exotisme utilise les recettes connues et ne prend guère de risques. Pour la énième fois, Clark Gable interprète un personnage rusé, débrouillard et plein de gouaille. Face à lui, Myrna Loy est tellement flegmatique qu’elle semble détachée de cette histoire. Tout est un peu outré, l’ensemble est assez bavard et bruyant. A défaut de s’intéresser à cette histoire, on peut regarder Un envoyé très spécial pour avoir une idée de la concurrence effrénée que se menaient les agences de presse à cette époque. Le film est inspiré des mémoires d’un vrai reporter, Len Hammond.
Note : 2 étoiles

Acteurs: Clark Gable, Myrna Loy, Walter Pidgeon, Walter Connolly
Voir la fiche du film et la filmographie de Jack Conway sur le site IMDB.

Voir les autres films de Jack Conway chroniqués sur ce blog…

Remarques :
Ce serait Buster Keaton qui aurait conçu les mécanismes utilisés dans la mise en scène de l’avion avec l’enfant. Buster Keaton était alors employé comme gagman en free-lance par la MGM.

Homonyme :
Too Hot to Handle (La blonde et les nus de Soho) de Terence Young (1960) avec Jayne Mansfield

14 juin 2011

Man-Proof (1938) de Richard Thorpe

Man-ProofLui :
Après avoir vu l’homme de ses rêves convoler dans les bras d’une de ses amies, la jeune Mimi tente de l’oublier. Mais tout change lorsque le couple rentre de son voyage de noces… Habitué à voir Myrna Loy personnifier l’épouse idéale, le public a certainement été surpris de la voir jouer dans Man-Proof une célibataire voleuse de mari. Hélas, le scénario est conventionnel et sans originalité, d’une grande banalité et même alourdi par les conventions sociales les plus conservatrices de l’époque. Il n’y a donc guère d’intérêt à visionner le film aujourd’hui.
Note : 1 étoile

Acteurs: Myrna Loy, Franchot Tone, Rosalind Russell, Walter Pidgeon
Voir la fiche du film et la filmographie de Richard Thorpe sur le site IMDB.

Voir les autres films de Richard Thorpe chroniqués sur ce blog…

Remarques :
Le film semble avoir subi des coupes puisque les cinquièmes et septièmes acteurs listés au générique ne figurent pas dans la version finale.

27 mai 2011

Les révoltés du Bounty (1935) de Frank Lloyd

Titre original : « Mutiny on the Bounty »

Les révoltés du BountyLui :
A la fin du XVIIIe siècle, le Bounty quitte l’Angleterre pour un voyage de deux ans jusqu’à Tahiti. A la tête du vaisseau, le capitaine Bligh fait régner l’ordre avec cruauté et même une certaine malhonnêteté… Adaptation d’un livre de Charles Nordhoff et James Norman Hall, lui-même inspiré de faits historiques, Les révoltés du Bounty est la réponse de la M.G.M. au grand succès duLes révoltés du Bounty Capitaine Blood de la Warner. De gros moyens furent alloués. Hélas, la réalisation de Frank Lloyd est très classique, assez plate. Si la première moitié du film est bien construite, la seconde est plus empesée, le rythme devient lourd, le propos édulcoré. C’est l’interprétation de Charles Laughton qui est la plus remarquable, tyran impitoyable distillant la cruauté et la perfidie. Et surtout, Les révoltés du Bounty est sauvé par l’histoire en elle-même, une histoire très forte et qui excite l’imagination. Le film fut un beau succès populaire et reste plus intéressant que ses remakes.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Charles Laughton, Clark Gable, Franchot Tone
Voir la fiche du film et la filmographie de Frank Lloyd sur le site IMDB.

Les versions :
The Mutiny of the Bounty (1916) de l’australien Raymond Longford
In the Wake of the Bounty (1933) de l’australien Charles Chauvel avec Errol Flynn (son premier film)
Les révoltés du Bounty (Mutiny on the Bounty, 1935) de Frank Lloyd avec Charles Laughton et Clark Gable
Les révoltés du Bounty (Mutiny on the Bounty, 1962) de Lewis Milestone avec Marlon Brando et Trevor Howard (film qui faillit couler la MGM…)
Le Bounty (The Bounty, 1984) de Roger Donaldson avec Mel Gibson et Anthony Hopkins

26 mai 2011

Tabou (1931) de F.W. Murnau

Titre original : « Tabu: A story of the south seas »

TabouLui :
(film muet/sonore) Sur l’île de Bora Bora, la jeune et jolie Reri est choisie pour incarner une divinité. Elle est donc déclarée « tabou », c’est-à-dire qu’aucun homme ne doit la regarder comme une femme. Elle s’enfuit avec le jeune pêcheur dont elle est amoureuse… Tabou est issu de la rencontre de deux grands créateurs : Robert Flaherty qui a donné au documentaire ses lettres de noblesse au cinéma depuis Nanouk l’esquimau, 10 ans auparavant, et Friedrich Wilhelm Murnau, le réalisateur d’origine allemande, l’un des plus talentueux du cinéma muet. Tabou est tourné entièrement sur les lieux-même de l’action, avec les autochtones jouant leur propre rôle, deux pratiques extrêmement rares à l’époque. Au grand dam de Flaherty (1), Murnau sait parfaitement introduire une belle et forte histoire d’amour sur ces images de paradis naturel encore intact de toute civilisation moderne. Les images, de Floyd Crosby (2), sont très belles ce qui donne au film une grande dimension poétique. Tabou Malgré le drame qui se noue devant nos yeux, il se dégage de Tabou beaucoup d’innocence, d’insouciance, une impression de nature à l’état brut, de paradis. Le film est heureusement muet, la parole semble inutile, les intertitres sont d’ailleurs extrêmement peu nombreux. En revanche, la musique de Hugo Reisenfeld colle parfaitement à l’action et aux images, elle est en parfaite symbiose, modelant l’atmosphère. Tabu fut un grand succès. Ce fut hélas le dernier film de Murnau : quelques jours avant la première, le réalisateur perdait la vie dans un accident automobile en Californie.
Note : 5 étoiles

Acteurs: Matahi, Anne Chevalier, Bill Bambridge
Voir la fiche du film et la filmographie de F.W. Murnau sur le site IMDB.

Voir les autres films de F.W. Murnau chroniqués sur ce blog…

Remarques :
* A l’époque, Paramount avait exigé des coupes pour enlever les scènes de nudité. Le montage initial a été retrouvé dans les années quatre vingts. Cette version dure 82 minutes. Elle a été numérisée et restaurée, image et son, en 2005.
* Bien que Tabou ait l’apparence d’un film muet, il s’agit en réalité d’un film sonore : la musique est donc sur la pellicule. La musique (et sa synchronisation avec l’image) est telle que Murnau l’a voulue.

(1) Avant même de commencer à tourner, plusieurs désaccords entre les deux réalisateurs les empêchèrent de co-réaliser le film comme il était prévu. Flaherty désirait préserver avant tout l’aspect documentaire et le fait de faire jouer les habitants était, à ses yeux, trahir la réalité. Il préféra donc s’effacer et laisser Murnau réaliser seul. De plus, il y avait des tensions personnelles. Floyd Crosby raconte : « Murnau aimait Flaherty mais Flaherty haïssait Murnau, en partie parce que Murnau était assez prussien dans ses manières, très sûr de lui et aussi par jalousie : Murnau en savait dix fois plus sur la réalisation que Flaherty ».
(2) Floyd Crosby est le père de David Crosby (Crosby, Stills & Nash). Tabou était son premier film. Il fut ensuite directeur de la photographie sur plus d’une centaine de films dont Le train sifflera trois fois et de nombreux documentaires.

Murnau sur le tournage de TabouF.W. Murnau, entouré de Reri et Matahi, pendant le tournage de Tabou (1931)

Homonyme :
Tabou (Tabu) du portugais Miguel Gomes (2012)

21 mai 2011

The Man I Married (1940) de Irving Pichel

The Man I MarriedLui :
Peu avant la Seconde Guerre mondiale, une américaine se rend avec son mari d’origine allemande en vacances en Allemagne. Elle découvre un pays enflammé par la propagande nazie… Produit par Darryl Zanuck, The Man I Married est un film destiné à faire prendre conscience du risque que faisait peser l’Allemagne nazie sur le monde. Tourné au printemps 1940, soit peu après le début de la guerre, le film place son action en 1938 car il se concentre plus sur l’endoctrinement et la fanatisation d’un peuple que sur la guerre proprement-dite. On peut noter quelques images réelles de rassemblements nazis. Le film évoque en outre l’enrôlement de force des autrichiens dans les usines et les camps de concentration. The Man I Married a visiblement été produit rapidement mais il est intelligemment construit et bien fait. L’histoire est simple mais efficace. Le film est facile d’abord et, donc, a du avoir une certaine efficacité. Le discours sous-jacent est étonnamment lucide et clairvoyant.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Joan Bennett, Francis Lederer, Lloyd Nolan, Anna Sten, Otto Kruger
Voir la fiche du film et la filmographie de Irving Pichel sur le site IMDB.

4 mai 2011

L’école des auteurs (1933) de Germain Fried

L'école des auteursLui :
(Court métrage de 28 minutes) Un auteur timoré va chez son éditeur pour la énième fois afin d’obtenir une petite avance. L’éditeur est absent. En attendant le retour du patron, son secrétaire entreprend d’expliquer à l’auteur comment s’y prendre pour obtenir ce qu’il désire, en usant d’audace et de fermeté… Ce court métrage récemment redécouvert était initialement prévu pour être passé en première partie de soirée. Cette comédie hilarante repose sur d’excellents dialogues d’Henri Jeanson, qui était alors au tout début de sa carrière d’écrivain pour le cinéma. Le texte est remarquablement servi par un duo d’acteurs que l’on a plus souvent l’habitude de voir dans des seconds rôles : Armand Bernard et Pierre Larquey. L’école des auteurs est une petite merveille d’humour. Une véritable petite pépite.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Armand Bernard, Pierre Larquey, Rognoni, Nane Germon
Voir la fiche du film et la filmographie de Germain Fried sur le site imdb.com

19 avril 2011

La Marseillaise (1938) de Jean Renoir

Sous-titre : « Chronique de quelques faits ayant contribué à la chute de la Monarchie »

La MarseillaiseLui :
Ce film de Jean Renoir a été souvent critiqué pour ses partis-pris idéologiques et sa construction. Réalisé dans l’enthousiasme du Front Populaire, il est vrai que La Marseillaise présente un tableau idyllique de la Révolution Française où le sang ne coule que très peu. Il exalte la fraternité, le sentiment d’union de tous les français qui doit permettre de voir la fin des querelles. Il est vrai aussi que sa construction peut surprendre : un enchaînement d’assez courts tableaux qui aboutit sur la marche des 500 marseillais sur Paris (apportant avec eux ce « chant de l’armée du Rhin » qui deviendra La Marseillaise) et se termine par une grande reconstitution : l’attaque des Tuileries de 1792. Jean Renoir dit avoir voulu montrer « les petits côtés des grands moments ». Ainsi, le film ne montre point de grands héros mais des gens ordinaires. La Marseillaise Si certaines scènes paraissent un peu faibles, surtout en début de film, d’autres montrent beaucoup de force, telles ces scènes de tribune populaire ouverte avec le discours d’une couturière… La Marseillaise n’est pas en tout cas un film de propagande dans le mauvais sens du terme : il n’est en rien simplificateur, le roi est par exemple présenté comme un monarque plutôt intelligent mais dépassé par les évènements ; le propos n’est jamais dichotomique. Non, c’est un film attachant, assez beau, qui acquiert sa force par un assemblage subtil, un peu naïf sans doute mais joliment poétique. Le film fut un échec commercial.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Andrex, Edmond Ardisson, Pierre Renoir, Lise Delamare, Louis Jouvet, Paul Dullac
Voir la fiche du film et la filmographie de Jean Renoir sur le site IMDB.

Voir les autres films de Jean Renoir chroniqués sur ce blog…

Remarques :
L’idée au départ était de financer le film par une souscription de parts lancée dans le public par les militants de gauche, notamment la C.G.T. Les fonds recueillis se révélèrent largement insuffisants et la production fut reprise par une société de production de type classique.