13 mars 2016

Madeleine, zéro de conduite (1940) de Vittorio De Sica

Titre original : « Maddalena… zero in condotta »

Madeleine, zéro de conduiteElisa Malgari est professeur de correspondance commerciale dans un collège privé de jeunes filles, chahutée par ses élèves. Comme exercice, elle fait écrire des lettres à un certain Alfredo Hartman à Vienne, un personnage fictif qu’elle a fini par idéaliser et dont elle est secrètement amoureuse au point de lui écrire une lettre enflammée. Une élève lui vole la lettre et l’expédie… Après avoir été acteur très populaire pendant près de dix ans, Vittorio De Sica passe à la réalisation et Madeleine, zéro de conduite est sa deuxième réalisation (sa première où il est seul). Il n’abandonne pas pour autant ses rôles de séducteur puisqu’il en interprète le personnage principal. C’est l’adaptation d’une pièce hongroise de László Kádár. L’histoire est totalement abracadabrante mais bien écrite, avec un humour quasi constant et de nombreuses bonnes trouvailles, notamment sur les personnages de second plan. Certes, les recettes sont celles du « cinéma des téléphones blancs » en vogue sous Mussolini, avec une dose de rêve offert par le milieu de la haute-bourgeoisie et une bonne dose de légèreté frivole offerte par le cadre du collège de jeunes filles mais le traitement est plutôt brillant. Madeleine, zéro de conduite est ainsi un film plaisant.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Vittorio De Sica, Vera Bergman, Carla Del Poggio
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Madeleine, zéro de conduite
Vera Bergman dans Madeleine, zéro de conduite de Vittorio De Sica.

Madeleine, zéro de conduite
Carla Del Poggio et Dora Bini dans Madeleine, zéro de conduite de Vittorio De Sica.

Madeleine, zéro de conduite
Roberto Villa et Vittorio De Sica dans Madeleine, zéro de conduite de Vittorio De Sica.

22 décembre 2015

Le Bigame (1956) de Luciano Emmer

Titre original : « Il bigamo »

Le BigameUn représentant de commerce, marié avec un enfant en bas âge, est accusé de bigamie par une femme qui affirme l’avoir épousé cinq ans auparavant. Elle ajoute qu’il serait parti peu après, sortant acheter des cigarettes pour ne jamais revenir… Le réalisateur Luciano Emmer, très remarqué avec son premier long métrage Dimanche d’août (1950), s’est essayé ensuite à plusieurs genres au cours des années cinquante avec plus ou moins de bonheur, souvent plutôt moins que plus. Ici, c’est la comédie. Malgré la présence de scénaristes de talent (Age et Scarpelli, Sergio Amidei, Francesco Rosi), l’histoire est aussi peu originale que sans queue ni tête. Marcello Mastroianni, alors une star montante qu’Emmer a fortement contribué à faire découvrir avec le film précité, est ici fade et sans saveur. Heureusement, Vittorio De Sica fait un beau numéro en avocat mégalomaniaque et amnésique. On peut certes trouver qu’il en fait beaucoup mais il nous sauve de l’ennui.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Marcello Mastroianni, Franca Valeri, Giovanna Ralli, Marisa Merlini, Vittorio De Sica
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Le bigame
Marcello Mastroianni et Vittorio De Sica dans Le Bigame de Luciano Emmer

12 décembre 2015

Dommage que tu sois une canaille (1954) d’Alessandro Blasetti

Dommage que tu sois une canailleVittorio est un jeune chauffeur de taxi qui travaille dur pour payer son crédit. Son chemin va croiser celui de Lina, jeune femme dégourdie et pleine de verve, fille d’un gentleman voleur. Elle va bousculer sa vie… Adapté d’une nouvelle de Moravia, Dommage que tu sois une canaille est une comédie brillante et haute en couleur. C’est le film qui a formé le couple le plus célèbre du cinéma italien : Sophia Loren et Marcello Mastroianni. L’histoire est brillamment écrite et se déroule à un rythme assez trépidant avec des situations qui se renouvellent sans cesse malgré leurs similitudes. Sophia Loren est alors âgée de 20 ans et le film la met particulièrement en valeur. On comprend aisément qu’elle soit devenue à la fois un sex-symbol et le symbole de la femme italienne : elle a une phénoménale présence charnelle couplée ici à une verve brillante. Son personnage a une répartie à tout et montre un talent inouï pour embobiner ses interlocuteurs avec des raisonnements qui se tiennent! Face à elle, Marcello Mastroianni est à la hauteur : il a, lui aussi, une belle présence alors que son personnage n’a jamais vraiment le dessus. L’acteur a ici pour la première fois un rôle de premier plan. Vittorio De Sica (qui occupe la première place sur l’affiche car il était alors le plus connu des trois) est parfait dans son rôle d’élégant patriarche qui cherche une certaine noblesse dans son « art ». L’ensemble est très bien équilibré. L’exubérance, l’humour, la vivacité font de Dommage que tu sois une canaille l’un des fleurons de la comédie italienne qui montre ici une certaine filiation avec les comédies américaines screwball, notamment par le rythme soutenu, les dialogues brillants et l’exploitation des rapports homme/femme. On note toutefois ici un surcroît de naturel. Un délice.
Elle: 4 étoiles
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Vittorio De Sica, Sophia Loren, Marcello Mastroianni
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Dommage que tu sois une canaille
Sophia Loren et Marcello Mastroianni dans Dommage que tu sois une canaille de Alessandro Blasetti

Remarques :
* Parmi les trois scénaristes qui ont travaillé sur cette adaptation de Moravia, on remarque la présence d’Ennio Flaiano, bien connu pour avoir travaillé sur presque tous les films de Fellini, et surtout de Suso Cecchi D’Amico, qui est l’un (ou plutôt « l’une » car c’est une femme) des plus grands scénaristes du cinéma italien, toutes périodes confondues.

* Suite au grand succès du film, Blasetti réunira à nouveau le couple Loren/Mastroianni dans La chance d’être femme (1955), avec beaucoup moins de bonheur, hélas.

 

Dommage que tu sois une canaille
Sophia Loren, Giacomo Furia, une figurante, Marcello Mastroianni et Vittorio De Sica (assis) dans Dommage que tu sois une canaille d’Alessandro Blasetti

Dommage que tu sois une canaille
Marcello Mastroianni (centre), Sophia Loren et Manlio Busoni (de dos) dans Dommage que tu sois une canaille d’Alessandro Blasetti.
« – Mais, je travaille moi, Madame. Je suis employé à la Mutuelle du Midi. »
« – Eh bien, il est midi passé, vous devriez être au bureau ! »

Dommage que tu sois une canaille
Marcello Mastroianni et Sophia Loren dans Dommage que tu sois une canaille d’Alessandro Blasetti

Les films réunissant Sophia Loren et Marcello Mastroianni :
Dommage que tu sois une canaille (1954) d’Alessandro Blasetti
La bella mugnaia (1955) de Mario Camerini
La chance d’être femme (1955) d’Alessandro Blasetti
Hier, aujourd’hui et demain (1963) de Vittorio de Sica
Mariage à l’italienne (1964) de Vittorio de Sica
Les fleurs du soleil (1970) de Vittorio de Sica
La femme du prêtre (1971) de Dino Risi
La pépée du gangster (1975) de Giorgio Capitani
Une journée particulière (1977) d’Ettore Scola
D’amour et de sang (1978) de Lina Wertmüller
Prêt-à-porter (1994) de Robert Altman

16 novembre 2015

Pain, amour, ainsi soit-il (1955) de Dino Risi

Titre original : « Pane, amore e….. »

Pain, amour, ainsi soit-ilCe troisième (et dernier italien) volet de la série Pain, amour, … est assez différent des deux premiers : il est en couleurs, réalisé par Dino Risi (ici, au début de sa carrière de réalisateur) et l’action a été déplacée ce qui permet de renouveler tous les acteurs hormis le maréchal des logis et sa gouvernante. Il s’est passé quelque chose de grave avec la nouvelle sage-femme et le maréchal est renvoyé dans sa ville natale de Sorrente. Il y est accueilli par son frère qui lui annonce que la maison familiale a été louée à une jeune marchande de poissons qui ne veut pas libérer les lieux… C’est Sophia Loren qui a été choisie pour remplacer Gina Lollobrigida et, dès le début, son personnage ne sonne pas très juste : elle a bien du mal à être crédible dans son rôle de poissonnière et son exubérance semble artificielle. Heureusement, son charme finit par opérer mais ne parvient pas toutefois à contrebalancer les faiblesses du scénario. Il y a une autre différence, plus fondamentale : ce troisième volet est entièrement sur le registre de la comédie. Tout l’héritage du néoréalisme a été gommé, l’esprit des deux premiers films n’est plus là.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Vittorio De Sica, Sophia Loren, Lea Padovani, Antonio Cifariello, Tina Pica
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Sophia Loren et Vittorio De Sica dans Pain, amour, ainsi soit-il de Dino Risi.

Remarque :
Le titre original est étrange : Pain, amour et… Faut-il y voir là une conséquence de la faiblesse du scénario ? Les producteurs n’ont pas su quoi ajouter! Le « ainsi soit-il » du titre français fait sans doute référence au fait que le frère du maréchal des logis est un abbé mais on ne peut pas dire que cela joue vraiment un rôle dans l’histoire. Personnellement, je l’aurais appelé « Pain, amour et poisson frit »… (je ne garantis pas que ce soit très « vendeur » mais ça rime !)

Cycle complet :
Pain, amour et fantaisie (1953) de Luigi Comencini
Pain, amour et jalousie (1954) de Luigi Comencini
Pain, amour, ainsi soit-il (1955) de Dino Risi
Pain, amour et Andalousie (1958) de Javier Setó (Espagne)

12 novembre 2015

Pain, amour et jalousie (1954) de Luigi Comencini

Titre original : « Pane, amore e gelosia »

Pain, amour et jalousieL’histoire de Pain, amour et jalousie débute le lendemain matin du dernier jour de Pain, amour et fantaisie, dont le succès a poussé les producteurs à proposer une suite. Nous retrouvons ainsi les mêmes personnages, joués par les mêmes acteurs, et l’histoire a été prolongée… Il est déconseillé de voir ce film sans avoir vu le premier, ils sont indissociables. Le scénario est un peu moins riche que dans le premier, les situations paraissent un peu étirées parfois, mais le ton reste le même avec cette finesse dans la caricature et la réjouissante interprétation de Vittorio De Sica et de Gina Lollobrigida. De nouveau, l’actrice rayonne et illumine tout le film.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Vittorio De Sica, Gina Lollobrigida, Marisa Merlini, Roberto Risso, Virgilio Riento, Tina Pica
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Pain, amour et jalousie
Gina Lollobrigida et Vittorio De Sica dans Pain, amour et jalousie de Luigi Comencini

Cycle complet :
Pain, amour et fantaisie (1953) de Luigi Comencini
Pain, amour et jalousie (1954) de Luigi Comencini
Pain, amour, ainsi soit-il (1955) de Dino Risi
Pain, amour et Andalousie (1958) de Javier Setó (Espagne)

11 novembre 2015

Pain, amour et fantaisie (1953) de Luigi Comencini

Titre original : « Pane, amore e fantasia »

Pain, amour et fantaisieLe maréchal des logis Antonio Carotenuto, natif de Sorrente, est nommé dans un petit village isolé dans les montagnes des Abruzzes. Cinquantenaire mais toujours célibataire, il n’est pas insensible à la beauté simple de Maria, surnommée la Bersagliera, une jeune fille très pauvre qui vit avec sa mère et ses jeunes frères et dont toute la richesse est un âne… Pain, amour et fantaisie peut se décrire comme étant à mi-chemin entre le néo-réalisme et la comédie italienne. Il est le meilleur représentant du « néoréalisme rose », un terme utilisé souvent un peu péjorativement pour désigner un cinéma décrit comme consensuel. Quoiqu’il en soit, le film est une réussite d’équilibre et de finesse dans la caricature. Vittorio De Sica, dont c’est ici le grand retour en tant qu’acteur (1), a t-il pris part à la réalisation aux côtés de Comencini ? On ne le sait avec certitude. Son interprétation est en tous cas toujours juste, il ne charge jamais ses effets comiques. Gina Lollobrigida est absolument époustouflante : elle (qui, rappelons-le n’était pas encore très connue à cette époque) montre une palette étonnante, capable de tout faire avec une spontanéité confondante et un charme érotique naturel. « Le meilleur rôle de toute sa carrière » d’après l’historien Jacques Lourcelles. Les seconds rôles sont soignés avec des personnages typés, mais jamais trop. L’humour est assez constant, léger, particulièrement bien dosé. Pain, amour et fantaisie est un petit régal, une comédie dont l’humour ne cache pas la misère des ces petits villages isolés.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Vittorio De Sica, Gina Lollobrigida, Marisa Merlini, Virgilio Riento, Tina Pica, Roberto Risso
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Pain, amour et fantaisie
Memmo Carotenuto, Gina Lollobrigida et Vittorio De Sica dans Pain, amour et fantaisie de Luigi Comencini

Pain, amour et fantaisie
Gina Lollobrigida dans Pain, amour et fantaisie de Luigi Comencini

Remarques :
L’explication du titre est dans une réplique : lorsque le maréchal des logis demande à un habitant qui mange un gros sandwich « Qu’est ce que tu as mis dans ton pain ? », celui-ci répond « De la fantaisie… » Il ouvre son sandwich et l’on voit qu’il n’y rien dedans.

(1) A la suite de l’échec commercial d’Umberto D. (1952) qui a même engendré des réactions hostiles qui le gêneront pour monter ses nouveaux films, Vittorio De Sica apparaitra par la suite plus souvent devant la caméra que derrière.

Cycle complet :
Pain, amour et fantaisie (1953) de Luigi Comencini
Pain, amour et jalousie (1954) de Luigi Comencini
Pain, amour, ainsi soit-il (1955) de Dino Risi
Pain, amour et Andalousie (1958) de Javier Setó (Espagne)

9 avril 2014

Le Voleur de bicyclette (1948) de Vittorio De Sica

Titre original : « Ladri di biciclette »

Le voleur de bicycletteDans le Rome de l’Après-guerre, un chômeur trouve du travail comme colleur d’affiches pour la Mairie. Il se fait voler sa bicyclette qui est vitale pour lui pour garder cet emploi. Avec son fils, il se met en quête pour retrouver le voleur… Le Voleur de bicyclette est l’un des films les plus emblématiques du néo-réalisme italien. L’histoire est tirée d’un roman de Luigi Bartolini. L’Oscar honorifique de son film précédent, Sciuscia, avait attiré sur lui l’attention d’Hollywood mais pourtant Vittorio De Sica a préféré refuser l’offre de David O. Selznick de faire de son nouveau film une grosse production avec Cary Grant en vedette pour finalement le tourner avec un budget très réduit et des acteurs non professionnels (1). Le film reste l’un des témoignages les plus authentiques de l’état de l’Italie au lendemain de la guerre avec ses millions de chômeurs, nous montrant, de l’intérieur, la grande pauvreté de cette Italie qui était entièrement à reconstruire, avec la tentation des fausses croyances. Le voleur de bicyclette Le propos n’est pas misérabiliste pour autant, il est même assez positif avec cette entraide si importante et surtout par son image de fin, l’une des plus belles fins de toute l’histoire du cinéma, une image toute simple mais si forte d’un petit garçon qui prend la main de son père qui vient d’essuyer l’opprobre de la foule. Toute la force du film est d’avoir un contenu particulièrement riche alors qu’il semble ne montrer que la vie réelle dans son apparente banalité, et qui plus est, sur un laps de temps très court, l’essentiel de l’histoire se déroulant sur une journée. C’est en cela que Le Voleur de bicyclette reste encore aujourd’hui si unique.
Elle:
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Lamberto Maggiorani, Enzo Staiola
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Remarques :
* Sergio Leone a été assistant de Vittorio De Sica sur ce film. En outre, il apparait brièvement à l’écran : c’est l’un les prêtres qui entourent le père et son fils pendant l’averse.
* Le titre original en italien se traduit par *Les* Voleurs de bicyclette, la nuance étant d’importance. Le voleur de bicyclette pourrait n’être qu’un banal film policier (c’est probablement ce qu’ont voulu laisser croire les distributeurs français en optant pour le singulier), Les Voleurs de bicyclette élargit le propos à la société : chaque niveau social aurait-il son voleur de bicyclette ?

(1) L’acteur principal Lamberto Maggiorani était un ouvrier au chômage avant de tourner le film et le redeviendra hélas, une fois le tournage achevé.

15 août 2013

Le Signe de Vénus (1955) de Dino Risi

Titre original : « Il segno di Venere »

Le signe de VénusLa jeune et belle Agnese (Sophia Loren) vit chez ses parents avec sa cousine Cesira (Franca Valeri) dont elle admire l’esprit d’indépendance. Cesira rêve de mariage mais les hommes ne la regardent guère tandis qu’Agnese attire tous les regards et aussi, à son grand dam, les gestes déplacés… Le Signe de Vénus est le quatrième long métrage de Dino Risi. C’est aussi l’une de ces nombreuses comédies assez mineures dans lesquelles Sophia Loren a joué entre 1953 et 1956. Le scénario a beau être cosigné par Luigi Comencini, il n’en demeure pas moins assez pauvre et c’est bien là la faiblesse du film. On notera toutefois cette peinture assez mordante de la gent masculine (ils sont menteurs, machistes et pire encore) qui forme le ressort principal de l’humour (même si l’on est souvent plus consterné qu’amusé par leur bêtise). On remarquera également que les scénaristes n’ont pas cédé à la tentation du happy end, restant ainsi plus réalistes. Le film comporte de bons moments, souvent dans les dialogues ; les scènes avec les parents sont hautes en couleur. Sophia Loren interprète son rôle avec beaucoup de naturel.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Sophia Loren, Franca Valeri, Vittorio De Sica, Raf Vallone, Alberto Sordi
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3 juillet 2013

La Ciociara (1960) de Vittorio De Sica

Titre français parfois utilisé : « La Paysanne aux pieds nus »

La ciociaraEn 1943, une jeune veuve fuit les bombardements de Rome pour retourner dans son village natal, dans les montagnes du Latium. Elle espère ainsi mettre sa fille à l’abri en attendant que la guerre finisse enfin…
Adapté d’un roman d’Alberto Moravia (1957), La Ciociara marque le retour au pays de Sophia Loren après quelques années à Hollywood. Agée de 26 ans à peine, elle personnifie de façon magistrale l’idéal de la mère italienne, opiniâtre et généreuse. L’actrice s’impose non seulement par sa beauté souveraine mais aussi et surtout par son jeu, étonnamment riche et puissant. Les autres personnages sont inexistants et c’est là sans doute un peu le défaut du film. De Sica a eu beau lui opposer un jeune acteur français très prometteur, Jean-Paul Belmondo, pour interpréter le jeune intellectuel pacifiste qu’elle rencontre ; rien n’y fait, on ne voit qu’elle. Vittorio De Sica, qui a été l’une des grandes figures du néoréalisme, fait évoluer son style pour se rapprocher du mélodrame à l’américaine mais sans excès toutefois, il parvient à conserver un bonne part d’authenticité et de naturel. La Ciociara fut un immense succès et reçut de nombreux prix.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Sophia Loren, Jean-Paul Belmondo, Eleonora Brown
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La Ciociara

Remarques :
* Le projet d’adapter le livre de Moravia avait été envisagé dès 1957 à Hollywood pour être dirigé par Cukor avec Anna Magnani dans le rôle de la mère et Sophia Loren dans le rôle de la fille. Anna Magnani craignant d’être éclipsée, le projet ne se fit pas.
* Signification du titre : La Ciociara = « la femme de Ciociarie », Ciociara (Ciociarie en français) désignant dans le langage populaire une région du centre de l’Italie dans le Latium, au sud-est de Rome.
* Sophia Loren reçut un Oscar pour La Ciociara, le premier Oscar attribué à un acteur s’exprimant dans une autre langue que l’anglais. Le film reçut la Palme d’Or à Cannes en 1961 et Sophia Loren le prix de la meilleure actrice.
* La scène dans l’église est hélas basée sur des faits réels. Entre avril et juin 1944, les Goumiers marocains du corps expéditionnaire français se sont rendus coupables de crimes de guerre dans les environs de Monte Cassino, c’est-à-dire la Ciociarie : un rapport récent estime que plus de 2 000 femmes ainsi que 600 hommes auraient ainsi été victimes de viol et de violences. Le chiffre est certes discuté mais la réalité ces exactions est certaine. Il faut toutefois souligner que ces viols n’étaient pas le fait uniquement des soldats d’origine africaine : ceux commis par les G.I. sont également très nombreux et les estimations du nombre de viols commis par les soldats russes en Allemagne sont ahurissantes.

La Ciociara

Remake :
La Ciociara de Dino Risi (TV, 1989) avec Sophia Loren dans le même rôle.

10 octobre 2011

Darò un milione (1937) de Mario Camerini

Darò un milioneUn jeune milliardaire, déçu par la vie et les rapports artificiels, s’échappe de son luxueux yacht. Il confie à un clochard qu’il est prêt à donner un million à une personne qui ferait preuve de bonté désintéressée envers lui. Le clochard en informe la presse sans donner le signalement du milliardaire. Tout le monde se montre soudainement très généreux envers les miséreux de la ville… Vittorio De Sica a tourné dans d’innombrables films de qualité pas toujours optimale. Tel n’est pas le cas de Darò un milione (= je donnerai un million) qui se révèle être une excellente petite comédie parsemée d’un humour assez fin qui repose sur l’inversion des rôles : les pauvres deviennent l’objet de toutes les attentions, de tous les égards, ce qui provoque des situations très cocasses. Assez rare, Darò un milione est un charmant et très amusant petit film.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Vittorio De Sica, Assia Noris, Luigi Almirante, Mario Gallina
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