Elle :
Immersion au temps de l’inquisition et de l’hérésie religieuse dans un monastère perché sur le haut d’une montagne désolée. Les livres interdits qui pourraient perturber les croyances religieuses des moines sont enfermés dans une tour inaccessible. Plusieurs moines sont retrouvés morts avec la langue et le bout du doigt noirs. Sean Connery va mener l’enquête. Le décor lugubre, les moines aux trognes laides s’opposent à l’angélisme de Sean Connery et de son jeune compagnon. Même si parfois c’est un peu caricatural, on se laisse prendre au jeu de ces énigmes et de cette atmosphère monastique.
Note :
Lui :
Dans cette adaptation du roman d’Umberto Ecco, Annaud a choisi de privilégier le spectacle en évacuant tout le contenu philosophique. Il réussit néanmoins à faire un film fort, même s’il tombe parfois dans l’excès en insistant lourdement sur certaines scènes « dérangeantes » (autopsies, préambules à la torture). Les décors, somptueux de réalisme, contribuent largement à cette réussite ; la bibliothèque est une pure merveille.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Acteurs: Sean Connery, Christian Slater, Helmut Qualtinger, Michael Lonsdale
Voir la fiche du film et la filmographie de Jean-Jacques Annaud sur le site imdb.com.
Lui : La Princesse aux Huîtres est une comédie assez étonnante de la toute première période allemande d’Ernst Lubitsch. La fille du magnat des huîtres menace de tout détruire dans la maison si on ne lui trouve pas un mari noble dans l’heure qui suit. Voilà le point de départ de cette farce dont l’intensité ne montre aucun signe de faiblesse durant ses 60 minutes. Quel humour ! Et quel rythme ! Le ballet de la horde de serviteurs est une merveille : tout en étant assez franchement dans la démesure, Lubitsch ne tombe jamais dans l’extravagance gratuite. C’est l’humour qu’il privilégie et pour cela il joue beaucoup sur le mouvement. Ainsi, dès 1919, il montre son sens de la comédie, de la dérision, du burlesque… la fameuse Lubitsch’ touch. Je conseillerais volontiers la vision de La Princesse aux Huîtres aux personnes qui pensent qu’un film muet est forcément triste et rasoir. Je dois bien avouer que ce film m’a moi-même franchement surpris, je ne m’attendais pas à trouver une telle légèreté, un tel humour dans un film allemand de 1919. Pour ne rien gâter, le film est remarquablement bien conservé et restauré. Oui, La Princesse aux Huîtres est un vrai petit bijou.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Acteurs: Victor Janson, Ossi Oswalda, Harry Liedtke, Julius Falkenstein
Voir la fiche du film et la filmographie de Ernst Lubitsch sur le site imdb.com.
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Elle :
Un paysage désolé, un bled perdu au fin fond du Texas et quelques habitants aux illusions déçues qui survivent. Dans cet univers bridé, Timothy Bottoms et Jeff Bridges tentent de donner un sens à leur vie d’adolescents esseulés. Les filles et les femmes victimes des conventions les enfoncent dans la solitude. Bogdanovich nous livre de façon très touchante des scènes de la vie ordinaire de gens simples. Le noir et blanc accentue magnifiquement cet effet de désolation.
Note :
Lui :
Quelques maisons plantées au beau milieu d’une plaine aride, c’est Anarene, Texas dans les années 50. Nous sommes loin d’American Graffiti : les adolescents y trainent leur vide existentiel, enchaînant déceptions sur déceptions en amour, sexe, sport et renaclant à prendre exemple sur leur aînés qui ruminent leurs rêves brisés. L’art de Bogdanovich est de nous faire partager leurs sentiments, de nous les faire prendre en amitié, évitant de générer une pitié simplificatrice. À noter : une omniprésente mais excellente musique, Hank Williams et Bob Wills en tête. Peter Bogdanovitch tournera une suite en 1990 : Texasville.
Note :
Lecteurs : (2 note(s), moyenne : 4,50 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Acteurs: Timothy Bottoms, Jeff Bridges, Cybill Shepherd, Ben Johnson, Cloris Leachman, Ellen Burstyn
Voir la fiche du film et la filmographie de Peter Bogdanovich sur le site imdb.com.
Elle :
Voici un film supposé être un thriller qui se gargarise de thèmes à la mode tel que le flicage via satellite, caméras, micros et autres gadgets interposés. Malgré une abondance d’effets visuels et sonores, de scènes d’action en tout genre, la sauce ne prend pas et me laisse impassible. Tout cela n’est pas très crédible et est destiné à séduire des adolescents en mal de technologie.
Note :
Lui :
Dans le genre du film d’action et d’espionnage, Ennemi d’état est plutôt bien ficelé. Le scénario est assez riche en rebondissements et la technologie exposée est, soit déjà actuelle, soit réalisable dans un futur proche ; seuls quelques points prêtent à sourire et le côté didactique est quelquefois un peu appuyé. La mise en scène est efficace, les poursuites sont originales (car 90% à pied!), les scènes de respiration sont réduites, la fin est assez remarquable. Ennemi d’état est un produit de l’Hollywood bien classique, certes, mais il fonctionne bien et constitue un bon divertissement.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Acteurs: Will Smith, Gene Hackman, Jon Voight, Lisa Bonet
Voir la fiche du film et la filmographie de Tony Scott sur le site imdb.com.
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Lui :
Tourné à contrecœur par Leo McCarey (1), La Soupe aux Canards est probablement le plus célèbre des Marx Brothers. C’est justifié à mes yeux car ils sont là au sommet de leur art avec une densité de gags et de calembours rare. Certaines scènes sont devenues des grands classiques, comme la scène du miroir que personne n’a rendue aussi drôle qu’eux. Il y a beaucoup de jeux de mots, certains d’ailleurs ne passant pas à la traduction, l’idéal serait de le voir avec des sous-titres anglais. Car cela va vite, cela fuse sans discontinuer. Le film ne dure que 68 minutes et il n’y a pas les intermèdes musicaux habituels de Chico et Harpo. On peut voir et revoir Duck Soup, il y en a toujours à découvrir ! En plus des brouettes de gags, le film porte une satire assez mordante de l’état, tournant en dérision totale le gouvernement du petit état imaginaire de Freedonia. On a pu ainsi parler de coloration anarchisante. Cet aspect n’est sans doute pas étranger à son manque de succès à l’époque : La Soupe aux Canards est le dernier film des Marx Brothers à la Paramount et le dernier où jouent les 4 frères.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Acteurs: Groucho Marx, Harpo Marx, Chico Marx, Zeppo Marx, Margaret Dumont, Louis Calhern
Voir la fiche du film et la filmographie de Leo McCarey sur le site imdb.com.
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Anecdote : Le film se déroule dans un pays imaginaire, Freedonia. Le maire de Fredonia, petite ville de l’état de New York, adressa une lettre aux Marx Brothers leur « suggérant » de changer le nom. Les frères Marx auraient répondu : « Monsieur le Maire, nous vous demandons de changer le nom de votre ville car cela porte tort à notre film. D’autre part, qu’est ce qui vous fait dire que vous êtes maire de Fredonia? Avez-vous une grosse moustache noire, savez-vous jouer de la harpe, parler avec l’accent italien, courir après les filles comme Harpo? Nous sommes sûrs que non. De ce fait, c’est nous qui devrions être maire de Fredonia, pas vous. Les vieux maires en complet gris ne sont plus d’actualité. »
(1) Leo McCarey ne voulait pas tourner de film avec les Marx Brothers à cause de leur épouvantable réputation : ils n’en faisaient qu’à leur tête, prenaient sans arrêt des libertés avec les horaires et le scénario, avaient des caprices de diva. McCarey aurait même tenté de quitter la Paramount pour éviter de tourner ce film.
Remarque :
L’idée de la célèbre scène du miroir n’est pas des Marx Brothers : elle vient d’un film de Max Linder Seven years of bad luck (1921).
Lui :
Troisième film des Marx Brothers, Monnaie de Singe est leur premier film réalisé à Hollywood (et non à New York) et le premier qui fut écrit pour le cinéma (1). Ils disposent de moyens plus importants et peuvent ainsi plus jouer avec les décors. L’histoire se passe sur un bateau de croisière où les quatre frères ont embarqué clandestinement. Les courses poursuites n’empêchent pas les jeux de mots de Groucho de fuser et les personnages secondaires, tel le gangster et sa fille, sont bien utilisés pour toujours faire rebondir le scénario (alors que l’on a pas eu le temps de souffler depuis le début du film…) En prime, nous avons une amusante imitation de Maurice Chevalier, complète avec accent à couper au couteau et canotier, faite successivement par les quatre frères. Monnaie de Singe est un petit délice qui nous fait passer un excellent moment.
Note : (29/11/2007) – (1/10/2013)
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Acteurs: Groucho Marx, Harpo Marx, Chico Marx, Zeppo Marx
Voir la fiche du film et la filmographie de Norman McLeod sur le site imdb.com.
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(1) Le scénario a été écrit essentiellement par deux scénaristes : S.J. Perelman et Arthur Sheekman.
Homonyme (en français) : Monnaie de singe de Yves Robert (1966) avec Robert Hirsch
Homonyme (en anglais) : Monkey Business de Howard Hawks (1952) avec Cary Grant et Ginger Rodgers (et la jeune Marilyn Monroe).
Elle :
Même s’il prend un peu trop souvent sa tête des mauvais jours pour sombrer dans un état dépressif profond, Jean-Pierre Bacri est toujours un acteur qui m’amuse beaucoup et j’ai donc passé un bon moment à rire de ses crises d’humeur. Il ne ferait pas bon, toutefois, d’avoir le même à la maison, Nicole Garcia a bien du mérite pour le supporter… Le scénario souffre de situations confuses ou mal exploitées. Que vient faire la montre de Kennedy dans tout ça? Il faudra me l’expliquer.
Note :
Lui :
Bacri est toujours amusant en quadragénaire blasé et légèrement dépressif, mais là les scénaristes de Kennedy et Moi ont un peu trop forcé la dose : il est vraiment très dépressif et vraiment très blasé! Toutefois, le film reste agréable et globalement nous fait passer un bon moment. Le début est franchement hilarant. Dommage que l’on ne comprenne rien à cette histoire de montre de JFK.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Acteurs: Jean-Pierre Bacri, Nicole Garcia, Patrick Chesnais, Jean-Claude Brialy
Voir la fiche du film et la filmographie de Sam Karmann sur le site imdb.com.
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Lui : Le tueur était presque parfait est un film assez étonnant sur une trame qui peut paraître banale : deux gangsters kidnappent un truand repenti en Espagne pour le ramener à Paris. La forme est donc celle d’un road-movie mais c’est aussi un huis clos en quelque sorte puisque tout se joue sur les relations entre les 4 personnages principaux. Stephen Frears joue à décaler ou même inverser les rôles et, rapidement, on perd toute certitude et il paraît impossible de prédire la suite des évènements. L’humour sous-jacent est heureusement là pour soulager la tension ce qui rend le film finalement assez plaisant. Tourné avec visiblement peu de moyens, Stephen Frears parvient à un résultat efficace grâce à ses personnages. Très belle utilisation de Terence Stamp qui montre une forte présence. Si Le tueur était presque parfait n’est pas le premier film de Stephen Frears, c’est celui qui l’a fait découvrir internationalement, après 15 ans de réalisations pour la télévision anglaise.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Acteurs: John Hurt, Terence Stamp, Tim Roth, Laura del Sol
Voir la fiche du film et la filmographie de Stephen Frears sur le site imdb.com.
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Lui : Munich relate la mission secrète d’un petit commando du Mossad chargé d’éliminer onze responsables de Septembre Noir après l’attentat aux Jeux Olympiques de Munich en 1972. L’histoire serait donc réelle mais les faits sont invérifiables puisque cette opération n’a officiellement jamais existé. Le déroulement pratique de cette mission est donc en grande partie inventé. Spielberg en fait un long métrage qui paraît extrêmement répétitif, souvent un peu brouillon (ce qui paraît difficilement compréhensible de la part d’un tel cinéaste) et dont le propos de fond qui s’interroge sur la finalité de cette action se retrouve dilué dans un ensemble beaucoup trop disparate. Le film est beaucoup trop long (2h30), a beaucoup trop de personnages et cela n’engendre qu’une grande confusion qui finit par pousser au désintérêt.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Acteurs: Eric Bana, Daniel Craig, Ciarán Hinds, Mathieu Kassovitz, Michael Lonsdale, Mathieu Amalric, Hiam Abbass
Voir la fiche du film et la filmographie de Steven Spielberg sur le site imdb.com.
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