Une vague d’éruptions solaires a ravagé la Terre. Finch est l’un des rares survivants dans un monde brûlé par les UV du soleil. Cet ancien ingénieur s’est fabriqué un petit robot intelligent et met la dernière main à un androïde, capable de discuter et de raisonner. Menacée par des évènements atmosphériques dangereux, cette petite équipe entreprend un long voyage vers l’ouest… Finch est un film américain post-apocalyptique réalisé par Miguel Sapochnik, d’après un script de Craig Luck et Ivor Powell. L’histoire ne montre rien d’original si ce n’est un anthropomorphisme très poussé. Le but est de toute évidence de toucher le spectateur et de l’émouvoir avec le développement de cette relation entre un homme et un androïde qui se comporte comme un enfant découvrant le monde. Il n’y a pas d’évènements majeurs au cours de leur voyage. L’ensemble est assez fade et surtout bien trop long : si le début peut nous intriguer, la suite est plutôt ennuyeuse et la fin presque ridicule. Certes il est bon de voir un film de science-fiction qui ne soit pas un film d’action, mais il faudrait un contenu moins convenu. En raison de la pandémie de Covid-19, le film n’est pas sorti en salles. Elle: – Lui :
Avril Lucciani est une avocate des causes désespérées, ce qui déplait à son patron qui la voit perdre tous ses procès. Un demi-marginal, Dariuch, lui demande de défendre son chien Cosmos, qui a mordu trois personnes et défiguré sa dernière victime. L’avocate accepte… Le Procès du chien est un film de procès helvético-français réalisé et interprété par Lætitia Dosch. C’est un film comique qui joue avec l’image que nous avons des animaux. Que se passerait-il si, légalement, nous considérions les animaux comme des êtres vivants et non comme des choses. Avec sa coscénariste Anne-Sophie Bailly, l’actrice-réalisatrice a souhaité aller plus loin en questionnant la notion de modèle pour déboucher sur une note féminisme. L’idée de départ était bonne mais, hélas, l’humour ne fonctionne pas bien, le jeu des acteurs est bien trop forcé, les personnages crient beaucoup trop, les situations sont trop outrancières, les dialogues un peu trop vulgaires. L’ensemble est de plus très brouillon, partant dans plusieurs directions sans aboutir vraiment. Le film a été assez bien reçu par la critique. Elle: Lui :
Chine, Xe siècle avant l’ère chrétienne, le seigneur Su Hu de Jizhou se rebelle contre la dynastie Shang. L’armée des Shang, dirigée par le prince Yin Shou, bat les rebelles. Yin Shou et son bataillon d’otages franchissent les défenses des rebelles et tuent Su. Mais le sang de Yin Shou libère accidentellement le sceau du renard démoniaque à neuf queues dans la tombe de Xuan Yuan. Le renard s’empare alors du corps de Su Daji, la fille de Su Hu… Creation of the Gods I: Kingdom of Storms est un film fantastique chinois réalisé par Wu Ershan. Cette super-production est le premier volet d’une trilogie adaptée du roman L’Investiture des dieux, écrit au XVIe siècle pendant la dynastie Ming par Xu Zhonglin. Elle s’inspire également de récits plus anciens datant des époques Song et Yuan (XI-XIVe siècles). Le scénario utilise largement la mythologie chinoise tout en la modernisant. À noter que le personnage du tyran Yin Shou (alias Di Xin) a bien existé mais ce récit est bien entendu une version fictive et fantastique de son ascension. Les effets spéciaux tiennent une grande place dans la mise en scène ; ils auraient à eux-seuls monopolisé 1500 personnes. Les décors et les costumes sont soignés et même somptueux. L’histoire repose beaucoup sur les envoutements et les maléfices. L’ensemble donne l’impression d’avoir été pensé comme un Seigneur des Anneaux chinois mais l’histoire n’en a pas la richesse, loin de là. Cela se laisse regarder, mais sans déclencher l’enthousiasme. Les trois films de la trilogie ont été tournés à la suite. Elle est à ce jour considérée comme le plus grand projet de film épique et mythologique chinois. Gros succès, surtout en Chine bien entendu. Elle: – Lui :
Creation of the Gods I: Kingdom of Storms (Feng Shen 1: Zhaoge Feng Yun) de Wuershan.
La Trilogie Creation of the Gods : Creation of the Gods 1: Kingdom of Storms (2023) Creation of the Gods 2: Demon Force (2025) Creation of the Gods 3: Creation Under Heaven (2026?)
Thibaut est un chef d’orchestre de renommée internationale qui parcourt le monde. Lorsqu’il apprend qu’il a été́ adopté, il découvre l’existence d’un frère, Jimmy, employé́ de cantine scolaire et qui joue du trombone dans une fanfare du nord de la France. En apparence, tout les sépare, sauf l’amour de la musique… En fanfare est un film français réalisé par Emmanuel Courcol, son troisième long métrage après Cessez-le-feu en 2016 et Un triomphe en 2020. Le scénario est signé Emmanuel Courcol et Irène Muscari. Le film est produit par Marc Bordure et Robert Guédiguian. C’est une comédie dont l’histoire est originale et très bien écrite. Elle montre une certaine intensité tout en restant légère : un parfait équilibre. Les interprétations de Benjamin Lavernhe et de Pierre Lottin sont remarquables de justesse et de richesse. De nombreux acteurs non-professionnels mais réellement musiciens sont à leurs côtés. En fanfare a connu un beau succès dans les salles et il le mérite. Elle: Lui :
Joan, Alice et Rebecca sont trois amies qui vivent l’amour de manière différente. Joan annonce à Victor qu’elle ne l’aime plus, et celui-ci se tue en voiture après avoir trop bu. Alice s’est habituée à Eric mais n’en est pas amoureuse, tandis que celui-ci la trompe avec Rebecca. Mais l’amour et le hasard réservent des surprises… Trois amies est un film français réalisé par Emmanuel Mouret. Il en a écrit le scénario avec Carmen Leroi. Le cinéaste traite une nouvelle fois des circonvolutions de l’amour et de ses corollaires mais sa vision s’étoffe et gagne de la profondeur film après film. Si l’on détecte toujours l’influence de Rohmer, il a développé un style qui lui est propre. Cela se sent dans le contenu mais aussi dans la mise en scène, sa maitrise des plans est assez remarquable. Il y a une bonne dose de fraîcheur dans cet ensemble mais aussi une certaine gravité, car il y est aussi question aussi du deuil, de la culpabilité, de la duplicité. L’interprétation est naturelle, semblant parfois spontanée. Un très beau film. Elle: Lui :
En 1973, le jeune Donald Trump rencontre dans un restaurant new-yorkais l’avocat Roy Cohn, célèbre pour avoir poursuivi en justice le couple Rosenberg à l’époque du maccarthisme. Trump se plaignant de l’enquête menée par le gouvernement contre son père, grand promoteur immobilier, Cohn accepte de les défendre… The Apprentice est un film américain réalisé par le réalisateur irano-danois Ali Abbas, son quatrième long métrage. Il raconte l’ascension de Donald Trump dans les années soixante-dix et quatre-vingt, notamment ses années d’apprentissage auprès de Roy Cohn, avocat qui a débuté comme impitoyable procureur pendant la chasse aux sorcières initiée par le sénateur McCarthy. L’avocat lui a inculqué sa doctrine basée sur trois règles de base : 1) toujours attaquer ; 2) ne rien reconnaitre et nier tout en bloc ; 3) revendiquer la victoire et ne jamais reconnaitre la défaite. Le projet de ce film a été initié en 2018, lors du premier mandat de Donald Trump, pour ne sortir qu’en 2024 peu avant sa réélection, malgré les pressions et de multiples menaces de procès. Le récit est particulièrement édifiant et les interprétations de Sebastian Stan et de Jeremy Strong sont de tout premier ordre. Elle: Lui :
Max Linder, la première star internationale de cinéma, fut pendant deux décades vénéré en France, dans toute l’Europe et à Hollywood. Pionnier du burlesque muet, il fut le mentor de Charlie Chaplin, avant de mourir prématurément en 1925… Vie et morts de Max Linder est un film documentaire polonais d’Edward Porembny. Max Linder a échappé miraculeusement à la mort à cinq reprises mais, à l’apogée de sa carrière, il s’est suicidé avec sa femme en 1925. C’est ce que ce film essaie de nous raconter mais, hélas, la forme occulte totalement le propos. Réalisé à l’aide d’intelligence artificielle, ce documentaire prend l’esthétique des films muets (plus exactement ceux de la décennie 1910). Il utilise largement des extraits des courts métrages de Max Linder en faisant parler les personnages et en prolongeant parfois ces extraits avec des acteurs. En outre, ont été ajoutées des scènes où des personnages, joués par des acteurs incrustés dans un décor d’époque, racontent face caméra certains évènements. Le résultat n’est hélas pas une réussite : d’une part, faire parler des films muets renforcent leur aspect vieillot et les rend peu attrayants et même ridicules ; d’autre part, on passe plus de temps à tenter de reconnaitre les vraies images d’époque qu’à écouter le récit. Belle tentative, certes, mais hélas peu convaincante. Elle: – Lui :
L’ascension du chanteur britannique Robbie Williams : devenu une star dans les années 1990 avec le Boy Band Take That, il a plongé dans la drogue avant de retrouver le succès à partir de 1997… Better Man est un film australien réalisé par Michael Gracey. C’est un biopic assez classique sur l’ascension d’une star. Sa grande originalité, la plus visible en tous cas, est d’avoir représenté le chanteur sous les traits d’un singe. C’est le chanteur lui-même qui aurait émis l’idée : « J’ai été un singe effronté (cheeky monkey) toute ma vie » justifie-t-il. L’intégration (motion capture sur l’acteur Jonno Davies) est parfaite et l’on s’habitue très rapidement au personnage. Sans cela, le film aurait été sans doute plus ennuyeux encore. Je dois avouer que l’histoire en elle-même ne m’a pas passionné mais elle aura certainement plus d’attraits pour les fans du chanteur. Certaines scènes sont proches d’un clip et peuvent être assez spectaculaires, telle celle filmée en plein Londres. Malgré de bonnes critiques et un bon accueil du public, le film a été un (très) gros échec commercial. Elle: – Lui :
En 1916, Sarah Bernhardt doit subir une opération de la jambe. À l’hôpital, elle reçoit la visite de Sacha Guitry qui a rompu depuis des années avec son père, l’acteur Lucien Guitry. Sarah lui raconte les raisons de cette rupture, que Sacha ignore totalement, liées à sa propre rupture d’avec Lucien Guitry en 1896… Sarah Bernhardt, la divine est un film français réalisé par Guillaume Nicloux. Il en a écrit le scénario avec Nathalie Leuthreau. C’est le premier film français consacré à Sarah Bernhardt (1) ce qui a de quoi étonner quand on songe à son immense notoriété et à son statut de mythe. Le récit n’est pas centré sur sa carrière proprement-dite ; il était en effet impossible pour le cinéaste de la montrer au travail (2). Il dresse en revanche le portrait d’une femme très libre, toujours prompte à soutenir des causes qu’elle juge justes, consciente que sa notoriété peut avoir une grande influence (3). Le récit donne aussi (et surtout) une grande place à ses relations tumultueuses avec le grand amour de sa vie, l’acteur Lucien Guitry (le père de Sacha Guitry) dont la notoriété égalait presque la sienne. Le film bénéficie d’une interprétation remarquable, celle de Sandrine Kiberlain bien-entendu mais aussi celle de Laurent Lafitte et de la plupart des seconds rôles. Comme pour tout film historique, une bonne partie de la critique a dégainé le vocable « académique » pour le juger hâtivement. Il faut au contraire saluer la démarche du réalisateur qui a su éviter les facilités d’un modernisme racoleur. Son film est très intéressant. Elle: – Lui :
(1) Le seul précédent est un film anglais de Richard Fleisher The Incredible Sarah (1976) avec Glenda Jackson dans le rôle principal, un film généralement considéré comme n,’ayant peu de qualités. Le film n’est d’ailleurs pas sorti en France. (2) Quelle actrice aurait pu prétendre restituer le jeu de Sarah Bernhardt ? De plus, son jeu était très emphatique, déclamatoire, avec des modulations dans la voix, ce qui est aux antipodes de nos goûts d’aujourd’hui (ce style de jeu est passé de mode vers la fin de sa vie). Sarah Bernhardt a fait des tournées triomphales dans le mode entier, jouant en français devant un public incapable de comprendre un mot de cette langue (un peu comme pouvons écouter des opéras en allemand ou en italien aujourd’hui). (3) Toutefois, l’étonnante scène où Sarah Bernhardt suscite l’engagement de Zola dans l’affaire Dreyfus est, semble-t-il, basée sur une hypothèse non vérifiée (lire ici et là). En revanche, qu’elle se soit fâchée avec son fils, fervent anti-Dreyfusard, et qu’elle ait pris publiquement parti pour Dreyfus est exact.
Sandrine Kiberlain et Amira Casar (au centre) dans Sarah Bernhardt, la divine de Guillaume Nicloux.
Titre original : « Francis Ford Coppola’s Megalopolis: A Fable »
Dans un New York en partie dévasté et devenu New Rome, l’architecte visionnaire et idéaliste César Catilina entre en conflit avec le maire très conservateur Franklyn Cicero qui ne cherche qu’à préserver les privilèges. La fille du maire, la jet-setteuse Julia Cicero, tombe amoureuse de César Catilina. Elle est tiraillée entre les deux hommes et devra découvrir ce qui est le meilleur pour l’avenir de l’humain… Megalopolis est un film américain écrit et réalisé par Francis Ford Coppola. Le cinéaste, âgé de 85 ans, concrétise enfin un projet auquel il pense depuis plus de quarante ans. Il s’agit d’un conte allégorique, un péplum futuriste assez grandiose dans sa mise en scène, d’une grande force esthétique, puissant. Sur le fond, c’est avant tout une ode à la créativité et aux utopies, à la capacité des visionnaires à ré-imaginer le monde. Il fustige tout ce qui peut se mettre en travers de leur chemin : les manœuvres politiciennes, la cupidité, le désir de paraître, le populisme. On peut reprocher au film un certain manque de clarté dans le récit, probablement dû à l’indéniable surcharge d’allégories et de références (cinématographiques et historiques). De plus, certaines scènes paraissent là uniquement pour le spectacle visuel (du moins est-ce l’impression à la première vision). S’il n’est pas sans défaut, Megalopolis séduit néanmoins par sa qualité d’œuvre unique et créatrice ; Coppola a entièrement financé son film, engloutissant une bonne partie de son patrimoine personnel. S’il s’agit de son ultime réalisation, il aura terminé sa carrière en beauté. Il a dérouté la critique et le public, ce qui est normal. C’est dommage que le film ne soit pas mieux perçu. Peut-être qu’avec le temps… Elle: – Lui :
Adam Driver dans Megalopolis (Francis Ford Coppola’s Megalopolis: A Fable) de Francis Ford Coppola.Nathalie Emmanuel dans Megalopolis (Francis Ford Coppola’s Megalopolis: A Fable) de Francis Ford Coppola.Aubrey Plaza dans Megalopolis (Francis Ford Coppola’s Megalopolis: A Fable) de Francis Ford Coppola.