5 octobre 2026

Opération Scotland Yard (1959) de Basil Dearden

Titre original : « Sapphire »

SapphireA Londres, une jeune femme est retrouvée morte dans un parc, sans identification, poignardée de plusieurs coups de couteaux. Deux policiers de Scotland Yard enquêtent…
Sapphire est un film britannique écrit par Janet Green et réalisé par Basil Dearden. Le titre français laisse augurer d’une série B assez banale mais il n’en est rien. Le récit utilise intelligemment le support d’une enquête policière pour aborder un problème sociétal plus profond. Le scénario a été écrit en réaction aux violentes émeutes raciales de Notting Hill en 1958. L’approche est assez subtile tout en montrant une belle profondeur, montrant plusieurs facettes du racisme, et dressant un portrait social de l’Angleterre de la fin des années cinquante. Cette profondeur se retrouve d’ailleurs dans bon nombre de films réalisés par Basil Dearden. Réalisé avec visiblement peu de moyens, le film bénéficie d’une mise en scène bien maitrisée. Malgré un accueil critique mitigé, le film connut un succès plus qu’honorable à sa sortie. Il mérite vraiment d’être découvert mais est hélas difficile à trouver aujourd’hui.
Elle: –
Lui : 4 étoiles

Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 4,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Nigel Patrick, Yvonne Mitchell, Michael Craig, Paul Massie, Bernard Miles, Earl Cameron
Voir la fiche du film et la filmographie de Basil Dearden sur le site IMDB.

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Michael Craig, Nigel Patrick et Paul Massie dans Sapphire de Basil Dearden.

27 septembre 2026

Un pont trop loin (1977) de Richard Attenborough

Titre original : « A Bridge Too Far »

Un pont trop loin (A Bridge Too Far)Septembre 1944. Alors que les forces alliées essaient de terminer la guerre au plus vite, le général Montgomery conçoit un projet audacieux : parachuter plusieurs divisions aéroportées britanniques et américaines derrière les lignes allemandes aux Pays-Bas afin de capturer plusieurs ponts stratégiques qui permettront aux troupes terrestres de franchir le Rhin et de pénétrer directement en Allemagne…
Un pont trop loin est un film britannique réalisé par Richard Attenborough. Il s’agit d’une superproduction dotée de nombreux acteurs de premier plan, britanniques et américains, Robert Redford assurant la présence d’une grande star américaine (nécessaire pour que le film puisse marcher aux Etats-Unis) (il n’apparaît toutefois qu’après deux heures!) Le film reconstitue un épisode peu glorieux pour les forces alliées dont les généraux ont failli par accès de confiance. Hélas, le récit est très confus : il se déroule simultanément sur quatre lieux et nous passons de l’un à l’autre sans toujours comprendre où nous sommes. Les personnages sont trop nombreux et j’avoue avoir été rapidement perdu (peut-être n’ai-je pas été suffisamment attentif lors de l’exposé du plan global…) Dès lors, l’ensemble paraît inévitablement bien trop long. Certaines scènes sont impressionnantes, notamment celle du parachutage. Malgré un accueil critique très mitigé, le film a été un succès au box-office.
Elle: –
Lui : 2 étoiles

Lecteurs : (3 note(s), moyenne : 3,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Sean Connery, Michael Caine, Dirk Bogarde, Gene Hackman, Robert Redford, Wolfgang Preiss, Ryan O’Neal, James Caan, Edward Fox, Elliott Gould, Anthony Hopkins, Hardy Krüger, Laurence Olivier, Liv Ullmann, Maximilian Schell
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Un pont trop loin (A Bridge Too Far) de Richard Attenborough.

17 septembre 2026

Au bord du gouffre (1963) de Basil Dearden

Titre original : « The Mind Benders »

Au bord du gouffre (The Mind Benders)Le professeur Sharpey s’est suicidé après avoir participé à une expérience de privation sensorielle dans un laboratoire secret. On retrouve sur lui une grosse somme d’argent ce qui vient corroborer des soupçons de trahison. Pour le laver de ces accusations, un de ses collègues accepte de se livrer à la même expérience…
The Mind Benders (ne prêtez aucune attention au titre français, ce n’est pas un film sur l’alpinisme!) est un film britannique réalisé par Basil Dearden. Si l’histoire peut paraître un peu farfelue aujourd’hui, elle s’appuyait sur des expériences faites à l’époque sur l’impact de l’isolement sur le cerveau humain dans l’optique de futurs voyages spatiaux, le tout sur fond de guerre froide et de paranoïa anti-communiste. Le réalisateur parvient d’emblée à créer une atmosphère anxiogène pour développer un thriller étrange mêlé d’un drame plus simplement humain. Dick Bogarde est l’interprète idéal pour installer une belle ambiguité. Le récit est prenant. Assez injustement, le film n’eut aucun succès à sa sortie et reste méconnu de nos jours.
Elle: –
Lui : 4 étoiles

Lecteurs : (3 note(s), moyenne : 3,67 sur 5, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Dirk Bogarde, Mary Ure, John Clements, Michael Bryant, Wendy Craig
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John Clements, Dirk Bogarde et Michael Bryant dans Au bord du gouffre (The Mind Benders) de Basil Dearden.

19 juillet 2026

Train of Events (1949) de Sidney Cole, Charles Crichton et Basil Dearden

Train of EventsAlors que le train Londres-Liverpool fonce droit sur un camion-citerne immobilisé sur les rails, on revit en flash-back quatre histoires différentes vécues par quelques passagers du train : le conducteur du train, un prisonnier de guerre allemand en fuite, un compositeur aux nombreuses liaisons extraconjugales et un acteur de théâtre qui reçoit la visite inopinée de son ex-femme…
Issu des studios Ealing, Train of Events est un film britannique réalisé par Sidney Cole (premier récit), Charles Crichton (troisième récit) et Basil Dearden (second et quatrième récit). Contrairement à la structure habituelle des films à sketches, les quatre histoires sont entrelacées. Il s’agit d’une peinture sociale de l’Angleterre d’après-guerre, les quatre histoires couvrant l’ensemble de l’échelle sociale. Sans surprise, c’est le récit du conducteur du train (réalisé par Sidney Cole) qui a le plus de richesse, le milieu des cheminots ayant toujours été propice à des récits picturaux. C’est aussi celui qui est le mieux interprété. Le récit du compositeur (réalisé par Crichton) est plutôt amusant (à noter, le passage sur la télévision, alors balbutiante). Les sections réalisées par Basil Dearden (le prisonnier et l’acteur) sont les plus faibles. L’ensemble n’est pas franchement remarquable. Le film fut un échec à sa sortie.
Elle: –
Lui : 2 étoiles

Lecteurs : (3 note(s), moyenne : 2,67 sur 5, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Jack Warner, Susan Shaw, Patric Doonan, Valerie Hobson, John Clements, John Gregson
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Remarque :
Train of Events est l’unique réalisation de Sidney Cole.

Patric Doonan, Gladys Henson, Jack Warner et Susan Shaw dans Train of Events de Sidney Cole

24 mai 2026

Downton Abbey III : Le Grand Final (2025) de Simon Curtis

Titre original : « Downton Abbey: The Grand Finale »

Downton Abbey III : Le Grand Final (Downton Abbey: The Grand Finale)Année 1930. Lord et Lady Grantham sont à Londres quand la nouvelle du divorce de leur fille Lady Mary Crawley paraît dans la presse. Une femme divorcée étant jugé infréquentable, tout le monde leur tourne le dos. De retour à Downton Abbey, le frère de Lady Mary apporte de mauvaises nouvelles sur le plan financier…
Downton Abbey III : Le Grand Final (anglicisme francisé inclus) est un film britannique réalisé par Simon Curtis. Après Downton Abbey (2019) et Downton Abbey 2 : Une nouvelle ère (2022), il s’agit du troisième et ultime film adapté de la série télévisée Downton Abbey créée par Julian Fellowes. Il reste dans la même veine, offrant une version idéalisée du monde de l’aristocratie anglaise et utilisant de façon judicieuse ses codes très stricts pour créer un ensemble divertissant mais sans surprise.
Elle: –
Lui : 3 étoiles

Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 1,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Michelle Dockery, Hugh Bonneville, Laura Carmichael, Jim Carter, Dominic West, Elizabeth McGovern
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Michelle Dockery et Laura Carmichael dans Downton Abbey III : Le Grand Final (Downton Abbey: The Grand Finale) de Simon Curtis.

21 avril 2026

Après moi le déluge (1959) de John Boulting

Titre original : « I’m All Right Jack »

Après moi le déluge (I'm All Right Jack)Le naïf Stanley Windrush, issu de la classe aisée, revient de la guerre avec une seule ambition : réussir dans les affaires. Cependant, à sa grande consternation, il s’aperçoit bien vite qu’il lui faut démarrer au bas de l’échelle et gravir les échelons un par un pour arriver à ses fins, et qu’aussi bien la direction que les syndicats se servent de lui dans leur lutte pour le pouvoir…
Après moi le déluge est un film britannique réalisé par John Boulting. Il s’agit de la suite du film Ce sacré z’héros (Private’s Progress, 1956) également réalisé par John Boulting, qui se déroulait pendant la guerre avec plusieurs acteurs qui reprennent ici leurs rôles. Cette comédie joue avec les oppositions de classe dans le monde du travail en les caricaturant : les ouvriers font tout pour en faire le moins possible, les patrons sont cupides et magouilleurs. Le délégué syndical est joué par Peter Sellers, qui assure l’essentiel d’un humour très british : on ne rit pas aux éclats mais on sourit souvent. La satire est assez poussée sur les syndicats mais c’est finalement assez bon enfant, sans intention malicieuse. Le film a connu un très grand succès en Angleterre à sa sortie mais est resté totalement méconnu en France.
Elle: –
Lui : 4 étoiles

Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 4,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Ian Carmichael, Terry-Thomas, Peter Sellers, Richard Attenborough, Dennis Price, Margaret Rutherford
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Remarque :
I’m alright, Jack est une expression anglaise négative employée face à une personne égoïste qui ne se soucie que de son propre intérêt et qui ne lèverait pas le petit doigt pour aider les autres (pour une fois, la traduction en français du titre respecte bien l’esprit du titre original).

Peter Sellers et Ian Carmichael dans Après moi le déluge (I’m All Right Jack) de John Boulting.

21 février 2026

L’Amour au présent (2024) de John Crowley

Titre original : « We Live in Time »

L'amour au présent (We Live in Time)Ce film raconte l’histoire d’amour entre Tobias, commercial dans une entreprise de céréales, et Almut, jeune cheffe cuisinière étoilée. Sous forme de flashbacks, nous découvrons leur rencontre, la naissance de leur fille ainsi que la découverte du cancer d’Almut et son combat contre ce dernier…
L’amour au présent est un film britannique réalisé par l’irlandais John Crowley. Le scénario est l’œuvre du dramaturge Nick Payne. L’histoire en elle-même est un mélodrame très convenu et, pour cacher cela, le déroulement a été totalement déconstruit : les scènes de plusieurs époques de leur liaison ont été mélangées et, à chaque saut, il faut généralement plusieurs secondes pour comprendre à quel moment nous en sommes. Certes, ce procédé artificiel aide à soutenir notre attention mais il ne rend pas l’histoire plus intéressante pour autant. L’ensemble paraît finalement assez vain. La scène de l’accouchement, censée être un tour de force, est longue et pénible. Point positif : l’alchimie entre les deux acteurs principaux fonctionne plutôt bien.
Elle: 2 étoiles
Lui : 2 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Andrew Garfield, Florence Pugh, Lee Braithwaite
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Grace Delaney, Andrew Garfield et Florence Pugh dans L’amour au présent (We Live in Time) de John Crowley.

8 février 2026

Junon et le paon (1930) de Alfred Hitchcock

Titre original : « Juno and the Paycock »

Junon et le paon (Juno and the Paycock)A Dublin, pendant la guerre civile irlandaise, la vie de la famille de Boyle, faux capitaine, menteur, buveur et fainéant, va se trouver illuminée par l’annonce d’un héritage substantiel…
Junon et le paon est un film britannique réalisé par Alfred Hitchcock, adapté d’une pièce de l’auteur irlandais Seán O’Casey. C’est le deuxième film parlant d’Hitchcock, mais le premier réalisé vraiment avec les moyens du parlant : le son est enregistré au moment de la prise de vue (sans possibilité de modification ultérieure). Le sujet a été imposé à Hitchcock qui n’en voulait pas car il ne voyait pas comment éviter de faire du théâtre filmé. Effectivement, il n’y est pas parvenu. Tout le film se déroule dans la pièce principale de la famille et le jeu des acteurs, dont certains l’avaient interprété sur les planches, reste marqué par le théâtre. Tout au plus a-t-il joué avec les mouvements de caméra pour nous indiquer quelque chose. C’est son premier film avec des plans longs. Même s’il y a des notes d’humour, notamment lors de la mise en place des personnages, il s’agit d’un drame social avec pour thèmes secondaires la lâcheté et la culpabilité. Le film a été très bien accueilli par la critique. Hitchcock a déclaré ultérieurement qu’il considérait que ce film n’avait rien à voir avec le cinéma.
Elle: –
Lui : 2 étoiles

Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 3,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Sara Allgood, Edward Chapman, Barry Fitzgerald, John Laurie
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Sara Allgood, John Laurie et Edward Chapman dans Junon et le paon (Juno and the Paycock) de Alfred Hitchcock.

Remarques :
• Caméo : la scène où Hitchcock apparait, un barman au début du film, a été coupée au montage. Seule une photo publicitaire parue dans Picturegoer en atteste. (Source : livre Hitchcock la totale, EPA 2021)
• Grand admirateur d’Hitchcock, Woody Allen dans son film Whatever Works rend hommage au Maître : dans la péniche de Randy (Henry Cavill), Mélody (Evan Rachel Wood) trouve une photo de film avec Randy et demande d’où elle est tirée, il lui répond qu’il a joué dans un film appelé Juno and the Paycock. (Anecdote lue sur Wikipédia)

7 novembre 2025

The Crying Game (1992) de Neil Jordan

The Crying GamePrès de Belfast, dans une fête foraine, une jeune femme attire dans un coin isolé un soldat britannique en permission. Il est alors assommé et enlevé par des membres de l’IRA qui menacent de l’exécuter si un de leurs camarades n’est pas libéré…
The Crying Game est un film britannique écrit et réalisé par l’irlandais Neil Jordan. Le scénario est basé sur la nouvelle A Guest of the Nation de l’écrivain irlandais Franck O’Connor. Le film débute comme un thriller politique mais évolue ensuite différemment. En fait, c’est la force du scénario de partir sur des voies inattendues et d’être émaillé de surprises (dont une très grosse, évitez de trop lire sur ce film avant de le voir). On pardonnera quelques invraisemblances vers la fin. Difficile d’en dire plus sans déflorer l’ensemble. Oscar du meilleur scénario original en 1994.
Elle: –
Lui : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Stephen Rea, Jaye Davidson, Forest Whitaker, Miranda Richardson, Adrian Dunbar, Jim Broadbent
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Forest Whitaker et Stephen Rea dans The Crying Game de Neil Jordan.

12 octobre 2025

Lee Miller (2023) de Ellen Kuras

Titre original : « Lee »

Lee Miller (Lee)Durant la Seconde Guerre mondiale, l’ex-mannequin et compagne de Man Ray, Elizabeth « Lee » Miller, devient correspondante de guerre pour le magazine Vogue. Personnage hors du commun, sa ténacité et son courage lui ont permis de réaliser des clichés historiques…
Lee Miller est un film britannique réalisé par Ellen Kuras. C’est le premier long métrage de cette directrice de la photographie soixantenaire. Kate Winslet, actrice et productrice du film, a dû batailler pour mettre sur pied ce projet. Elle a été aidée par le fils de Lee Miller qui a écrit une biographie de sa mère. Il ne s’agit pas d’un biopic traditionnel mais plutôt d’un portrait de femme. Le récit se concentre sur les quelques années (1942-1945) qui bouleverseront sa vie. En plus de son travail photographique, le film insiste sur son féminisme et sa personnalité de femme libre. Kate Winslet s’est beaucoup investie dans le projet et son interprétation est assez puissante. Le film n’est pas sans défaut mais reste suffisamment intense pour nous captiver.
Elle: 4 étoiles
Lui : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Kate Winslet, Andy Samberg, Alexander Skarsgård, Marion Cotillard, Andrea Riseborough, Noémie Merlant
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Andy Samberg et Kate Winslet dans Lee Miller (Lee) de Ellen Kuras.