Pour enquêter sur un meurtre inexpliqué, un commissaire interroge le principal et unique suspect : l’homme qui a trouvé le cadavre gisant sur le trottoir en pleine nuit. Le commissaire annonce lui-même la couleur : l’interrogatoire semble bien parti pour durer…
Le musicien et réalisateur français Marc Dupieux présente Au Poste! comme étant son « premier vrai film français » (certains de ses films précédents ont en effet été réalisés aux Etats-Unis ou au Canada). Il en a écrit le scénario qui est, une nouvelle fois, basé sur un florilège d’humour absurde. Il y a de bons moments, un passage horrible dont personnellement je me serais passé (avec l’équerre) mais l’ensemble est vraiment amusant. Marc Dupieux parvient à éviter de tourner en rond mais visiblement ne savait pas bien comment terminer : après une pirouette que l’on peut voir comme un hommage à Buñuel, il se laisse aller et finit un peu n’importe comment. Bonne prestation des acteurs principaux. Elle: – Lui :
Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 4,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Agathe est une bourgeoise froide et odieuse qui dirige une fondation d’art contemporain (1). Patrick vit de petits boulots, aime l’alcool et les femmes bien en chair. Ils ont tout pour se détester mais leurs enfants sont inséparables… Il fallait oser mettre face à face deux acteurs aussi différents qu’Isabelle Huppert et Benoît Poelvoorde. Dans Mon pire cauchemar, Anne Fontaine exploite bien l’abime qui les sépare sans trop tomber dans les clichés ni forcer le trait. L’humour est omniprésent par les dialogues, très incisifs, avec de nombreuses excellentes réparties. Le film s’essouffle un peu dans sa seconde partie mais le bilan global reste très positif. On rit beaucoup. En terme de divertissement, Mon pire cauchemar est une réussite. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarques : Mon pire cauchemar est rempli d’œuvres d’art contemporain, l’appartement d’Agathe en est truffé (elles sont listées au générique, il y en a une trentaine), sans compter les deux expositions. Le clou en la matière est la présence d’Hiroshi Sugimoto en personne qui joue son propre rôle. A noter que le générique final précise que c’est Sugimoto lui-même qui a taggué sa photographie… (Ouf !)
Hiroshi Sugimoto est un photographe majeur de la photo contemporaine. Sa série la plus célèbre (débutée en 1975) est celle des cinémas : il a photographié l’intérieur de salles (pleines) de cinéma, pendant la projection d’un film, en poses très longues (45 minutes et plus, avec une chambre grand format). Résultat : l’écran saturé d’images devient tout blanc, nappé d’une lueur blanche qui éclaire l’intérieur de la salle, les spectateurs disparaissent ainsi que toutes les parties mouvantes. La salle est vide. « Trop d’information conduit au néant ». Voir des exemples sur son site. Il a beaucoup d’autres séries très intéressantes (mer, portraits de cire, architecture, Bouddhas, etc.) Voir le site internet d’Hiroshi Sugimoto…
(1) C’est la Fondation Cartier pour l’art contemporain, 261 bd Raspail à Paris.
Face à un immeuble de bureaux, un homme a mis sa fenêtre une large banderole : « Homme seul »… Tel est le point de départ de Bancs publics (Versailles rive droite), le troisième et ultime film de la trilogie de Bruno Podalydès dite des « gares de Versailles ». Cette fois, il est totalement sur le registre de l’humour, le film étant une succession de saynètes à peine reliées par un fil conducteur. L’humour s’installe doucement, lors de la première partie dans les bureaux, et s’intensifie au fur et à mesure que le film avance. Dans le square, nous avons une succession de situations jouant sur les rapports humains et la dernière partie, dans le magasin de bricolage, est une suite ininterrompue de mini-scènes utilisant beaucoup nos rapports aux objets (et aux outils !) D’une manière générale, la quantité de gags est impressionnante, c’est un humour qui semble jouer avec l’absurde mais en réalité toutes les situations sont plausibles, on peut les rencontrer dans la vie réelle. Le film nous donne un recul énorme et c’est alors qu’elles nous paraissent absurdes voire anachroniques. Le type d’humour est assez proche de celui du regretté Raymond Devos. L’humour très fin, parfois par petites touches, le jeu avec les objets, la petite dose de poésie, tout cela nous fait aussi inévitablement penser à Jacques Tati. La liste des acteurs qui ont participé est impressionnante, chacun apportant son jeu personnel ce qui donne au film une grande richesse. Bancs publics (Versailles rive droite) n’a pas eu le succès qu’il méritait, c’est dommage car c’est une petite merveille d’humour. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Liste des acteurs les plus connus ayant participé :
Mathieu Amalric, Pierre Arditi, Michel Aumont, Josiane Balasko, Didier Bourdon, Bernard Campan, Micheline Dax, Catherine Deneuve, Julie Depardieu, Emmanuelle Devos, Vincent Elbaz, Nicole Garcia, Hippolyte Girardot, Chantal Lauby, Pascal Légitimus, Thierry Lhermitte, Michael Lonsdale, Chiara Mastroianni, Benoît Poelvoorde, Catherine Rich, Claude Rich, Elie Semoun, Bruno Solo
Angélique est émotive : elle tombe dans les pommes dès qu’elle devient un centre d’attention. Jean-René est émotif : face aux autres, il a peur de se retrouver dans l’embarras et change de chemise pour calmer l’angoisse. Leur passion pour la confection de chocolats va-t-elle les rapprocher… ? Les émotifs anonymes est une comédie sentimentale qui traite de façon humoristique et légère de la timidité et de la phobie des autres. Isabelle Carré et Benoît Poelvoorde apportent beaucoup au film par un jeu très délicat. L’univers dans lequel ils évoluent est à l’image de celui d’Amélie Poulain : sans âge, désuet, avec des couleurs vives, il les baigne dans une atmosphère de conte de fées. Les émotifs anonymes se regarde sans déplaisir mais paraît plus anecdotique que les films précédents de Jean-Pierre Améris. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)