Montauban, 1944. Peu après le débarquement, le chirurgien Julien Dandieu met sa femme et sa fille à l’abri à la campagne après avoir été menacé par la milice. Quand il va leur rendre visite une semaine plus tard, il découvre que tous les habitants du village ont été massacrés par les allemands. Il décide de les venger… Le Vieux Fusil est un film français réalisé par Robert Enrico. Il en a écrit le scénario avec Pascal Jardin et Claude Veillot. L’histoire s’inspire du massacre d’Oradour-sur-Glane mais l’essentiel du film est ailleurs : en une série incessante de flashbacks, Robert Enrico s’attache surtout à créer l’émotion avec l’histoire d’amour entre ses deux personnages principaux. Il n’y a que peu de dialogues et ils restent très simples. Philippe Noiret est (comme toujours) parfait et Romy Schneider sourit beaucoup. Le résultat est un peu ennuyeux. Le film fut un très grand succès populaire et fut triplement récompensé à la première cérémonie des Césars en 1975 (meilleur film, meilleur acteur, meilleure musique) et du César des Césars en 1985. Elle: – Lui :
En 1960, Frank Morris (Clint Eastwood), un criminel avec un QI exceptionnel qui s’est déjà enfui de plusieurs autres établissements pénitentiaires, arrive à la prison de haute sécurité sur l’île d’Alcatraz dans la baie de San Francisco. Peu de temps après son arrivée, il est convoqué dans le bureau du directeur (Patrick McGoohan), qui l’informe qu’Alcatraz est unique dans le système carcéral américain pour son niveau de sécurité extrêmement élevé et qu’aucun détenu ne s’en est jamais échappé avec succès… L’Évadé d’Alcatraz est un film américain réalisé par Don Siegel. Il s’agit d’un très classique film de prison, le deuxième pour le réalisateur après Riot in Cell Block 11 (1954). Don Siegel a quitté le film au début de la post-production et c’est Clint Eastwood qui supervisa le montage. Le récit est basé sur des faits réels : ce fut la seule évasion de cette prison qui sera fermée l’année suivante. La préparation de l’évasion est décrite avec minutie et les images de la vie dans cette prison ont presque un aspect documentaire. Le tournage a été fait sur les lieux-même alors que la prison est devenue une attraction touristique. Le jeu de Clint Eastwood est très mesuré, d’une grande simplicité. L’acteur a rajouté la scène finale qui suggère que les prisonniers ont réussi à traverser (1). Elle: – Lui :
(1) Dans la réalité, nul ne sait s’ils ont réussi ou pas. Leurs corps n’ont jamais été retrouvés et l’on n’a jamais entendu parler d’eux par la suite. Selon les experts, personne ne pouvait parvenir à nager dans les eaux glacées sans un entrainement spécial.
Clint Eastwood dans L’évadé d’Alcatraz (Escape from Alcatraz) de Don Siegel.
Caligula est le jeune héritier de son grand-oncle, l’empereur Tibère. Il se rend compte que celui-ci est devenu fou et cherche à l’empoisonner. Quelques jours plus tard, Caligula achève Tibère mourant et devient empereur… Caligula est un péplum érotico-pornographique italo-américain réalisé en grande partie par Tinto Brass. Le producteur, fondateur de Penthouse, a doté le projet d’un énorme budget pour produire un « film pour adultes à gros budget ». L’ébauche de scénario a été écrite par le romancier Gore Vidal et la distribution est assez prestigieuse. Danilo Donati, le chef décorateur et costumier de Federico Fellini, a conçu les décors du film et également les costumes, les bijoux, les coiffures, les perruques et le maquillage des acteurs. Le film est sorti en 1979 dans une version modifiée à l’insu du réalisateur (ajout de scènes pornographiques non simulées avec des mannequins de Penthouse). De ce fait, Tinto Brass a exigé que son nom soit retiré du générique. Le film est ressorti en 2023 en sélectionnant une partie des 96 heures du métrage original tournées par Tinto Brass. C’est la version vue ici (157 minutes). Hélas, le film n’en devient pas plus intéressant pour cela. C’est long et ennuyeux. Le thème est la corruption du pouvoir mais l’accent est surtout mis sur les orgies décadentes et la folie de l’empereur. Même dans cette nouvelle version et avec du recul, le film met mal à l’aise. Le film a été très mal considéré par la critique et le public. Avec le temps, des voix se sont élevées pour défendre une certaine vision artistique. Elle: – Lui :
A Nice, suite à l’assassinat de son confrère, le commissaire Grimaud décide de faire appel à un inspecteur de la police des polices, Stanislas Borowitz, car il sait que si la mafia niçoise est impliquée c’est grâce à des policiers ripoux. Afin de les confondre, Stanislas va alors se faire passer pour un malfrat… Flic ou voyou est un film français réalisé par Georges Lautner, librement inspiré du roman L’Inspecteur de la mer de Michel Grisolia paru en 1977. Le scénario a été taillé sur mesure pour exploiter l’image de Jean-Paul Belmondo qui s’en donne à cœur joie dans ce personnage fonceur ne reculant devant rien et auquel tout réussit (et avec panache). La vraisemblance n’est pas de mise et le récit évoque quelque peu une bande dessinée. C’est divertissant. Les dialogues sont de Michel Audiard. La musique jazzy est excellente (Chet Baker, Ron Carter, Billy Cobham, Larry Coryell, … excusez du peu !) Archétype du cinéma de divertissement, le film fut un très gros succès populaire. Elle: – Lui :
Titre original : « Star Wars » Titre français original : « La Guerre des étoiles »
Il y a bien longtemps, dans une galaxie très lointaine… La guerre civile fait rage entre l’Empire galactique et l’Alliance rebelle. Avant d’être capturée par les troupes de l’Empereur menées par l’impitoyable Dark Vador, la princesse Leia dissimule les plans de l’Étoile Noire, la station spatiale de l’Empereur, dans le droïde R2-D2 qui a pour mission de les remettre au Jedi Obi-Wan Kenobi… La Guerre des étoiles est un film américain de science-fiction écrit et réalisé par George Lucas. Bien que sous-titré « Épisode IV : Un nouvel espoir » (sous-titre apparu en 1981), c’est le premier film de la saga Star Wars sorti sur les écrans. L’histoire est admirablement simple, tout en étant riche de plusieurs environnements et situations, et faisant intervenir de façon presque enfantine les notions de Bien et de Mal. Le budget de George Lucas étant (toutes proportions gardées) limité, il a dû faire preuve de beaucoup d’ingéniosité pour réaliser les nombreux effets spéciaux (à l’ancienne bien entendu). Pour le 20e anniversaire en 1997, le réalisateur a sorti une nouvelle version après avoir refait certains effets en utilisant l’informatique (effets encore améliorés en 2004 et en 2011) (1). Le succès fut immédiat et massif. George Lucas avait créé plus qu’un film : il a créé un univers qui s’est imprimé dans notre culture. Elle: – Lui :
Voir les autres films de George Lucas chroniqués sur ce blog… Voir les livres sur Star Wars… et notamment ce livre, merveilleux gros pavé pour tout savoir sur les trois premiers films sortis.
(1) Voir les changements entre les différentes versions sur YouTube… on peut distinguer quatre versions principales : 1977 version originale 1997 version du 20e anniversaire 2004 version DVD 2011 version BluRay
Anecdote : Les studios croyaient si peu au succès de ce western galactique qu’ils laissèrent à George Lucas les droits sur les produits dérivés.
Mark Hamill, Carrie Fisher et Harrison Ford dans La Guerre des étoiles (Star Wars) de George Lucas.
La saga Star Wars remis dans l’ordre chronologique de l’histoire: (longs métrages uniquement) Star Wars, épisode I : La Menace fantôme (1999) de George Lucas Star Wars, épisode II : L’Attaque des clones (2002) de George Lucas Star Wars: The Clone Wars (2008) de Dave Filoni (animation) Star Wars, épisode III : La Revanche des Sith (2005) de George Lucas Solo: A Star Wars Story (2018) de Ron Howard Rogue One: A Star Wars Story (2016) de Gareth Edwards Star Wars, épisode IV : Un nouvel espoir (1977) de George Lucas Star Wars, épisode V : L’Empire contre-attaque (1980) d’Irvin Kershner Star Wars, épisode VI : Le Retour du Jedi (1983) de Richard Marquand Star Wars, épisode VII : Le Réveil de la Force (2015) de J. J. Abrams Star Wars, épisode VIII : Les Derniers Jedi (2017) de Rian Johnson Star Wars, épisode IX : L’Ascension de Skywalker (2019) de J. J. Abrams
Ce documentaire réalisé par Frederick Wiseman s’intéresse au rôle et au fonctionnement du tribunal pour enfants de Memphis, et à son intégration dans le système éducatif et judiciaire américain. Sans commentaire ni interview, de nombreux cas passent devant nos yeux, montrés à un moment différent de la procédure : confrontations, interrogatoires, tentative de conciliation, tribunal, … Si le juge est toujours le même, les cas sont tous différents, allant du simple vol à l’étalage jusqu’au vol à main armée, avec quelques cas de maltraitance. Frank Wiseman ne cherche pas à provoquer des sentiments, il décrit le fonctionnement des institutions et la démarche suivie pour parvenir à prononcer un jugement dans le cadre de la Loi (certains cas sont vraiment problématiques). Ce jugement hésite toujours entre punition et réhabilitation. De nombreuses personnes sont impliqués dans le processus, travailleurs sociaux, officiers judiciaires, avocats. Sur une période deux mois, Frederick Wiseman a tourné en 16 mm et personne ne semble prêter attention à la caméra. Une mine d’or pour les ethnologues du futur ! Elle: – Lui :
Remarque : • L’américain Frederick Wiseman est l’un des plus grands réalisateurs de documentaires. Il a contribué à donner au « cinéma direct » ses titres de noblesse. Le « cinéma direct » (un temps appelé « cinéma-vérité » en France) est un style de cinéma documentaire marqué par la recherche de capter le réel, sans intervention (pas de commentaires, pas d’interviews). Dans tous ses films, Frederick Wiseman a cherché ainsi à décrire le fonctionnement des institutions. Il a signé 50 films depuis 1967. Il a inspiré de nombreux cinéastes : en France, on peut citer, entre autres, Raymond Depardon et Nicolas Philibert.
• En regardant Juvenile Court, il est difficile de ne pas penser au film documentaire Délits Flagrants (1994) de Raymond Depardon qui reprend le même principe pour décrire le fonctionnement d’un Palais de Justice à Paris.
Juvenile Court de Frederick Wiseman.
Homonyme : Juvenile Court (1938) de D. Ross Lederman, film de fiction avec Paul Kelly et la toute jeune Rita Hayworth (20 ans).
Titre original : « The Prince and the Pauper » Titre USA : « Crossed Swords »
XVIe siècle. Pour un bal costumé, le jeune Prince de Galles, héritier d’Angleterre, a échangé ses vêtements avec un jeune garçon pauvre qui lui ressemble trait pour trait. Pris pour un voleur, il est aussitôt jeté dehors. Le garçon pauvre se retrouve forcé de prendre sa place alors que le roi Henri VIII est sur le point de mourir… Le Prince et le pauvre est un film britannique réalisé par Richard Fleischer. Il s’agit d’une libre adaptation du roman de Mark Twain déjà adapté plusieurs fois au cinéma, notamment par William Keighley en 1937 avec Errol Flynn. Le succès des Trois Mousquetaires (1973) de Richard Lester avait ravivé l’intérêt pour les films de capes et d’épées. Le scénario de cette histoire d’échange d’identité est riche en péripéties avec des seconds rôles pittoresques. Un peu fade, Mark Lester (aucune relation avec les deux réalisateurs du même patronyme) joue les deux rôles (alors que de vrais jumeaux avaient utilisés dans la version de 1937). L’ensemble est bien plaisant et divertissant même si la distribution tourne quelque peu au défilé d’acteurs. Elle: – Lui :
Raquel Welch, Mark Lester et Oliver Reed dans Le Prince et le pauvre (The Prince and the Pauper) de Richard Fleischer.
Les adaptations de Le Prince et le Pauvre au cinéma : 1909 : The Prince and the Pauper, film américain court de J. Searle Dawley 1920 : Prinz und Bettelknabe, film autrichien réalisé par Alexander Korda 1937 : Le Prince et le pauvre (The Prince and the Pauper), film américain de William Keighley, avec Errol Flynn 1972 : Le Prince et le pauvre (URSS) réalisé par Vadim Dmitrievitch Gaouzner 1977 : Le Prince et le pauvre (Crossed Swords), film américain de Richard Fleischer 1990 : Le Prince et le pauvre (The Prince and the Pauper), film d’animation de George Scribner (Disney) 2012 : I Am the King (Naneun Wangirosoida), film sud-coréen de Jang Gyu-seong, avec Ju Ji-hoon 2012 : Masquerade (Gwanghae, Wangyidoen namja), film sud-coréen de Choo Chang-min, avec Lee Byung-hun
Il fait bon vivre à Angevine. Le maire du village préserve de toutes les mauvaises nouvelles et de tous les périls. Mais il ne peut rien faire pour retenir sa fille Marie qui rêve de découvrir le monde et qui vient de s’inscrire à un concours de beauté. Elle est remarquée par un milliardaire américain divorcé depuis peu… Les Caprices de Marie est un film français réalisé par Philippe de Broca. Il en a écrit le scénario avec son habituel compère, Daniel Boulanger qui signe les dialogues. L’idée de départ était bonne mais hélas l’humour ne fonctionne pas bien et cette comédie paraît bien artificielle tant les personnages sont typés et les éclats des acteurs semblent trop souvent forcés. Nous ne sommes plus dans le farfelu et on ne peut que ressentir une certaine lourdeur… Le meilleur est dans la description presque onirique du petit village et la mise en place des rapports entre les personnages. Le film met en valeur Marthe Keller, charmante ingénue que Philippe de Broca nous avait fait découvrir dans Le diable par la queue (1968) et qui était devenue sa compagne. Dans ce tohu-bohu, parfois même vacarme, seul son personnage et celui interprété par Philippe Noiret paraissent bien dosés. Elle: – Lui :
En 1940, Trotsky s’est exilé au Mexique. Il sait que Staline a l’intention de l’assassiner et il se terre dans une villa protégée par ses partisans. Gita Samuels, qui assure des travaux de secrétariat pour lui, a une aventure avec un homme Ramon Mercader qui se dit homme d’affaires… L’assassinat de Trotsky est un film britannico-franco-italien (tourné en anglais) réalisé par Joseph Losey, d’après le livre homonyme du britannique Nicholas Mosley. Il couvre les trois derniers mois de la vie de Trotsky. L’orientation idéologique de Joseph Losey est bien connue : il s’est investi aux côtés du Parti communiste américain ce qui a valu un exil en Angleterre au moment du maccarthysme. Toutefois, cette orientation politique ne transparaît absolument pas ici : il a choisi de faire un film sur la fascination du tueur pour sa victime. Hélas, le film ne fonctionne pas très bien, on s’ennuie ferme. Peut-être aurait-il fallu, comme l’affirment certains, des acteurs moins connus ? La tentative de reformer le couple Delon-Schneider (rêve de producteur) tombe à plat du fait du personnage très tourmenté du tueur et Richard Burton semble assurer le service minimum dans son interprétation de Trotsky. Le film fut peu apprécié à sa sortie. Chez les communistes, il fut très critiqué des deux côtés (par les partisans de Staline et par les partisans de Trotsky). Elle: – Lui :
Remarque : Alain Delon et Romy Schneider ont tourné en anglais : ils ne sont pas doublés, Jean Desailly non plus, me semble-t-il (il a très peu de texte).
Richard Burton et Alain Delon dans L’assassinat de Trotsky (The Assassination of Trotsky) de Joseph Losey.
Dans un avenir très proche (1981), Lawrence Dell, ancien général de l’Armée de l’Air des États-Unis, s’empare d’une base militaire stratégique et exerce un chantage aux missiles nucléaires pour que soient révélés des secrets jusque-là bien gardés… L’ultimatum des trois mercenaires est un film américain réalisé Robert Aldrich. Il est adapté d’un roman de l’américain Walter Wager paru en 1971. Il s’agit d’un suspense de politique-fiction sur une base proche du Dr Folamour de Kubrick mais dont le développement interroge sur les véritables motivations de la guerre du Viet-Nam (qui auraient été cachés au peuple américain). Bien qu’un peu long, le suspense fonctionne bien et se révèle assez riche, du moins dans sa version intégrale (car le film a été mutilé, la version sortie en France par exemple était amputée de presque une heure). Les discussions entre le président et ses conseillers questionnent sur la fonction présidentielle. Robert Aldrich utilise le split-screen (2 ou 4 écrans) de façon très intelligente. Le film fut un échec commercial. Elle: – Lui :
Remarque : • Le titre original, Twilight’s Last Gleaming (« La dernière lueur du crépuscule »), est tiré de l’hymne américain (début du premier couplet : O say can you see, by the dawn’s early light, / What so proudly we hailed at the Twilight’s Last Gleaming?). Le sens de ce titre original fonctionne à plusieurs niveaux alors que le titre français évoque une série-B, ce que le film n’est pas.
Burt Lancaster et Paul Winfield dans L’ultimatum des trois mercenaires (Twilight’s Last Gleaming) de Robert Aldrich.Richard Widmark et Charles Durning dans L’ultimatum des trois mercenaires (Twilight’s Last Gleaming) de Robert Aldrich.