Titre original : « The Scarecrow »
Autre titre français : « Les Ruses de Malec »
(Court métrage muet, 35 min env.) Buster et un ouvrier agricole partagent la même maison où, grâce à de nombreux mécanismes, toutes les pièces tiennent en une seule. Ils sont tous deux amoureux de la fille du fermier…
Après One Week, réalisé quelques mois auparavant, Buster Keaton reprend le thème de la maison mais, ici, il cherche à créer une maison idéale. Dans l’esprit des créations du dessinateur Rube Goldberg, d’astucieux mécanismes permettent d’économiser l’espace et rendent tous les objets accessibles. La scène du petit déjeuner est une merveille, elle a de toute évidence demandé une précision extrême dans les enchaînements. Le reste du film manque un peu de liant mais comporte de belles trouvailles de gags qui se suivent sans aucun temps mort. Malgré le manque d’histoire forte, The Scarecrow fait incontestablement partie des meilleurs courts métrages de Buster Keaton. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
La jeune épouse d’un peintre célèbre se plaint auprès d’un ami que son mari ne « l’embrasse plus que les dimanches et jours fériés ». L’ami lui conseille de le rendre jaloux et de payer un homme pour la séduire ostensiblement… Slipping Wives est le deuxième court métrage produit par Hal Roach avec Stan Laurel et Oliver Hardy. Si les deux acteurs sont bien présents dans le même film, le duo n’est pas encore vraiment formé (l’affiche ci-contre est visiblement plus récente) : Oliver n’a qu’un rôle secondaire de majordome alors que Stan Laurel est bien plus mis en avant, jouant le rôle d’un innocent livreur de peinture forcé d’endosser le costume de séducteur. Le film repose surtout sur son incapacité à tenir ce rôle. Le plus amusant est qu’il n’a pas vraiment compris qui est le mari et qui est l’ami. Toutefois, l’ensemble ne montre aucun éclat particulier par rapport aux standards du cinéma comique de l’époque. Le même thème sera repris plus tard par le duo dans The Fixer Uppers (1935). Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Epouse d’un riche industriel qui cherche à conclure un accord avec un jeune homme d’affaires, Madame Mallory demande à sa couturière Mary Maddock de jouer le rôle de séductrice le temps d’un dîner…
Cecil B. DeMille avait déjà tourné en 1915 cette histoire qu’il a lui-même écrite sous le nom The Golden Chance. Le thème des oppositions de classes sociales en est le thème principal avec, comme très souvent dans les films muets de Cecil B. DeMille, un ton légèrement moralisateur ou, plutôt, de leçon de vie, donné essentiellement par les intertitres. Sans être un grand film, ce Forbidden Fruit est fort bien réalisé avec une grande attention portée aux détails et DeMille montre comme toujours son talent pour créer une tension grandissante qui culmine dans un final fort. C’est aussi une peinture sociale qui, certes, utilise l’attrait de la richesse pour capter le spectateur mais ne se prive pas d’égratigner les riches. En outre, par de petites saynètes insérées, le réalisateur fait l’analogie avec le conte Cendrillon, mais ce n’est pas toutefois le plus remarquable dans ce film. (Film muet) Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Alors qu’ils viennent d’acheter des biscuits, Stanley et Oliver sont suivis par une chèvre qui s’est échappée d’un magasin d’animaux. Elle les suit pas à pas. De peur d’être pris pour des voleurs, ils la font monter dans leur chambre. Mais le règlement de leur hôtel meublé interdit la présence d’animaux et le propriétaire dort juste en dessous…
Sur un scénario de Leo McCarey, Angora Love est le dernier film muet de Laurel et Hardy. L’idée de base est farfelue comme il se doit. Les gags sont nombreux et variés, ils s’enchainent rapidement. Laurel et Hardy sont bien là au sommet de leur art, parvenant à créer de multiples situations comiques à partir d’une base simple. L’idée de l’animal que l’on doit cacher au propriétaire sera reprise avec un chien dans Laughing Gravy (1931) et avec une guenon dans The Chimp (1932). Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
L’oncle Bernal surgit à l’improvise chez Oliver Hardy pour lui annoncer qu’il va faire de lui son légataire mais à la condition qu’il soit heureux en ménage. Il tombe particulièrement mal car M. et Mrs Hardy viennent de se disputer et cette dernière vient de quitter le domicile conjugal. Qu’à cela ne tienne, Stan Laurel va se travestir et jouer le rôle de l’épouse modèle…
L’idée de base de That’s My Wife est dérivée d’un court métrage de 1926 Along Came Auntie où Oliver Hardy apparaissait seul (1). Mais ici, le signataire du scénario Leo McCarey va beaucoup plus loin puisque Stan Laurel est déguisée en femme et le reste ensuite pendant la totalité du film. Le travestissement est utilisé comme ressort principal d’humour, assez subtilement, sans vulgarité ni facilité. Très convaincant, Stan Laurel joue le rôle avec un naturel presque désarmant. En outre, le film est doté d’un final brillant. Mal connu, That’s My Wife mérite pourtant de figurer parmi les meilleurs courts métrages muets de Laurel et Hardy. (Court métrage muet, 2 bobines) Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Voir les autres films de Lloyd French chroniqués sur ce blog…
(1) Along Came Auntie de Fred Guiol et Richard Wallace avec Glenn Tryon, Vivien Oakland et Oliver Hardy. Dans ce court métrage, une femme avait divorcé et voulait le cacher à une vieille tante riche. Oliver Hardy joue le premier mari. Il s’agit essentiellement de slapstick, sans grande originalité toutefois.
A noter que Vivien Oakland interprète ici la femme d’Oliver dans la scène d’ouverture.
Stan Laurel et Oliver Hardy (+ figurant) dans That’s My Wife de Lloyd French.
Stan Laurel, Oliver Hardy et Jimmy Aubrey dans That’s My Wife de Lloyd French.
(Court métrage muet, 2 bobines) Laurel et Hardy sont deux amis sans le sou. Un jour, Hardy apprend qu’il touche un héritage. Il promet à Laurel de l’engager comme majordome. Le soir de son anniversaire, Hardy rentre éméché chez lui et joue des mauvais tours à Laurel… Early to Bed est le premier film que Laurel et Hardy interprètent seuls : aucun autre personnage hormis un chien intelligent nommé Buster (tiens tiens…) Les rapports entre les deux compères sont inhabituels : Laurel est le plus sage des deux et Hardy, le plus souvent hilare, profite de son statut social supérieur pour tourmenter le pauvre Laurel qui doit tout subir en silence… jusqu’à ce qu’il se révolte. Peu de gags intéressants hormis une fontaine avec des gargouilles à l’image de son propriétaire qui est bien utilisée de diverses façons. Elle: – Lui :
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Titre original : « Goluboy ekspress »
Autre titre français : « L’Express bleu »
En Chine, au milieu des années 1920, un train rapide emporte des voyageurs de conditions différentes : les occidentaux et militaires chinois sont en première classe alors que des chinois très pauvres, enrôlés pour servir de main d’œuvre servile dans les industries textiles lointaines, sont entassés en troisième classe dans de simples wagons sans siège. Les deux repris de justice qui les gardent tuent une jeune paysanne en tentant d’abuser d’elle. Les hommes vont se révolter et prendre le contrôle du train… Le Train Mongol, ou L’Express bleu, est un film muet soviétique de 1929 qui a connu un certain succès dans sa version sonorisée sortie en 1931. C’est le premier film d’Ilya Trauberg, frère de Leonid Trauberg (1). Il a été deux ans plus tôt l’assistant d’Eisenstein sur Octobre. Le propos est assez classique du cinéma soviétique qui portait alors très haut les valeurs du socialisme triomphant (2), avec ce manichéisme que l’on retrouve si souvent dans les films de propagande. Les profiteurs sont clairement montrés du doigt : des occidentaux, notamment anglais, et des dignitaires chinois s’enrichissent alors que le peuple travaille dur pour ne gagner qu’une poignée de riz pour subsister. Mais l’unité de lieu le rend très particulier : tout se passe sur le quai de la gare puis dans le train lancé à grande vitesse que les insurgés vont remonter (le film est donc un lointain ancêtre du Snowpiercer de Bong Joon-ho). Mais le plus remarquable est dans sa forme. Le montage est virtuose, très travaillé, d’une grande vivacité ; à la manière d’Eisenstein dans Octobre, Ilya Trauberg insère de multiples plans très courts sur un objet qui fait office de métaphore (par exemple, les butoirs des wagons qui s’entrechoquent renforcent les images de combat) ou une image explicative pour remplacer un intertitre. Cette rapidité dans les ruptures de plans accroit la tension qui monte sans cesse, le film se terminant par de l’action pure, à l’instar des films d’action occidentaux. Un film étonnant à découvrir. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Lire la présentation du film sur le site Perestroikino…
Remarques :
* L’Express bleu (c’est le nom du train) est la traduction du titre original. Le titre Le Train mongol semble être apparu un peu plus tard.
* Ilya Trauberg a réalisé huit longs métrages entre 1929 et 1941. Le plus cité en dehors de celui-ci semble être Fils de Mongolie (1936).
* Le Train Mongol a été diffusé récemment sur Arte dans sa version restaurée par Lobster (intertitres refaits), mais il n’est pas pour l’instant sorti en DVD.
(1) Ilya Trauberg est le frère de Leonid Trauberg, réalisateur soviétique et co-fondateur du collectif d’avant-garde théâtral FEKS, La Fabrique de l’acteur excentrique, en 1921 alors qu’il avait 19 ans. Ce collectif s’étendit rapidement au cinéma où il tint un rôle important. (2) Pour mieux situer le contexte : entre 1926 et 1930, Staline prend la succession de Lénine et s’installe au pouvoir après avoir supprimé toutes les oppositions.
Chu Chai Wan dans L’Express bleu (Goluboy ekspress) de Ilya Trauberg.
Hardy a prévu de passer la journée avec sa femme mais Laurel vient le chercher pour une partie de golf… Should Married Men Go Home? est un bon court métrage de la période muette de Laurel et Hardy. Comme toujours, il est construit sur trois séquences principales. 1) Hardy et sa femme veulent faire croire qu’ils ne sont pas là quand Laurel sonne chez eux. 2) Le sketch de la commande de soda au bar du terrain de golf. 3) La partie de golf qui se termine en bataille de boue à la façon de Battle of the Century. L’ensemble est plaisant avec une bonne progression du burlesque et finit en délire total. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
(Film muet, 20 mn env., 2 bobines) Titus Tillsbury (James Finlayson), homme respectable et respecté, prépare un discours avec son secrétaire particulier, Romaine Ricketts (Stan Laurel), lorsque surgit « Peaches » (Mae Busch), une ravissante jeune femme avec qui il a eu une aventure. Elle lui montre une photo compromettante et menace de ruiner sa carrière…
Chronologiquement parlant, Love ‘Em and Weep est le quatrième ou cinquième film de Laurel et Hardy (1) mais, s’ils font tous les deux partie de l’écurie d’Hal Roach, le duo n’est pas vraiment encore bien établi : Stan Laurel a un rôle certes assez important mais c’est un second rôle, qui ne lui permet donc pas de développer son jeu si particulier, et Oliver Hardy ne fait que de la figuration. Le premier rôle est tenu par James Finlayson, solide comique avec tout un jeu de mimiques hilarantes. C’est une comédie fort bien construite avec de bonnes trouvailles de gag. Une version parlante sera refaite quatre ans plus tard par le duo Laurel & Hardy qui auront cette fois les premiers rôles : Chickens Come Home. Elle: – Lui :
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A la veille de la révolution russe, la Princesse Vera visite la campagne avec son fiancé le Prince Dimitri. Elle remarque le batelier, Feodor, que son fiancé traite avec morgue. Le batelier, qui désire prendre une part active à la révolution naissante, leur annonce que les choses peuvent changer rapidement…
La Révolution russe de 1917 offre à Cecil B. DeMille une de ces toiles de fond de grands bouleversements qu’il affectionne pour placer une grande histoire d’amour impossible. A l’époque du muet, le réalisateur n’a pas les opinions anticommunistes qu’il affichera dans les années quarante et cinquante et, de fait, il ne prend pas parti : il renvoie les deux camps dos à dos. Et quand il s’agit de créer des images fortes, le réalisateur n’hésite pas à prendre des libertés avec la réalité historique (en 1917, cela faisait longtemps qu’il n’y avait plus de bateliers). La star montante William Boyd fait une belle interprétation, montrant une extraordinaire présence à l’écran et un indéniable charisme. Comme toujours chez Cecil B. DeMille, les décors sont particulièrement soignés, et cela est visible autant dans le riche environnement des nobles que dans celui des pauvres. Le film eut beaucoup de succès à sa sortie (1). Malgré quelques longueurs, l’histoire paraît toujours aussi puissante un siècle plus tard. Elle: – Lui :
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Elinor Fair et William Boyd dans Le Batelier de la Volga (The Volga Boatman) de Cecil B. DeMille.
Remarque :
* Les Bateliers de la Volga est une célèbre chanson traditionnelle russe dépeignant la souffrance des basses classes de la Russie impériale. Dans les années 20, la chanson était déjà bien connue du public américain.
(1) Assez bizarrement, Patrick Brion, dans les suppléments du coffret DVD de Bach Films, dit que le film n’eut que peu de succès… (parlait-il de la France ?) En fait, le film a recoupé trois fois son budget, ce qui était bienvenu après l’échec de son film précédent The Road to Yesterday, le premier film qu’il avait tourné dans son propre studio.
Cette toile Les Bateliers de la Volga du peintre russe Ilia Répine (env. 1870-1873) a fortement inspiré Cecil B. DeMille.
Remakes (beaucoup moins remarquables) :
– Les Bateliers de la Volga, film français de Vladimir Strizhevsky (1936) avec Pierre Blanchar, Véra Korène et Charles Vanel
– Les Bateliers de la Volga (I battellieri del Volga) film italien de Viktor Tourjansky (1959) avec John Derek et Elsa Martinelli.