17 mars 2026

La Trilogie d’Oslo: Amour (2024) de Dag Johan Haugerud

Titre original : « Kjærlighet »

La Trilogie d'Oslo: Amour (Kjærlighet)Sur un ferry qui les ramène à Oslo, Marianne, médecin, retrouve Tor, infirmier dans l’hôpital où elle exerce. Il lui raconte qu’il passe souvent ses nuits à bord, à la recherche d’aventures sans lendemain avec des hommes croisés sur des sites de rencontre. Ces propos résonnent en Marianne, qui revient d’un blind date organisé par sa meilleure amie et s’interroge sur le sens d’une vie amoureuse sans engagement…
Amour (Kjærlighet) est un film norvégien écrit et réalisé par Dag Johan Haugerud. C’est le troisième volet (deuxième en France) de la Trilogie d’Oslo (Sex Drømmer Kjærlighet) après Désir (2024) et Rêves (2024). Le thème central est l’amour, en l’explorant sous deux formes peu conventionnelles (dans le sens « en dehors des conventions »), et la façon de percevoir l’amour ou plutôt de l’intégrer dans sa vie en ayant l’impression de le faire bien. Le personnage le plus fort est celui de l’infirmier Tor qui a une épaisseur que celui de la femme médecin peine à avoir. Le troisième personnage (une amie employée par la mairie) est là pour apporter une note d’humour et parfois un contrepoint. Avec ses longues discussions, l’ensemble n’est pas sans rappeler Rohmer mais l’ensemble paraît un peu long. La forme est plus conventionnelle que celle de Désir et n’a pas sa personnalité, mais on retrouve une certaine douceur et l’absence de scènes racoleuses. Le récit donne aussi une vision inattendue de la ville d’Oslo. Ce volet semble être le plus populaire des trois, c’est pourtant celui qui m’a le moins enthousiasmé, sans doute du fait d’une moindre profondeur (à mes yeux).
Elle: 3 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Andrea Bræin Hovig, Tayo Cittadella Jacobsen, Marte Engebrigtsen, Lars Jacob Holm, Thomas Gullestad, Marian Saastad Ottesen
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Andrea Bræin Hovig et Tayo Cittadella Jacobsen dans La Trilogie d’Oslo: Amour (Kjærlighet) de Dag Johan Haugerud.

15 mars 2026

La Trilogie d’Oslo: Rêves (2024) de Dag Johan Haugerud

Titre original : « Drømmer »

La Trilogie d'Oslo: Rêves (Drømmer)L’adolescente Johanne tombe amoureuse pour la première fois de sa vie. Elle est attirée par sa nouvelle professeure de langues. Elle n’a alors plus qu’un seul but : se rapprocher d’elle. Elle parvient à lui rendre visite dans son appartement. Plus tard, elle relate ses émotions dans un carnet…
Rêves est un film norvégien écrit et réalisé par Dag Johan Haugerud. Il s’agit du deuxième volet (premier volet en France) de sa Trilogie d’Oslo (Sex Drømmer Kjærlighet), après Désir (2024) et avant Amour (2024). Cette fois, le récit se concentre sur un seul personnage, une jeune fille qui vit un premier amour qui bouleverse tout. Il décrit avec délicatesse le torrent d’émotions et la difficulté pour l’adolescente à l’absorber. Il évolue ensuite avec la perception que vont en avoir la mère et la grand-mère de la jeune fille. Cette perception va modifier le regard qu’elles portent sur leur propre vie. Ce second volet est très différent du premier (Désir), plus classique dans sa forme mais il séduit néanmoins par son côté intimiste et sa petite connotation littéraire.
Elle: 3 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Ella Øverbye, Selome Emnetu, Ane Dahl Torp, Anne Marit Jacobsen
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Ella Øverbye et Selome Emnetu dans La Trilogie d’Oslo: Rêves (Drømmer) de Dag Johan Haugerud.

14 mars 2026

La Trilogie d’Oslo: Désir (2024) de Dag Johan Haugerud

Titre original : Sex

La Trilogie d'Oslo: DésirUn ramoneur, heureux père de famille, en couple avec son épouse depuis des années, a une aventure inattendue avec un client. Il ne la considère ni comme l’expression d’une homosexualité latente, ni comme une infidélité, juste comme une expérience enrichissante. Il s’en ouvre à son épouse, qui le prend mal, puis à son patron, marié comme lui, qui lui avoue faire toutes les nuits des rêves dans lesquels il est une femme objet du désir de David Bowie…
Désir est un film norvégien écrit et réalisé par Dag Johan Haugerud. Il s’agit du premier volet (troisième en France) de la Trilogie d’Oslo, avec Rêves (2024) et Amour (2024), trilogie qui a pour thème principal les structures sociales. Le film prend la forme de discussions entre principalement deux personnages. C’est la profondeur de ces discussions qui surprend agréablement, donnant au film une indéniable portée philosophique. Le cinéaste aborde les thèmes de la perception de la sexualité, de l’influence du regard des autres sur notre identité, du couple, de la liberté, de la vie en société et son approche de ces thèmes est aux antipodes de la manière démonstrative si répandue de nos jours. Il parvient même à glisser des notes d’humour dans son récit. L’ensemble peut évoquer Rohmer (en plus profond même), Kieslowski (le cinéaste dit s’être inspiré de sa trilogie Trois couleurs, mais on peut aussi penser au Décalogue). Dans sa forme, le film m’a fait penser à Ozu avec cette façon d’intercaler des plans fixes urbains entre les scènes. L’ensemble suscite la réflexion.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Thorbjørn Harr, Jan Gunnar Røise, Siri Forberg, Birgitte Larsen
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Thorbjørn Harr et Jan Gunnar Røise dans La Trilogie d’Oslo: Désir de Dag Johan Haugerud.
Thorbjørn Harr et Birgitte Larsen dans La Trilogie d’Oslo: Désir de Dag Johan Haugerud.

11 mars 2026

Le Rire et le couteau (2025) de Pedro Pinho

Le Rire et le couteauSergio, un ingénieur portugais, se rend en Guinée-Bissau pour expertiser l’impact écologique de la construction d’une route forestière. Bisexuel, il se lie à deux habitants de la ville, Diara, fêtarde et fauchée, et Gui, un brésilien androgyne, dans une relation intime mais déséquilibrée…
Le Rire et le couteau est un film portugais réalisé par Pedro Pinho. Le propos semble vouloir aborder plusieurs thèmes, la décolonisation, la solitude, la sexualité libre et queer, la mainmise des occidentaux sur les grands travaux africains et la corruption. Bien que libérée de tous les anciens clichés, la vision reste occidentale, celle d’une Afrique un peu fantasmée avec un soupçon de mauvaise conscience sous-jacente. Le film est très long (3h30), la construction est libre mais, le plus gênant, ce sont ces discussions qui semblent interminables et peu fournies en substance ; les dialogues paraissent avoir été improvisés pour la plupart (pourtant le générique aligne pas moins de dix scénaristes, c’est une oeuvre d’écriture collective). Les fêtes sont également interminables. J’avoue ne pas comprendre l’enthousiasme des critiques et du public.
Elle: 1 étoile
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Sérgio Coragem, Cleo Diára, Jonathan Guilherme
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Remarque :
Pour les plus enthousiastes, le film existe aussi en version director’s cut de 5h30.

Cleo Diára et Sérgio Coragem dans Le Rire et le couteau de Pedro Pinho.

7 mars 2026

L’Affaire Nevenka (2024) de Icíar Bollaín

L'affaire NevenkaÀ la fin des années 90, Nevenka Fernández est élue à 25 ans conseillère municipale auprès du maire de Ponferrada, le charismatique et populaire Ismael Alvarez. Après une brève relation forcée, Nevenka rompt. C’est le début d’une descente aux enfers pour Nevenka, manipulée et harcelée pendant des mois par le maire…
L’affaire Nevenka est un film espagnol coécrit et réalisé par Icíar Bollaín. Le film est inspiré de faits réels qui se situent bien avant le mouvement MeToo puisque le procès a eu lieu en 2001. La réalisatrice est très investie dans la défense du droit des femmes. Le récit décrit bien les mécanismes du harcèlement, les alternances de célébration et d’abaissement, la constante insistance et, surtout, l’isolement, l’absence de soutien et la difficulté de la parole. La mise en scène et le déroulement sont assez classiques, sans effet, ce qui rend la démonstration plus probante encore. Le film est un bel hommage au courage de cette femme.
Elle: 4 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Mireia Oriol, Urko Olazabal, Ricardo Gómez
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Urko Olazabal et Mireia Oriol dans L’affaire Nevenka de Icíar Bollaín.

2 mars 2026

Elaha (2023) de Milena Aboyan

ElahaEn Allemagne, de nos jours, Elaha, une jeune femme d’origine kurde de 22 ans, est persuadée qu’elle doit rétablir son « innocence » avant son mariage prévu dans quelques mois. Malgré sa détermination, des doutes s’immiscent en elle. Pourquoi doit-elle paraître vierge, et pour qui ? Alors qu’un dilemme semble inévitable, Elaha est tiraillée entre le respect de ses traditions et son désir d’indépendance…
Elaha est un film allemand coécrit et réalisé par l’arménienne Milena Aboyan. C’est son premier long métrage. Il met en scène le dilemme d’une jeune femme, écartelée entre les traditions de sa famille et son désir d’émancipation. Si le récit met en relief l’archaïsme de règles sociales, la réalisatrice n’a pas voulu limiter le problème son héroïne à son origine et son cortège de traditions : « la racine de son problème se trouve dans le patriarcat, qui a été considéré comme un ordre social évident dans l’histoire de l’humanité ». La réalisatrice en fait indéniablement la démonstration et elle le fait de belle manière : la réalisation est bien maîtrisée et la mise en scène et les cadrages très réussis. La jeune actrice Bayan Layla fait preuve d’un talent certain. Hélas, le film ne semble n’avoir eu qu’une distribution limitée.
Elle: 4 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Bayan Layla, Derya Durmaz, Nazmi Kirik, Hadnet Tesfai
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Bayan Layla dans Elaha de Milena Aboyan.

23 février 2026

Val Abraham (1993) de Manoel de Oliveira

Titre original : « Vale Abraão »

Val Abraham (Vale Abraão)Dans la région du Douro, Ema grandit avec son père dans une atmosphère de grande sensibilité poétique. Séduisante et innocente, elle développe un goût irrésistible pour les fictions romantiques. Devenue femme, elle épouse un médecin qu’elle n’aime pas, et emménage dans sa propriété, le Val d’Abraham…
Val Abraham est un film portugais réalisé par Manoel de Oliveira. Il est adapté du roman éponyme d’Agustina Bessa-Luís qui peut être décrit comme une transposition moderne de Madame Bovary dans le Portugal contemporain. Cette transposition fut suggérée par le cinéaste à la romancière. Le portrait de cette Ema est toutefois très différent de l’Emma Bovary de Flaubert, plus distancié, simplifié sur le plan des réalités (toutes les questions pécuniaires ont disparu) mais plus profond sur les sentiments et motivations de son héroïne, plus philosophique pourrait-on dire sur le besoin d’être désirée et sur la notion de beauté. L’ensemble reste littéraire, le texte ayant une large place, avec une voix-off très présente qui souligne cette filiation. Le film a un rythme plutôt lent qui nous permet d’apprécier les superbes plans fixes du réalisateur. La beauté triste de Leonor Silveira est troublante et les paysages de la vallée du Douro émerveillent. Initialement d’une durée de 187 minutes, le film est ressorti récemment dans une version rallongée de quelque 15 minutes. Val Abraham est souvent qualifié de meilleur film du réalisateur. J’ai beau ne pas être habituellement un grand amateur des films de Manoel de Oliveira, celui-ci m’a enchanté par sa profondeur, sa beauté et son harmonie.
Elle:
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Leonor Silveira, Cécile Sanz de Alba, Luís Miguel Cintra, Ruy de Carvalho, Diogo Dória, José Pinto
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Leonor Silveira dans Val Abraham (Vale Abraão) de Manoel de Oliveira.

19 février 2026

Carmen (1918) de Ernst Lubitsch

CarmenDon José est un sergent de dragons à Séville. Il tombe éperdument amoureux de Carmen, une belle gitane…
Carmen est un film muet allemand réalisé par Ernst Lubitsch. Il s’agit d’une adaptation de la nouvelle de Prosper Mérimée, ou plus exactement de l’opéra de Bizet qu’elle inspira. Quand Lubitsch se voit confier ce grand projet par la toute nouvelle UFA créée dans une Allemagne au bord de la défaite, Carmen a déjà été porté plusieurs fois à l’écran. Les versions plus notables furent les moyens métrages des jeunes Cecil B. DeMille et Raoul Walsh, tous deux sortis en 1915 avec grand succès (plus une satire des deux réalisée par Chaplin l’année suivante). Ernst Lubitsch avait surtout tourné des comédies avant ce grand drame. Pola Negri, fraichement arrivée de Hongrie pour faire carrière à Berlin, campe une Carmen plus naturelle et sauvage que ses homologues américaines. Elle apporte une spontanéité et une fraicheur à une époque qui en avait bien besoin : ce film (son deuxième avec Lubitsch) finit de la propulser au rang de star. Le jeu de Harry Liedtke est plus théâtral et rend l’ensemble daté à nos yeux modernes. L’adaptation est bien réalisée, certaines scènes de foule ou de montagnes sont même impressionnantes pour l’époque, mais il est difficile d’y déceler la patte de Lubitsch. Le film ne manque toutefois pas d’intérêt et il a été récemment restauré à partir de plusieurs négatifs pour approcher le plus possible de la version initiale. Le film sortit trois ans plus tard aux Etats-Unis sous le titre Gypsy Blood.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Pola Negri, Harry Liedtke
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Harry Liedtke et Pola Negri dans Carmen de Ernst Lubitsch.

Carmen au cinéma :
1907 : Carmen, film anglais muet d’Arthur Gilbert
1909 : Carmen, film italien muet de Gerolamo Lo Savio
1911 : Carmen, film français muet de Jean Durand, avec Gaston Modot
1912 : Carmen, film anglais muet de Theo Frenkel
1915 : Carmen, film muet de Cecil B. DeMille, avec Geraldine Farrar
1915 : Carmen, film muet de Raoul Walsh, avec Theda Bara
1916 : Charlot joue Carmen (Burlesque on Carmen), film muet de Charlie Chaplin, avec Charles Chaplin et Edna Purviance
1918 : Carmen, film allemand muet d’Ernst Lubitsch, avec Pola Negri
1926 : Carmen, film français muet de Jacques Feyder, avec Raquel Meller
1927 : The Loves of Carmen, film muet de Raoul Walsh, avec Dolores del Río
1945 : Carmen, film français de Christian-Jaque, avec Jean Marais et Viviane Romance
1948 : Les Amours de Carmen (The Loves of Carmen), film de Charles Vidor, avec Rita Hayworth et Glenn Ford
1954 : Carmen Jones film américain d’Otto Preminger
1963 : Carmen 63 film franco-italien de Carmine Gallone
1968 : L’Homme, l’Orgueil et la Vengeance film italien de Luigi Bazzoni
1983 : Carmen, adaptation flamenco de Carlos Saura
1983 : Prénom Carmen de Jean-Luc Godard
1984 : Carmen, film d’opéra de Francesco Rosi, avec Julia Migenes et Plácido Domingo
1984 : La Tragédie de Carmen, trois films de Peter Brook
1985 : Carmen nue d’Albert Lopez
2004 : Carmen de Khayelitsha (U-Carmen e-Khayelitsha), film sud-africain de Mark Dornford-May
2001 : Karmen Geï de Joseph Gaï Ramaka, adaptation sénégalaise en français et en wolof.
2003 : Carmen, film espagnol de Vicente Aranda, avec Paz Vega et Leonardo Sbaraglia.
2022 : Carmen, film franco-australien de Benjamin Millepied, avec Paul Mescal, Melissa Barrera et Rossy de Palma.

17 février 2026

Ce nouvel an qui n’est jamais arrivé (2024) de Bogdan Muresanu

Titre original : « Anul Nou care n-a fost »

Ce nouvel an qui n'est jamais arrivé (Anul Nou care n-a fost)20 décembre 1989. La Roumanie est au bord de la révolution. Les autorités préparent les festivités du Nouvel An comme si de rien n’était ou presque mais le vernis officiel commence à craquer. Dans l’effervescence de la contestation, six destins vont se croiser au fil d’une journée pas comme les autres. Jusqu’à la chute de Ceaușescu et de son régime…
Ce nouvel an qui n’est jamais arrivé est un film roumain écrit et réalisé par Bogdan Mureșanu. Plusieurs histoires s’y entrecroisent : un réalisateur de télévision devant résoudre une situation de crise due au passage à l’ouest d’une actrice renommée, une actrice contrainte de la remplacer au pied levé pour lire un texte qui la dégoûte, un étudiant qui décide de fuir ce jour-là à l’étranger, une femme âgée chassée de sa maison qui va être démolie, un des déménageurs gravement mis en cause par la lettre de Noël que son fils vient de poster. La mise en place est un peu confuse mais une fois que nous sommes plus familiers avec les personnages, le film parvient à nous captiver, nous faire même rire parfois car certaines situations sont tragi-comiques. Le cinéaste dresse un portrait de son pays juste avant la chute de la dictature communiste et les vingt dernières minutes sur fond de boléro de Ravel sont intenses et mémorables. Le film a été bien accueilli par la critique et le public.
Elle: 4 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Adrian Vancica, Nicoleta Hâncu, Emilia Dobrin, Iulian Postelnicu, Mihai Calin
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Adrian Vancica dans Ce nouvel an qui n’est jamais arrivé (Anul Nou care n-a fost) de Bogdan Muresanu.

3 février 2026

Sultana’s Dream (2023) de Isabel Herguera

Titre original : « El sueño de la sultana »

Le Rêve de la sultane (Sultana's Dream)Inspirée par une nouvelle de science-fiction féministe écrite au Bengale en 1905, Inés part à la découverte de l’Inde à la recherche de Ladyland, le pays utopique des femmes…
Sultana’s Dream est un film d’animation espagnol coécrit et réalisé par Isabel Herguera. La réalisatrice est une artiste visuelle espagnole qui a déjà réalisé de nombreux courts métrages d’animation expérimentale et Sultana’s Dream est son premier long métrage. Le propos est la présentation d’un ouvrage écrit en anglais par l’écrivaine féministe indienne et musulmane Rokeya Sakhawat Hussain au début du XXe siècle. Ce roman décrit une société dystopique où la place des hommes et celle des femmes sont inversées : les femmes cloîtrent les hommes chez eux et ils restent cantonnés aux tâches du foyer. La forme est très originale : la réalisatrice utilise à la fois des transparents à l’aquarelle et des dessins qui évoquent à la fois de vieilles enluminures par leur absence de perspective et le théâtre d’ombres par le trait et les couleurs. Le résultat est très original, un peu déroutant mais aussi, hélas, un peu abscons ou, du moins, pas très accessible.
Elle: 3 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs :
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Le Rêve de la sultane (Sultana’s Dream) de Isabel Herguera.
Le Rêve de la sultane (Sultana’s Dream) de Isabel Herguera.