Victime d’un accident, Adam et Barbara Maitland sont passés dans l’autre monde. Ils se retrouvent occupants invisibles de leur antique demeure qu’ils voient envahie par une riche et bruyante famille new-yorkaise. Adam et Barbara tentent bien de les effrayer pour les faire partir, sans succès. Ils décident de faire appel à un « bio-exorciste » freelance dénommé Bételgeuse… Beetlejuice est un film américain de Tim Burton, sur une histoire originale de l’écrivain Michael McDowell. Tim Burton l’a faite réécrire pour la rendre moins horrifique et plus comique. Le résultat est très réussi, porté par son humour délirant. Le rire et la peur sont souvent très proches dans le cinéma de Tim Burton et c’est déjà le cas ici. Les personnages (hormis nos deux fantômes) sont tous frapadingues, la palme revenant évidemment au déjanté Bételgeuse (dont la prononciation en anglais est proche de Beetlejuice). Le rôle fut un tremplin pour Michael Keaton et le film fit également connaître Winona Ryder dans un type de personnage encore très peu vu au cinéma : l’adolescente gothique. Le grand succès du film surprit un peu tout le monde. Elle: – Lui :
Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 4,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Michael Dorsey est un comédien qui a la réputation d’être difficile à gérer. Personne ne veut l’embaucher. Persuadé qu’il peut tout faire, il décide de se travestir en femme et réussit à décrocher un rôle dans un soap-opéra… Tootsie occupe une place à part dans la filmographie de Sydney Pollack. Il s’agit d’une comédie assez impersonnelle qui se contente de jouer sur les stéréotypes hommes / femmes. Pollack dit être parti de l’idée d’un homme qui devient meilleur en se féminisant. Il a pris soin de ne jamais tomber dans la vulgarité et a su contrôler Dustin Hoffman dans ses velléités d’aller toujours plus loin. En grand amateur des tours de force, l’acteur s’en donne à coeur joie et ne ménage pas sa peine ; il fait une prestation remarquable. Mais l’ensemble reste anodin et se compare difficilement aux grands réussites du genre comme I Was a Male War Bride, Certains l’aiment chaud ou Victor Victoria sorti quelques mois plus tôt. Tootsie fera pourtant presque dix fois plus d’entrées que ce dernier et restera, de loin, le plus grand succès au box-office de la carrière de Sydney Pollack. Elle: – Lui :
Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 3,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Sydney Pollack et Dustin Hoffman dans Tootsie de Sydney Pollack.
Remarques :
* Dans les films sortis en 1982 aux USA, Tootsie est en seconde place en nombre d’entrées. Seul E.T. a fait mieux.
* Dustin Hoffman aurait mérité un Oscar pour sa performance. Ce sera Jessica Lange qui aura l’Oscar réglementaire (ce qui peut laisser perplexe…)
* Première apparition à l’écran de Geena Davis.
Jessica Lange, Dustin Hoffman, Dabney Coleman et George Gaynes dans Tootsie de Sydney Pollack.
Un biologiste surdoué qui travaille en solitaire sur la téléportation montre à une jeune journaliste le fruit de ses recherches. Il est sur le point d’aboutir à parvenir à téléporter de la matière vivante et a bien l’intention de le tester sur lui-même… Produit par Mel Brooks, La Mouche de David Cronenberg est le remake de La Mouche noire, film d’horreur de Kurt Neumann (1958). Le thème est très proche de celui de La Métamorphose de Kafka et interroge la définition de l’humain : dans cette lutte entre le corps et l’esprit, jusqu’à quel point est-on humain ? À quel moment perd-on son humanité ? On peut également voir au passage une variation sur la notion très nietzschéenne du Surhomme. Cronenberg va beaucoup plus loin dans ces réflexions que Neumann et son film est nettement plus abouti. Tout cela est assez réjouissant mais, visuellement, ça se gâte : alors que la première version cachait pudiquement le visage du métamorphosé sous un linge, Cronenberg montre toutes les phases de transformation avec un luxe de détails et il faut avoir le cœur bien accroché. On peut s’interroger sur l’intérêt d’un tel étalage. Adulé par les amateurs du genre, La Mouche reste le plus grand succès commercial de David Cronenberg. Elle: – Lui :
Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 4,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Thelma et Louise ont décidés de faire une petite escapade ensemble. Elles prennent la voiture pour aller passer un long week-end à la montagne, toutes les deux, libres. Les évènements vont les empêcher d’atteindre leur but… Le scénario de Thelma & Louise a été écrit par Callie Khouri qui serait d’ailleurs partie de l’idée de la scène finale. Le film dresse un portrait assez dur de l’Amérique profonde, primaire et rétrograde, qui accorde si peu de considération aux femmes. Nos deux héroïnes qui, au départ, n’ont qu’un simple désir de liberté, sont entraînées malgré elles dans une fuite en avant. Thelma & Louise est indéniablement un film féministe, il interroge sur la place de la femme dans notre société. Les hommes, violents, primaires et dangereux, ne sont guère montrés à leur avantage. Ridley Scott filme cette histoire de façon assez spectaculaire, il nous gratifie de très beaux plans, avec des grands espaces très photogéniques et des scènes mémorables (voire jubilatoires comme celle du règlement de comptes avec le camionneur). La fin est superbe, indéniablement à classer parmi les plus belles fins de toute l’histoire du cinéma. Elle est d’une grande force évocatrice. La scénariste et Ridley Scott ont du se battre longuement avec les producteurs pour imposer cette fin non hollywoodienne. On peut penser que l’impact d’un film comme Thelma & Louise a dépassé le cadre du cinéma et qu’il fait partie des films qui marquent et peuvent probablement contribuer à l’évolution de notre société. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Susan Sarandon et Geena Davis sont les héroïnes éponymes du film Thelma et Louise de Ridley Scott.
Remarques :
* Ridley Scott a monté une fin alternative plus longue (où la chute se prolonge et qui se termine par un plan symbolique où l’on voit la voiture s’éloigner sur une route poussiéreuse) mais le cinéaste a préféré opter pour la plus courte. La fin alternative est visible sur le DVD (et sur YouTube).
* L’article de Wikipedia sur Thelma & Louise mérite d’être signalé. Son auteur se penche sur les différents aspects du film et, de façon intéressante, sur la façon dont le film a été perçu. Un tel film mérite en effet d’être analysé non pas sur son seul contenu mais, plus encore, sur les réactions qu’il suscite. Par exemple, l’auteur s’interroge sur la perception de la violence : le film a (bizarrement) été considéré comme violent par un grand nombre de personnes, certainement parce que ce sont des femmes qui y tiennent les armes.
* Thelma & Louise est le film qui permit à Brad Pitt de sortir vraiment de l’anonymat.
Le selfie le plus célèbre du cinéma.
Note : Intrigué par une petite différence dans les nuages de l’arrière plan, j’ai découvert que l’image ci-dessus qui circule sur le net comme étant une image du film et que j’avais prise pour illustrer ce billet, est en réalité extraite d’une reconstitution minutieuse faite récemment pour une pub. Le saut final est effectivement étonnant car vraiment très proche de l’original (avec même l’enjoliveur qui se détache). Pour avoir une telle similitude, ils ne pouvaient pas jeter une voiture dans le vide comme l’avait fait Ridley Scott (le résultat aurait certainement été différent) et donc les ordinateurs sont entrés dans la danse pour incruster la voiture sur un arrière-plan reconstitué à partir de plusieurs centaines de photos (bracketées HDR) prises depuis un hélicoptère…
Je rajoute ci-dessous la vraie image du film :