31 janvier 2008

Sommaire de janvier 2008

Un ange à ma tableLa maison démontableLes flicsMalec chez les IndiensMalec aéronauteLe diable s'habille en PradaLes lumières du faubourgKadosh

Un ange à ma table

(1990) de Jane Campion

La maison démontable

(1920) de Buster Keaton et Edward Cline

Les flics

(1922) de Buster Keaton et Edward Cline

Malec chez les Indiens

(1922) de Buster Keaton et Edward Cline

Malec aéronaute

(1923) de Buster Keaton et Edward Cline

Le diable s’habille en Prada

(2006) de David Frankel

Les lumières du faubourg

(2006) de Aki Kaurismäki

Kadosh

(1999) de Amos Gitai

Les Dix CommandementsLes Dix CommandementsIntoléranceLa chuteHaute pègreGente di RomaLe Cabinet du Docteur CaligariLost in Space

Les Dix Commandements

(1956) de Cecil B. DeMille

Les Dix Commandements

(1923) de Cecil B. DeMille

Intolérance

(1916) de David W. Griffith

La chute

(2004) de Oliver Hirschbiegel

Haute pègre

(1932) de Ernst Lubitsch

Gente di Roma

(2003) de Ettore Scola

Le Cabinet du Docteur Caligari

(1919) de Robert Wiene

Lost in Space

(1998) de Stephen Hopkins

L'âge de glace 2Une liaison pornographiqueHôtel InternationalLa Rolls-Royce jauneAntartica, prisonniers du froidSplendorLes tueurs de San FranciscoAu coeur du mensonge

L’âge de glace 2

(2006) de Carlos Saldanha

Une liaison pornographique

(1999) de Frédéric Fonteyne

Hôtel International

(1963) de Anthony Asquith

La Rolls-Royce jaune

(1964) de Anthony Asquith

Antartica, prisonniers du froid

(2006) de Frank Marshall

Splendor

(1988) de Ettore Scola

Les tueurs de San Francisco

(1965) de Ralph Nelson

Au coeur du mensonge

(1999) de Claude Chabrol

American History XeXistenZLe ciel est à vousLe grand appartementLa coqueluche de ParisAnother day in paradiseLe Cadeau d'ElenaGuantanamera

American History X

(1998) de Tony Kaye

eXistenZ

(1999) de David Cronenberg

Le ciel est à vous

(1944) de Jean Grémillon

Le grand appartement

(2006) de Pascal Thomas

La coqueluche de Paris

(1938) de Henry Koster

Another day in paradise

(1998) de Larry Clark

Le Cadeau d’Elena

(2004) de Frédéric Graziani

Guantanamera

(1995) de Tomás Gutiérrez Alea & J.C.Tabío

Mauvaise foiLittle Miss SunshineHors de prixSphèrePassport to PimlicoMéfie-toi de l'eau qui dortFlandres

Mauvaise foi

(2006) de Roschdy Zem

Little Miss Sunshine

(2006) de Jonathan Dayton et Valerie Faris

Hors de prix

(2006) de Pierre Salvadori

Sphère

(1998) de Barry Levinson

Passport to Pimlico

(1949) de Henry Cornelius

Méfie-toi de l’eau qui dort

(1996) de Jacques Deschamps

Flandres

(2006) de Bruno Dumont

Nombre de billets : 39

31 janvier 2008

Un ange à ma table (1990) de Jane Campion

Titre original : « An angel at my table »

Un Ange à ma TableElle :
Réalisé juste avant la célèbre Leçon de PianoUn Ange à ma Table est adapté de trois nouvelles autobiographiques de l’écrivain néo-zélandaise Janet Frame. C’est un film de presque trois heures très abouti qui parvient à maintenir constant notre intérêt. Jane Campion raconte le difficile parcours de cette jeune femme rousse habitée par la poésie et le désir d’écrire. Timide et issue d’un milieu modeste, sa vie sera réellement jonchée d’embûches. Les conventions, les croyances et les préjugés font d’elle un souffre-douleur. Devenir écrivain est pour elle un véritable parcours du combattant. Elle se retrouve en asile psychiatrique et échappe de peu à une lobotomie. Le personnage est émouvant, doux, attachant et toujours imprégné d’une candeur naturelle même après avoir subi les pires humiliations et blessures. Jane Campion n’a pas son pareil pour filmer sans forcer le trait les femmes en marge qui bravent les conventions. Elle l’immerge dans les sublimes paysages verts de Nouvelle Zélande de bord de mer comme pour rendre un hommage à son pays.
Note : 5 étoiles

Lui :
Un Ange à ma Table est en fait le titre du second tome des trois romans autobiographiques de Janet Frame. Le film de Jane Campion couvre néanmoins les trois volumes de ce triptyque, depuis son enfance jusqu’à sa pleine reconnaissance en tant qu’écrivain. Connaissant particulièrement bien ses livres, Jane Campion parvient à insuffler beaucoup d’émotions dans le récit du parcours difficile de cette femme et son film est assez fort, sans spectaculaire. Un Ange à ma Table était initialement prévu pour la télévision, en 3 épisodes de 55 minutes.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Kerry Fox, Alexia Keogh, Karen Fergusson, Kevin J. Wilson
Voir la fiche du film et la filmographie de Jane Campion sur le site imdb.com.

Voir les autres films de Jane Campion chroniqués sur ce blog…

30 janvier 2008

La maison démontable (1920) de Buster Keaton et Edward F. Cline

Titre original : « One week »

La maison démontableLui :
(Court métrage de 19 mn) Après avoir joué les seconds rôles des films de Fatty Arbuckle, Buster Keaton va se mettre lui-même en scène dans une vingtaine de courts-métrages de 1920 à 1923, avant de réaliser des long-métrages. One Week (La Maison Démontable) est le premier d’entre eux et aussi le plus célèbre avec Cops (Les flics). Jeune marié, Buster Keaton a reçu en cadeau une maison en kit. La maison démontable Un amoureux éconduit va inverser des numéros sur les caisses ce qui lui donnera une maison… surréaliste. Keaton joue avec l’humour absurde, parvenant toujours à se renouveler, créant de multiples situations différentes à partir de cette maison si peu orthodoxe. A peine passé derrière la caméra, Keaton montre déjà toute sa maestria avec une forme très aboutie et un humour très sûr.
Note : 5 étoiles

Acteurs: Buster Keaton, Sybil Seely
Voir la fiche du film et la filmographie de Buster Keaton sur le site imdb.com.

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30 janvier 2008

Les flics (1922) de Buster Keaton et Edward F. Cline

Titre original : « Cops »
Autre titre français : « Frigo déménageur »

Les flicsElle :
(pas vu)

Lui :
(Court métrage de 18 mn) Avec One Week (La Maison Démontable), c’est le plus célèbre des courts métrages réalisés par Buster Keaton entre 1920 et 1923. Se retrouvant à la suite d’un quiproquo à conduire une charrette de déménagement, Keaton va déclencher un petit cataclysme lors du défilé annuel de la police. Il s’ensuit une course-poursuite totalement délirante : ce sont des centaines de policiers qui lui courent après, créant des vagues humaines qui s’agitent en tous sens. Cet humour par la démesure a incontestablement marqué le cinéma burlesque. Et au milieu de cette folie, Keaton campe admirablement ce personnage qui fait face à toutes les situations avec calme et sûreté. Remarquable.
Note : 5 étoiles

Acteurs: Buster Keaton, Joe Roberts
Voir la fiche du film et la filmographie de Buster Keaton sur le site imdb.com.

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Note : L’autre titre français « Frigo déménageur » utilise le surnom donné au personnage de Buster Keaton par les distributeurs français et européens de l’époque : en France, ce fut surtout « Malec » mais aussi « Frigo » (sans doute une variante du nom « Fregoli » donné par les distributeurs italiens) et plus récemment simplement « Buster ».

30 janvier 2008

Malec chez les Indiens (1922) de Buster Keaton et Edward F. Cline

Titre original : « Paleface »

Malec chez les indiensElle :
(pas vu)

Lui :
(Court métrage de 20 mn) Alors qu’un petit village indien est sur le sentier de la guerre contre une compagnie pétrolière qui leur a extorqué leurs terres, Buster Keaton arrive innocemment avec son filet à papillons… Il s’en suit toute une série de situations très différentes, Keaton parvenant une fois de plus à créer une suite d’enchaînements burlesques et de retournements de situation. Quelle richesse ! De plus, Malec chez les Indiens est incontestablement un plaidoyer pour le respect des Indiens tout en utilisant largement les images d’Epinal caricaturales sur eux. C’est du Keaton de très haut niveau, du même niveau à mon avis que One Week ou Cops.
Note : 5 étoiles

Acteurs: Buster Keaton, Joe Roberts
Voir la fiche du film et la filmographie de Buster Keaton sur le site imdb.com.

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Remarque : « Malec » était le nom donné par les distributeurs français de l’époque au personnage joué par Buster Keaton. On peut aussi trouver ce film parfois sous le nom « Buster chez les indiens« .

Détail : Difficile de ne pas remarquer la grosse svastika bien en évidence sur le plaid indien avec lequel Buster Keaton se camoufle. Certes, en 1922, les national-socialistes étaient loin d’avoir l’importance qu’ils ont eu par la suite mais ils utilisaient déjà la croix gammée comme emblème depuis plusieurs années et leur drapeau fut créé en 1920. En l’utilisant à contre-emploi, Keaton désirait certainement discréditer l’image de cet emblème.

30 janvier 2008

Malec aéronaute (1923) de Buster Keaton et Edward F. Cline

Titre original : « Balloonatic »

Malec aéronauteElle :
(pas vu)

Lui :
(Court métrage de 22 mn) Se retrouvant par accident au sommet d’une montgolfière en plein décollage dans une fête foraine, Buster Keaton fait un atterrissage forcé près d’un gros ruisseau de montagne où se trouve une jeune femme en train de pêcher. Malec aéronaute se déroule donc dans plusieurs univers différents ce qui permet à Keaton d’introduire de nombreuses variantes burlesques dans chacun.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Buster Keaton, Phyllis Haver
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29 janvier 2008

Le diable s’habille en Prada (2006) de David Frankel

Titre original : « The devil wears Prada »

Le diable s’habille en PradaElle :
Une comédie à voir lorsqu’on n’a pas envie de se fatiguer. Le milieu de la mode, la superficialité, l’amour des fringues, de l’argent et de la célébrité, l’espoir de monter toujours plus haut, un univers impitoyable jonché d’embûches et de perfidie et une femme de tête tyrannique qui terrorise son personnel, tels sont les ingrédients de cette satire conventionnelle. Rien de plus. Il faut cependant souligner l’amusante composition de patronne oppressive et autoritaire par Meryl Streep .
Note : 2 étoiles

Lui :
Le diable s’habille en Prada est une comédie qui surfe sur l’attrait de la mode et de la célébrité. Le personnage principal est la jeune assistante de la dirigeante méprisante et tyrannique d’un magazine de mode. L’ensemble est bon enfant mais s’essouffle assez rapidement et tourne ensuite en rond alors que notre intérêt s’est déjà émoussé, la fin étant particulièrement prévisible. Tout cela est très américain. Le film est adapté d’un best-seller de Lauren Weisberger qui s’est inspirée de sa propre vie (elle a été l’assistante d’Anna Wintour, la rédactrice en chef de Vogue).
Note : 2 étoiles

Acteurs: Meryl Streep, Anne Hathaway, Emily Blunt, Stanley Tucci
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28 janvier 2008

Les lumières du faubourg (2006) de Aki Kaurismäki

Titre original : « Laitakaupungin valot »

Les Lumières du faubourgElle :
Dernier volet de la trilogie débutée avec Au loin s’en vont les nuages qui évoquait le chômage et L’homme sans passé qui abordait la perte d’identité et l’errance, Les Lumières du faubourg est un film sombre sur la solitude et l’incommunicabilité d’un gardien de nuit face à la dureté de la société. Kaurismäki est ici un véritable artiste du cadrage, de la composition, de la couleur, de l’éclairage. Chaque plan est une petite œuvre d’art. Le rouge et le vert sont en toile de fond de décors presque théâtraux face aux lumières d’une ville froide et indifférente. C’est très beau et émouvant. Il en ressort un grand dépouillement à l’image de cet homme solitaire qui ne parvient pas à aimer et se faire aimer. Les dialogues sont réduits au strict nécessaire au profit de superbes musiques de tango.
Note : 4 étoiles

Lui :
Les Lumières du Faubourg est le troisième volet d’un triptyque de Kaurismäki qui a déjà traité de la perte d’emploi et de la perte d’identité. Cette fois, le cinéaste finlandais aborde la solitude avec une histoire qui flirte avec le film noir mais qui va bien au-delà. Son personnage principal est l’archétype de l’anti-héros, un homme renfermé, passif et atone, qui va se laisser mener en bateau par une jolie femme. Contrastant avec la noirceur de l’histoire, mais faisant tout de même corps avec elle, les images sont merveilleusement graphiques ; chaque plan est travaillé avec notamment une superbe utilisation des couleurs par équilibre de grandes masses, dans un style global qui peut évoquer la bande dessinée. Cette forme propulse le film en lui donnant une très forte personnalité.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Janne Hyytiäinen, Maria Järvenhelmi, Maria Heiskanen
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28 janvier 2008

Kadosh (1999) de Amos Gitai

KadoshElle :
Film intéressant sur la vie des juifs intégristes de Jérusalem. Les hommes étudient la Torah et dominent leur épouse. La condition des femmes soumises à leur mari est révoltante. Leur mariages sont arrangés par la famille et si un enfant n’est pas né au bout dix ans, la femme est répudiée. Le film est toutefois vraiment très lent et les cadrages durent une éternité.
Note : 4 étoiles

Lui :
(en bref) J’ai trouvé le film intéressant à voir d’un point de vue sociologique. Le film est franchement trop lent.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Yaël Abecassis, Yoram Hattab, Meital Barda
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27 janvier 2008

Les Dix Commandements (1956) de Cecil B. DeMille

Titre original : « The Ten Commandments »

Les dix commandementsElle :
(pas vu)

Lui :
A 75 ans, pour terminer sa carrière en beauté, Cecil B. DeMille décide de tourner le remake de son propre film Les Dix Commandements (1923) et ambitionne d’en faire le plus grand film de l’histoire du cinéma. Il bénéficiera effectivement de moyens colossaux et pourra cette fois aller tourner en Egypte les scènes de désert, notamment celles devant les portes du palais du pharaon : des décors gigantesques de 30 mètres de haut et surtout 20 000 figurants (et 10 000 animaux) pour la scène du départ vers Israël, une scène qui reste l’une des plus impressionnantes de l’histoire du cinéma. Le scénario est fidèle aux Ecritures mais rajoute beaucoup d’éléments : « le devoir de tout dramaturge est remplir les lacunes entre les faits » déclarait DeMille.

Le résultat est surtout efficace dans la première moitié de ce film de près de 4 heures, celle où justement les dramaturges ont le plus brodé sur une liaison entre Moïse et Nefertiri. Les scènes de construction des temples par les esclaves sont à la fois grandioses et dramatiques, poussant la reconstitution jusqu’à montrer les différentes étapes de la fabrication des briques. Du grand spectacle hollywoodien.

La seconde partie des Dix Commandements, plus historique, est paradoxalement moins forte et semble comme empâtée dans une grandiloquence qui hélas ne trouve pas son point culminant dans la scène des Tables de Lois, une scène qui n’a absolument pas la puissance qu’elle devrait avoir. La traversée de Mer Rouge, tout en étant saisissante, est plutôt moins impressionnante que celle de la version de 1923. En fait, cette seconde partie tombe plus dans les travers hollywoodiens classiques, à l’image du brushing impeccable de Moïse vieillissant qui nous donne toujours la vague impression d’avoir passé le plus clair de sa journée chez son coiffeur ! Les Dix Commandements n’est certes pas l’un des plus grands films de l’histoire du cinéma comme l’aurait souhaité Cecil B. DeMille mais reste, après plus de 50 ans, un grand spectacle.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Charlton Heston , Yul Brynner, Anne Baxter, Edward G. Robinson, Yvonne De Carlo, John Derek, Cedric Hardwicke
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Voir nos commentaires sur la version de 1923 des Dix Commandements
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Note : Dans sa version intégrale, Les Dix Commandements comporte un prologue musical, un entracte et une exit scene, sur fond fixe, de 3 minutes environ chacun. Juste après le prologue, Cecil B. DeMille vient présenter lui-même son film devant un rideau de scène, le présentant comme un combat pour la liberté et le refus de vivre sous le joug d’un état, combat qu’il dit toujours aussi actuel. Cette présentation et les intermèdes musicaux ont été souvent coupés mais ils figurent sur le DVD sorti pour le 50e anniversaire du film.