Avril Lucciani est une avocate des causes désespérées, ce qui déplait à son patron qui la voit perdre tous ses procès. Un demi-marginal, Dariuch, lui demande de défendre son chien Cosmos, qui a mordu trois personnes et défiguré sa dernière victime. L’avocate accepte… Le Procès du chien est un film de procès helvético-français réalisé et interprété par Lætitia Dosch. C’est un film comique qui joue avec l’image que nous avons des animaux. Que se passerait-il si, légalement, nous considérions les animaux comme des êtres vivants et non comme des choses. Avec sa coscénariste Anne-Sophie Bailly, l’actrice-réalisatrice a souhaité aller plus loin en questionnant la notion de modèle pour déboucher sur une note féminisme. L’idée de départ était bonne mais, hélas, l’humour ne fonctionne pas bien, le jeu des acteurs est bien trop forcé, les personnages crient beaucoup trop, les situations sont trop outrancières, les dialogues un peu trop vulgaires. L’ensemble est de plus très brouillon, partant dans plusieurs directions sans aboutir vraiment. Le film a été assez bien reçu par la critique. Elle: Lui :
Thibaut est un chef d’orchestre de renommée internationale qui parcourt le monde. Lorsqu’il apprend qu’il a été́ adopté, il découvre l’existence d’un frère, Jimmy, employé́ de cantine scolaire et qui joue du trombone dans une fanfare du nord de la France. En apparence, tout les sépare, sauf l’amour de la musique… En fanfare est un film français réalisé par Emmanuel Courcol, son troisième long métrage après Cessez-le-feu en 2016 et Un triomphe en 2020. Le scénario est signé Emmanuel Courcol et Irène Muscari. Le film est produit par Marc Bordure et Robert Guédiguian. C’est une comédie dont l’histoire est originale et très bien écrite. Elle montre une certaine intensité tout en restant légère : un parfait équilibre. Les interprétations de Benjamin Lavernhe et de Pierre Lottin sont remarquables de justesse et de richesse. De nombreux acteurs non-professionnels mais réellement musiciens sont à leurs côtés. En fanfare a connu un beau succès dans les salles et il le mérite. Elle: Lui :
Joan, Alice et Rebecca sont trois amies qui vivent l’amour de manière différente. Joan annonce à Victor qu’elle ne l’aime plus, et celui-ci se tue en voiture après avoir trop bu. Alice s’est habituée à Eric mais n’en est pas amoureuse, tandis que celui-ci la trompe avec Rebecca. Mais l’amour et le hasard réservent des surprises… Trois amies est un film français réalisé par Emmanuel Mouret. Il en a écrit le scénario avec Carmen Leroi. Le cinéaste traite une nouvelle fois des circonvolutions de l’amour et de ses corollaires mais sa vision s’étoffe et gagne de la profondeur film après film. Si l’on détecte toujours l’influence de Rohmer, il a développé un style qui lui est propre. Cela se sent dans le contenu mais aussi dans la mise en scène, sa maitrise des plans est assez remarquable. Il y a une bonne dose de fraîcheur dans cet ensemble mais aussi une certaine gravité, car il y est aussi question aussi du deuil, de la culpabilité, de la duplicité. L’interprétation est naturelle, semblant parfois spontanée. Un très beau film. Elle: Lui :
Dans les années 1930, Édouard Binet (Philippe Noiret), un aventurier qui a vécu plusieurs années en Égypte, fait la connaissance d’une jeune danseuse belge, Sylvie Baron (Fanny Cottençon), sur le bateau qui le ramène en France. Il lui présente un homme d’affaires très riche qui s’entiche d’elle. Ne sachant où aller, Edouard les suit jusqu’à Bruxelles… L’Étoile du Nord est un film français écrit et réalisé par Pierre Granier-Deferre d’après le roman Le Locataire de Georges Simenon. Les dialogues sont de Jean Aurenche et Michel Grisolia. Même s’il y a un meurtre, l’intrigue est plutôt secondaire. Il s’agit plutôt d’un double portrait (des personnages interprétés par Philippe Noiret et Simone Signoret) et d’un film d’atmosphère. Le thème est principalement celui du mensonge et aussi de l’auto-aveuglement. Il y a une belle profondeur dans ces personnages, tous deux un peu perdus, en besoin d’affection et de refuge. La mise en scène est plutôt classique. L’interprétation de Noiret et de Signoret est parfaite mais c’est Fanny Cottençon qui obtiendra un César (meilleure actrice dans un second rôle). Plus qu’un film policier, c’est un récit très humain. Elle: – Lui :
Remarque : – L’Étoile du nord est le nom d’un train qui reliait Paris à Bruxelles et Amsterdam. – Pierre Granier-Deferre étant hospitalisé à la suite d’une crise cardiaque, Bertrand Tavernier accepta de terminer le tournage. Il restait alors une bonne dizaine de jours de tournage.
Philippe Noiret et Simone Signoret dans L’étoile du Nord (L’Étoile du Nord) de Pierre Granier-Deferre.
Montauban, 1944. Peu après le débarquement, le chirurgien Julien Dandieu met sa femme et sa fille à l’abri à la campagne après avoir été menacé par la milice. Quand il va leur rendre visite une semaine plus tard, il découvre que tous les habitants du village ont été massacrés par les allemands. Il décide de les venger… Le Vieux Fusil est un film français réalisé par Robert Enrico. Il en a écrit le scénario avec Pascal Jardin et Claude Veillot. L’histoire s’inspire du massacre d’Oradour-sur-Glane mais l’essentiel du film est ailleurs : en une série incessante de flashbacks, Robert Enrico s’attache surtout à créer l’émotion avec l’histoire d’amour entre ses deux personnages principaux. Il n’y a que peu de dialogues et ils restent très simples. Philippe Noiret est (comme toujours) parfait et Romy Schneider sourit beaucoup. Le résultat est un peu ennuyeux. Le film fut un très grand succès populaire et fut triplement récompensé à la première cérémonie des Césars en 1975 (meilleur film, meilleur acteur, meilleure musique) et du César des Césars en 1985. Elle: – Lui :
Sébastien Grenier (Lino Ventura) est un agent secret français en sommeil depuis huit ans. Il gère à Zurich une société fiduciaire et partage la vie d’une Allemande, professeur de littérature comparée dont les idées d’extrême-gauche sont clairement affichées. Un matin, il apprend par la radio qu’un agent français avec qui il avait rendez-vous, Alfred Zimmer, vient d’être abattu dans un tramway par un commando des Brigades d’action populaire… Espion, lève-toi est un film d’espionnage français réalisé par Yves Boisset. Il en a écrit le scénario avec Michel Audiard et Claude Veillot, d’après le roman Chance Awakening, paru en 1977, du britannique George Markstein. Le film est découpé en une suite de scènes présentées par une voix off annonçant la date, le lieu et l’heure précise, ce qui donne une certaine rigueur au récit. L’enchaînement des évènements est un peu nébuleux car nous sommes à la place du personnage : on ne sait qui est qui, on ne sait qui croire. En ce sens, le film fonctionne bien car nous ne savons comment la situation va évoluer. Lino Ventura est à l’aise dans un type de rôle qu’il connaît bien et Michel Piccoli donne une belle suavité à son personnage. La musique est d’Ennio Morricone. Le film est prenant et a connu un certain succès. Elle: – Lui :
En 1916, Sarah Bernhardt doit subir une opération de la jambe. À l’hôpital, elle reçoit la visite de Sacha Guitry qui a rompu depuis des années avec son père, l’acteur Lucien Guitry. Sarah lui raconte les raisons de cette rupture, que Sacha ignore totalement, liées à sa propre rupture d’avec Lucien Guitry en 1896… Sarah Bernhardt, la divine est un film français réalisé par Guillaume Nicloux. Il en a écrit le scénario avec Nathalie Leuthreau. C’est le premier film français consacré à Sarah Bernhardt (1) ce qui a de quoi étonner quand on songe à son immense notoriété et à son statut de mythe. Le récit n’est pas centré sur sa carrière proprement-dite ; il était en effet impossible pour le cinéaste de la montrer au travail (2). Il dresse en revanche le portrait d’une femme très libre, toujours prompte à soutenir des causes qu’elle juge justes, consciente que sa notoriété peut avoir une grande influence (3). Le récit donne aussi (et surtout) une grande place à ses relations tumultueuses avec le grand amour de sa vie, l’acteur Lucien Guitry (le père de Sacha Guitry) dont la notoriété égalait presque la sienne. Le film bénéficie d’une interprétation remarquable, celle de Sandrine Kiberlain bien-entendu mais aussi celle de Laurent Lafitte et de la plupart des seconds rôles. Comme pour tout film historique, une bonne partie de la critique a dégainé le vocable « académique » pour le juger hâtivement. Il faut au contraire saluer la démarche du réalisateur qui a su éviter les facilités d’un modernisme racoleur. Son film est très intéressant. Elle: – Lui :
(1) Le seul précédent est un film anglais de Richard Fleisher The Incredible Sarah (1976) avec Glenda Jackson dans le rôle principal, un film généralement considéré comme n,’ayant peu de qualités. Le film n’est d’ailleurs pas sorti en France. (2) Quelle actrice aurait pu prétendre restituer le jeu de Sarah Bernhardt ? De plus, son jeu était très emphatique, déclamatoire, avec des modulations dans la voix, ce qui est aux antipodes de nos goûts d’aujourd’hui (ce style de jeu est passé de mode vers la fin de sa vie). Sarah Bernhardt a fait des tournées triomphales dans le mode entier, jouant en français devant un public incapable de comprendre un mot de cette langue (un peu comme pouvons écouter des opéras en allemand ou en italien aujourd’hui). (3) Toutefois, l’étonnante scène où Sarah Bernhardt suscite l’engagement de Zola dans l’affaire Dreyfus est, semble-t-il, basée sur une hypothèse non vérifiée (lire ici et là). En revanche, qu’elle se soit fâchée avec son fils, fervent anti-Dreyfusard, et qu’elle ait pris publiquement parti pour Dreyfus est exact.
Sandrine Kiberlain et Amira Casar (au centre) dans Sarah Bernhardt, la divine de Guillaume Nicloux.
Octogénaire têtue, Madame Lobligeois part pour Clermont-Ferrand avec deux déménageurs afin de rapporter à Paris ses quelques meubles, malgré la folle inquiétude de son neveu Alfred Puc, percepteur de son état. Il faut dire qu’il fait de nombreux degrés en dessous de zéro. Au retour, la brave dame meurt de froid. Affolés, les déménageurs mettent le corps dans une armoire à glace et regagnent Paris pour avertir le neveu. Mais, pendant qu’ils lui donnent la clé de l’armoire, le camion est volé… L’Armoire volante est un film français écrit et réalisé par Carlo Rim. C’est la deuxième réalisation de ce scénariste et la plus connue. Il s’agit d’une comédie d’humour macabre qui n’a rien à envier à ses équivalents britanniques, tout en restant bien français dans l’esprit. Le scénario est bien écrit et l’enchainement des situations garde une relative vraisemblance malgré leur caractère extraordinaire ou absurde. Fernandel donne une interprétation tout en retenue de son personnage dépassé par les évènements et montre là tout son talent. Très belle photographie de Nicolas Hayer, l’un des meilleurs directeurs de la photographie français. Elle: – Lui :
Lors d’une randonnée dans les Vosges enneigées, Victorien, jeune homme marginal et bohème trouve un car touristique en panne. À l’intérieur, tous les voyageurs sont morts. Il dépouille les cadavres de leurs bijoux et de leurs portefeuilles, juste avant que le conducteur du car parti téléphoner revienne prendre possession du véhicule. De retour à Paris, Victorien raconte son aventure à sa tante Amanda. Quelques jours plus tard, le car est retrouvé au fond d’un lac… Agent trouble est un film français écrit et réalisé par Jean-Pierre Mocky, d’après le roman de Malcolm Bosse, The man who loved zoos. La trame de l’histoire est celle d’un film à suspense et peut évoquer Hitchcock, mais Mocky semble s’être surtout attaché à créer une atmosphère, assez difficile à décrire d’ailleurs : étrange, inquiétante tout en semblant normale, avec une touche d’onirisme et bien entendu une bonne dose d’humour qui se manifeste le plus souvent dans les dialogues. Le déroulement du film est assez soigné sauf l’épilogue qui paraît vraiment bâclé. L’interprétation est de très bon niveau, avec Catherine Deneuve dans un rôle (et une apparence) inhabituel et un beau plateau d’acteurs. Comme toujours avec Mocky, il s’agit d’un film peu conventionnel et original. Elle: – Lui :
A l’occasion de ses cinquante ans, un commissaire se rappelle deux affaires qui l’ont marqué, deux affaires d’assassinat… Suivez cet homme est un film français réalisé par Georges Lampin. Le scénario est écrit par Jacques Rémy, de son vrai nom Raymond Assayas (c’est le père d’Olivier Assayas) et les dialogues sont signés Alexandre Breffort (futur auteur de la pièce Irma la Douce). Il s’agit d’un film policier avec deux sketches. La première affaire (la plus courte) se déroule presque en huis-clos et manque d’intensité. Le plus surprenant est de voir le commissaire utiliser un détecteur de mensonges improvisé (1). La seconde affaire est plus complexe et mieux construite. Elle nous replonge dans l’atmosphère des années qui suivent la Libération. Elle bénéficie d’une certaine tension et d’une poursuite finale. Bernard Blier est bien entendu au centre du film et fait une bonne prestation. Elle: – Lui :
(1) Mesurer la tension pour savoir si un homme ment ou dit la vérité a été étudié pour la première fois par le professeur de médecine italien Cesare Lombroso en 1885. Mais c’est après la Seconde Guerre mondiale que les américains ont perfectionné le processus et l’ont utilisé très largement. Ce n’est qu’en 1998 qu’un arrêt de la Cour suprême a rendu les résultats obtenus au détecteur de mensonges non admissibles devant les tribunaux fédéraux. En France, le détecteur de mensonges n’a jamais eu valeur de preuve auprès des tribunaux et donc n’a été utilisé que rarement.
Bernard Blier et Andrée Clément dans Suivez cet homme de Georges Lampin.