Willy et Jojo, deux ados inséparables, passent leur temps à chasser l’ennui dans un petit village au cœur de la France. Ils s’entraînent aussi sur le terrain de moto-cross appelé La Pampa. Ils se sont fait une promesse : ils partiront bientôt ailleurs. Mais un évènement va venir tout bouleverser… La Pampa est un film dramatique français co-écrit et réalisé par Antoine Chevrollier qui signe là son premier long métrage. Ce n’est pas tant par son histoire que le film mérite d’être remarqué mais plutôt par son traitement. Le réalisateur adopte une approche assez délicate de l’univers machiste de ces deux adolescents et parvient à rendre son histoire touchante. La présence rayonnante des deux acteurs y contribue grandement, particulièrement Sayyid El Alami. Bien dirigés, tous deux ont un jeu assez retenu et le réalisateur a su éviter toute scène spectaculaire ou explosive. Elle: – Lui :
Manu dort sur la plage. Une connaissance lui propose d’aller récupérer une valise chez un nommé Michel Michel et la livrer à quelqu’un, une mission bien payée. Il vole alors une vieille Mercedes déglinguée et embarque son meilleur ami, Jean-Gab. Les deux pieds nickelés découvrent une mouche géante coincée dans le coffre de la voiture. L’un d’eux a alors une idée de génie : se faire de l’argent avec la mouche après l’avoir dressée… Mandibules est un film français écrit et réalisé par Quentin Dupieux. Comme toujours, le réalisateur joue sur l’absurde et l’humour nonsense. Cette veine lui a souvent réussi mais ce n’est pas le cas ici. Il est difficile de pointer ce qui manque pour que cela fonctionne. Il parvient toutefois à rendre sympathiques les personnages principaux de cette histoire, deux simples d’esprit caricaturaux. Le film a été plutôt bien accueilli par la critique mais semble susciter des réactions très contrastées chez les spectateurs. Elle: – Lui :
Nour, 27 ans, a émigré clandestinement à Marseille. Avec ses amis, il vit de petits trafics et mène une vie marginale et festive. Mais sa rencontre avec Serge, un flic imprévisible, et sa femme Noémie, va bouleverser son existence. De 1990 à 2000, Nour aime, vieillit et se raccroche à ses rêves… La Mer au loin est un film français écrit et réalisé par le franco-marocain Saïd Hamich. Le cinéaste aborde le thème du déracinement, de l’exil en nous faisant suivre son personnage sur une période de dix années. L’histoire n’est pas très crédible mais il s’agit de nous montrer qu’il n’est pas maître de sa vie et qu’il a le sentiment d’être à sa place nulle part. Hélas, le film est beaucoup trop long, le récit donne souvent l’impression de tourner en rond et les scènes mettant en avant la musique raï sont interminables. Belle interprétation de Ayoub Gretaa. Elle: Lui :
À la fin des années soixante, Amélie est une petite fille belge née au Japon. Durant les deux premières années de sa vie, Amélie est immobile et ne dit pas un mot. Elle est considérée par tous comme un tube digestif inerte. Jusqu’au jour où sa grand-mère lui tend un carré de chocolat blanc. Lorsqu’elle le croque, le miracle se produit… Amélie et la métaphysique des tubes est un film d’animation français réalisé par Maïlys Vallade et Liane-Cho Han. Il s’agit de l’adaptation du roman Métaphysique des tubes d’Amélie Nothomb paru en 2000, roman dans lequel la romancière belge raconte les trois premières années de sa vie au Japon. Elle décrit avec humour la vie de son entourage et sa relation avec sa nounou japonaise. Le film suit le roman d’assez près. Ce récit à hauteur d’enfant montre un mélange délicat d’onirisme, de magie et de découverte. Le dessin est une belle fusion entre l’animation française et japonaise. Une grande douceur se dégage de l’ensemble. Une belle réussite. Elle: – Lui :
Magalie est une star du web hors sol et sans morale qui gagne des fortunes en postant des contenus choc sur les réseaux. Après un accident grave survenu sur le tournage d’une de ses vidéos, Magalie s’isole à la montagne avec Patrick, son assistant personnel, pour faire un break. Une journaliste détenant une information sensible commence à lui faire du chantage… L’Accident de piano est un film français écrit et réalisé par Quentin Dupieux, qui nous livre ici une de ces comédies noires qu’il affectionne. Et, comme toujours, sans en avoir l’air, il met en évidence les travers de notre société, en se concentrant cette fois sur les réseaux sociaux, la bêtise, la cruauté et le manque d’empathie. Les dialogues mordants complètent bien l’humour absurde qu’il déploie. Les personnages sont particulièrement bien interprétés avec une mention particulière pour Adèle Exarchopoulos. Même si ce n’est certainement pas son film le plus réussi, Quentin Dupieux réussit à dresser une fois encore un portrait féroce de notre société. Elle: – Lui :
Durant des fouilles archéologiques non officielles dans la ville du Caire, l’archéologue Christian Robinson a découvert une mystérieuse inscription concernant le trésor du pharaon Khéops. Il est persuadé qu’il s’agit d’indices laissés par Dominique Vivant Denon, directeur de 1802 à 1815 du musée du Louvre. Il pense qu’il aurait rapporté le trésor en France pour Napoléon… Le Secret de Khéops est un film français réalisé par Barbara Schulz. L’ex-actrice signe là son premier long métrage. Elle en a écrit le scénario avec Christophe Turpin. Il s’agit d’une comédie sur une relation père / fille plutôt originale, mais passablement difficile, dont la réalisatrice annonce des inspirations autobiographiques. La comédie prend forme sur un fond de film d’aventures qui a le mérite de se baser sur éléments historiques pour bâtir une hypothèse audacieuse. Le scénario n’est pas parfait et montre une tendance à s’essouffler mais l’interprétation est de bonne qualité. Luchini a ici un rôle qui lui va bien. La critique a jugé un peu sévèrement le film qui n’en est pas moins divertissant. Elle: – Lui :
Gavril Dartevelle et Fabrice Luchini dans Le Secret de Khéops de Barbara Schulz.
Remarque : Historiquement, Dominique Vivant Denon a bien accompagné Bonaparte lors de l’expédition d’Égypte en 1798 avant d’être directeur général du musée du Louvre à partir de 1802. Il est considéré aujourd’hui comme un grand précurseur de la muséologie, de l’histoire de l’art et de l’égyptologie.
Claire, une célèbre chanteuse, s’envole au Japon pour un dernier concert à guichet fermé. Lorsque le concert prend fin, sa vie sur terre s’arrête aussi. Une nouvelle vie inattendue s’offre alors à elle : un au-delà dans lequel Yuzo, l’un de ses plus grands fans, l’attend… Yōkai, le monde des esprits est un film franco-japonais réalisé par le singapourien Eric Khoo. Les yōkais désignent des créatures surnaturelles dans la culture japonaise et, plus largement, tout ce qui se rapporte à des phénomènes étranges qui dépassent la compréhension humaine, nous explique le dossier de presse. Effectivement, il s’agit d’une histoire de spectres qui aident et guident les vivants pour surmonter leur chagrin et dénouer les problèmes. Le film a des qualités, il est délicat et serein, mais on peut lui reprocher de n’apporter rien de vraiment original ni de vraiment marquant (1). Catherine Deneuve n’est guère crédible en chanteuse (elle interprète elle-même les chansons, ces scènes sont presque gênantes), ce ne sera pas son plus grand rôle. La photographie est assez belle, souvent avec une faible profondeur de champ. Le film a été bien accueilli par la critique. Elle: – Lui :
Voir les autres films de Eric Khoo chroniqués sur ce blog…
(1) Si on le compare à Sidonie au Japon d’Elise Girard (2023), qui reposait sur un thème proche, Yōkai, le monde des esprits est loin d’avoir la même profondeur.
Masaaki Sakai, Catherine Deneuve et Yutaka Takenouchi dans Yôkai – Le monde des esprits (Spirit World) de Eric Khoo.
En 1871, un ambassadeur de l’Empereur japonais et ses deux gardes du corps traversent l’Ouest américain à bord d’un train qui les mènera à la rencontre du Président des Etats-Unis. L’ambassadeur a pour mission d’offrir à son hôte un objet d’une valeur inestimable : un sabre de samouraï. Malheureusement, le convoi qui transporte également de l’or est la cible de deux bandits sans foi ni loi. Ceux-ci parviennent à subtiliser la cargaison et dérobent par la même occasion le précieux cadeau… Soleil rouge est un western franco-italo-espagnol réalisé par l’anglais Terence Young. Il fait partie de ces coproductions internationales qui ont fleuri au tournant des années soixante-dix. L’originalité de ce western européen est d’introduire un samouraï comme personnage de premier plan. Tout est en effet basé sur la cohabitation forcée entre ce guerrier japonais et un cow-boy certes gangster mais doté d’une certaine éthique. Il rassemble quatre grandes stars internationales. Alain Delon n’a pas le meilleur rôle, il est le méchant qui tue sans état d’âme. Le récit n’est pas des plus palpitants, l’ensemble semble trop long. Ce n’est pas un western spaghetti à proprement parler mais il en est proche. Le film a été tourné en Espagne. La photographie est signée par Henri Alekan qui rend les décors crédibles. En revanche, il est difficile de ne pas sourire quand les indiens (joués de toute évidence par des espagnols) apparaissent. Comme beaucoup de ces coproductions internationales, l’ensemble manque d’unité. Elle: – Lui :
Marseille, début des années 1930. Roch Siffredi (Alain Delon) est un jeune voyou récemment libéré de prison. Il retrouve sa compagne Lola mais, pendant qu’il purgeait sa peine, celle-ci s’est entichée d’un certain François Capella (Jean-Paul Belmondo), truand lui aussi. Après une première rencontre orageuse, les deux hommes vont s’associer et chercher à prendre le contrôle de la pègre… Borsalino est un film policier français réalisé par Jacques Deray. Le scénario est l’œuvre de Jean-Claude Carrière, Jean Cau, Jacques Deray et Claude Sautet, d’après le livre Bandits à Marseille d’Eugène Saccomano. Produit par Alain Delon, le film réunit pour la première fois en tête d’affiche les deux acteurs vedettes du cinéma français (1). Le tournage s’est bien déroulé, sans rivalité (2). Le nombre de scènes et de gros plans sont équitablement répartis. Aucun des deux acteurs ne cherchent à monopoliser l’écran. La reconstitution du milieu de la pègre marseillaise des années 1930 est très bien réalisée et la musique de Claude Bolling est restée célèbre. Plaisant. Elle: – Lui :
Remarques : – Borsalino est une marque de chapeaux très populaires dans les années 20, 30 et 40. La compagnie a fourni les chapeaux des deux acteurs et aurait même financé en partie le film. – Les personnages sont inspirés des truands Paul Carbone et François Spirito. Jacques Deray a reçu des menaces de mort avant le tournage parce qu’il voulait utiliser les vrais noms des gangsters. – Le film n’est pas sorti en vidéo avant 2009 à cause d’une question de droits. Pour la même raison, il n’est passé que très tardivement à la télévision.
(1) Les deux acteurs avaient tourné plusieurs fois dans le même film auparavant mais sans partager le haut de l’affiche. (2) La brouille entre les deux acteurs n’est apparue qu’à la sortie du film, Belmondo reprochant à Delon de ne pas l’avoir mis en premier sur l’affiche comme convenu par contrat. La Justice donna raison à Belmondo. Ils resteront brouillés et il faudra attendre 25 ans pour les retrouver dans un même film.
Jean-Paul Belmondo et Alain Delon dans Borsalino de Jacques Deray.
Suite : Borsalino & Co (1974) de Jacques Deray avec Alain Delon mais sans Belmondo.
Baptiste, imitateur professionnel, est engagé par Pierre Chozène, un romancier célèbre qui a besoin de calme pour terminer son nouveau livre. Il propose à Baptiste de devenir sa voix au téléphone pour éviter que ses problèmes personnels ne viennent le déconcentrer…
Le Répondeur est une comédie française coécrite et réalisée par Fabienne Godet, adaptation d’un roman de Luc Blanvillain. L’idée de base est originale et amusante mais le danger était dans le développement. L’histoire évite toutefois d’être prévisible, elle évolue de façon plaisante sans tomber dans la facilité. L’alchimie entre les deux acteurs n’était pas évidente mais elle fonctionne parfaitement. Elle: – Lui :