Elle :
Road-movie en tondeuse à gazon d’un grand-père fragile à la recherche de son frère malade. Ce thème qui aurait pu être ennuyeux et larmoyant devient sous la patte de David Lynch un fantastique voyage poétique. Les paysages et la musique sont admirables de beauté. Ce vieil homme oublié fait l’admiration de tous les gens qu’il rencontre. Il nous fait partager sa vision de la vie sans tomber dans le genre revêche et aigri de tout. Sa sérénité et sa droiture suscitent notre adhésion.
Note :
Lui :
David Lynch nous raconte une histoire simple (« straight story ») mettant en avant des valeurs simples, centrées sur la famille notamment. En appelant son personnage Alvin Straight, il semble nous demander de dépasser cette apparente simplicité. Lynch nous dévoile bien peu du caractère de son personnage, mais suffisamment pour le rendre très attachant. L’image est très belle, avec notamment de magnifiques plans de ces immenses champs de l’Iowa, et la musique parfaite. Un film plutôt atypique pour David Lynch.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Acteurs: Sissy Spacek, Richard Farnsworth, Harry Dean Stanton
Voir la fiche du film et la filmographie de David Lynch sur le site imdb.com.
Voir les autres films de David Lynch chroniqués sur ce blog…
Elle :
Malgré quelques maladresses et un scénario un peu confus parfois, il y a de bonnes choses dans ce polar social. Fabienne Godet s’attaque à la culture de la performance en entreprise en étudiant avec authenticité le cas d’un cadre harassé de travail qui se sent responsable du suicide d’un de ses collègues. Sans jamais assener de message manichéen, elle concentre son regard sur les difficultés familiales, les tourments psychologiques, le drame qui se joue de façon inéluctable tout en menant en parallèle une enquête policière assez prenante. En revanche, je n’ai pas été vraiment convaincue par la prestation d’Olivier Gourmet en cadre stressé. Je l’ai trouvé plutôt apathique.
Note :
Lui :
Pour son premier long métrage, Fabienne Godet a choisi de se placer entre deux genres normalement distincts : Sauf le respect que je vous dois peut en effet être défini comme un polar social. La mise en place est hélas un peu confuse et les personnages sont trop peu développés ou approfondis pour que l’on adhère totalement à l’histoire. De plus, Olivier Gourmet a toujours ce côté rentre-dedans qui laisse peu de place aux autres acteurs. Le film a ainsi tendance à tourner au one man show et devient déséquilibré. Il a toutefois le mérite de mettre le doigt sur la réalité du travail des cadres dans certaines entreprises.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Acteurs: Olivier Gourmet, Dominique Blanc, Julie Depardieu, Marion Cotillard
Voir la fiche du film et la filmographie de Fabienne Godet sur le site imdb.com.
Elle :
Jacques Doillon réussit merveilleusement bien à nous faire revivre cette période de l’occupation allemande. Cette famille juive acculée tente de passer en zone libre de façon très dangereuse. Les enfants très spontanés dans leur jeu, partent seuls, affrontent les pires dangers et parviennent malgré tout à garder une certaine joie de vivre. Pour survivre, il faut adhérer au mouvement pétainiste, se cacher, trouver sans cesse des ruses. A l’opposé, le père craque sous l’angoisse et la pression et se fait arrêter et déporter. Ce film est témoignage poignant de la souffrance de ces familles persécutées.
Note :
Lui :
Il est difficile de rester insensible à cette histoire de deux enfants juifs pris dans la tourmente de l’occupation. Doillon réussit à les faire jouer de façon remarquable et met en relief l’adaptabilité et l’ingéniosité de ces enfants. Son propos est essentiellement descriptif et il nous apporte un regard nouveau sur cette période noire de notre histoire.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Acteurs: Richard Constantini, Paul-Eric Shulmann, Joseph Goldenberg, Reine Bartève
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Un sac de billes est l’adaptation du roman autobiographique homonyme de Joseph Joffo.
Lui :
Un film très particulier. En adaptant Kafka à l’écran, Orson Welles va très loin dans la voie du cauchemar surréaliste, à tel point, qu’en tant que spectateur, on commence par un stade « mal à l’aise » pour finir proche du rejet. J’ai trouvé par exemple la scène du peintre particulièrement répulsive. C’est regrettable car l’interprétation est assez remarquable avec une brochette d’acteurs plutôt impressionnante.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Acteurs: Anthony Perkins, Jeanne Moreau, Romy Schneider, Elsa Martinelli, Suzanne Flon, Orson Welles, Madeleine Robinson
Voir la fiche du film et la filmographie d’ Orson Welles sur le site imdb.com.
Voir les autres films de Orson Welles chroniqués sur ce blog..
Elle :
J’ai de plus en plus de mal à regarder ces comédies romantiques américaines construites sur le même modèle. Abandon.
Note :
Lui :
Certes Et si c’était vrai a tout de la comédie sentimentale hollywoodienne classique, un de ces films qui semblent sortis d’un moule… Et pourtant, il a un petit quelque chose en plus qui rend cette histoire finalement assez touchante. Est-ce la présence d’un spectre dans cette histoire d’amour plus fort que la mort ou plus simplement le charme évident des deux acteurs principaux ? Peut-être est-ce aussi la question fondamentale sous-jacente, question qui a donné au film une résonance toute particulière aux Etats-Unis alors divisés par l’affaire Terri Schiavo (une jeune femme en coma prolongé dont les parents ne pouvaient se résoudre à cesser les soins). Le film est adapté du best seller de l’écrivain français Marc Levy.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Acteurs: Reese Witherspoon, Mark Ruffalo
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Lui :
Réalisé par la Fox pour tenter de dupliquer le succès de la série des Charlie Chan, cet Enigmatique Monsieur Moto est le premier d’une série de 8 films mettant en scène un enquêteur japonais interprété par Peter Lorre. Cet élégant personnage est un homme étonnant et plein de ressources, que ce soit dans l’art du combat jiu-jitsu ou dans l’art de la déduction. Le climat est oriental à souhait, l’occasion de faire intervenir nombre de personnages jouant double-jeu. Cette série fut interrompue par l’approche de la guerre comme tout ce qui pouvait montrer les japonais sous un jour positif. Peter Lorre est vraiment parfaitement crédible dans ce rôle qui semble taillé pour lui. Considéré comme le meilleur de la série, L’énigmatique Monsieur Moto se regarde encore aujourd’hui avec plaisir car il a su conserver son atmosphère délicatement envoûtante même s’il peut paraître n’être que gentiment désuet.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Acteurs: Peter Lorre, Virginia Field, Thomas Beck
Voir la fiche du film et la filmographie de Norman Foster sur le site imdb.com.
Elle :
Bien que le début du film soit maladroit et conventionnel, on se laisse gagner peu à peu par cette intrigue policière dont le point de départ est la disparition d’un archéologue au coeur des tombeaux égyptiens. Il faut noter la présence de Rita Hayworth dans un de ses tous premiers rôles. L’histoire est prenante et plutôt complexe.
Note :
Lui : Charlie Chan enquête sur des disparitions et des meurtres dans le cadre de fouilles archéologiques en Egypte. Le scénario est très bien ficelé, l’intrigue étant forte en rebondissements et en trouvailles originales. L’ensemble est assez léger, même assez amusant du fait du comportement maniéré et déférent de Charlie Chan.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Acteurs: Warner Oland, Pat Paterson, Thomas Beck, Rita Hayworth
Voir la fiche du film et la filmographie de Louis King sur le site imdb.com.
Charlie Chan est un détective américain d’origine chinoise créé par l’écrivain/scénariste Earl Derr Biggers. Ses enquêtes firent l’objet d’une petite cinquantaine de films produits par la Fox puis par Monogram. Son personnage rencontra un vif succès grâce à son côté oriental, son humour et ses facéties… sans oublier son inépuisable réserve de proverbes.
Charlie Chan fut interprété par Warner Oland de 1931 à 1938 (16 films), Sidney Toler de 1938 à 1946 (22 films) et Roland Winters de 1947 à 1949 (6 films). Une résurrection fut tentée en 1981 avec Peter Ustinov.
Les trois premiers Charlie Chan : The house without a key (1926) de Spencer Bennet (Pathé, film perdu) The chinese parrot (1927) de Paul Leni (Universal, film perdu) Behind that curtain (1929) de Irving Cummings avec E.L. Park (et Boris Karloff) (Fox)
Elle :
Enquête policière à l’intérieur d’un opéra. Boris Karloff interprète un chanteur fou qui revient rôder dans les entrailles de cet édifice.
Note :
Lui : C’est avec plaisir que j’ai regardé ce film, considéré comme l’un des meilleurs de la série Charlie Chan. La qualité de l’intrigue n’y est certes pas pour rien. Warner Oland incarne à merveille ce détective original, aux méthodes si particulières (sorte de Colombo avant l’heure). Ses tournures orientales et sa manière de parler sont toujours un régal : il semble avoir une réserve inépuisable de proverbes… Boris Karloff fait une apparition remarquable dans cette histoire de double-meurtre.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Acteurs: Warner Oland, Boris Karloff, Keye Luke, William Demarest
Voir la fiche du film et la filmographie de H. Bruce Humberstone sur le site imdb.com.
Lui :
Dès les premières secondes de Free Zone, Amos Gitai place le spectateur dans une attitude d’incompréhension et d’incertitude, nous forçant à assister à une scène dont on ne connaît pas le sens : une jeune femme filmée en très gros plan pleure pendant 10 minutes sans que l’on ne sache ni la raison ni le lieu. Passée cette épreuve (dont la portée m’échappe quelque peu, je dois bien l’avouer…), le cinéaste continue de jouer sur ce registre, nous guidant le strict minimum par quelques flashbacks en superposition (assez désagréables pour le spectateur) et nous emmenant dans des situations que nous ne comprenons que partiellement. S’agit-il de nous faire ressentir cette position où l’on subit un environnement sur lequel nous n’avons pas de prise ? Toujours est-il que Free Zone nous dresse le portrait de trois femmes, une israélienne, une palestinienne et une américaine et par la même traite de la difficulté à cohabiter. Le film pourrait par instant friser le documentaire mais l’ensemble reste passablement abscons, du moins à mes yeux. Je serais même incapable de dire si son propos est optimiste ou pessimiste.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Acteurs: Natalie Portman, Hana Laszlo, Hiam Abbass
Voir la fiche du film et la filmographie de Amos Gitai sur le site imdb.com.
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Remarque : La Free Zone existe réellement. La Jordanie compte même plusieurs Free Zones sur son territoire. Ces zones sans taxes furent créées pour favoriser l’implantation d’industries tournées vers l’exportation. Celle du film est celle de Zarqa le long d’une route qui mène vers les 3 pays frontaliers (les frontières sont toutefois, pour certaines, très très loin).
Titre original : « The cameraman »
Autre titre français : « L’opérateur »
Elle :
pas (re)vu…
Lui :
(Film muet) Le Cameraman est le dernier des films marquants de Buster Keaton. Ce personnage de cameraman gauche est bien évidemment très drôle mais aussi particulièrement touchant. Certains gags sont mémorables, soit très burlesques et visuels telle la scène du téléphone et de l’escalier par exemple, soit étonnamment inventifs comme cette superposition d’images de cuirassés sur la 5e Avenue. La mise en scène est remarquable avec, comme morceau de choix, ce nouvel an chinois qui vire en règlement de comptes. Bien entendu, on peut trouver que The cameraman ne se regarde pas avec autant de facilité que ses homologues plus récents (en admettant qu’il y en ait…) mais il reste encore agréable après 3/4 de siècle et permet de voir un Buster Keaton pour une toute dernière fois à l’apogée de son art.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarque : Le Cameraman est le premier long métrage de Buster Keaton après qu’il ait signé avec la MGM. Il n’est donc ni réalisé ni produit par Buster Keaton comme le furent ses précedents. C’est entre autres l’échec commercial du Mécano de la General qui l’a ainsi poussé dans le giron d’une grande compagnie. Après Le Cameraman, il ne tournera vraiment qu’un seul long métrage : Le figurant. Ensuite, il n’aura que de petits rôles dans les films parlants.