Lui :
Charlot est l’assistant d’un dentiste. Il importune les patients et les clients de la pharmacie. Pour séduire une belle cliente, il n’hésite pas à se faire passer pour son patron… Chaplin n’a jamais aimé les dentistes dans la vie réelle. Pour ce film, il tirerait son inspiration d’un sketch de Fred Karno sur scène, datant de l’époque où il était dans sa troupe. Laughing Gas, Charlot dentiste, initie une longue série… En effet à partir de celui-ci, Chaplin réalisera tous ses films. (Court métrage de 13 mn).
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Lui :
Charlot est serveur dans une boulangerie-café, dont les spécialités sont les tartes et pains français. Il ne cesse de se chamailler avec son collègue. Quand les cinq ouvriers-boulanger se mettent en grève, le patron les force tous deux à prendre leurs places… Dough and Dynamite est un film comique mais il faut toutefois savoir qu’il y avait alors à Los Angeles une grève du syndicat des boulangers, donc on peut voir là une petite connotation sociale. Le film est inhabituellement long (deux bobines) ce qui lui permet d’être riche en gags, dans la plus pure tradition slapstick : on se bagarre, on se lance diverses choses, … C’est l’un des films les plus rentables que Chaplin a réalisé à la Keystone : le film rapporta plus de 50 fois son budget ! Il faut dire que les films de la compagnie de Mack Sennett étaient tournés très rapidement, ils ne coûtait donc qu’assez peu à faire alors que les gains pouvaient être très importants. (Court métrage de 28 mn)
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Voir les autres films de Charles Chaplin chroniqués sur ce blog…
Remarque :
* Parmi les clients, on notera la présence de Charley Chase, acteur comique qui aura une assez belle carrière dans les années vingt.
* Tous les noms donnés sont français : Charlot s’appelle Pierre, son collègue, Jacques, les patron sont Mr et Mme La Vie …!
Lui :
Lupino Lane est un acteur anglais qui mériterait d’être plus connu. Pionnier du cinéma burlesque muet, on lui doit de nombreux courts métrages hilarants comme sa parodie de Ben-Hur, Roaming Romeo (L’as des gladiateurs). Son comique peut être vu comme étant assez proche de Keaton mais avec un côté ‘digne’ plus marqué. Ses films comportent d’excellents gags mais manquent souvent de liant scénaristique. Fisticuffs se développe autour d’un match (champêtre) de boxe, boxe anglaise of course. Nous sommes au XIXe siècle. Lupino Lane, l’apprenti du forgeron du village, est amené à remplacer au pied levé l’un des combattants à un match de boxe. Le premier tiers du film se déroule dans la forge autour de la manipulation d’un fer à cheval rougi. Lupino Lane est ensuite chargé d’aller espionner, déguisé en femme, le camp adverse de la rencontre de boxe. Nous assistons ensuite au match. Même si le thème du match de boxe a été déjà été exploré par d’autres grands du burlesque, cette partie comporte de bonnes trouvailles, notamment dans ses interactions avec les spectateurs autour du ring ; certains mouvements sont franchement du domaine de l’acrobatie et forcent l’admiration. Fisticuffs, récemment retrouvé et restauré, ne manque vraiment pas d’intérêt. (Muet, court métrage de 20 minutes)
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarques :
* La famille Lupino compte de nombreux acteurs. Lupino Lane (son vrai nom est Henry Lupino) est ainsi le cousin d’Ida Lupino.
* Les photos ci-contre (hélas très petites) viennent du remarquable site TomWhiteley.info tenu par les descendants de l’acteur. On y apprend, entre autres, que Lupino Lane fut l’un des rescapés du Titanic. On voit sur ces photos l’équipe de Fistycuffs ansi qu’un aperçu du lieu de tournage de la partie chez le forgeron (assise est la femme de Lupino Lane, Violet Blythe).
Lui :
Un mari est attendu par sa femme pour fêter l’anniversaire de leur mariage. Il doit passer chez la fleuriste, seulement voilà : nous sommes à Paris et les inconvénients de la ville vont entraver la progression de ce mari attentionné… Heureux anniversaire est la deuxième co-réalisation de Pierre Etaix avec Jean-Claude Carrière après Rupture. Le court métrage est plus ambitieux et plus riche, filmé en grande partie dans les rues (encombrées) de Paris. Nos deux compères utilisent remarquablement les tracas de la circulation automobile pour créer des situations saugrenues et drolatiques. Pierre Etaix joue le mari dans un style proche de Buster Keaton par le fait qu’il semble rester imperturbable face aux obstacles qui se succèdent et par l’ingéniosité dont il fait preuve pour se sortir des situations délicates. Il évoque aussi le Tati de Mon Oncle ou du futur Play Time. Heureux anniversaire est un vrai petit plaisir. (Court métrage de 14 minutes).
Note :
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Lui :
Pierre s’est marié avec la femme qu’il aime mais il doit faire face à sa belle famille, plutôt envahissante. L’arrivée d’une charmante secrétaire va éveiller en lui une nouvelle passion… L’histoire du Grand amour de Pierre Etaix n’a pas tant d’importance, elle n’est en fait qu’un prétexte pour créer des situations où il peut placer ses gags. Comme toujours avec Pierre Etaix, c’est un humour délicat, subtil, inventif, qui peut se nicher dans tous les recoins de l’image, parfois très poétique comme cette célèbre scène où notre héros, dans son lit, laisse vagabonder son imagination : c’est en fait le lit qui part errer sur les routes où il fera diverses rencontres. Ce n’est pas un humour qui nous frappe en pleine figure mais c’est un humour auquel on repense après coup et qui donne immanquablement envie de revoir le film. Il y a de sacrés trouvailles! S’il caricature certains comportements ou certains rapports sociaux, la méchanceté est absente. Le grand amour est le premier film de Pierre Etaix en couleurs. Un petit bijou que l’on peut enfin revoir aujourd’hui après une trop longue éclipse pour des raisons juridiques.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Lui :
Un film étonnant qui mêle burlesque, rêverie et surréalisme. Avec sa femme et son beau-père, un paysan russe très pauvre observe son riche voisin, un koulak (paysan indépendant) s’empiffrer alors qu’ils n’ont rien à manger. Sa femme le met dehors en le disant de ne revenir que lorsqu’il aura trouvé le bonheur… Medvedkin connait particulièrement le monde rural pour avoir dirigé le Ciné-Train en 1932 : avec une petite équipe, il a sillonné le pays, filmant ici et là et organisant des séances de projection. L’optique était d’aider la population rurale à surmonter les difficultés et à vanter les mérites des kolkhozes. Deux ans plus tard, il réalise Le bonheur, film atypique, qui mêle burlesque, rêverie et surréalisme, un film qui évoque aussi bien Luis Buñuel que l’humour slapstick des premiers Chaplin ou Keaton. Montrant beaucoup d’inventivité, il crée des situations totalement inattendues, surprenantes, hilarantes. On y voit par exemple un cheval blanc à pois qui se met en grève ou une petite grange pleine de farine qui se déplace toute seule (portée par des voleurs). C’est surtout la cupidité des hommes qui est fustigée, c’est elle qui crée les situations les plus aberrantes. L’individualisme, la paresse sont également ridiculisés. On peut aussi y voir une critique des institutions, l’église, l’armée et bien entendu le tsar. Personne n’est épargné. Le bonheur est un film qui foisonne de thèmes, d’idées et d’images, un peu brouillon parfois ; c’est un film assez unique en son genre. La censure soviétique, ne parvenant pas bien à cerner le propos, préféra retirer le film de la circulation. Il a été redécouvert par Chris Marker dans les années soixante-dix. (Film muet de 64 mn)
Note :
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Lui :
A 42 ans, George Webber est en pleine crise de la quarantaine. Il a beau être riche et célèbre, rouler en Rolls décapotable, il envie son voisin plus jeune dont la vie ressemble à une orgie permanente. En voiture, il croise le regard d’une jeune mariée qu’il considère comme la plus belle fille qu’il ait jamais vue. Il devient obsédé par elle… Cette comédie de Blake Edwards mêle assez habilement l’humour pur et la comédie dramatique chargée d’une certaine mélancolie. Ce sont toutefois les scènes d’humour pur qui sont les plus réussies, elles rattrapent un scénario qui serait passablement ennuyeux sans elles. Le film fut un énorme succès commercial pour d’autres raisons, essentiellement centrées sur la plastique irréprochable de la jeune actrice Bo Derek, courant sur la plage en maillot de bain.
Note :
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Remarques :
* C’est ce film qui lança la pratique machiste de noter les femmes de 0 à 10. En réalité, dans le film, c’est le psychanalyste qui demande à George Webber combien il donnerait sur une échelle de 0 à 10 à la jeune mariée qu’il a aperçue, ce à quoi il répond : « onze ».
* Le film donna une nouvelle vie au Boléro de Ravel (la jeune femme ne veut faire l’amour que sur le Boléro de Ravel).
* On ne peut pas dire que Bo Derek ait eu ensuite une grande carrière d’actrice. Il faut préciser qu’elle a essentiellement tourné sous la direction de son mari, John Derek, réalisateur sans talent. Le couple s’est couvert de ridicule, dont le summum fut probablement le film Bolero (1984).
* Un remake est prévu pour 2011… (MAJ: le projet n’a semble t-il pas abouti).
Lui :
(Court métrage de 11mn) Caught in the Rain est le premier film dont Chaplin signe seul le scénario et la réalisation. Il se déroule en trois temps : 1) Dans un parc, Charlot fait des avances à une femme mariée sous les yeux du mari. 2) Dans le hall de son hôtel, Charlot passablement ivre, conte fleurette aux clientes et a bien du mal à monter l’escalier. 3) Après s’être trompé de chambre, Charlot se couche enfin mais la voisine d’en face est somnambule et vient dans sa chambre… Chaplin enchaîne ici plusieurs situations qu’il connaît bien, à la fois par son expérience de la scène en Angleterre (le mondain ivre) et par ses quelques films précédents (le parc, les erreurs de chambres). C’est dans le numéro du mondain ivre qu’il excelle, c’est assez phénoménal ce qu’il arrive à faire avec un simple escalier : on ne peut pas dire qu’il arrive à le monter au premier essai ! Le film n’est pas très novateur mais fut un succès. Chaplin aura ainsi de plus en plus les mains libres pour faire exactement les films qu’il souhaite.
Note :
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Lui :
(Court métrage de 11mn) Après avoir tourné une douzaine de films de qualité inégale sous la direction de Mack Sennett, Henry Lehrman, Mabel Normand et George Nichols, Chaplin obtient enfin le droit d’écrire un scénario et de le réaliser… enfin de le coréaliser seulement car Mack Sennett tient à garder le contrôle. Le résultat est une assez bonne comédie reposant sur une base simple mais très bien exploitée avec un bon enchaînement de gags. Chaplin a son costume complet et interprète le rôle d’un empêcheur de tourner en rond. Twenty Minutes of Love fait penser à In the Park que Chaplin tournera pour Essanay l’année suivante, pour lequel il reviendra tourner au même endroit.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Elle :
Laurel et Hardy ont des frères jumeaux… Ce postulat de départ permet de générer de nombreux quiproquos, face à leurs épouses ou amies qui pensent avoir affaire à leurs maris ou à leurs amis. Les deux duos finissent par se mélanger si bien que l’on ne sait plus très qui est qui. Quelques scènes sont particulièrement réussies, telles celle de la cabine téléphonique ou celle où ils se retrouvent les pieds dans le ciment à se dandiner au-dessus du vide. Les effets sonores, assez explicites, pimentent les situations. L’ensemble est parfaitement dosé. Du bon cinéma comique qui traverse bien les générations.
Note :
Lui :
L’introduction de frères jumeaux à Laurel et Hardy est particulièrement bien exploitée : cela nous donne toute une série de situations assez rocambolesques et le scénario sait ne pas trop alourdir les quiproquos qui en résultent. C’est donc ton frère est très réussi et très amusant.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)