21 septembre 2011

La femme aux cigarettes (1948) de Jean Negulesco

Titre original : « Road House »

La femme aux cigarettesLily est embauchée comme chanteuse par le propriétaire du bar-bowling d’une petite ville, contre l’avis du gérant. Lily est une femme affranchie qui sait tenir tête aux deux hommes qui sont attirés par son caractère indépendant et par son charme… A partir d’un scénario précédemment refusé par trois réalisateurs et à la demande de Darryl F. Zanuck de faire un film simple avec de l’action et du charme, Jean Negulesco a réalisé un fort beau film, reposant sur une atmosphère tendue et des rapports entre les personnages qui ne demandent qu’à exploser. Les trois rôles principaux sont remarquablement tenus avec une mention spéciale à Ida Lupino qui montre beaucoup de présence et de charme (1) et à Richard Widmark, qui reprend brillamment le type de rôle un peu pervers qui l’avait fait remarquer l’année précédente dans son premier film (2). Pas assez connu, La femme aux cigarettes est un beau film noir qui mérite d’être découvert.

4 étoiles

Acteurs: Ida Lupino, Cornel Wilde, Richard Widmark, Celeste Holm
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(1) Ida Lupino interprète elle-même ses chansons, notamment le très beau « One for my Baby (and one more for the road) » et le non moins beau « Again ».
(2) Le Carrefour de la Mort (Kiss of death, 1947) d’henry Hathaway avec Victor Mature et Brian Donlevy. Richard Widmark est là dans son premier rôle à l’écran.

Homonyme :
Road House (Bar routier, 1989) de Rowdy Herrington avec Patrick Swayze.

 

18 août 2011

Martin Roumagnac (1946) de Georges Lacombe

Martin RoumagnacDans une petite ville de province, une belle et élégante veuve fait tourner les têtes. Un jeune entrepreneur en maçonnerie en tombe éperdument amoureux… Martin Roumagnac est le seul film que Marlene Dietrich et Jean Gabin, alors amants, ont tourné ensemble. Alors que Les Portes de la Nuit (Marcel Carné) avait été écrit spécialement pour eux, Gabin préféra tourner cette histoire de passion fatale. Il faut bien avouer que le résultat n’est pas à la hauteur des attentes, surtout du fait de la diction trop guindée de Marlene Dietrich en français (1). Certes, cela crée un décalage intéressant entre les deux personnages, décalage qui comporte des points communs avec leur relation dans la vie réelle (2) mais cela ne suffit pas, d’autant plus qu’il n’y a pas l’étincelle qui aurait pu porter le film (3). Martin Roumagnac reste donc une simple curiosité, hélas. Le film est souvent cité comme charnière dans la carrière de Gabin entre ses rôles populaires et tragiques de l’avant-guerre et ses rôles de gangsters et de grands bourgeois qu’il affectionnera ensuite.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Marlene Dietrich, Jean Gabin, Jean d’Yd, Daniel Gélin
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(1) Dans son livre sur sa mère, Maria Riva, la fille de Marlene Dietrich, raconte que Gabin essayait de travailler avec Marlene sur les dialogues : « Arrête de parler aussi parfaitement. Enchaîne les syllabes, ce n’est pas un rôle de baronne. »
(2) Jean Gabin et Marlene Dietrich se quitteront d’ailleurs peu après la fin du tournage. Gabin en sera très affecté.
(3) Explication donnée par Maria Riva : « Ils étaient amants depuis trop longtemps pour faire passer à l’écran une sensualité qui aurait pu sauver le film ».

15 août 2011

Monsieur Wilson perd la tête (1940) de W.S. Van Dyke

Titre original : « I Love You Again »

Monsieur Wilson perd la têteLors d’une croisière transatlantique, un homme, de nature ascète et pingre, prend un coup sur la tête. Il n’a plus aucun souvenir de sa vie récente mais retrouve la mémoire qu’il avait perdue neuf ans auparavant : il était alors un escroc spécialiste des arnaques. Il décide de profiter de la situation… Monsieur Wilson perd la tête, I Love You Again, est une bonne surprise : il s’agit d’une comédie dans la meilleure veine des screwballs (1) des années trente. Pas moins de cinq scénaristes ont participé à l’écriture, avec de très bons résultats puisque le déroulement de l’histoire est habile, complexe tout en restant  simple. Monsieur Wilson perd la tête L’histoire est surtout totalement farfelue. L’humour est continuel, aucune scène n’en est dépourvue. Cet humour est bien équilibré entre les situations, inattendues et drolatiques exploitant merveilleusement toutes les possibilités de l’amnésie, et les dialogues vifs et relevés. Le couple Myrna Loy / William Powell fonctionne ici très bien. W.S. Van Dyke les connaît bien puisqu’il a réalisé plusieurs films de la série des Thin Man. Le flegme de William Powell fait une fois de plus des merveilles. De fort belle facture, Monsieur Wilson perd la tête est un délicieux divertissement.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: William Powell, Myrna Loy, Frank McHugh, Edmund Lowe, Donald Douglas
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(1) Screwball = genre de comédie américaine qui fut très populaire entre 1934 et 1942, reposant sur des situations saugrenues, de dialogues vifs et utilisant les rapports homme/femme comme ressort de l’humour (personnalités marquantes : Frank Capra, Howard Hawks, Cary Grant, Ernst Lubitsch, etc.)

29 juillet 2011

The Palm Beach Story (1942) de Preston Sturges

Titre français parfois utilisé : « Madame et ses flirts »

The Palm Beach StoryLassée du manque de réussite de son mari, une jeune femme part à Palm Beach pour obtenir le divorce… Le générique de début donne le ton : The Palm Beach Story est une comédie particulièrement loufoque au rythme enlevé. A une époque où les comédies « screwballs » semblaient s’essouffler, Preston Sturges signe l’une des plus belles du genre. Il a écrit lui-même cette histoire qui joue sur les rapports ambigus de l’amour avec l’argent. Il se moque sans méchanceté des riches : ses personnages sont hauts en couleur, frappadingues, fortement caricaturés mais ils restent attachants. L’humour ne faiblit jamais, le rythme est assez rapide, les situations variées, les dialogues enlevés. Claudette Colbert est particulièrement brillante, active, pleine de vitalité (et de culot…) Mary Astor est vraiment étonnante. Par sa liberté de ton, The Palm Beach Story garde toujours une grande jeunesse.
Note : 5 étoiles

Acteurs: Claudette Colbert, Joel McCrea, Mary Astor, Rudy Vallee, Sig Arno
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Remarques :
Billy Wilder a de toute évidence été inspiré par The Palm Beach Story pour son Some like it hot (Certains l’aiment chaud, 1959). C’est particulièrement net pour les scènes de train, pour le milliardaire sur son yacht et même son nom (J.D. Hackensacker III vs Osgood Fielding III).

20 juillet 2011

Marchands d’illusions (1947) de Jack Conway

Titre original : « The Hucksters »

Marchands d'illusionsLui :
Au retour de la guerre, un brillant publicitaire se fait embaucher par une agence pour gérer un très gros client, un fabricant de savonnettes tyrannique… The Hucksters est un film créé pour relancer la carrière de Clark Gable. La MGM met à face à lui deux actrices, l’anglaise Deborah Kerr (c’est son premier film aux Etats-Unis) et la jeune Ava Gardner. Le film est basé sur un roman de Frederic Wakeman dont on a gommé toutes les connotations sexuelles qui avaient fait scandale. C’est donc un film très sage, un peu ennuyeux. Clark Gable est omniprésent, Deborah Kerr a comme toujours à cette époque un jeu solide mais plutôt sans éclat. Le film est sauvé par la belle prestation d’Ava Gardner dont le rôle est hélas mineur. Dès qu’elle apparaît, elle illumine le film. Son visage est radieux ;  elle semble totalement subjuguée par Clark Gable (1). Les seconds rôles sont brillamment tenus par Sydney Greenstreet et Adolphe Mejou. Mais cela n’empêche pas hélas Marchands d’illusions d’être un film assez terne qui peine à éveiller l’intérêt.
Note : 2 étoiles

Acteurs: Clark Gable, Deborah Kerr, Sydney Greenstreet, Adolphe Menjou, Ava Gardner
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(1) Dans son autobiographie, Ava Gardner raconte qu’elle était transportée à l’idée de jouer avec Clark Gable. Adolescente, elle était très amoureuse de lui comme toutes les jeunes américaines. A 24 ans, elle le trouvait toujours aussi séduisant et cela se voit à l’écran.

17 juillet 2011

Les écumeurs (1942) de Ray Enright

Titre original : « The Spoilers »

Les écumeursLui :
Dans l’Alaska du tout début du XXe siècle, de prétendus agents du gouvernement spolient les chercheurs d’or de leur mine… La version de 1942 de Les écumeurs avec Marlène Dietrich et John Wayne est l’adaptation la plus célèbre du roman de Rex Beach. Il a été porté cinq fois à l’écran et on ne sera donc pas étonné que l’histoire soit solide. Nous sommes à la période charnière où la Loi ne s’est pas encore imposée alors que les richesses potentielles attisent les convoitises. Les écumeurs Cette version met en avant Marlène Dietrich qui, malgré des coiffures un  peu… excessives, fait montre de beaucoup de charme et surtout de présence. Elle incarne merveilleusement ce type de femme qui, sous une apparence à la limite de la vulgarité, fait preuve d’une grande force de caractère, de noblesse et de beaucoup de cœur. Dès qu’elle apparaît, on n’a d’yeux que pour elle… Face à Marlene, John Wayne paraît bien falot, son déficit de présence à l’écran est patent. Il est également visible qu’il ne se passe rien entre les deux acteurs. En grand spécialiste du western, Ray Enright recrée parfaitement l’atmosphère si particulière de cette époque. Les écumeurs Avec quelques scènes en début de film (dont un très beau plan du train qui traverse les rues boueuses de la ville), il dresse le cadre général de cette époque sans loi. La bagarre finale entre les deux protagonistes est l’une des plus célèbres du cinéma. Débutant dans une chambre au premier étage du saloon, elle se termine dans la rue après avoir dévasté une grande partie du rez-de-chaussée…
Note : 3 étoiles

Acteurs: Marlene Dietrich, Randolph Scott, John Wayne, Margaret Lindsay, Harry Carey, Richard Barthelmess
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Remarques :
* Les écumeurs est la dernière apparition à l’écran de Richard Barthelmess, ancienne grand star du muet et ancien flirt de Marlene qui l’a fait engager.
* William Farnum joue ici le rôle du juge. Il interprétait le rôle de Roy Glenister (tenu ici par John Wayne) dans la version de 1914.
* Marlene Dietrich est célèbre pour ses aventures multiples et notamment pour avoir eu une liaison avec tous ses partenaires masculins. Tous ?… non, pas John Wayne qui n’a jamais succombé malgré tous les efforts déployés par l’actrice pendant les trois films qu’ils firent ensemble. Marlene Dietrich en est restée furieuse après lui et a inventé tout un tas d’histoires sur son compte.
Commentaire (ultérieur) de l’intéressé : « Je n’ai jamais aimé faire partie d’une écurie… »
Commentaire (ultérieur) de l’intéressée : « Les cowboys… ces grands échalas comme Cooper et Wayne, ils sont tous pareils… Tout ce qu’ils savent faire c’est faire cliqueter leurs éperons, marmonner  » ‘Jour, m’dame » et se taper leurs chevaux ! »

Adaptations du roman de Rex Beach :
The Spoilers (1914) de Colin Campbell avec William Farnum et Kathlyn Williams. Ce film de 110 minutes fait partie des tous premiers longs métrages américains (lire une critique sur le site Ann Harding’s Treasures)
The Spoilers (1923) de Lambert Hillyer avec Milton Sills (film perdu)
The Spoilers (1930) de Edward Carewe avec Gary Cooper
Les écumeurs (The Spoilers) de Ray Enright (1942) avec Marlene Dietrich et John Wayne
Les forbans (The Spoilers) de Jesse Hibbs (1955) avec Anne Baxter et Jeff Chandler

12 juillet 2011

Le trésor de Tarzan (1941) de Richard Thorpe

Titre original : « Tarzan’s secret treasure »

Le trésor de TarzanLui :
Tarzan, Jane et Boy coulent des jours heureux dans leur petit paradis. L’arrivée d’une expédition à but scientifique va perturber cette douce quiétude, surtout après que Boy leur ait montré des pépites d’or qu’il avait trouvées… Le trésor de Tarzan est le cinquième film de la série avec Johnny Weissmuller commencée 9 ans plus tôt. Comparé aux films précédents, celui-ci est nettement destiné à un public plus jeune. Toute l’histoire est centrée sur Boy, le jeune fils, et sur les pitreries du singe Cheetah qui est doté d’un comportement très humain (il fait même la vaisselle). Les personnages extérieurs sont très typés. Le début du film est assez surprenant : il décrit longuement le monde idyllique de Tarzan, un paradis terrestre où l’on a tout ce que l’on désire à portée de main et où les richesses monétaires sont donc parfaitement inutiles, tout cela en reproduisant le schéma de la famille américaine et reprenant certains des codes classiques de la richesse (ils mangent du caviar en entrée). Le scénario est ensuite plutôt réduit ; simplissime, il comporte les passages obligés (éléphants, combats avec crocodile, combats avec tribus de sauvages, etc.), le film réutilisant même des scènes des films précédents (1). La scène finale de combat dans la rivière est toutefois plutôt réussie. Le trésor de Tarzan est donc aujourd’hui à réserver aux plus jeunes.
Note : 2 étoiles

Acteurs: Johnny Weissmuller, Maureen O’Sullivan, Johnny Sheffield, Reginald Owen, Barry Fitzgerald
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Remarques :
(1) La réutilisation la plus visible est la scène d’écartèlement (assez horrible soit-dit en passant) qui vient de Tarzan s’évade (1936). Il y aurait plusieurs autres emprunts aux films précédents de la série (scènes de course par exemple).

13 juin 2011

The earl of Chicago (1940) de Richard Thorpe

Titre français ( Belgique) : « Le gangster de Chicago »

The Earl of ChicagoLui :
Un petit caïd de Chicago, cupide et sans éducation, apprend qu’il est l’héritier d’une longue lignée nobiliaire anglaise. Intéressé par l’argent que représente son grand domaine, il se rend en Angleterre pour revendre le tout au plus vite… Assez peu connu, The Earl of Chicago ne manque pas d’attrait. Adaptation d’un livre de Brock Williams, cette comédie utilse comme ressort le fort contraste entre un gangster inculte et le milieu de la vieille noblesse anglaise, empreint de rites et de traditions. C’est Robert Montgomery qui donne au film tout son sel : avec un jeu très particulier, sobre avec des temps de latence où il reste comme interdit, il compose un personnage étonnant, assez stupide mais finalement attachant. Le fait qu’il soit ici utilisé plutôt à contre-emploi, du moins de façon inhabituelle, pourra toutefois dérouter. Les seconds rôles contribuent à donner du corps à l’ensemble. Contrairement à ce que le titre laisserait supposer, The Earl of Chicago n’est donc pas un film de gangster ni même un film noir mais une amusante comédie.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Robert Montgomery, Edward Arnold, Reginald Owen, Edmund Gwenn
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Remarques :
* Inédit en France, The Earl of Chicago doit à Patrick Brion du Cinéma de Minuit d’être visible pour le public français.
* Traduction littérale du titre : « Le comte de Chicago ».

9 juin 2011

L’introuvable rentre chez lui (1945) de Richard Thorpe

Titre original : « The thin man goes home »

L'introuvable rentre chez luiLui :
C’est le cinquième film de la série des Thin Man (L’introuvable en français), enquêtes policières résolues avec brio par le détective mondain Nick Charles et sa femme Nora, personnages créés par Dashiell Hammett. Pour L’introuvable rentre chez lui, Richard Thorpe remplace W.S. Van Dyke, récemment décédé ; Robert Riskin et Harry Kurnitz écrivent une histoire assez brillante tout à fait dans l’esprit de la série. William Powell joue toujours avec son apparente désinvolture pour résoudre sans en avoir l’air une affaire bien mystérieuse. Myrna Loy, plus charmante que jamais, a cette fois un rôle bien plus important que dans les autres films de la série, sur le plan de l’intrigue mais aussi et surtout de l’humour. Le film est très bien équilibré et très plaisant. Il est assez étonnant de voir comment la série des Thin Man parvient à garder un bon niveau de qualité au fil de ses suites.
Note : 3 étoiles

Acteurs: William Powell, Myrna Loy, Anne Revere, Harry Davenport
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Remarques :
L’introuvable rentre chez lui est le seul film de la série où Nick Charles n’abuse pas de boissons alcoolisées. Réalisé pendant la guerre, le film devait refléter le rationnement assez strict sur l’alcool alors en vigueur. Donc, Nick Charles a toujours sa flasque mais elle est, cette fois, remplie de cidre.

La série des Thin Man :
1. L’introuvable (The Thin Man) de W.S. Van Dyke (1934)
2. Nick, gentleman détective (After the Thin Man) de W.S. Van Dyke (1936)
3. Nick joue et gagne (Another Thin Man) de W.S. Van Dyke (1939)
4. L’ombre de l’introuvable (Shadow of the Thin Man) de W.S. Van Dyke (1941)
5. L’introuvable rentre chez lui (The Thin Man Goes Home) de Richard Thorpe (1945)
6. Meurtre en musique (Song of the Thin Man) de Edward Buzzell (1947)

7 juin 2011

Jane Eyre (1943) de Robert Stevenson

Titre original : « Jane Eyre »

Jane EyreLui :
Le roman de Charlotte Brontë a certes été porté plusieurs fois à l’écran mais la version de Stevenson reste sans doute la plus intéressante malgré une inévitable compression du texte original. Dans l’Angleterre du début du XIXe siècle, Jane Eyre est une jeune orpheline qui a connu l’extrême rigueur des écoles de charité. Devenue adulte, elle se fait embaucher comme gouvernante dans la vaste demeure de l’énigmatique Edward Rochester… On ne sera sans doute pas étonné que la trame scénaristique soit très forte (1) mais la transposition en images l’est tout autant. On s’interroge toujours sur le rôle exact tenu par Orson Welles (2). Il est à peu près certain qu’il a été beaucoup plus qu’un acteur de Jane Eyre tant le climat, la demeure, le mystère autour de Rochester évoque son univers de prédilection. Orson Welles est en tout cas l’acteur idéal pour exprimer toute l’ambiguïté, la stature, la complexité de son personnage et Joan Fontaine, pleine de retenue, est toujours parfaite dans les grands rôles romanesque. Il en résulte un film très fort qui simplifie sans trahir l’œuvre originale.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Orson Welles, Joan Fontaine, Margaret O’Brien, Peggy Ann Garner, John Sutton
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Remarques :
(1) A noter que l’un des deux coscénaristes est Aldous Huxley. L’auteur du Meilleur des Mondes a effectivement travaillé pour le cinéma à partir de 1940.
(2) Une chose est sûre : la Fox a proposé à Orson Welles d’apparaître au générique en tant de producteur mais Welles refusa.