5 mai 2007

Drôle de drame (1936) de Marcel Carné

Drole de drameLui :
Drôle de Drame est l’un de ces joyaux impérissables du cinéma. C’est un film complet qui se présente presque comme un bouillonnement d’éléments totalement disparates qui s’assemblent merveilleusement grâce au génie de Marcel Carné et de Jacques Prévert. Adapté d’un roman policier anglais, c’est un invraisemblable scénario, plein de rebondissements qui ne laissent aucun temps mort. Et Carné a réuni un ensemble de fabuleux acteurs sur son plateau avec en première ligne ce fameux face à face, haut en couleur,  entre Michel Simon et Louis Jouvet. Les dialogues de Prévert sont savoureux, un vrai délice ; tout le monde connaît la célèbre réplique « bizarre, bizarre… ». A la fois film policier, film comique, film de société, loufoque et corrosif, Drôle de Drame dérouta le public à sa sortie en 1937 :  la critique fut unanime pour le descendre et les spectateurs du Colisée (où le film est sorti en exclusivité) arrachèrent leurs sièges pour manifester leur mécontentement… Ce n’est que 15 ans plus tard qu’il fut reconnu à sa juste valeur, c’est à dire comme l’un des chefs d’oeuvre du cinéma français, un sommet d’inventivité, de créativité… Un film parfait.
Note : 5 étoiles (5/05/2007) – 5 étoiles (9/07/2024)

Acteurs: Louis Jouvet, Françoise Rosay, Michel Simon, Jean-Pierre Aumont, Jean-Louis Barrault, Nadine Vogel, Pierre Alcover, Henri Guisol
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Lire une critique plus complète de Drôle de Drame

26 avril 2007

Freaks, la monstrueuse parade (1932) de Tod Browning

Titre original : « Freaks »

Freaks, la monstrueuse paradeElle :
pas (re)vu

Lui :
Largement méconnu dans un premier temps, Freaks de Tod Browning a acquis le statut de film culte au cours du temps. Ce n’est que justice tant il paraît unique dans l’histoire du cinéma. Le classer parmi les films d’horreur est d’ailleurs assez réducteur car sa portée est tout autre. La trame du film se place dans le microcosme d’un petit cirque. Le tour de force de Freaks est de parvenir à mettre en scène un ensemble de personnages couramment considérés comme des monstres, depuis la femme à barbe jusqu’à l’homme-tronc, sans aucun misérabilisme ni complaisance dans l’exhibitionnisme. Non, Tod Browning les intègre le plus naturellement du monde dans une histoire d’où il ressort que les monstres ne sont pas ceux que l’on croit, les vrais monstres sont des personnages d’une apparence plus normale mais particulièrement vils et méprisables. Freaks, la monstrueuse parade Il ne faut pas craindre d’ailleurs de regarder le film, la vision n’est pas particulièrement dure car tous ces personnages semblent parfaitement assumer leur particularité physique et plutôt heureux de vivre. Cela montre bien que c’est aussi dans notre tête que cela se passe. C’est un film extraordinairement puissant, un grand film humaniste, un tour de force cinématographique.
Note : 5 étoiles

Acteurs: Wallace Ford, Leila Hyams, Olga Baclanova, Henry Victor
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Pour la petite histoire : à l’époque, la MGM cherchait à battre sur son terrain Frankenstein qu’Universal venait de sortir. Le producteur Irvin Thalberg fut cependant totalement dérouté par Freaks et, par exemple, la MGM ne sortit jamais le film en Angleterre. Originellement, le film faisait 90 minutes. De nombreuses coupes ramenèrent cette durée à 64 minutes.

19 avril 2007

King Kong (1933) de Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack

King KongElle :
Même 80 ans plus tard, ce film est toujours aussi fascinant. Un chef d’œuvre d’inventivité, d’imaginaire, d’animation, d’incrustations, réalisé avec des moyens finalement assez rudimentaires comparés à ceux de l’époque actuelle. Que ce soit King Kong ou les animaux préhistoriques, les animations sont toujours aussi impressionnantes face aux minuscules êtres humains qui s’agitent. Cette façon de les opposer dans de très beaux décors de jungle ou dans New York est très efficace. Le scénario est également très bien construit. Sans séquence inutile, il va à l’essentiel sans tomber dans la facilité pour donner davantage de force à l’histoire et à cette étrange relation que King Kong éprouve pour la jeune femme. Cadrages, éclairages et montage sont particulièrement travaillés pour donner du dynamisme, de l’angoisse et du suspense. Du vrai cinéma comme on n’en voit plus. Un film à voir absolument.
Note : 5 étoiles

Lui :
Basé sur une idée de Merian C. Cooper, l’un des deux réalisateurs, le thème de King Kong fait partie des 2 ou 3 plus grands mythes que le cinéma a pu créer au cours de son histoire. Formidable adaptation du thème de la Belle et la Bête, le film porte un subtil dosage de différents ingrédients pour décupler son impact sur les spectateurs : l’aventure, l’exotisme, le rêve, l’érotisme, le fantastique… Il est assez étonnant de voir comment ces ingrédients continuent de fonctionner 75 ans après sa sortie, il suffit juste de faire abstraction de ce qui nous parait maintenant comme des imperfections mais qui, à l’époque, représentait une prouesse technique hors du commun. Le budget de King Kong fut effectivement important permettant ainsi d’utiliser l’animation image par image de modèles réduits et toutes les techniques imaginables de superposition et de transparence. Suivant les scènes, les réalisateurs utilisèrent un King Kong de différentes tailles, le plus grand mesurant soixante dix mètres. Le film fut généralement plutôt méprisé par les cinéphiles, c’est pourtant un bel exemple de cinéma populaire dans toute sa splendeur. Avec le recul et par rapport à ses homologues actuels, il apparaît surtout parfaitement dosé.
Note : 5 étoiles

Acteurs: Fay Wray, Robert Armstrong, Bruce Cabot
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Ernest B. Schoedsack tourna une suite Le fils de King Kong (The son of Kong)(1934), avec toujours de beaux effets spéciaux d’animation mais une histoire peu réussie, puis un essai plutôt raté de re-création d’un personnage similaire avec Mighty Joe Young.

John Guillermin se risqua à un remake avec King Kong (1976) avec Jessica Lange et Jeff Bridges suivi de King Kong 2 (King Kong lives) (1986), deux films que je trouve personnellement peu convaincants. Enfin, Peter Jackson réalisa un long remake King Kong en 2005.
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3 avril 2007

Les 3 lanciers du Bengale (1935) de Henry Hathaway

Titre original : The lives of a Bengal lancer

Les 3 lanciers du BengaleElle :
Ce film qui se situe en Inde au temps des colons anglais nous emmène en plein désert aux frontières de l’Afghanistan. Les Anglais s’opposent aux musulmans afghans. Les paysages sont impressionnants et les figurants nombreux. Gary Cooper qui incarne un lieutenant protégeant le fils du colonel, est trépidant et veut contourner les réglements sévères qui régissent la vie militaire au mépris de tout sentiment humain. Cette vision quelque peu idyllique finit par l’emporter.
Note : 4 étoiles

Lui :
Voici un film d’aventures et de guerre, qui met en avant les grandes valeurs humaines. Le spectacle est grandiose pour l’époque et Gary Cooper est vibrant de puissance et de sincérité. Cependant, j’ai trouvé que le film avait plutôt vieilli, sans doute à cause de la simplicité du scénario. Ce film se trouve être incidemment être d’actualité, du fait des évènements de ces dernières années en Afghanistan.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Gary Cooper, Franchot Tone, Richard Cromwell
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30 mars 2007

Sylvia Scarlett (1935) de George Cukor

Sylvia ScarlettElle :
Le jeu de Katharine Hepburn m’est apparu trop forcé et ses nombreux dialogues en français (elle se déguise en garçon français) sont assez insupportables. (Abandon)
Note : pas d'étoiles

Lui :
Ce film de George Cukor est bien décevant car mis à part l’extraordinaire performance de Katharine Hepburn qui se déguise en garçon, il a beaucoup vieilli, tant au niveau du scénario que de la copie (très mauvais son). Cary Grant est assez fade, presque absent.
Note : 1 étoiles

Acteurs: Katharine Hepburn, Cary Grant, Brian Aherne, Edmund Gwenn
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Voir les commentaires après une seconde vision de Sylvia Scarlett, dix ans plus tard…

18 mars 2007

Poker party (1934) de Leo McCarey

Titre original : Six of a kind

Poker PartyElle :
En bref (*) : Film vieillot à l’humour un peu trop appuyé. Le seul bon moment est avec W.C. Fields dans la salle de billard.
Note : 2 étoiles

Lui :
En bref (*) : L’humour a bien vieilli, heureusement W.C. Fields apparaît dans la seconde moitié du film. La scène du billard est vraiment un grand moment.
Note : 3 étoiles

Acteurs: George Burns, Gracie Allen, W.C. Fields
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(*) Les commentaires de la rubrique “en bref” datent des tout premiers mois où nous avons commencé à noter nos impressions sur les films que nous regardions : ils étaient effectivement très brefs.

16 mars 2007

Elle et Lui (1939) de Leo McCarey

Titre original : « Love Affair »

Elle et lui Elle :
Le scénario de cette première version, que vous avons vue après le remake réalisé par le même metteur en scène, semble déjà très écrit et construit. Mis à part les acteurs qui changent, on retrouve quasiment le même découpage, les mêmes scènes et dialogues. On se demande alors ce qui a bien pu pousser Leo McCarey à refaire le même film vingt ans plus tard. Un scénario fascinant, l’arrivée de la couleur, la recherche d’une mise en scène plus aboutie ont dû peser sur sa décision. Bien lui en a pris puisque la deuxième version a remporté des Oscars. Les différences finalement assez mineures résident dans le placement de la caméra, le choix de Madère pour l’escale au lieu de la France. Et aussi, certaines scènes semblent ici un peu plus courtes.
Note : 2 étoiles

Lui :
Elle et lui Qu’un même réalisateur tourne plusieurs fois la même histoire n’est pas un cas isolé dans l’histoire du cinéma. Ce qui l’est plus, c’est d’avoir un tel degré de similitudes entre les deux versions tournées à presque 20 ans d’intervalle : on retrouve scène par scène les mêmes dialogues, tout au plus est-on surpris de remarquer que le mobilier n’est pas exactement à la même place. Cette première version est plus dépouillée, plus nature, sans l’humour et la pétulance du remake de 1957 qui paraît bien plus ample. La scène chez la grand-mère de Charles Boyer n’a pas la force qu’elle aura dans le remake. Leo McCarey a beau avoir déclaré préférer cette première version, elle paraît tout de même avec le recul la moins riche et la moins brillante des deux.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Charles Boyer, Irene Dunne
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Voir nos commentaires sur la version de 1957 de Elle et Lui par le même Leo McCarey avec Cary Grant et Deborah Kerr…
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13 mars 2007

Quasimodo (1939) de William Dieterle

Titre original : The Hunchback of Notre Dame

QuasimodoElle :
Grande production hollywoodienne aux nombreux figurants. Le laid Quasimodo et la belle gitane étrangère sont les porte-drapeaux de la tolérance, de l’amour entre les humains quelles que soient leurs origines ou leur physique. Charles Laughton fait une très poignante interprétation et Maureen O’Hara est adorable. Quant à Louis XI, il nous est présenté comme un brave roi généreux alors que j’avais gardé le souvenir d’un roi mesquin et radin.
Note : 4 étoiles

Lui :
Cette brillante adaptation du roman de Victor Hugo Notre Dame de Paris parvient parfaitement à nous bouleverser et nous émouvoir. L’atmosphère du Paris moyenâgeux est ici reconstituée par un jeu sur les lumières, opposant le sombre des ruelles et la clarté de la cathédrale. Les mouvements de foule sont impressionnants, contribuant ainsi à créer un grand spectacle.
Note : 5 étoiles

Acteurs: Charles Laughton, Cedric Hardwicke, Thomas Mitchell, Maureen O’Hara, Edmond O’Brien, Harry Davenport
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Cette version est souvent considérée comme étant la meilleure adaptation de Notre Dame de Paris.
Les adaptations du roman de Victor Hugo :
1905 : La Esmeralda d’Alice Guy et Victorin Jasset (10 minutes)
1911 : Notre-Dame de Paris d’Albert Capellani (36 minutes)
1917 : The Darling of Paris de J. Gordon Edwards (60 min. env., film perdu)
1923 : Notre-Dame de Paris (The Hunchback of Notre Dame) de Wallace Worsley
1939 : Quasimodo (The Hunchback of Notre-Dame) de William Dieterle
1956 : Notre-Dame de Paris de Jean Delannoy
1996 : Le Bossu de Notre-Dame (The Hunchback of Notre Dame) de Walt Disney Company
1999 : Quasimodo d’El Paris de Patrick Timsit (comédie)

10 mars 2007

Les croisades (1935) de Cecil B. DeMille

Titre original : The crusades

Les croisadesElle :
Reconstitution de la 3ème croisade de 1189 vers Jérusalem. Richard Coeur de Lion, Philippe Auguste ainsi que d’autres rois y prennent part pour libérer Jérusalem des sarrasins ou musulmans. La rivalité entre le roi de France et le roi d’Angleterre autour de la future reine d’Angleterre devient l’enjeu de la réussite de la croisade vers la sainte-croix. C’est un film intéressant qui nous permet de revoir cette partie de l’Histoire.
Note : 4 étoiles

Lui :
Somptueux spectacle, cette grande épopée de Cecil B. DeMille n’a que peu vieilli et il est toujours surprenant de voir comment ces films des années 30 supportent si bien la comparaison avec les grandes productions actuelles. La figuration est bien-sûr impressionnante, notamment dans les scènes de départs de croisade et de siège. L’intrigue, un peu romancée, est prenante. Tout est donc réuni pour un grand spectacle teinté d’exotisme.
Note : 5 étoiles

Acteurs: Loretta Young, Henry Wilcoxon
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The CrusadesHenry Wilcoxon, Loretta Young et Ian Keith
photo publicitaire pour The Crusades de Cecil B. DeMille

2 mars 2007

La vie privée d’Henry VIII (1933) d’ Alexander Korda

Titre original : The private life of Henry VIII

The Private Life of Henry VIII. Elle :
Vision étonnante et intéressante de ce roi cruel avide de pouvoir. Les malheurs et les échecs de sa vie privée s’accumulent. Les destinées du royaume étaient entre les mains de personnages dépourvus de scrupules et d’humanité.
Note : 4 étoiles

Lui :
The Private Life of Henry VIII. Ce film historique est tenu à bout de bras par Charles Laughton, qui interprète avec grand brio cet Henry VIII ventripotent envers lequel le film est plutôt indulgent. Cette vision fut très critiquée par les historiens. Malgré les quelques imprécisions de la mise en scène (le film fut d’ailleurs tourné très rapidement), le film se laisse encore regarder avec plaisir.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Charles Laughton, Robert Donat, Merle Oberon
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