La Grande illusion (1937) de Jean Renoir

La grande illusionElle :
Ce grand classique continue de tenir admirablement sa place. Pendant la première guerre mondiale, une amitié profonde se tisse entre des prisonniers aux origines sociales très diverses. Bien que les conditions de détention ne soient pas trop draconiennes, ils ne pensent bien évidemment qu’à s’évader. Et c’est Boeldieu, le bourgeois parisien, qui se sacrifie pour Maréchal issu d’un milieu populaire et son comparse juif. Les apparences sont trompeuses. De même que Renoir montre que, en dehors des lois de la guerre, des hommes tels Von Stroheim ou la jeune femme allemande peuvent éprouver de l’amitié et de l’amour à l’égard de leurs ennemis français. Une belle leçon d’humanisme. Gabin, Fresnay, Dalio, Carette y sont remarquables.
Note : 5 étoiles

Lui :
Même avec le recul des années, ce film paraît toujours aussi complet et même complexe. Par exemple, on comprend que le fond du propos est antimilitariste mais en même temps l’effet d’exaltation de la guerre y est magnifié. De même, on peut y voir un pamphlet contre les différences de classe sociale, mais aussi la force de la notion d’appartenance sociale qui transcende les frontières. Ainsi, le film semble s’attaquer surtout aux visions simplificatrices, réductrices car c’est avant tout une histoire humaine que nous raconte Renoir. Les personnages sont typés, certes, mais très forts. Une histoire qui, en final, nous marque en tant que spectateur.
Note : 5 étoiles

Acteurs: Jean Gabin, Pierre Fresnay, Erich von Stroheim, Julien Carette, Marcel Dalio
Voir la fiche du film et la filmographie de Jean Renoir sur le site imdb.com.

Voir les autres films de Jean Renoir chroniqués sur ce blog…

5 réflexions sur « La Grande illusion (1937) de Jean Renoir »

  1. Ne pas oublier non plus les censures qui se sont accumulées sur ce chef-d’oeuvre (ici, ce mot retrouve tout son sens). Vouloir si longtemps l’interdire au public ou du moins le mutiler : autant de preuves négatives de ses dimensions humanistes.

  2. Je l’ai vu quand j’étais môme,ça ne m’avait pas laissé un souvenir transcendant…faudrait que je le revisionne un de ces quatres,tiens 🙂

  3. Jean Renoir a fait, sans s’en douter, le panégyrique de l’aristocratie, qui n’a pas beaucoup de place dans son oeuvre. Il entrait dans les intentions de Charles Spaak, auteur des dialogues, et du réalisateur, de montrer une image un peu caricaturale de la noblesse. Certains dialogues avaient d’ailleurs été écrits en ce sens et Renoir avait demandé à ses interprètes de « charger » leurs rôles. Pierre Fresnay et Erich Von Stroheim l’ont piégé par leur conception aristocratique et leurs personnages retrouvaient leur véritable identité, malgré Jean Renoir et peut être même contre lui !
    Pierre Fresnay n’était que le 3ème choix de Renoir pour le rôle de Boieldieu qui avait été proposé à Louis Jouvet et à Pierre Renoir, le frère du réalisateur. Aucun des deux n’étant libre, le rôle échut à Pierre Fresnay, et on serait tenté de dire « heureusement », car il n’est pas certain que les deux autres comédiens eussent porté aussi haut le sens véritable de ce film.

  4. Un chef d’oeuvre du cinema francais. Un chef d’oeuvre du cinema…
    Mais qui necessite et merite certaines connaissances historiques et culturelles pour etre pleinement apprecie!
    Mon prof d’histoire au college nous en parlait (« Ah vous etes officier? Mais venez donc diner avec nous… »).
    Et puis ce titre qui resume si parfaitement la guerre…

  5. Prix National Board of Review 1938 Meilleur Film Etranger Jean RENOIR
    Prix New York Film Critics Circle 1939 Meilleur Film Etranger Jean RENOIR
    Mostra Venise 1937 Meilleure Contribution Artistique Jean RENOIR

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