Après le décès du grand-père, les parents de Jake déménagent de Manhattan dans sa maison à Brooklyn. Le rez-de-chaussée est occupé par la boutique de Leonor, une couturière latino-américaine qui a un fils, Tony. Les deux garçons deviennent vite inséparables…
Ira Sachs est un réalisateur discret de la scène indépendante new-yorkaise. Cette petite chronique familiale s’articule autour d’une situation délicate à gérer laissée par un parent défunt. Elle est vue en partie par les yeux des enfants mais pas seulement, car la question de la parenté est l’un des thèmes majeurs du récit. Ira Sachs ne cherche pas à apporter une solution parfaite : « Les parents se retrouvent parfois dans des circonstances où il est difficile de rester fidèle aux valeurs que l’on souhaite inculquer à ses enfants. » La mise en scène est remarquable ; le cinéaste définit ses personnages avec une grande délicatesse, il a de la tendresse pour tous ses personnages. Le film est empreint d’une grande douceur. Elle: Lui :
Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 4,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Un jeune et impulsif truand en cavale se réfugie chez un ancien du milieu, aujourd’hui rangé et à la tête d’un haras. Un malentendu va les opposer dans une lutte à mort…
Sur un scénario d’Alain Corneau et Michel Grisolia, Le Choix des armes est un film sur l’affrontement entre deux générations de gangsters : l’ancien (Montand) montre une grande maitrise de soi alors que le plus jeune (Depardieu) est dans une violence incontrôlée et brute. A cette opposition des deux truands répond celle des deux policiers qui les traquent, un jeune impétueux (Lanvin) et un ancien plus réfléchi (Galabru, ici dans un des ses rares rôles purement dramatiques). Sur toute cette histoire vient planer la fatalité, un engrenage dont les deux truands ne pourront s’échapper. La mise en scène d’Alain Corneau est précise et nerveuse. L’interprétation est hors-pair avec un trio d’acteurs principaux qui ont une forte présence à l’écran. Même si l’histoire peut ne pas passionner, le traitement d’Alain Corneau rend le film assez remarquable. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
A La Ciotat, Antoine a accepté de suivre un atelier d’écriture animé par Olivia, une romancière connue, où un petit groupe de jeunes en insertion doit écrire un roman lié à leur ville. L’écriture fait resurgir le passé ouvrier de la ville, son chantier naval fermé depuis 25 ans, toute une nostalgie qui n’intéresse pas Antoine…
Dans la lignée de son film Entre les murs, Laurent Cantet dresse un nouveau portrait d’une génération désorientée avec L’Atelier. Le groupe est assez hétéroclite mais finalement assez attachant. Le récit se concentre principalement sur l’un d’entre eux qui se révèle être le plus égaré, attiré par la violence comme exutoire, perméable aux idées les plus extrémistes. Le propos est assez pessimiste sur le fossé entre une certaine jeunesse et un monde intellectualisé symbolisé par la romancière. Tout l’art de Laurent Cantet est de nous parler de cela sans grande démonstration, il montre sans porter de jugement. Marina Foïs a un jeu très naturel qui permet à son personnage de sembler se fondre dans le groupe. Issu d’un « casting sauvage », le jeune Matthieu Lucci est très étonnant, montrant une grande présence à l’écran. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Le jeune Jim Stark est arrêté pour ivresse au beau milieu de la nuit. Au policier psychologue pour adolescents qui l’interroge, il se désole du manque d’autorité de son père… Des trois grands films de James Dean, La fureur de vivre est le plus emblématique, celui qui a, plus que les autres, créé le mythe attaché à l’acteur. En ce milieu des florissantes années cinquante, toute une jeunesse en butte à des parents incapables de les comprendre s’est identifiée à ce personnage de « rebelle sans cause ». On peut même dire que cette identification a continué de fonctionner sur plusieurs générations, de façon plus ou moins diffuse. Ce qui est étonnant, c’est qu’en réalité Jim Stark ne rejette pas vraiment l’image du père, il la cherche plutôt : il reproche au sien le manque d’autorité, son incapacité à lui dire comment il se doit se comporter pour être « un homme ». La petite bande de durs qui attire ces jeunes en manque de repères a, quant à elle, franchi nettement la ligne de la délinquance. Le propos semble donc plus s’adresser aux parents qu’aux enfants, leur intimant d’être présents et de se comporter comme des parents. Si le film est devenu emblématique d’une génération mal comprise, ce n’est donc pas tant par le fond du propos mais par l’angle de vue adopté par Nicholas Ray : de façon très inhabituelle pour l’époque, il adopte en effet le point de vue des jeunes et les parents sont sur le banc des accusés. Le lyrisme de Nicolas Ray donne une indéniable force au film, même si la théâtralité peut paraître excessive. Le clou est bien entendu la scène ultra célèbre de la course de voitures sur la falaise, face au vide. La photographie est assez belle avec une utilisation de la lumière qui évoque par moments l’expressionnisme et une belle utilisation de la couleur (superbe idée du blouson rouge). Le jeu des trois acteurs principaux est très juste : contrairement à ses autres films, le jeu de James Dean ne paraît excessif à aucun moment. La fureur de vivre continue de bénéficier d’une très forte aura. Ce n’est pas le meilleur film de Nicholas Ray mais c’est en tous cas (et de loin, hélas pour ses autres films) son plus grand succès populaire. Elle: – Lui :
Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 4,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Remarques :
* Dennis Hopper, âgé alors de 19 ans à peine, tient le rôle de Goon (à noter que William Hopper, qui tient le rôle du père de Natalie Wood, n’a aucun lien de parenté avec lui).
* Sal Mineo, qui interprète Platon, est âgé de 16 ans au moment du tournage, Natalie Wood 17ans alors que James Dean a déjà 24 ans. Le film est sorti un mois après sa mort.
* La scène d’ouverture, pendant le générique, (James Dean au sol jouant avec le petit singe mécanique) n’était pas écrite. Elle a été improvisée par James Dean.
* Le scénario prévoyait une première scène où l’on voyait un père de famille se faire agresser par une bande de mauvais garçons. Pendant l’agression, il laissait tomber ses paquets de Noël dont un petit singe mécanique. Jugée trop violente par les studios, la scène fut coupée.
* Dans le plan final, l’homme qui marche vers l’entrée du planétarium est Nicholas Ray.
Suite à l’assassinat de son fils dans le quartier de Shinjuku à Tokyo, un homme va rechercher ses meurtriers, autant pour comprendre pourquoi il est mort que pour se venger. On lui dit qu’il aurait été tué par un certain Shinjuku Mad…
Koji Wakamatsu, cinéaste underground des années soixante et soixante-dix, met ici en relief l’opposition entre deux générations. Il le fait sans se priver d’une certaine exagération : les points de références du père sont vraiment très anciennes (la Révolution Meiji, la milice d’Edo) et la jeune génération est totalement amorphe et hallucinée, entre drogue et amour libre. Mais cette exagération permet de mieux montrer la grandeur du fossé qui les sépare et l’incompréhension qui en découle. La jeune bande de Shinjuku Mad aspire fortement (et même violemment) à quelque chose de différent, sans vraiment savoir quoi, sorte de révolutionnaires convulsifs sans idéal. Il est assez surprenant, connaissant les sympathies de Wakamatsu et de son scénariste (1), de voir que c’est le père, travailleur patient, qui est le plus respecté dans cette histoire. Comme souvent, le cinéaste place une séquence en couleurs, passablement sanguinolente, au début du film et l’on peut craindre alors que le registre soit un peu trop gore mais ce n’est pas le cas par la suite. Excellente bande sonore. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)