5 février 2006

« 1900 » (1976) de Bernardo Bertolucci

1900 Elle :
Foisonnante fresque historique sur le monde paysan italien entre 1900 et 1945. Cinq heures trente de film à savourer pour son écriture osée et novatrice, pour cette peinture crue et cruelle d’une famille de grands propriétaires terriens qui exploitent sa main d’oeuvre. Bertolucci prend parti sur le plan politique et montre le démantèlement progressif de ce monde. Les révoltes grondent, le communisme et le fascisme montent parallèlement. C’est Depardieu et De Niro qui incarnent respectivement l’exploité et l’exploiteur. La première partie célèbre la nature, la sensualité du monde paysan et la deuxième partie évoque les souffrances, les exactions des uns et des autres. Avec le recul, on comprend 30 ans après sa sortie que le film ait pu choquer par son ton provocateur, ses scènes osées ou insoutenables et les thèmes politiques soulevés. Maintenant, c’est revivifiant.
Note : 5 étoiles

Lui :
Cette énorme (5h30) fresque de Bertolucci est très riche, puisqu’elle nous fait traverser un demi-siècle de l’histoire de l’Italie en suivant deux personnages de conditions sociales opposées. Les tableaux que nous dresse le réalisateur sont étonnants de puissance et de vérité. Seule la fin est de niveau inférieur, Bertolucci se laissant aller et il frise le ridicule avec une dernière demi-heure qui ressemble à un film de propagande russe de l’époque stalinienne. Autre défaut, inhérent à ces grandes productions multinationales des années 70, tous les acteurs sont doublés, aucun ne parle sa langue. Un film tout de même très intéressant et même assez passionnant.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Robert De Niro, Gérard Depardieu, Dominique Sanda
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29 janvier 2006

Le cinéma de Papa (1970) de Claude Berri

Le Cinéma de Papa Elle :
Claude Berri rend hommage à son père incarné par l’excellent Yves Robert et nous livre un film drôle, émouvant, nostalgique d’une époque perdue. Ce récit autobiographique retrace le parcours chaotique de Claude Berri qui ne voulait pas finir fourreur comme son père mais rêvait de cinéma et de scénarios. La rudesse de son père qui n’avait pu faire d’études se transforme en réelle complicité avec son fils au cours des années. Un grand moment d’émotion.
Note : 5 étoiles

Lui :
Ce récit autobiographique de Claude Berri fait beaucoup penser à la série des Doisnel de Truffaut. C’est un peu le même ton, et son histoire est tout aussi pittoresque et le réalisateur ne laisse aucun doute sur son personnage puisque c’est lui-même qui l’interprète. Berri montre là une bonne maîtrise du déroulement du scénario et mélange assez habilement réalité et imagination. Très amusant…
Note : 4 étoiles

Acteurs: Yves Robert, Hénia Ziv, Claude Berri
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22 janvier 2006

Nos plus belles années (1973) de Sydney Pollack

Titre original : « The way we were »

Nos plus belles années Elle :
Tous les ingrédients sont là pour faire un film romantique mièvre : Robert Redford en beau gosse et Barbara Streisand en militante politique prude qui tombent amoureux et se séparent. On s’ennuie effectivement dans la première partie car c’est très académique. Seul le charme du beau Redford nous retient. Puis, peu à peu, on se laisse gagner par une certaine nostalgie des amours passés avec ses heures délicieuses, ses ruptures, ses doutes et incompréhensions. Les deux amants deviennent émouvants de par leur fragilité et leur sensibilité. Ils s’attirent irrésistiblement mais ne parviennent pas à surmonter leurs difficultés. On a la larme à l’œil.
Note : 3 étoiles

Lui :
Un peu trop convenue et prévisible, cette histoire de gentille amourette entre Robert Redford et Barbara Streisand avait bien du mal à me tenir éveillé. (Abandon)
Note : pas d'étoiles

Acteurs: Barbra Streisand, Robert Redford
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10 janvier 2006

The king of Marvin Gardens (1972) de Bob Rafelson

The King of Marvin Gardens Elle :
Atlantic City, une station balnéaire toc et déserte, deux femmes névrosées accompagnées de deux frères tout autant « à côté de leurs pompes ». Leur seul objectif  dans la vie est un mauvais plan insensé : acquérir une île à Hawaï par des moyens douteux. Le décor est planté. L’atmosphère est sinistre et les personnages hystériques. Le rêve américain consacré à la puissance de l’argent s’effondre. C’est le néant et ces quatre losers tournent en rond. Les intentions du réalisateur sont louables mais il faut toute de même s’accrocher pour aller jusqu’au bout. Un film assez déprimant.
Note : 2 étoiles

Lui :
Pour son troisième film, Bob Rafelson jette à nouveau un regard sur l’Amérique comme il l’avait fait dans 5 pièces faciles (Five easy pieces). Il nous en dresse un portrait sans illusion, terriblement pessimiste, une vision qui s’inscrivait à l’époque, en 1971, entièrement en contrepoint de la contre culture. Ici, le capitalisme a pratiquement décérébré les personnages principaux qui semblent ne vivre que pour un projet grotesque, en l’occurence créer une sorte de Las Vegas sur une île du Pacifique. Tels des drogués, ils semblent avoir perdu toute notion, ne reconnaissant que leurs chimères liées aux dollars qu’ils ne verront jamais. Un portrait assez dur mais assez visionnaire tout de même.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Jack Nicholson, Bruce Dern, Ellen Burstyn
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22 décembre 2005

Ainsi va l’amour (1971) de John Cassavetes

Titre original : « Minnie and Moskowitz »

Ainsi va l'amour Elle :
Gena Rowlands incarne une sublime jeune femme mal dans sa peau qui ne parvient pas à donner un sens à sa vie malgré son milieu aisé. Les hommes qu’elle rencontre sont tout aussi dépressifs. John Cassavetes, maître dans l’art de décrire les couples en crise, nous fait partager les doutes de cette écorchée vive qui finit par rencontrer un homme issu d’un milieu populaire et tout aussi perturbé qu’elle. La note finale est optimiste puisque l’amour finit par triompher du néant de la vie. Le film est assez intéressant bien qu’un peu long. On passe du chaud au froid tout comme l’humeur changeante de ces personnages et Gena Rowlands irradie l’écran.
Note : 3 étoiles

Lui :
Ainsi va l’amour est un film que j’ai trouvé assez difficile à regarder, difficile de voir comment ces deux personnages ont tant de mal à mettre de l’ordre dans leurs sentiments, dans leurs rapports, tant de mal à ne pas saborder leur vie. Cassavetes filme très près de ses personnages ce qui augmente le malaise du spectateur. Très belle prestation de Gena Rowlands.
Note : 2 étoiles

Acteurs: Gena Rowlands, Seymour Cassel
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22 décembre 2005

La dentellière (1977) de Claude Goretta

La Dentellière Elle :
Ce film délicat et émouvant, que j’avais déjà beaucoup aimé au moment de sa sortie en 1977, est adapté d’un roman de Pascal Lainé. Quel plaisir de se replonger dans ces années soixante-dix à travers Pomme, une jeune coiffeuse simple qui rencontre un intellectuel imbu de lui-même. C’est par petites touches, par les regards, les attitudes et les silences que Claude Goretta met en place le personnage de la jeune femme interprétée par Isabelle Huppert. Le jeune homme passe à côté de cet amour à cause de ce fossé culturel entre eux. Pomme finit en hôpital psychiatrique sans se rebeller. L’étudiant prisonnier de son milieu social n’a pas su capter les talents cachés de la fille. Isabelle Huppert porte le film brillamment.
Note : 5 étoiles

Lui :
La dentellière est un film assez délicat, sur une certaine forme de rejet, d’incommunicabilité : une jeune fille se fait rejeter par un jeune homme, pseudo intellectuel, enfermé dans les schémas de son milieu familial et universitaire. Très fragile, elle en deviendra folle. Après trente ans, le film a perdu un peu de sa dimension « reflet de la société » mais il reste cette idylle délicate et finalement impossible. Isabelle Huppert est merveilleuse dans ce rôle de dentellière très effacée. On peut regretter toutefois une certaine lenteur.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Isabelle Huppert, Yves Beneyton
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La Dentellière

7 octobre 2005

La femme en bleu (1973) de Michel Deville

La femme en bleuElle :
Le prétexte de cette fantaisie déambulatoire dans le Paris de 1973 est la quête d’une femme en bleu rêvée par un compositeur interprété par Michel Piccoli. Celui-ci nous entraîne au hasard des rues dans une promenade avec sa compagne (Léa Massari) qui elle aussi s’est mis à la recherche de cette créature. Michelle Deville parsème ce cheminement de détails amusants tels le panier à salade du car de police ou l’accident de landaus et veut nous dire que le rêve n’égale pas la réalité. La pauvre Léa Massari qui pourtant est la femme parfaite est assez malmenée par Piccoli qui reste obsédé par son apparition. La deuxième partie du film qui se passe à la campagne est bien moins intéressante. Les hésitations perpétuelles de Piccoli finissent par être lassantes. Il aurait fallu d’autres ressorts au scénario pour relancer l’intérêt.
Note : 3 étoiles

Lui :
Si La femme en bleu démarre assez joliment et parvient à nous plonger dans cette ambiance parisienne des années 70, il s’essouffle ensuite assez nettement, principalement du fait d’un scénario réduit à une réflexion pseudo philosophique qui, avec le recul, paraît assez dérisoire et maladroite. Michel Deville s’amuse avec les à-côtés, beaucoup de petits clins d’oeil amusants, des petits saynètes à côté des personnages, ou même avec le film lui-même comme cet emboîtage de six ou sept flashbacks l’un dans l’autre. On s’ennuie beaucoup dans la seconde partie.
Note : 2 étoiles

Acteurs: Michel Piccoli, Lea Massari, Michel Aumont
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27 septembre 2005

Le retour de la Panthère Rose (1975) de Blake Edwards

Titre original : « The return of the Pink Panther »

Le retour de la panthère rose
Lui :
Pour ce retour, le personnage de l’inspecteur Clouseau est mieux mis en place, gaffeur, maladroit et terriblement chanceux. C’est son interaction avec les objets qui donne les scènes les plus réussies, comme par exemple celle où il passe l’aspirateur, ou cette autre où il veut répondre au téléphone dans sa baignoire… Ces scènes sont un vrai délice. Toutes les scènes annexes (où il ne figure pas en fait) ne présentent hélas que peu d’intérêt et le fond du scénario est inexistant, mais au final, Le retour de la Panthère Rose est tout de même assez réussi.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Peter Sellers, Christopher Plummer, Catherine Schell, Herbert Lom
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La série de La Panthère Rose, films réalisés par Blake Edwards :
La Panthère Rose  (1963) The Pink Panther
Quand l’inspecteur s’emmêle (1964) A shot in the dark
Le Retour de la Panthère Rose (1975) Return of the Pink Panther
Quand la Panthère Rose s’en mêle (1976) Pink Panther strikes again
La malédiction de la Panthère Rose (1978) Revenge of the Pink Panther
auxquels on peut ajouter les 3 films suivants sans Peter Sellers :
A la recherche de la Panthère Rose (1982) Trail of the Pink Panther
L’héritier de la Panthère Rose (1983) Curse of the Pink Panther
Le fils de la Panthère Rose (1993) Son of the Pink Panther avec Roberto Benigni

27 septembre 2005

Quand la Panthère Rose s’en mêle (1976) de Blake Edwards

Titre original : « The Pink Panther strikes again »

Quand la panthère rose s\'en mêleLui :
C’est le quatrième film de la série La Panthère Rose et c’est sans doute le plus réussi, celui où Blake Edwards se laisse le plus aller. Le film démarre plutôt doucement comme à l’habitude, mais les évènements s’enchaînent ensuite assez vite, avec des situations comiques assez délirantes, pour finir en une véritable apothéose.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Peter Sellers, Herbert Lom, Lesley-Anne Down, Burt Kwouk
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La série de La Panthère Rose, films réalisés par Blake Edwards :
La Panthère Rose  (1963) The Pink Panther
Quand l’inspecteur s’emmêle (1964) A shot in the dark
Le Retour de la Panthère Rose (1975) Return of the Pink Panther
Quand la Panthère Rose s’en mêle (1976) Pink Panther strikes again
La malédiction de la Panthère Rose (1978) Revenge of the Pink Panther
auxquels on peut ajouter les 3 films suivants sans Peter Sellers :
A la recherche de la Panthère Rose (1982) Trail of the Pink Panther
L’héritier de la Panthère Rose (1983) Curse of the Pink Panther
Le fils de la Panthère Rose (1993) Son of the Pink Panther avec Roberto Benigni

7 septembre 2005

Picnic at Hanging Rock (1975) de Peter Weir

Pique-nique à Hanging RockElle :
De bonnes choses dans ce deuxième film du cinéaste australien Peter Weir malgré certaines longueurs. Le scénario est original et la mise en scène étrange est assez envoûtante malgré les images à la David Hamilton. En 1905, trois disparitions inexpliquées lors d’un pique-nique de jeunes filles de bonne famille à Hanging Rock, un lieu insolite et mystérieux. Peter Weir se soucie peu de la résolution de ces disparitions. Ce qui l’intéresse, c’est de montrer l’emprise de l’éducation puritaine et rigide sur les corps corsetés de ces pensionnaires. Cette promenade au milieu de ces rochers bizarres est un hyme à la liberté du corps et de l’esprit. C’est l’éveil de leur sensualité sans cesse réprimée par les bonnes moeurs.
Note : 3 étoiles

Lui :
Ce second film de Peter Weir ne manque pas de charme, et cette histoire qu’il a choisie de relater est assez étrange en soi, mais globalement le film souffre de longueurs, et l’on s’y ennuie quelque peu. Il reste ce petit côté charmant « années 70 », des jeunes filles en robe blanches filmées avec un voile blanc à la David Hamilton, et une assez bonne peinture des moeurs coincées de la société britannique australienne du début du siècle, au travers de l’amitié entre un garçon de bonne famille et son valet d’écurie.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Rachel Roberts, Vivean Gray
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