17 mars 2009

Faussaire (2006) de Lasse Hallström

Titre original : « The hoax »

FaussaireElle :
(pas vu)

Lui :
Faussaire nous raconte la véridique histoire de Clifford Irving, faussaire étonnant qui parvint à tromper le monde entier au début des années 70 avec une fausse autobiographie du milliardaire Howard Hughes. Le film de Lasse Hallström nous détaille méthodiquement comment il a monté et alimenté son mensonge, comment il est parvenu à se tirer de situations périlleuses. Le film joue habilement avec les moments de tension, de suspense mais aussi d’humour. Richard Gere est assez étonnant dans ce rôle un peu inhabituel pour lui, particulièrement crédible. Faussaire a toutefois le défaut d’être un peu formaté, notamment dans le montage, ce qui banalise le sujet. Le véritable Clifford Irving a déclaré que le film avait déformé la réalité. Le film est basé sur son propre livre « The Hoax » (1981). Au final, Faussaire est plaisant mais il vaut plus par son sujet que par lui-même : cette histoire est assez stupéfiante. 
Note : 3 étoiles

Acteurs: Richard Gere, Alfred Molina, Marcia Gay Harden, Stanley Tucci
Voir la fiche du film et la filmographie de Lasse Hallström sur le site IMDB.
Voir les autres films de Lasse Hallström chroniqués sur ce blog…

Voir le site internet de Clifford Irving.

Remarques :
* Retiré de la vente, le livre a fini par ressortir en 1999 puis en 2008 en Angleterre.
* Le film d’Orson Welles Vérités et Mensonges (F for Fake, 1974) parlait déjà de cette fraude. Il contient des documents filmés au moment où cette affaire a éclaté.

14 mars 2009

Ecrit sur du vent (1956) de Douglas Sirk

Titre original : « Written on the wind »

Ecrit sur du VentElle :
Un bon film, sans doute pas totalement marquant, construit sur un scénario assez classique et plutôt manichéiste. Un magnat du pétrole a pour malheur d’avoir des enfants oisifs et dépravés qui se détruisent mutuellement. Le fils alcoolique ne parvient pas à sortir de son mal être malgré la bonne volonté de sa charmante épouse et l’aide de son meilleur ami. La sœur déteste son frère, elle instille son fiel pour mieux le détruire. Le film vaut surtout par sa belle mise en scène hallucinée et baroque. Ambiances tumultueuses avec dérapages de voitures décapotables colorées dans le gris des champs de pétrole, des cris, le drame de la jalousie, des pleurs, une musique échevelée, des couleurs rougeoyantes dans les vêtements et les décors pour révèler le démon et la perversité qui rongent ces enfants de riche.
Note : 3 étoiles

Lui :
Le fils instable d’un riche magnat du pétrole texan et son ami d’enfance tombent amoureux de la même femme. C’est le point de départ d’Ecrit sur du Vent, grand mélodrame de Douglas Sirk qui se spécialisera dans le genre au cours de la décennie des années 50. Ce milieu richissime lui permet de mettre en relief des comportements exacerbés à l’extrême par la jalousie et le sentiment d’échec ; il oppose nettement, sans doute un peu trop, l’instabilité des enfants du riche magnat au sang-froid presque placide de l’ami d’enfance, plus modeste, et de la femme aimante et bienveillante. La mise en scène est à la dimension du drame qui se joue, très bien maîtrisée par Sirk ; elle ajoute une forte intensité à l’ensemble. Ecrit sur du Vent repose aussi sur une belle prestation d’un quatuor d’acteurs. Lauren Bacall est parfaite, un peu en retrait toutefois, Rock Hudson (que l’on a l’habitude de voir « plomber » les films où il joue) est ici, pour une fois, plutôt convaincant, mais ce sont surtout les deux rôles d’êtres exacerbés (Dorothy Malone et Robert Stack) qui sont bien entendu les plus spectaculaires à l’écran. Ecrit sur du Vent a sans doute un peu vieilli comme bon nombre de ces grands mélodrames des années 50, mais son intensité lui permet de conserver une bonne partie de sa vigueur émotionnelle.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Robert Stack, Lauren Bacall, Rock Hudson, Dorothy Malone
Voir la fiche du film et la filmographie de Douglas Sirk sur le site IMDB.

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13 mars 2009

La horde sauvage (1969) de Sam Peckinpah

Titre original : « The wild bunch »

La Horde sauvageElle :
(pas vu)

Lui :
Une petite bande de desperados décide de faire un dernier gros coup afin de pouvoir raccrocher leurs armes. Ils sont poursuivis jusqu’au Mexique alors en pleine révolution. La Horde Sauvage de l’américain Sam Peckinpah peut être vu comme la réponse d’Hollywood aux westerns italiens de Sergio Leone. Plus que tout autre, il marque la fin de la grande tradition du western. Nous sommes ici loin des idéaux à la John Ford, seule la violence est conservée, amplifiée, magnifiée. Le film débute et finit par une tuerie, le mot est faible, il serait plus juste de parler de boucherie. Peckinpah est le premier à esthétiser la violence avec une large utilisation de ralentis pour mieux voir les hommes tomber ou les jets de sangs qui jaillissent des corps. Les morts se comptent par centaines (1). Pourtant, une scène d’action se déroule (presque) sans morts : l’attaque du train est à mes yeux le meilleur moment du film (2). L’histoire met en relief la fuite des idéaux. Le propos de La Horde Sauvage est très désabusé, montrant que le bon côté de la Loi est aussi peu reluisant que le mauvais. Les amateurs du film, et ils sont très nombreux (3), parlent parfois de « western crépusculaire »… S’il met en scène la fin d’une époque, celle du grand Ouest, La Horde Sauvage marque aussi la fin d’un genre cinématographique, le western, et le début d’une certaine esthétisation de la violence qui, elle, perdure encore et toujours. 
Note : 2 étoiles

Acteurs: William Holden, Ernest Borgnine, Robert Ryan, Edmond O’Brien, Warren Oates,Ben Johnson
Voir la fiche du film et la filmographie de Sam Peckinpah sur le site IMDB.
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(1) 90 000 cartouches furent utilisées sur le tournage de La Horde Sauvage. Ce serait plus que durant *toute* la révolution mexicaine de 1914 (anecdote lue sur IMDB).
(2) La scène de l’attaque du train n’était pas dans le scénario. Elle fut improvisée.
(3) Le film fut classé parmi les 100 plus grands films de tous les temps par l’American Film Institute en 2007.

10 mars 2009

Into the wild (2007) de Sean Penn

Into the WildElle :
Par ces temps de consumérisme forcené, d’individualisme et de matérialisme destructeurs, cette quête initiatique est plutôt bienvenue ; elle permet de se pencher  sur ce qui fait réellement l’essence la vie. Ce jeune homme issu d’un milieu bourgeois fuit les problèmes d’entente de ses parents et le destin tout tracé qu’on lui réserve. Il se transforme en routard idéaliste qui pense trouver les réponses à son mal être par un brutal retour aux sources en pleine nature, dans les régions désolées d’Amérique et en Alaska. La première partie du film semble un peu gentillette et naïve et on craint que le film ne se noie dans ses bonnes intentions. Puis, peu à peu, cette quête se met en place par chapitres avec des allers et retours dans le temps qui montrent la transformation intérieure de cet homme en errance. Le personnage de Chris prend de la richesse et de la profondeur grâce à des rencontres humaines fortes qui le font évoluer. Les paysages sont superbes et l’ambiance hallucinée du personnage de Chris est bien restituée.
Note : 4 étoiles

Lui :
Après avoir brillamment obtenu son diplôme universitaire, le jeune Chris quitte sa famille pour vivre une exploration solitaire des régions les plus désertiques de l’Amérique. Pour Sean Penn, Into the Wild est un projet qui lui tenait particulièrement à cœur et qu’il mit plusieurs années à concrétiser. Basé sur une histoire vraie, le film montre une belle personnalité et se distingue par la richesse de son contenu : portraits assez émouvants de personnes rencontrées, une somptueuse photographie (signée par le Français Eric Gautier) mettant superbement en valeur les grands espaces, un excellente utilisation de la musique et surtout une certaine réflexion sur la quête de sagesse, réflexion d’abord simple mais qui gagne en profondeur au fur et à mesure que le film avance. Into the Wild est un film très abouti et il est réconfortant de voir qu’un tel film légèrement en marge de la production hollywoodienne classique ait remporté un franc succès auprès du public. Il le mérite car c’est un très beau film.
Note : 5 étoiles

Acteurs: Emile Hirsch, Marcia Gay Harden, William Hurt, Jena Malone, Catherine Keener, Vince Vaughn
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8 mars 2009

La couleur de l’argent (1986) de Martin Scorsese

Titre original : « The color of money »

La Couleur de l'argentElle :
Je n’ai vraiment pas réussi à m’intéresser à cette histoire de joueur de billard. (Abandon)
Note : Pas d’étoile

Lui :
Plus qu’une suite, La Couleur de l’Argent s’inscrit dans la continuité du beau film de Rossen L’Arnaqueur. Nous retrouvons donc Paul Newman dans son personnage de joueur de billard 25 ans plus tard. Il prend un jeune joueur sous son aile pour qu’il ressemble à ce qu’il a été. Le scénario est en fait assez réduit et simple. Scorcese, comme son jeune personnage, s’intéresse plus au billard que tout autre chose et il manie la caméra avec panache et maestria. Certains plans sont époustouflants et le montage des scènes de billard est très vif, parfois étourdissant. Paul Newman traverse le film avec flegme et classe, tranchant ainsi avec les endroits un peu miteux où se déroule l’histoire. Il ne manque à La couleur de l’Argent qu’un scénario intéressant, sur ce point il pâtît plutôt de la comparaison avec son prédécesseur.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Paul Newman, Tom Cruise, Mary Elizabeth Mastrantonio
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8 mars 2009

Cars (2006) de John Lasseter

Cars - Quatre rouesElle :
(pas vu)

Lui :
Cars démarre plutôt mal, paraissant franchement trop enfantin, et je dois avouer avoir failli abandonner. Mais j’ai bien fait de rester car le film prend un vrai tournant quand le petit bolide arrive dans la bourgade de Radiator Springs. Globalement le fond de l’histoire est assez classique, le petit jeune plein d’arrogance qui va découvrir les vraies valeurs de la vie auprès de gens simples, mais ce qui est remarquable dans ce film d’animation, c’est toute l’humanité que ses créateurs ont réussi à mettre dans leurs personnages-automobiles. Tous les grands sentiments y passent… Bien entendu, tout ceci reste dans le sagement conventionnel, nous sommes en terrain balisé, mais c’est très bien fait et nous fait même verser une petite larme d’émotion. Excellente musique de Randy Newman.
Note : 3 étoiles

Acteurs: (voix) Owen Wilson, Paul Newman, Bonnie Hunt
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3 mars 2009

Y a-t-il un pilote dans l’avion? (1980) de Jim Abrahams, David Zucker et Jerry Zucker

Titre original : « Airplane! »

Y a-t-il un pilote dans l'avion?Elle :
(pas vu)

Lui :
Ce qui est remarquable à propos de Y a-t-il un pilote dans l’avion?, c’est qu’un petit trio d’auteurs sans expérience de réalisation ait réussi à obtenir un bon budget pour tourner une comédie loufoque sans aucune tête d’affiche. Il s’agit d’une satire des films-catastrophe qui ont fleuri dans les années 70 et les auteurs s’en sont donnés à cœur joie. Les gags fusent dans tous les sens, toujours très courts, l’un poussant l’autre ; quand ce ne sont pas des jeux de mots, ce sont des gags visuels, tout est source de dérision, poussé jusqu’à la caricature. Le rythme permet d’éviter toute lourdeur. Les références filmiques sont nombreuses depuis des classiques comme Tant qu’il y aura des hommes jusqu’aux films-catastrophe, bien entendu. Comme on le sait, le film fut un énorme succès. Y a-t-il un pilote dans l’avion? n’est toutefois pas un film à mépriser car ce genre totalement débridé est assez rare, surtout à Hollywood. Le film eut une suite, moins réussie, la machine commerciale ayant repris les choses en main.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Julie Hagerty, Robert Hays, Leslie Nielsen, Lloyd Bridges, Peter Graves, Robert Stack
Voir la fiche du film et les filmographies de Jim Abrahams, David Zucker & Jerry Zucker sur le site imdb.com.

Voir les commentaires sur la suite : Y a t-il enfin un pilote dans l’avion?

28 février 2009

L’Affaire Cicéron (1952) de Joseph L. Mankiewicz

Titre original : « 5 fingers »

L'Affaire CicéronElle :
(pas vu)

Lui :
L’affaire Cicéron est basé sur des faits réels qui se sont réellement déroulés et qui n’ont jamais été entièrement élucidés. Début 1944, à Ankara, un brillant espion vend des copies de nombreux documents secrets britanniques aux allemands qui peinent à croire à leur authenticité tant ils sont importants. Mankiewicz a adapté cette histoire avec beaucoup de soin pour en faire un film particulièrement prenant, avec beaucoup de style. La peinture qu’il fait des personnages est assez étonnante : il y a d’abord cette fascination pour son personnage principal qu’il rend extrêmement civilisé, brillant, sûr de lui, juste à la limite de l’arrogance, mû par un désir de revanche sociale qui provoque en lui cet appât du gain. Ce personnage, complexe et séduisant, est magnifiquement personnifié par le jeu de James Mason dont la prestance trouve ici l’un de ses plus beaux écrins. Ensuite, on peut que remarquer que les personnages secondaires ne sont aucunement traités avec manichéisme : allemand ou anglais, personne n’est montré sous un mauvais jour, tout le monde nage en eaux troubles car la tromperie peut être partout. L’affaire Cicéron est parfaitement rythmé et Mankiewicz fait preuve d’une grande maîtrise dans le déroulement du scénario pour signer l’un des plus grands films d’espionnage.
Note : 5 étoiles

Acteurs: James Mason, Danielle Darrieux, Michael Rennie,  Oskar Karlweis, John Wengraf
Voir la fiche du film et la filmographie de Joseph L. Mankiewicz sur le site IMDB.
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Remarque :
Dans la réalité, le nom de cet espion était Elyesa Bazna ; il était bien domestique auprès de l’ambassadeur d’Angleterre à Ankara. En revanche, le personnage de la comtesse est inventé de toutes pièces. D’autre part, il semble que les plans du débarquement n’aient jamais fait partie de ces fuites, contrairement à ce qui a souvent été dit.
En 1950, l’allemand Ludwig Moyzich, l’homme qui assurait le contact avec Cicéron, a publié un livre « Who was Cicéro ? » (L’affaire Cicero). 12 ans plus tard, en 1962, Elyesa Bazna lui a en quelque sorte répondu en publiant « I was Cicero » (Signé Cicéron).

Autre remarque :
Fait suffisamment rare pour être noté, le titre français est plus juste et représentatif que le titre original, imposé par Zanuck à Mankiewicz. Dans l’esprit du producteur, les cinq doigts étaient censés symboliser la cupidité…

27 février 2009

Les carrefours de la ville (1931) de Rouben Mamoulian

Titre original : « City streets »

Les carrefours de la villeElle :
(pas vu)

Lui :
Les carrefours de la ville est le second film de Rouben Mamoulian. Le scénario est signé Dashiell Hammett, alors employé par la Paramount. Une jeune femme est impliquée par son beau-père dans la petite mafia qui contrôle le commerce de la bière ; son amoureux est réticent à s’engager dans la bande. Le film réussit un habile mélange d’une histoire de gangsters avec une intrigue amoureuse. Contrairement aux autres films du début des années 30, Les carrefours de la ville ne montre aucune fascination ni aucune attirance vers le milieu de la pègre qui est montré ici comme étant peu reluisant. Les Carrefours de la ville Le film de Mamoulian montre une certaine inventivité au niveau des angles de caméra et du son : en 1931, nous sommes encore aux tous débuts du parlant et, ainsi, Les carrefours de la Ville est le premier film où une voix-off est utilisée pour exprimer les pensées d’un personnage (dans la scène où Nan est allongée sur son lit en prison après avoir vu le Kid). Le couple formé par Sylvia Sydney et Gary Cooper dégage une grande fraîcheur et même une naïveté qui contraste fortement avec le milieu de petits malfrats dans lequel ils évoluent.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Gary Cooper, Sylvia Sidney, Paul Lukas
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24 février 2009

I’m not there (2007) de Todd Haynes

I'm Not There.Elle :

J’aime beaucoup Dylan mais, malgré sa forme originale, je ne vois pas l’intérêt de ce film en forme de faux documentaire avec un Dylan aux multiples visages d’acteurs très différents qui m’empêche d’y croire et me fait abandonner. J’ai de très loin préféré No Direction Home de Scorcese (abandon).
Note : pas d'étoile

Lui :
I’m not there est une mise en images de la personnalité de Bob Dylan particulièrement riche et originale. Todd Haynes a en effet choisi de prendre 6 acteurs différents pour illustrer très librement 7 facettes différentes du personnage : un jeune baroudeur fan de Woody Guthrie, un chanteur de protest songs engagé, un poète amateur d’Arthur Rimbaud, un chanteur provocateur qui refuse de jouer le rôle de contestataire que l’on lui a assigné, un acteur qui a relations délicates avec sa femme, un prédicateur converti de fraîche date et un cow-boy franc-tireur et solitaire. Le plus étonnant dans le choix des comédiens, c’est que ce sont les deux choix les plus extrêmes qui sont les plus réussis : le jeune Bob Dylan est interprété par un gamin noir de 11 ans (!) vraiment convaincant et surtout Cate Blanchett est absolument stupéfiante en Bob Dylan de Blonde on Blonde (*).  Même si certaines scènes au début du film peuvent le laisser craindre (comme ces fausses interviews de Joan Baez / Julianne Moore), le propos de I’m not there n’est en aucun cas de dresser une biographie de Dylan ; il est bien d’illustrer cet aspect multi-facettes du personnage. Le récit est structuré assez librement avec une multitude de détails pour nous ravir. La musique est bien entendu omniprésente, avec beaucoup de morceaux interprétés par Dylan lui-même ; l’univers d’un  petit nombre de morceaux est même mis en scène, l’un d’entre eux est un véritable petit clip. I’m not there est absolument admirable. Todd Haynes a vraiment su trouver la bonne formule pour retracer toutes les dimensions du personnage, même si c’est là une formule qui peut dérouter. Maintenant, je ne sais pas comment pourra réagir le spectateur qui n’est pas familier de l’univers du chanteur…
Note : 5 étoiles

Acteurs: Cate Blanchett, Ben Whishaw, Charlotte Gainsbourg, Christian Bale, Richard Gere, Marcus Carl Franklin, Heath Ledger, Julianne Moore, Bruce Greenwood
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(*) Personnellement, comme j’avais l’avantage de n’avoir rien lu sur le film avant de le voir, je me suis vraiment laissé prendre : j’ai bien trouvé l’acteur assez androgyne et à plusieurs moments je me suis posé la question mais ce n’est qu’à la toute fin (quand il/elle nous regarde droit dans les yeux) que j’ai eu la certitude qu’il s’agissait d’une femme. La lecture du générique m’a ensuite laissé pantois.