30 décembre 2006

Le secret derrière la porte (1948) de Fritz Lang

Titre original : « Secret beyond the door… »

Le secret derrière la porteElle :
Le film démarre sous les meilleurs auspices avec un mariage apparemment heureux. Puis, peu à peu, les belles apparences s’effritent et révèlent des choses inexpliquées, des secrets non avoués, de noirs desseins et des destins tragiques. Fritz Lang fait monter peu à peu la tension en étudiant au plus près les comportements de ses personnages. Reflétant la montée de l’importance de la psychanalyse dans la société américaine, il dissèque la psychologie du mari déséquilibré. Les clairs obscurs somptueux, la musique angoissante font monter l’intensité dramatique un peu trop parfois. Un bon film mais un peu trop naïf sur les explications du comportement de ce mari.
Note : 3 étoiles

Lui :
Le secret derrière la porte Par son thème et son développement, ce « Secret beyond the door » de Fritz Lang évoque certains films de Hitchcock, surtout Rebecca : une histoire de névrose cachée qui engendre un comportement apparemment irrationnel. Fritz Lang fait monter la tension très progressivement en utilisant toutefois des moyens différents, essentiellement l’image et le son. Dans les décors, il frise le surréalisme, par exemple en donnant à la fameuse porte des dimensions légèrement surévaluées. Il joue beaucoup avec les éclairages, les ombres. L’atmosphère est très noire. Il joue beaucoup avec le son pour créer un sentiment d’étrangeté. Tout cela fonctionne à merveille et la fin du film est particulièrement intense. C’est un film qui est plus remarquable par sa forme.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Joan Bennett, Michael Redgrave, Anne Revere, Barbara O’Neil
Voir la fiche du film et la filmographie de Fritz Lang sur le site imdb.com.

Voir les autres films de Fritz Lang chroniqués sur ce blog…

3 réflexions sur « Le secret derrière la porte (1948) de Fritz Lang »

  1. Je ne suis pas un grand connaisseur de Fritz Lang mais j’ai gardé de ce film le sentiment que Fritz Lang expose sa vision d’une forme de lien social qu’il prête à la société américaine. Comme s’il parlait d’un milieu social composé d’individus très conscient d’être séparé du monde, qui ne cessent de prêter du sens à chacun de leur mouvement, jouent des rôles et font de la réalité un jeu qui puise ses références à une violence physique qui n’y est plus présente mais qui est paradoxalement enviée. Comme si elle évoquait une vie plus directe, moins empêtrée et surtout sans ennui; elle semble, dans le film, presque nécessaire au moi. Alors il faut aller la chercher; ou dans l’espace, à l’étranger, ou dans le temps, dans l’histoire. Pour cette femme, la flamme de la passion s’éveille dans son cœur quand elle voit une scène de violence physique alors qu’elle est touriste en quête d’exotisme. Quand à l’homme il traduit un dilemme psychologique par le hobby morbide de collectionner les scènes historiques de meurtres.
    Je ne sais pas si Fritz Lang voulait, avec ce film, exposer une théorie du lien social dans les espaces protégés de la société américaine (je ne peut pas comparer avec ses films allemands que je n’ai pas vu) mais si c’est le cas, le mariage d’une vision de l’Amérique avec la forme cinématographique et les exigences hollywoodiennes est impressionnante.
    Du coup j’ai gardé de ce film l’impression que la naïveté n’y est pas du tout une innocence du réalisateur mais quelque chose entre le choix artistique et le défi face à une contrainte hollywoodienne: Fritz Lang me semble dire qu’il n’est pas aisé de devenir adulte dans ce monde qui ne cessent de rêver sur une violence lointaine mais clé des passions. Tout en exploitant des idées psychanalytiques, j’ai l’impression qu’il se donne une propos plus ambitieux de décrire, ensemble, les mouvements de l’âme et leur mise en forme par un milieu, en l’occurrence les classes américaines protégées: comme s’il faisait une ethnopsychanalise mais personnelle, très subjective, peu rigoureuse aussi mais on ne demande pas forcément ça à l’art, de l’Amérique.
    J’ai adoré ce film, je trouve que l’actrice est remarquable (elle joue aussi dans « La rue rouge », une variation de « La Chienne » qu’à aussi filmé Renoir) Récemment j’ai découvert deux films assez proche par leur thème, l’époque et le milieu auquel ils font référence: « La vie criminel de Archibald de la Cruz » de Bunuel (1952) et surtout « La maison du docteur Edwardes « de Hitchcock (1945)

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