14 janvier 2009

Sérénade à trois (1933) de Ernst Lubitsch

Titre original : « Design for Living »

Sérénade à troisLui :
Une jeune femme à l’esprit libre rencontre deux artistes un peu bohêmes dans un train. Ils tombent rapidement amoureux les uns et des autres. Refusant de choisir, elle va venir vivre avec eux deux pour jouer le rôle de mentor… Cette situation de départ est, comme on s’en doute, une belle source de situations pour une comédie relevée et Lubitsch y applique son style habituel, ne gardant que l’essentiel sans hésiter à pratiquer d’énormes ellipses dans le récit. Le résultat est une fois de plus plein de rythme avec un humour léger, sans aucune lourdeur malgré le sujet. On peut se demander comment Sérénade à Trois a pu passer la censure de l’époque (1) car il y a tout ce qu’il ne faut pas : ménage à trois, cohabitation avant le mariage, adultère et surtout une approche très libérée et sans entraves morales (tout est implicite cependant, rien n’est montré bien entendu). Le film fut énormément critiqué à l’époque, non pas pour sa liberté de ton, mais parce que le texte de la pièce originale du très british Noel Coward avait été entièrement réécrit par le très américain Ben Hecht (une seule réplique de la pièce subsiste dans le film!) et que les trois rôles principaux étaient interprétés par des acteurs américains. Cette querelle paraît bien futile aujourd’hui… d’autant plus que la performance de ce trio est assez enthousiasmante. Miriam Hopkins met notamment beaucoup d’énergie pour interpréter cette jeune femme libérée face au duo Gary Cooper / Fredric March, nos deux artistes qui ont bien du mal à partager. Sans atteindre tout à fait le niveau des meilleurs Lubitsch des années 30 comme Trouble in Paradise, Sérénade à Trois est une merveilleuse comédie, parfaitement équilibrée, qui reste vraiment plaisante à regarder.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Miriam Hopkins, Fredric March, Gary Cooper,  Edward Everett Horton
Voir la fiche du film et la filmographie de Ernst Lubitsch sur le site IMDB.
Voir les autres films de Ernst Lubitsch chroniqués sur ce blog…

(1) Le film fut toutefois bloqué par la censure dès 1934, au moment où le code Hays s’est définitivement renforcé.

Sérénade à troisErnst Lubitsch, Gary Cooper, Miriam Hopkins et Fredric March.
Photo publicitaire pour Sérénade à trois d’Ernst Lubitsch.

Sérénade à trois

6 réflexions sur « Sérénade à trois (1933) de Ernst Lubitsch »

  1. Bonjour,

    ‘Sérénade à trois’ est un film que je trouve étonnant, franchement décapant si on le remet dans son contexte (effectivement, on se demande ce que faisait la censure…).
    Il y a une semaine, j’avais mis en ligne la toute première scène du film que je trouve magnifique (dialogue dans un français désopilant).
    Et j’avais fait ça en trois temps :

    http://espace-holbein.over-blog.org/article-26412744.html
    http://espace-holbein.over-blog.org/article-26413419.html
    http://espace-holbein.over-blog.org/article-26415472.html

    C’est un régal…

  2. Je trouve ce film assez largement surestimé et bien en dessous des autres comédies de Lubitsch (to be or not to be, shop around the corner notamment).

    Pour moi et mon épouse, pourtant fanatiques de Screwball, ce film n’a pas du tout fonctionné. Les répliques et situations sont prévisibles, tombent à plat, on croirait même entendre les rires en boite…du coup et c’est un comble : le film m’a paru interminable (ma femme n’ayant pas terminé le film…). J’ai également trouvé la prestation du trio d’acteur assez fade et convenue et le symbolisme (la machine a écrire et les doubles tulipes) trop appuyé donc indigeste.

    Peut-être que le sujet du ménage à trois ne se prête pas si bien que ça à la comédie (dans un autre registre et sans le code Hays, Truffaut a bien fait Jules et Jim : grave et léger)

    Moyennement emballé donc.

    J’en profite pour vous remercier de ce blog qui est une excellente source d’idées de films, très agréable d’utilisation et de mise en page. Félicitations !

  3. Je vote pour Gary Cooper. Définitivement. Et pour prendre mon petit-déjeuner en robe de soie vaporeuse, agrémentée de plumes aux épaules. L’élégance parisienne dans toute sa splendeur.

  4. Revu une nouvelle fois avec toujours autant de plaisir. Rien à ajouter à ma présentation si ce n’est quelques photos et même appréciation à 4 étoiles…

  5. Je viens de voir ce film , il est assez critique contre les valeurs du capitalisme puritain américain. Intéressant aussi pour la représentation de Paris produit par un film américain dirigé par un exilé européen. Pour critiquer <> de la machine à écrire, il conviendrait de l’analyser. Pas si évident, curieux de lire cette analyse de la part de Kroh ou d’un autre. Merci d’avance. Pat

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