30 avril 2010

Sommaire d’avril 2010

Bel AmiCaramelLe   gaucherEngrenagesFolies de   femmesIntelligence serviceL'école du   crimeVictime   du destin

Bel Ami

(1947) de Albert Lewin

Caramel

(2007) de Nadine Labaki

Le gaucher

(1958) de Arthur Penn

Engrenages

(1987) de David Mamet

Folies de femmes

(1922) de Erich von Stroheim

Intelligence service

(1957) de Michael Powell et E. Pressburger

L’école du crime

(1938) de Lewis Seiler

Victime du destin

(1953) de Raoul Walsh

Femme   ou démonPour   l'amour du cielRed EnsignIndiana Jones et le royaume du crâne de cristal

Femme ou démon

(1939) de George Marshall

Pour l’amour du ciel

(1926) de Sam Taylor

Red Ensign

(1934) de Michael Powell

Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal

(2008) de Steven Spielberg

Nombre de billets : 12

30 avril 2010

Bel Ami (1947) de Albert Lewin

Titre original : « The Private Affairs of Bel Ami »
Autre titre : « Women of Paris »

The Private Affairs of Bel AmiLui :
Albert Lewin est souvent décrit comme l’un des réalisateurs hollywoodiens les plus cultivés, il a plusieurs fois montré son attrait pour la littérature ou la peinture. Bel Ami est l’adaptation du roman de Guy de Maupassant du même nom, l’ascension d’un arriviste qui utilise son succès auprès des femmes pour obtenir argent et position sociale. Georges Sanders est particulièrement remarquable dans ce rôle de dandy sans scrupules. Albert Lewin filme cela avec une camera très statique comme pour mieux exprimer les pesanteurs de cette société parisienne de la fin du XIXe siècle. La censure hollywoodienne a imposé une fin différente de celle du livre, considérant qu’un tel « gredin » devait avoir une fin déshonorante.
Note : 3 étoiles

Acteurs: George Sanders, Angela Lansbury, Ann Dvorak, John Carradine
Voir la fiche du film et la filmographie de Albert Lewin sur le site IMDB.

Remarques :
La tentation de Saint-Antoine La tentation de Saint-Antoine  * Tout comme dans son film précédent, le Portrait de Dorian Gray, Albert Lewin insère dans son film noir et blanc un plan en couleurs mettant en scène une peinture. Il a organisé un concours auprès de grands peintres sur le thème La tentation de Saint-Antoine. Si c’est Max Ernst qui a gagné le concours et donc sa toile qui apparaît dans le film, la toile de Salvador Dali créée pour concours est devenue très célèbre.
* Le film n’est sorti en France que dans les années 80 !

29 avril 2010

Caramel (2007) de Nadine Labaki

Titre original : « Sukkar banat »

CaramelElle :
Cette chronique qui porte sur plusieurs générations de femmes au coeur de Beyrouth est pleine de sensualité, d’espoir et d’humour. Ces femmes, des plus jeunes aux plus âgées, gravitent autour d’un salon de beauté qui devient un cocon à l’écart des hommes et le réceptacle de leurs angoisses et de leurs joies. Elles étouffent dans le carcan des hommes qui régentent et surveillent leur vie amoureuse. Elles sont pleines d’hésitation dans le choix de la vie à mener. Le culte de l’apparence et de la jeunesse, l’attrait pour l’occident éblouissent ces femmes en perte de repères. Doivent-elles garder une part de vérité et de pudeur ou exaucer leurs désirs de séduction à tout prix? La jeune réalisatrice trace des portraits sensibles et pleins de vie.
Note : 4 étoiles

Lui :
Avec pour lieu central un salon de beauté un peu défraîchi de Beyrouth, Caramel nous fait partager les sentiments de plusieurs femmes libanaises, leurs aspirations, leurs déceptions… Pour son premier long métrage, la réalisatrice libanaise Nadine Labaki tient elle-même le rôle principal et parvient à dresser des portraits très authentiques. Ces femmes d’âges différents ont en commun d’être en quête affective. Certaines recherchent une certaine assurance dans une exubérance certaine mais elles se montrent très fragiles. Elles paraissent comme écartelées entre la pesanteur d’une société et des modèles occidentaux édulcorés. Loin de tout manichéisme ou de simplification, le propos de la réalisatrice semble être plus de décrire que d’accuser. Son film est au final assez attachant. Son authenticité est certainement nourrie par le fait que tous ses acteurs sont amateurs.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Nadine Labaki, Yasmine Elmasri, Joanna Moukarzel, Gisèle Aouad
Voir la fiche du film et la filmographie de Nadine Labaki sur le site IMDB.

27 avril 2010

Le gaucher (1958) de Arthur Penn

Titre original : « The left handed gun »

Le gaucherLui :
Dès son premier long métrage, Arthur Penn met en place les éléments qui vont marquer pratiquement tous ses films : un personnage principal tourmenté, ici le légendaire Billy The Kid, et une mise en scène que certains trouvent trop brouillonne mais que l’on peut aussi définir comme assez versatile, dans le bon sens du terme, avec des brusques accélérations, et surtout très libre. Le Gaucher est déjà l’archétype de son cinéma. Pour son Billy The Kid, il trouve l’interprète idéal avec le jeune Paul Newman qui a là son premier grand rôle, sans aucun doute parmi les grands de toute sa carrière. Avec son visage enjôleur, il est capable de passer en quelques secondes d’une figure parfaitement angélique à celle d’un tueur implacable : adolescent, naïf, rieur, déboussolé, grave, froid, sûr de lui… il est tout à la fois. Sa quête d’un père (autre thème récurrent chez Arthur Penn) est touchante, Arthur Penn introduisant une dose de psychanalyse pas vraiment courante dans le genre du western. C’est ici tout le moteur du Gaucher : Billy The Kid ne fait que rechercher les assassins de son père adoptif  et il trouve sur son chemin un autre figure du père (Pat Garrett). A l’image de son personnage principal, Le Gaucher est un film complexe mais aussi plein de vie.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Paul Newman, Lita Milan, John Dehner, Hurd Hatfield, James Congdon, James Best
Voir la fiche du film et la filmographie de Arthur Penn sur le site IMDB.

Voir les autres films de Arthur Penn chroniqués sur ce blog…

Remarques :
Billy the Kid* La légende qui affirmait que Billy The Kid était gaucher s’est révélée être fausse! Cette erreur aurait été engendrée par une photographie inversée (d’ailleurs Arthur Penn s’amuse a recréer la situation où cette photographie a été prise). Une seconde photographie, prouvant qu’il était droitier, n’a été retrouvée qu’en… 1986.
* C’est James Dean qui devait tenir le rôle principal. Sa mort prématurée en 1955 l’en empêcha.

Autres films sur le thème de Billy the Kid chroniqués sur ce blog :
Billy the Kid de King Vidor (1930) avec Wallace Beery
Pat Garrett et Billy the Kid de Sam Peckinpah (1973) avec James Coburn, Kris Kristofferson (et Bob Dylan)
Il y a de nombreuses autres variations (voir la liste sur IMDB)

26 avril 2010

Engrenages (1987) de David Mamet

Titre original : « House of Games »

EngrenagesLui :
Première réalisation de l’auteur dramatique David Mamet, Engrenages montre le choc de deux mondes très différents : une psychanalyste, auteur de livres à succès, à la vie trop terne à son goût (Lindsay Crouse), rencontre un beau parleur, joueur et arnaqueur (Joe Mantegna). Il va lui faire découvrir un monde qui va l’attirer comme un aimant. Grâce à une écriture parfaite qui nous fait habilement pénétrer dans l’histoire, David Mamet nous capte totalement : même si nous ne sommes pas aussi trompés que certains (ne disons pas lesquels…) de ses personnages, nous sommes, nous aussi, fascinés par ce monde de tromperie et de faux-semblants. David Mamet a tourné Engrenages avec peu de moyens, évitant les acteurs de premier plan pour donner les deux rôles principaux à Lindsay Crouse, sa femme à l’époque, qui fait ici une belle prestation de femme en apparence froide qui aspire à un peu plus de piment, et à son ami Joe Mantegna, un rôle de petit escroc enjôleur qui lui va comme un gant. Non dénué de style, Engrenages est un joli suspense psychologique.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Lindsay Crouse, Joe Mantegna, Mike Nussbaum, Lilia Skala
Voir la fiche du film et la filmographie de David Mamet sur le site IMDB.

Voir les autres films de David Mamet chroniqués sur ce blog…

Une phrase célèbre… :
Lors de la partie de poker, quand le ton monte et que l’un des joueurs demande « mais d’où il sort celui-là ? », Joe Mantegna répond « I’m from the United States of Kiss My Ass »… formule assez largement reprise depuis.

15 avril 2010

Folies de femmes (1922) de Erich von Stroheim

Titre original : « Foolish Wives »

Folies de femmes Lui :
Folies de femmes est le troisième film d’Erich von Stroheim (1), c’est l’un de ses films majeurs. C’est aussi l’un des plus personnels : il est à la fois auteur du scénario, metteur en scène et acteur principal. Folies de femmes montre les agissements d’un faux comte russe qui séduit la femme d’un diplomate américain en visite à Monte Carlo. Le tableau qu’Erich von Stroheim brosse de cette haute société est assez noir, plein de faux-semblants mais aussi de passions… parfois incontrôlées. Il installe un climat très particulier qui mêle grand luxe, décadence et luxure, avec des relations complexes et équivoques, de type maître-esclave, entre certains personnages. Ne serait-ce que pour cette seule raison, les films d’Erich von Stroheim sont très différents des autres films de l’époque. Il va toujours plus loin que tous les autres.

Folies de femmes Il va aussi plus loin dans la démesure de la production. Folies de femmes est le premier film dont le budget a dépassé un million de dollars, un bon tiers de cette somme ayant été affectée à la reconstitution de la place centrale de Monte Carlo dans le parc des Studios Universal. Dans ce décor, il fait évoluer jusqu’à quatorze mille figurants! Erich von Stroheim a aussi un souci maniaque du détail, chaque objet doit être réel (2). La démesure se retrouve dans les longueurs de films tournées : 320 bobines soit près de 80 heures, chiffre incroyable, et Stroheim aurait certainement continué s’il n’avait été arrêté (3). Folies de femmes Il passe ensuite six mois en salle de montage pour faire une copie de huit heures. Le jeune Irving Thalberg réduit cette longueur à 3 heures puis à 2 heures. Le film fut un succès (4) mais, malgré qu’il ait fait gagner de l’argent aux producteurs, Universal ne voulut plus faire travailler Erich von Stroheim, jugé incontrôlable. Il ira alors vers la MGM. Quoiqu’il en soit, Folies de Femmes est un film sans équivalent, marqué par la démesure et la mégalomanie de son auteur, certes, mais aussi par sa personnalité ce qui en fait un film au contenu fort. Une petite merveille du cinéma muet.
Note : 5 étoiles

Acteurs: Erich von Stroheim, Rudolph Christians, Miss DuPont, Maude George, Mae Busch, Dale Fuller, Al Edmundsen
Voir la fiche du film et la filmographie de Erich von Stroheim sur le site IMDB.

Voir les autres films de Erich von Stroheim chroniqués sur ce blog…

Folies de femmes(1) A noter que le deuxième film d’Erich von Stroheim, The Devil’s Passkey, est aujourd’hui totalement perdu. En 1941, l’original a été retrouvé entièrement décomposé dans les coffres des Studios Universal. Son premier film Maris Aveugles est heureusement toujours visible.
(2) Quelques exemples : le caviar sur la table du petit déjeuner est du vrai caviar, la fausse monnaie fut imprimée par un vrai contrefacteur, le résultat était si parfait que Stroheim fut arrêté et jugé pour fabrication de fausse monnaie ! Une grande partie du film a été tourné de nuit, avec d’énormes et coûteux éclairages pour simuler le plein jour. Stroheim avait ainsi un meilleur contrôle sur la lumière.
(3) Après onze mois de tournage, lassé des rallonges de budget sans cesse réclamées de façon impérative, le producteur Carl Laemmle envoie son assistant, Folies de femmesle jeune Irving Thalberg (22 ans!) à Hollywood pour arrêter de force le tournage (il faut garder à l’esprit qu’à l’époque les producteurs résidaient à New York, ils avaient donc bien du mal à contrôler les évènements…)
(4) Comme on l’imagine aisément, le film déclencha des vives réactions et protestations. On lui reprochait d’avilir la femme et d’encourager la dépravation. Le fait que la « victime » du comte soit une femme américaine occasionna des réactions épidermiques des exploitants de salles aux Etats-Unis qui parfois taillèrent dans le film ou changèrent certains intertitres : la jeune femme n’était ainsi plus présentée comme la femme d’un représentant du peuple américain…! Folies de femmes

Remarque :
Rudolph Christians, l’acteur qui interprète le diplomate américain, est mort d’une pneumonie pendant le tournage. Il est habilement remplacé par Robert Edeson dans certaines scènes. Il est assez difficile de dire exactement lesquelles.

Versions :
Folies de femmes La première de Foolish Wives à New York en janvier 1922 montrait une version de 210 minutes mais l’exploitation aux Etats-Unis a ensuite utilisé une copie de 70 minutes. Les versions étrangères étaient plus longues. La version remise à jour dans les années soixante-dix était basée sur une copie italienne de 107 minutes. Aujourd’hui, c’est le plus souvent la version de 140 minutes, un condensé de la version de 210 minutes, que l’on peut trouver (c’est la version visionnée ici) (le site IMDB signale l’existence d’une version suédoise de 384 minutes, information à vérifier car celle-ci n’est mentionnée nulle part ailleurs. Avec ses 6h20, elle serait extrêmement proche de celle montée par Stroheim).

Folies de femmes
Voir aussi : une belle collection de photos des décors de Foolish Wives sur Flickr.

12 avril 2010

Intelligence service (1957) de Michael Powell et Emeric Pressburger

Titre original : « Ill met by moonlight »
Autre titre (USA) : « Night ambush »

Intelligence serviceLui :
L’histoire est basée sur des faits réels. En 1944, dans la Crète occupée, un officier britannique s’allie avec les résistants crétois pour enlever le général allemand qui règne en maître sur l’île. Le réalisateur Michael Powell a toujours eu une certaine attirance pour les îles et ici, une fois de plus, il sait utiliser magnifiquement reliefs et paysages pour donner un vrai style à son film (1). Mais c’est surtout par son humour que Intelligence Service a une personnalité propre, un humour discret qui apporte une indéniable distanciation, un humour très britannique qui sous-tend tout le film qui devient de ce fait plus un divertissement qu’un film d’action au fort suspense. Dirk Bogarde adopte un style de jeu très détendu (2). Intelligence serviceIntelligence Service n’est pas à la hauteur des meilleurs films de Michael Powell mais se laisse néanmoins regarder sans déplaisir. Tout au plus pourra t-on lui reprocher de manquer un peu d’intensité. Il s’agit du dernier film du tandem Powell / Pressburger.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Dirk Bogarde, Marius Goring, David Oxley, Dimitri Andreas, Cyril Cusack
Voir la fiche du film et la filmographie de Michael Powell et Emeric Pressburger sur le site IMDB.

Voir les autres films de Michael Powell et Emeric Pressburger chroniqués sur ce blog…

(1) Toutefois, le film a été tourné en grande partie non pas en Crète mais…  en France et en Italie.
(2) Dans son autobiographie, Michael Powell reproche à Dirk Bogarde son style trop décontracté, parfois presque enfantin, qui aurait déteint sur les autres acteurs.

10 avril 2010

L’école du crime (1938) de Lewis Seiler

Titre original : « Crime School »

L'école du crimeLui :
Le titre peut paraître désuet et faire sourire, il n’en est pas moins approprié. L’école du crime est en effet un film plutôt social où l’idée de base est de démontrer que les maisons de correction trop dures et rigides peuvent engendrer des criminels plutôt que de les réinsérer. Nous suivons donc une petite bande d’adolescents délinquants (interprétés par les Dead End Kids) qui est envoyée dans une maison de correction. Un nouveau directeur (Humphrey Bogart) est nommé pour mettre un frein aux pratiques brutales et carcérales employées jusque là. Il va tenter de gagner la confiance des enfants. Le film est donc pavé de bonnes intentions et la démonstration est quelque peu idyllique. L’école du crime serait probablement plus oublié qu’il ne l’est s’il n’avait Humphrey Bogart à l’affiche. L’acteur montre déjà un peu de présence mais la performance la plus remarquable est celle des Dead End Kids qui, pour leur deuxième long métrage, ont un rôle de tout premier plan. Leur interprétation est pleine d’authenticité. Cela ne suffit pas pour que le film soit remarquable, l’ensemble manque un peu de caractère. A noter que Lewis Seiler refera le même film un an plus tard, toujours avec les Dead End Kids mais aussi, cette fois, avec Ronald Reagan : Hell’s Kitchen
Note : 2 étoiles

Acteurs: Humphrey Bogart, Gale Page, Billy Halop, Bobby Jordan, Huntz Hall, Leo Gorcey, Bernard Punsly, Gabriel Dell
Voir la fiche du film et la filmographie de Lewis Seiler sur le site IMDB.

Voir les autres films de Lewis Seiler chroniqués sur ce blog…

Remarques :
1) La bande des six adolescents s’appelle Dead End Kids car ils se sont fait connaître dans une pièce intitulée Dead End, pièce qui eut un grand succès à Broadway. Elle fut ensuite adaptée au cinéma par William Wyler en 1937 avec Humphrey Bogart dans l’un des rôles principaux. Leur meilleur film est sans aucun doute Les anges aux figures sales qu’ils tournèrent quelques mois plus tard.
Dead End Kids = Billy Halop, Bobby Jordan, Huntz Hall, Leo Gorcey, Bernard Punsly, Gabriel Dell.
2) Le film est également très proche d’un autre film, toujours de la Warner :
The Mayor of Hell de Archie Mayo (1933) avec James Cagney.

8 avril 2010

Victime du destin (1953) de Raoul Walsh

Titre original : « The lawless breed »

Victime du destinLui :
Présentant une vision édulcorée de la vie de John Wesley Hardin (1), Victime du destin est un western qui met en relief la façon dont un homme peut être pris dans un engrenage de violence et être accusé de meurtres qu’il n’a pas commis. C’est aussi un réquisitoire contre les armes à feu puisque c’est à cause de son expertise dans leur maniement que le personnage sera pris dans cet engrenage. Rock Hudson, qui est ici pour la première fois dans un rôle de premier plan, donne une interprétation assez molle de son personnage, ce qui au moins le mérite d’en renforcer l’aspect naïf mais ne permet pas au film de prendre de l’ampleur. Victime du Destin apparaît aujourd’hui comme un Raoul Walsh plutôt mineur.
Note : 2 étoiles

Acteurs: Rock Hudson, Julie Adams, Mary Castle, John McIntire, Dennis Weaver, Lee Van Cleef
Voir la fiche du film et la filmographie de Raoul Walsh sur le site IMDB.

Voir les autres films de Raoul Walsh chroniqués sur ce blog…

(1) John Wesley Hardin est un meurtrier qui a sévi au lendemain de la guerre de Sécession. On lui attribue une quarantaine de meurtres, dont plusieurs dans le dos et un « parce qu’il ronflait trop fort ». A partir de la publication posthume de son autobiographie en 1925, une légende s’est développée autour de son personnage, le présentant souvent comme une victime. Le mythe a certainement été alimenté par le fait qu’il est l’un des derniers grands bandits manieurs de colt. John Wesley Hardin reste aussi un nom connu de beaucoup depuis que Bob Dylan a ainsi nommé l’un de ses albums en 1967 (John Wesley Harding, avec un « g » à la fin, mais il s’agit bien du même).

6 avril 2010

Femme ou démon (1939) de George Marshall

Titre original : « Destry Rides Again »

Femme ou démonLui :
Le roman de Mac Brand, Destry rides again, fut adapté plusieurs fois au cinéma. Cette version est de loin la plus remarquable. Femme ou Démon tente de combiner western et comédie en un seul film. Il y parvient de façon imparfaite mais le résultat reste convaincant à la fois grâce à une solide base de scénario et grâce à un excellent jeu d’acteur. James Stewart est là dans le style de personnage où il excellera dans toute sa carrière, un homme dont la probité et la force morale triomphent dans les pires situations. Ici, il incarne un shérif pacifique qui doit rétablir l’ordre dans une petite ville tenue par des malfrats. Il trouve face à lui Marlène Dietrich, dans un type de personnage inhabituel pour elle, une chanteuse de saloon un peu vulgaire… mais au fond noble, toutefois. Tous les seconds rôles sont solidement tenus, la réalisation est parfaitement rythmée. Même si Marlene Dietrich ne paraît pas toujours à son avantage, les scènes les plus mémorables font toutes intervenir l’actrice : la partie de poker où elle gagne le pantalon de son adversaire, un incroyable crêpage de chignons franchement sauvage (qui reste l’une des bagarres les plus célèbres de toute l’histoire du cinéma) et la chanson « See what the boys in the back room will have », chanson écrite pour le film. S’il n’est pas parfait, Femme ou Démon reste assez remarquable. Son succès permit à Marlene Dietrich de voir sa carrière rebondir.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Marlene Dietrich, James Stewart, Mischa Auer, Charles Winninger, Brian Donlevy, Jack Carson, Irene Hervey, Una Merkel
Voir la fiche du film et la filmographie de George Marshall sur le site IMDB.
Voir les autres films de George Marshall chroniqués sur ce blog…

Remarques :
1) Après l’échec commercial d’Angel, la carrière de Marlene Dietrich était bien mal en point. Classée dans les « épouvantails du box-office » par la presse et les exploitants de salles, elle partit pendant une année en villégiature en Europe. Les Studios Paramount laissèrent mourir son contrat bien qu’elle leur devait encore un film. Quand un producteur d’Universal approcha Marlene Dietrich pour tourner un western, sa première réaction fut bien entendu de refuser. Son entourage (dont Sternberg) la convainquit d’accepter.
2) La scène de bagarre entre Marlene Dietrich et Una Merkel devait être tournée par des cascadeuses mais Marlene réclama de la jouer elle-même. Les studios refusent d’abord devant le risque de blessures mais, flairant un bon coup de publicité, ils finirent par accepter. Le jour du tournage, le plateau était effectivement envahi de journalistes. Une infirmerie spéciale avait été installée au dehors. Avant la bataille, Marlene Dietrich prévint Una Merkel de ne pas hésiter à la taper parce que, elle, n’allait pas se retenir… Elle se jetèrent dessus comme deux furies et toute la scène fut tournée en une seule prise. La fin de la scène fut saluée par un tonnerre d’applaudissements. La fille de Marlene raconte que la pauvre Una Merkel eut des bleus sur tout le corps… Cette bagarre eut un formidable retentissement dans la presse qui assura, en partie, le succès ultérieur du film.

Autres adaptations du roman de Max Brand :
Destry rides again (1932) de Benjamin Stoloff avec Tom Mix et Claudia Dell
Frenchie (La femme sans loi) de Louis King (1950) avec Joen McCrea et Shelley Winters
Destry (Le nettoyeur) à nouveau de George Marshall (1954), mais cette fois en couleurs, avec Audie Murphy et Mari Blanchard.