Elle :
Bon polar au sujet particulièrement original. Lino Ventura se trouve en prise avec une petite bande de trafiquants qui ont volé le bateau d’une riche veuve. Suspense et aventure.
Note :
Lui :
Pour son deuxième film, Claude Sautet fait ce qu’il qualifie lui-même « un exercice de style ». Refusant de tourner un autre film noir après Classe tous risques, de peur de s’enfermer dans le genre, il choisit ce huit-clos étonnant : cinq personnes dont trois trafiquants d’armes sur un bateau échoué. Il est étonnant et aussi superbe puisqu’aucun temps mort ne vient relâcher l’emprise sur le spectateur. Ventura est parfait une fois de plus.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Acteurs: Lino Ventura, Sylva Koscina, Alberto de Mendoza, Leo Gordon
Voir la fiche du film et la filmographie de Claude Sautet sur le site imdb.com.
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Elle :
Ventura, à la fois tueur et touchant en irresponsable père de famille, cherche à échapper à la justice. Sa fuite éperdue aboutit à la rencontre avec Belmondo qui l’aide et le cache chez lui. Malgré le style très direct, la caméra de Claude Sautet sait rester assez délicate.
Note :
Lui :
A Milan, un gangster recherché par la police cherche à rentrer en France avec sa femme et ses deux jeunes enfants. Après une fusillade à la frontière, il demande de l’aide à ses anciens amis restés à Paris… Deuxième long métrage de Claude Sautet (1), Classe tous risques est adapté d’un roman policier de José Giovanni. Au début de sa carrière, le réalisateur montre donc un fort intérêt pour le genre policier et son film est fortement inspiré par le film noir américain. Sa mise en scène est nerveuse, directe, mais un peu austère sans doute, à l’image de son héros, un gangster fatigué qui ne peut atteindre la vie à laquelle il aspire. Claude Sautet filme ses scènes d’extérieurs en situation réelle, au milieu de la foule avec une caméra légère et discrète, se montrant ainsi très proche de la Nouvelle Vague. Cette impression est d’ailleurs renforcée à la vision du personnage joué par Jean-Paul Belmondo, un jeune voyou solitaire et idéaliste qui évoque par certains aspects son personnage chez Godard (2).
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Acteurs: Lino Ventura, Sandra Milo, Jean-Paul Belmondo, Marcel Dalio
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(1) Classe tous risques est le second long métrage de Claude Sautet mais c’est le premier dont il assume pleinement la paternité. Son premier film, Bonjour sourire ! (1956), un petit film comique avec Henri Salvador et Annie Cordy, n’a effectivement rien de remarquable.
Elle :
Fresque historique à grand spectacle sur le chantier titanesque de la construction de la ligne de chemin de fer américaine. Cecil B. DeMille retrace cette épopée avec bon nombre de figurants, de cascades et d’effets spectaculaires et c’est avec intérêt que l’on voit cet exploit se réaliser. Néanmoins, l’histoire d’amour impossible entre Barbara Stanwyck et ses deux prétendants souffre de longueurs et de cohérence et finit par lasser.
Note :
Lui : La construction de la première ligne de chemin de fer traversant les Etats-Unis n’est pas traitée par Cecil B. DeMille uniquement comme une grande épopée : dans Pacific Express, l’accent est surtout mis sur un trio de personnages bien typés (un bon, un méchant et une femme entre les deux), ce qui engendre quelques longueurs. Il reste de bonnes scènes plus descriptives, comme la construction de la ligne (images faites avec de vrais poseurs de rail) ou le montage/démontage de la ville qui suit le chantier au cours de son avancement. Ces scènes sont hélas trop rares.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Acteurs: Barbara Stanwyck, Joel McCrea, Akim Tamiroff
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Elle :
Un futur condamné à mort qui se promène en toute liberté et qui devient le serviteur de la femme du capitaine de la prison est une histoire à laquelle on a quelque peine à croire. Certes, cela se déroule à St-Pierre et Miquelon où tout le village attend la Veuve, c’est à dire la guillotine. La mise en scène semble maladroite et parfois chaotique, les décors sur le port font carton pâte. Daniel Auteuil et Juliette Binoche ne parviennent pas vraiment à nous émouvoir car tout paraît si invraisemblable…
Note :
Lui :
On ne croit pas une seconde à cette histoire bien qu’elle soit sans doute véridique. Tout sonne faux, les personnages, les décors. Le scénario donne l’impression d’avoir été écrit par un enfant tant ses personnages se comportent de façon caricaturale. De plus, Patrice Leconte abuse de mouvements erratiques de caméra qui rendent certaines scènes pénibles à regarder.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Acteurs: Juliette Binoche, Daniel Auteuil, Emir Kusturica, Michel Duchaussoy
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Elle :
Cette chronique provinciale raconte la lente reconstruction d’un enfant rebelle et en manque d’amour dans une famille d’accueil à la campagne pendant les années 60. Daniel Duval a mis beaucoup de lui dans ce film. Il lui a fallu vingt ans pour porter sa propre histoire à l’écran avec ses blessures et sa solitude intérieure suite à la séparation avec sa famille d’origine. La reconstitution de cette époque est sobre et tendre. Daniel Duval prend son temps et promène avec émotion et nostalgie son regard sur cette famille aimante, ces ambiances rigides d’école primaire, de vie austère à la ferme et dans les champs, de soirées au coin du feu. Il faut se laisser porter par le flux des sentiments.
Note :
Lui :
Avec Le temps des porte-plumes, Daniel Duval signe un film qui le touche de très près puisqu’il s’agit de sa propre histoire. Placé dans une famille d’accueil à la campagne dans les années 50, ce jeune garçon de 9 ans a bien des difficultés pour s’intégrer dans sa nouvelle vie. Que le film soit autobiographique explique en grande partie son authenticité : pour une fois, le monde rural n’est pas caricaturé. Il est montré très simplement, sans grossir le trait. Jean-Paul Rouve parvient parfaitement à interpréter sobrement ce père d’adoption, plein de générosité. Le temps des porte-plumes est une chronique, sobre et tranquille sans dramatisation artificielle, mais aussi attachante et non dénuée d’intensité.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Acteurs: Jean-Paul Rouve, Anne Brochet, Annie Girardot, Raphaël Katz, Denis Podalydès
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Elle :
Film un peu affligeant et ennuyeux sur le thème fédérateur et démagogique des « riches et célèbres ». Cette soi-disant comédie est finalement bien conventionnelle et ne fait pas rire. Les clichés s’accumulent aussi bien du côté des nantis que des banlieusards. Tout le monde est finalement bien gentil. Onteniente est complaisant et cherche à plaire à tout le monde.
Note :
Lui :
Malgré quelques bonnes mises en situation et quelques répliques amusantes, le film souffre de longueurs et l’on se force à rire comme pour pousser la machine… Donnons crédit à Fabien Onteniente d’avoir su éviter certaines facilités de la confrontation banlieue/jet set, même si c’est au prix d’une certaine mièvrerie (tout le monde a un bon fond).
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Acteurs: Samuel Le Bihan, Lambert Wilson, Ornella Muti, Ariadna Gil, José Garcia, Bruno Solo
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Elle :
Un grand film noir chargé d’une ambiance oppressante et d’une violence presque sadique. Glenn Ford incarne un flic incorruptible prêt à tout pour élucider la mort d’un policier. Il est sur le point de franchir les limites de la droiture lorsqu’il se trouve amené à venger le meurtre de sa femme. Les frontières sont poreuses et fragiles. Fritz Lang dépeint avec noirceur le milieu corrompu de la police et celui des truands sans scrupules. La scène où Lee Marvin ébouillante le visage de son amie est brutale et sauvage. Ce beau visage brûlé sur un côté est très symbolique ; il reflète à la fois le bien et le mal qui rongent les fondements de la société américaine des années 50.
Note :
Lui : Règlement de comptes est inspiré d’une série d’articles consacrés au gangstérisme et à la corruption parus dans le Saturday Evening Post, transformés par la suite en roman. Ce sentiment d’authenticité que l’on ressent à sa vision est certainement en partie du à ces origines. Filmant avec beaucoup d’efficacité, sans plan inutile, Fritz Lang se penche plus particulièrement sur son personnage principal, un policier incorruptible (Glenn Ford) à deux doigts de se faire justice lui-même. Fritz Lang est persuadé qu’il y a un moment où tout peut basculer : « si vous faites le premier pas, les abysses s’ouvrent et le deuxième pas devient inéluctable ». Son personnage est ainsi rendu plus proche des gangsters qu’il poursuit. Règlement de Comptes se fit remarquer à l’époque par son côté un peu violent (précisons tout de même que cette violence paraît presque anodine à côté des films actuels). Est-ce cela qui lui donne cette force ? Aujourd’hui, il nous reste un très beau film noir qui se revoit toujours avec grand plaisir.
Note :
Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 5,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Lui : La femme sur la lune est le dernier film muet de Fritz Lang. Basé une nouvelle fois sur un scénario de sa femme Théa von Harbou, le film raconte le voyage vers la lune d’un groupe de personnes pour aller vérifier la présence supposée d’or sur notre satellite. La première moitié du film est plus proche d’une intrigue policière : tensions et suspenses avec une belle mise en place des personnages. Le tournant intervient avec le décollage de fusée, montrée avec une précision scientifique. Certains éléments sont assez visionnaires, telle cette plate-forme de placement qui ressemble de très près à celle de la fusée Saturne et la première apparition d’un compte à rebours. D’autres le sont moins, bien entendu, mais Fritz Lang a visiblement mis un soin particulier à rendre son propos plausible scientifiquement. Les tensions reviennent ensuite avec la mise en relief des grands défauts des hommes : jalousie, cupidité, lâcheté. Ces tensions dans les rapports entre les personnages est l’une des forces du film. S’il n’est pas habituellement classé parmi les grands films de Fritz Lang, La femme sur la lune reste intéressant et même assez passionnant à regarder, un peu long sans doute (160 minutes environ) mais il sait toutefois garder une intensité certaine.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Acteurs: Willy Fritsch, Gerda Maurus, Klaus Pohl, Fritz Rasp, Gustav von Wangenheim
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Elle :
Road-movie en tondeuse à gazon d’un grand-père fragile à la recherche de son frère malade. Ce thème qui aurait pu être ennuyeux et larmoyant devient sous la patte de David Lynch un fantastique voyage poétique. Les paysages et la musique sont admirables de beauté. Ce vieil homme oublié fait l’admiration de tous les gens qu’il rencontre. Il nous fait partager sa vision de la vie sans tomber dans le genre revêche et aigri de tout. Sa sérénité et sa droiture suscitent notre adhésion.
Note :
Lui :
David Lynch nous raconte une histoire simple (« straight story ») mettant en avant des valeurs simples, centrées sur la famille notamment. En appelant son personnage Alvin Straight, il semble nous demander de dépasser cette apparente simplicité. Lynch nous dévoile bien peu du caractère de son personnage, mais suffisamment pour le rendre très attachant. L’image est très belle, avec notamment de magnifiques plans de ces immenses champs de l’Iowa, et la musique parfaite. Un film plutôt atypique pour David Lynch.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Acteurs: Sissy Spacek, Richard Farnsworth, Harry Dean Stanton
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Elle :
Malgré quelques maladresses et un scénario un peu confus parfois, il y a de bonnes choses dans ce polar social. Fabienne Godet s’attaque à la culture de la performance en entreprise en étudiant avec authenticité le cas d’un cadre harassé de travail qui se sent responsable du suicide d’un de ses collègues. Sans jamais assener de message manichéen, elle concentre son regard sur les difficultés familiales, les tourments psychologiques, le drame qui se joue de façon inéluctable tout en menant en parallèle une enquête policière assez prenante. En revanche, je n’ai pas été vraiment convaincue par la prestation d’Olivier Gourmet en cadre stressé. Je l’ai trouvé plutôt apathique.
Note :
Lui :
Pour son premier long métrage, Fabienne Godet a choisi de se placer entre deux genres normalement distincts : Sauf le respect que je vous dois peut en effet être défini comme un polar social. La mise en place est hélas un peu confuse et les personnages sont trop peu développés ou approfondis pour que l’on adhère totalement à l’histoire. De plus, Olivier Gourmet a toujours ce côté rentre-dedans qui laisse peu de place aux autres acteurs. Le film a ainsi tendance à tourner au one man show et devient déséquilibré. Il a toutefois le mérite de mettre le doigt sur la réalité du travail des cadres dans certaines entreprises.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Acteurs: Olivier Gourmet, Dominique Blanc, Julie Depardieu, Marion Cotillard
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