24 mars 2005

Chemins de traverse (2004) de Manuel Poirier

CheminstraverseElle :
Manuel Poirier renoue avec le thème de l’errance de gens marginalisés qui ont coupé les ponts avec le travail et la famille. On retrouve à nouveau Sergi Lopez en père itinérant de ville en ville avec son fils de 16 ans. Il est à la recherche de quelque chose d’inaccessible et rate tout ce qu’il entreprend. Le fils subit ce mode de vie l’excluant de toute vie sociale mais reste très attaché à ce père inconscient. Il finit par prendre les choses en main sans heurter le père et les rôles s’inversent. Le réalisateur parvient à relater les problèmes de communication et les relations tendues de ces deux personnages avec sensibilité. C’est par petites touches, avec des longs silences, des regards, des tons de voix qu’il arrive à exprimer ce que ce père et ce fils ne parviennent pas à se dire. Un film très touchant.
Note : 4 étoiles

Lui :
Sur une histoire qui aurait pu être terne et démoralisante, Manuel Poirier réussit à faire un film plein de demi-teintes et de délicatesse, sans forcer le trait, sans caricaturer ses personnages. De ce fait, on se sent très proche du personnage interprété par Sergi Lopez, personnage sans domicile fixe, entraînant son fils de ville de ville enchaînant les boulots tous aussi foireux les uns que les autres. On voit le rapport entre lui et son fils évoluer, empreint d’une certaine connivence et d’un amour certain, malgré un mutisme ambiant. C’est la force de ce rapport qui au final est toute leur richesse.
Note : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Sergi Lopez, Kevin Miranda
Voir la fiche du film et la filmographie de Manuel Poirier sur le site IMDB.

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23 mars 2005

Les Choristes (2004) de Christophe Barratier

ChoristesElle :
Blockbuster français de l’année 2004, ce film remporta les suffrages grâce aux thèmes pleins de bons sentiments qu’il développe : nostalgie d’une certaine enfance de l’après-guerre, mise en lumière des humbles tel ce surveillant au cœur d’or interprété par Gérard Jugnot, amour et mise en valeur de ces enfants turbulents ou abandonnés grâce au chant. Les tyranniques et caractériels comme le directeur de l’internat sont vilipendés. Christophe Barratier dresse le portrait d’une école où tout est noir ou blanc, les bons d’un côté et les méchants de l’autre. Les problèmes de comportement s’y résolvent un peu trop simplement grâce à la chorale. Les protagonistes sont assez caricaturaux et on ne croit guère à un internat qui ne comporte qu’une seule classe. Cette vision idéalisée en fait un film gentillet qui se laisse regarder sans déplaisir mais sans grand enthousiasme.
Note : 3 étoiles

Lui :
C’est un film plein de bonnes intentions, auquel on peut certainement reprocher son côté simple et presque caricatural car les personnages sont vraiment très typés. A part le méchant directeur… qui est vraiment méchant, tous les autres ont un bon fond qui ne demande qu’à être révélé. C’est un film optimiste qui se laisse regarder sans déplaisir, mais auquel on ne peut demander beaucoup plus.
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 3,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Gérard Jugnot, François Berléand
Voir la fiche du film et la filmographie de Christophe Barratier sur le site IMDB.

21 mars 2005

La Noce (2000) de Pavel Lungin

Titre original : « Svadba »

NoceElle :
Pavel Lungin nous invite à la noce d’un jeune couple au sein d’une famille russe haute en couleur. La mariée, ancien mannequin retourne au pays pour retrouver l’amour de son enfance. Le réalisateur échafaude une histoire loufoque autour d’un vol de boucles d’oreilles qui implique le marié et par conséquent le destine à la prison le soir de son mariage. La journée va virer au cauchemar. On passe du rire au drame et de l’amitié aux coups de poing en un clin d’œil ; les personnages sont truculents et attachants. Pavel Lounguine parvient à faire passer de la chaleur humaine dans cette soirée échevelée et fait virevolter sa caméra avec habileté.
Note : 4 étoiles

Lui :
La Noce est un film russe gentiment déjanté, cette histoire de mariage à l’improviste étant le prétexte à une multitude de situations plutôt hautes en couleurs. La galerie de portraits est vraiment complète… mais sans trop exagérer, ni forcer le trait. On rit souvent franchement mais le climat passe parfois très brutalement du comique au tragique. le film est aussi intéressant dans le sens où il nous permet de connaître un peu mieux la Russie ordinaire, loin des traditionnels clichés.
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Marat Basharov, Mariya Mironova
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20 mars 2005

In the Cut (2003) de Jane Campion

InthecutElle :
Quelle idée a eu Jane Campion de se lancer dans ce genre de thriller macabre qui joue à la fois sur le sexe et le côté sanglant. Seul point positif, Jane Campion parvient à créer un style visuel intéressant en créant des flous sur une partie de l’image, des gros plans, des plans fugitifs et une belle lumière chaude. Elle se concentre trop sur la forme et oublie de donner un peu d’épaisseur au scénario. C’est Meg Ryan avec son joli minois qui est chargée de soutenir l’édifice. Un meurtre de femme désarticulée, deux flics ambigus et notre belle qui évolue dans les bars louches. Il ne passe quasiment rien et on commence à s’ennuyer au bout de 20 minutes.
Note : 1 étoiles

Lui :
Jane Campion semble se concentrer plus sur la forme que sur le fond: Elle a une façon d’utiliser la caméra assez intéressante, même si elle semble abuser des effets de flous partiels sur l’image et de la caméra à l’épaule, mais par contre l’histoire n’est pas très intéressante, ni très crédible d’ailleurs et l’on se désintéresse hélas rapidement de l’ensemble.
Note : 1 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Meg Ryan, Mark Ruffalo, Jennifer Jason Leigh
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18 mars 2005

Violence des échanges en milieu tempéré (2003) de Jean-Marc Moutout

Echanges tempereElle :
Le réalisateur évite les clichés caricaturaux sur le monde de l’entreprise et privilégie l’analyse étayée des rapports sociaux entre employés et dirigeants. On découvre cet univers au travers d’un jeune consultant (Jérémie Renier) qui doit faire un audit précis d’une entreprise afin qu’elle puisse être rachetée par un grand groupe. Le jeune homme est confronté entre son désir de réussir professionnellement et ses scrupules vis-à-vis des salariés qu’il doit interroger pour pouvoir les licencier ensuite. Doit-il se rebeller ou adhérer à la doctrine de son employeur « Work Hard, Play Hard » ? Jean-Marc Mourtout fait des portraits sensibles de tous ces personnages et montre les contradictions d’un monde où l’entreprise doit faire du profit pour survivre mais en même temps doit gérer des hommes qui lui ont permis d’être en place.
Note : 5 étoiles

Lui :
En évitant les écueils de la caricature et de la simplification, Jean-Marc Moutout réussit là un film qui montre bien la réalité des entreprises et notamment de ces audits. Le manichéisme est donc évité pour se concentrer sur les rapports humains. Ce n’est pas vraiment positif, dans le sens où le petit jeune qui monte accepte de jouer le rôle de coupeurs de têtes. La mise en scène est assez carrée et précise, à l’image du sujet. Bonne interprétation de Jérémie Rénier.
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Jérémie Renier, Laurent Lucas, Cylia Malki
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16 mars 2005

Peppermint Candy (2000) de Chang-dong Lee

Titre original : « Bakha satang »

PeppermintcandyElle :
Sentiments mitigés sur ce film coréen qui laisse une impression de lourdeur et d’inachevé. Le plus intéressant est la vision assez noire du peuple coréen ainsi que la construction du film en forme de compte à rebours. Il s’agit de reconstituer la vie d’un policier qui se suicide tragiquement sous un train lors d’un pique-nique. Par conséquent, on remonte dans le temps par palier de 5 ans en voyageant dans un train à l’envers. Ces intermèdes sont les passages les plus paisibles. La vie de ce jeune homme n’est qu’une somme d’occasions amoureuses ratées, de tortures infligées aux opposants à la dictature coréenne, de sévices infligés lors de son passage dans l’armée. Le plus frustrant, c’est qu’on n’aura pas de réponse à ses délires paranoïaques.
Note : 2 étoiles

Lui :
Le film est surtout remarquable par sa construction. On remonte le fil du temps pour tenter de comprendre les événements qui ont conduit un homme à se suicider. On le découvre ainsi petit à petit, lui et ses évènements manqués. C’est aussi pour le réalisateur l’occasion de dresser un portrait de la Corée du Sud, un portrait assez noir, sans attraits, sans illusions ni joies, marquée par un régime totalitaire aux méthodes policières effroyablement brutales. Le film souffre de longueurs dans certaines scènes qui paraissent mineures.
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Sol Kyung-Gu, So-Ri Moon, Kim Yeo-Jin
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13 mars 2005

Demain on déménage (2004) de Chantal Akerman

DemenageElle :
Chantal Akerman surprend par son ton faussement enjoué bien loin des thèmes sombres de ses premiers films aux plans fixes interminables. C’est une sorte de comédie où la caméra virevolte dans un appartement désordonné habité par une jeune femme (Sylvie Testud) et sa mère (Aurore Clément). La réalisatrice projette la tragédie de sa famille juive dans le personnage de la jeune Charlotte et adopte un humour décalé et absurde pour parler de ces souffrances (on parle beaucoup de poulet au four…). Les dialogues sont pétillants lors de la visite de l’appartement par des visiteurs excentriques mais malheureusement, le tempo s’essouffle peu à peu.
Note : 3 étoiles

Lui :
Chantal Ackerman nous livre là une petite fantaisie, abusant un peu de l’humour par l’absurde. S’il y a quelques passages intéressants et amusants, tel ce ballet de visiteurs pour acheter l’appartement, on se lasse tout de même car le but de l’ensemble n’est pas très visible (même si l’on peut y voir quelques allégories un peu tirées par les cheveux).
Note : pas d'étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Sylvie Testud, Aurore Clément, Jean-Pierre Marielle, Natacha Régnier
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9 mars 2005

« Le Retour » (2003) d’ Andrei Zvyagintsev

Titre original : « Vozvrashcheniye »

Le RetourElle :
Lion d’Or à Venise, en 2003, ce beau film russe plein d’intensité dramatique met en scène deux jeunes enfants qui vivent le retour de leur père au foyer après des années d’absence comme une véritable épreuve. Celui-ci les entraîne dans un parcours du combattant dont nul ne comprend la finalité. Ce père quasi-inconnu tente de s’imposer par la force et se heurte surtout à l’hostilité du plus jeune enfant qui lui reproche son absence. Le réalisateur parvient à créer un univers hors du monde réel grâce à son style épuré aux teintes gris acier, bleu et vert pâle. On est à la limite du cinéma noir et blanc. Les compositions graphiques sont très réussies ; les mouvements de caméra sont fluides; la musique est envoûtante. Enfin, les deux enfants trouvent le ton juste pour exprimer les émotions contrastées qui les animent.
Note : 5 étoiles

Lui :
Ce père, brusquement revenu, qui entraîne ses enfants dans une quête dont le but nous échappe est l’occasion pour ce cinéaste russe de signer un beau film, très esthétique dans le choix de ses cadrages et surtout dans le traitement des couleurs. Les deux enfants sont particulièrement bien interprétés et ils sont assez touchants. On peut juste reprocher à ce film d’avoir des buts obscurs, on ne voit pas trop le sens de tout cela.
Note : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Vladimir Garin, Ivan Dobronranov, Konstantin Lavronenko
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6 mars 2005

L’ Esquive (2003) d’Abdel Kechiche

L'EsquiveElle :
Abdel Kechiche nous plonge brutalement dans un autre univers, coupé de tout où les adolescents ne communiquent qu’en criant ou en s’injuriant. Leur langage est incompréhensible tant il est haché. La violence des paroles traduit une grande colère qui s’extériorise en permanence. Nous sommes projetés sans ambages au cœur de cet univers d’un quartier de banlieue. Pendant un demi-heure, on se demande où on a atterri tant les échanges verbaux sont violents. Le seul rayon de soleil qui illumine les journées de ces ados est le théâtre. La pièce de Marivaux (Le Jeu de l’Amour et du Hasard) révèle que notre condition sociale d’origine nous colle à la peau et qu’il est très difficile d’en sortir. Le mélange des classes n’existe donc pas. Ce cinéma brut est parfois à la limite du supportable. C’est un constat amer et peu optimiste.
Note : 3 étoiles

Lui :
C’est un film assez étonnant, qui, dans un quartier de la banlieue parisienne, fait jouer à ses jeunes personnages des scènes de Marivaux pour montrer la difficulté de sortir de son milieu. En dehors de ces scènes, on voit une relation tenter de se tisser entre un garçon, utilisant (malgré lui) des méthodes presque mafieuses pour déclarer son amour à sa belle. Le parallèle et l’opposition sont assez brutaux mais efficaces. Le film est très réaliste, utilisant des cadrages serrés sur les personnages dont les dialogues sont le plus souvent vraiment durs à suivre tant ils sont « réalistes ».
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Sara Forestier, Osman Elkharraz
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5 mars 2005

Dirty Pretty Things (2002) de Stephen Frears

Dirty pretty thingsElle :
Stephen Frears se lance dans une sorte de thriller social qui se passe dans le milieu très cosmopolite des immigrés clandestins de Londres. Ambiance chirurgicale et musique stressante pour témoigner de l’enfer que vivent ces sans-papiers. Cette peinture sociale observe leur quotidien : problèmes de logement, traque de la police, ateliers clandestins, prostitution et trafic d’organes pour pouvoir se payer un passeport. Audrey Tautou est plus convaincante dans ce rôle de jeune turque pourchassée par les services d’immigration ; elle a perdu son sourire d’ingénue. Sergi Lopez en fait un peu trop en grand méchant. Bien qu’un peu trop morbide, le réalisateur a le mérite d’aborder avec sensibilité un sujet peu porteur et de nous ouvrir les yeux sur l’univers souterrain des petites mains (balayeurs, gardiens, couturières).
Note : 4 étoiles

Lui :
En voulant montrer dans quel environnement les clandestins doivent survivre à Londres, Stephen Frears a certainement donné trop d’importance à un trafic d’organes, ce qui tend un peu à occulter (ou du moins faire passer au second plan) la peinture sociale alors que c’est cet aspect qui est le plus réussi dans ce film. Audrey Tautou n’est pas très crédible en immigrée turque avec un jeu très sec et froid. Sergi Lopez en rajoute des tonnes dans son rôle de méchant.
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Audrey Tautou, Chiwetel Ejiofor, Sergi López
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