29 avril 2005

Les Harmonies Werckmeister (2000) de Béla Tarr

Titre original : « Werckmeister harmóniák »

Les Harmonies WerckmeisterElle :
Film hongrois d’une incroyable lenteur. Pas beaucoup de patience ce soir. J’ai décroché très vite fait.
Note : pas d'étoiles

Lui :
Les Harmonies WerckmeisterUn village qui semble hors du monde et du temps, et où débarque par convoi spécial une énorme baleine morte… Il s’ensuit une situation de grande confusion, un grand danger semblant planer sur les habitants… Il est difficile de résumer ce film où la raison ne tient pas face à l’irrationnel et au chaos.
Tourné en noir et blanc, Les Harmonies Werckmeister possède un rythme bien à lui : De longs plans, tellement longs que certains en viennent à ressembler à une ritournelle, un disque rayé, tel ce plan étonnant de marche des deux personnages, un plan qui semble développer sa propre musique dans sa répétition. Ou alors cet extraordinaire long plan d’une foule en marche, silencieuse, froide et déterminée, sans expression, telle une armée de zombies, un plan dont se dégage une force vraiment peu commune.
Les Harmonies WerckmeisterBéla Tarr ne nous donne que peu d’explications sur cette menace qui plane tout au long des Harmonies Werckmeister, ou sur ce prince qui semble lui-même manipulé, mais par contre la symbolique est là et on devine aisément les références à la situation sous l’ex-bloc soviétique.
Mais les interprétations peuvent être multiples. Par exemple, cette foule déterminée (mentionnée plus haut) va en fait saccager un hôpital, tabasser les blessés et les malades. Peut-on imaginer un acte plus illogique, contraire à la raison? Faut-il y voir l’expression du sentiment d’avoir au dessus de soi une force colossale, dont on ne comprend pas la logique mais qui peut vous engloutir ? Ou plus simplement, l’expression du fait que dans une situation de crise, une foule peut accomplir les actes les plus inutiles, barbares et idiots ?
Sur la forme, il faut noter également, le travail sur la photo, avec de très beaux plans de visages. Les Harmonies Werckmeister est un film étonnant, pas facile à aborder, mais assez beau et puissant.
Note : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Lars Rudolph, Hanna Schygulla, Peter Fitz
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28 avril 2005

« L’Autre » (2003) de Benoît Mariage

l4AutreElle :
Un film d’1h pas vraiment abouti. Une jeune femme enceinte de jumeaux décide de supprimer un embryon. Le mari pas vraiment communicatif et solidaire, n’approuve pas cette décision et quitte le foyer pour aller pédaler sur son tandem. La femme déprime et sympathise avec un handicapé. Ce que le réalisateur cherche à faire passer est assez confus. Il ne fait qu’effleurer les problèmes et ne cherche pas à donner un peu de profondeur à ses personnages. Tout est gris ; on ne communique pas et la fin est assez énigmatique.
Note : 2 étoiles

Lui :
C’est un film assez étrange, dont il est même un peu difficile de parler… L’histoire est à la fois à la limite du documentaire tout en n’étant pas très crédible. Les personnages sont assez peu approfondis, nous n’avons aucun indice pour savoir pourquoi ce couple est à ce point fragile. C’est en fait sur une situation que l’on se penche, mais cette situation paraît un peu artificielle et l’on reste vraiment spectateur. On peut certes sentir une certaine influence de Kieslowski mais l’histoire et les sentiments exposés n’ont pas la même force.
Note : 2 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Dominique Baeyens, Philippe Grand’Henry
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27 avril 2005

Dolls (2002) de Takeshi Kitano

DollsElle :
J’aime bien Kitano mais pas tous ses films et celui-ci ne fait pas partie des élus. Je l’ai trouvé particulièrement soporifique et ai abandonné au bout d’1h. Il s’agit de trois histoires d’amour avortées car le désir de réussite sociale a été le plus fort : un jeune couple enchaîné qui erre sans fin, un chef « du milieu » qui part à la recherche de son amour de jeunesse trente ans plus tard, une troisième histoire que je n’ai pas vue. La mise en scène est assez onirique ; il y a peu de dialogues et de bande son.
Note : pas d'étoiles

Lui :
Avec ce film Kitano nous conte trois histoires, des histoires tragiques à l’image de celles des bunrakus japonais. Ces trois histoires n’ont pas la même présence, la plus forte étant celle des « mendiants enchaînés », ce jeune couple dont chaque geste est empreint de tristesse et de mélancolie et qui erre sans but, rongé par le remords. Ce couple errant est l’occasion pour Kitano de créer de très beaux plans, notamment en utilisant les couleurs des quatre saisons et de montrer une grande maîtrise de la mise en scène. Tout en étant assez fort, le film n’est pas sans défaut : l’une des trois histoires (avec la jeune star) paraît forcée et futile et le rythme général est tout de même très lent. Il faut sans doute y voir un film essentiellement visuel, presque hors du temps, une sorte de version moderne de ces tragiques légendes japonaises.
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Miho Kanno, Hidetoshi Nishijima, Tatsuya Mihashi, Chieko Matsubara
Voir la fiche du film et la filmographie de Takeshi Kitano sur le site IMDB.

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25 avril 2005

« Vodka Lemon » (2003) de Hiner Saleem

Vodka lemonElle :
Ce réalisateur kurde parvient avec des bouts de ficelle à créer un univers décalé ponctué d’humour et de fantaisie dans un village perdu d’Arménie. Dans de superbes paysages enneigés, on voit évoluer un veuf et une veuve qui se rendent sur la tombe de leurs époux respectifs et qui finiront par se rapprocher tant la vie et la solitude sont rudes. Pas d’argent, pas de travail, pas de présent et pas d’avenir. On voit des chaises un peu partout à l’extérieur comme si elles symbolisaient l’attente d’un avenir meilleur. Hamo veut vendre son armoire qu’il transbahute sur son dos et Lala tente de vendre son piano pour survivre. Les compositions d’images sont incongrues et amusantes tel ce lit tiré dans la neige par un bus, ce magasin de vodka perdu dans la campagne, ce cheval qui traverse l’écran de temps à autre, ce repas de noce pris dans la neige. Les personnages sont également attachants ; ils subissent leur sort mais parviennent à grappiller de temps à autre des parcelles de bonheur grâce au chant et à la musique.
Note : 4 étoiles

Lui :
C’est avec une bonne dose d’humour que le réalisateur choisit de montrer la difficulté de vivre dans ce minuscule village d’Arménie, englué par la neige et loin de tout. Il n’hésite donc pas à enchaîner les situations les plus incongrues et inattendues, et le film a indéniablement un côté surréaliste. Parfois, cela semble un peu plaqué, on sent qu’il a voulu faire « une image », mais c’est le plus souvent réussi et surtout il parvient à rendre ses personnages assez attachants malgré leur mutisme quasi permanent. Le grand père du réalisateur avait, paraît-il, l’habitude de dire « notre passé est triste, notre présent est catastrophique mais, heureusement, nous n’avons pas d’avenir », une phrase à la fois drôle et terrible qui résume parfaitement le ton et le propos du film.
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Romen Avinian, Lala Sarkissian
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8 avril 2005

Master and Commander : De l’autre côté du monde (2003) de Peter Weir

Titre original : « Master and Commander: The far side of the world »

MastercommanderElle :
Ce film adapté de deux romans de Patrick O’Brian retrace dans les eaux de l’Amérique du Sud, la course poursuite impitoyable entre deux frégates lors des guerres napoléoniennes de 1805. L’une est française et s’appelle L’Acheron. L’autre est anglaise et est dirigée d’une main de fer par un commandant aimé de son équipage (il est interprété par Russell Crowe). Peter Weir s’attarde sur les difficiles conditions de vie à bord, les choix cruciaux à faire pour sauvegarder le navire, la barbarie des batailles navales, l’absurdité de cette traque sans fin alors que la paix est peut-être signée. Les images de mer et de gréements sont belles et impressionnantes. Cependant, les combats sont assez confus et trop longs. Le scénario manque de contenu et d’intensité dramatique pour pouvoir s’attacher davantage à la tragique histoire de ces hommes. On a tendance à s’ennuyer un peu.
Note : 3 étoiles

Lui :
Cette reconstitution d’une course poursuite interminable entre une frégate anglais et un navire français pendant les guerres napoléoniennes n’est pas sans attrait. La vie sur ces bateaux et la confiance presque aveugle de l’équipage envers leur commandant sont particulièrement bien rendues. Sur le plan de la photographie, certains plans sont également très beaux. Cependant, l’ensemble n’est pas très convaincant : Le film est assez long, de nombreuses scènes (par ex. tempête, batailles) sont rendues très confuses par un découpage trop heurté et les scènes de chirurgie (rudimentaire bien évidemment) semblent inutiles. Il reste le spectacle bien sûr, mais ce film me laisse un peu déçu, d’autant plus que Peter Weir est un réalisateur que j’affectionne tout particulièrement et qui tourne trop peu à mon goût…
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Russell Crowe, Paul Bettany
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3 avril 2005

Agents secrets (2004) de Frédéric Shoendoerffer

AgentssecretsElle :
On est très vite agressé par le montage et la bande son qui ne laissent aucun instant de répit. L’ensemble est trop léché et cherche à imiter les films américains. On n’y croit pas. Images et musique choc qui me submergent très vite. J’abandonne.
Note : pas d'étoiles

Lui :
Le film démarre en suivant les canons du film américain d’espionnage, avec un montage et des mouvements de caméra tape-à-l’oeil et racoleurs. Ensuite, le film s’écarte de ces conventions pour se concentrer plus sur le « facteur humain », sur les questionnements et états d’âme divers des agents. L’opération décrite évoque l’affaire du Rainbow Warrior, la mise en place de l’opération étant assez longuement décrite. Même si le scénario reste un peu confus, l’ensemble se laisse regarder et sait bien éviter un certain mimétisme de la production hollywoodienne. On a cependant  un peu du mal à s’intéresser aux personnages et à leurs interrogations.
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Vincent Cassel, Monica Bellucci, André Dussollier
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31 mars 2005

Malabar Princess (2004) de Gilles Legrand

Malabar PrincessElle:
Ce premier film est assez réussi. Cette fable évoque un petit garçon qui a un grand mal à surmonter la disparition de sa mère dans les entrailles d’un glacier. Recueilli en haute montagne par son grand-père interprété par Jacques Villeret, cet enfant mène son enquête pour savoir exactement comment sa mère est morte. Gilles Legrand parvient à créer des personnages attachants autour de l’enfant et de son grand-père qui s’adoucit à son contact, un peu comme dans Le Vieil Homme et L’Enfant. On pénètre avec délicatesse dans l’imaginaire de cet enfant perturbé avec l’histoire de l’accident de l’avion Malabar Princess. Malgré des maladresses de mise en scène, le film est prometteur.
Note :3 étoiles sur 5

Lui:
C’est une histoire pleine de sentimentalisme, utilisant des ressorts assez conventionnels mais qui parvient tout de même à créer un réel intérêt atour de ce gamin qui recherche sa mère, morte dans un glacier. L’histoire prend assez bien d’abord grâce aux acteurs, Jules Bigarnet, l’enfant, en tête, mais aussi par un bon déroulement du scénario. Jacques Villeret est à nouveau dans un rôle habituel pour lui (bourru au grand coeur)… Très classique donc mais tout de même bien fait.
Note :3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Jacques Villeret, Claude Brasseur, Jules Bigarnet
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29 mars 2005

« Le cerf-volant » (2003) de Randa Chahal Sabag

Cerf volantElle :
Ce film sensible et sincère (Lion d’Argent à Venise en 2003) met en scène Lamia, une jeune fille libanaise mariée de force par sa famille à son cousin qui vit dans un autre village libanais annexé par Israël. Entre les deux, un no man’s land contrôlé par deux soldats israéliens dont l’un tombe amoureux de Lamia. La raison de ce mariage est qu’elle s’est permise d’aller rechercher son cerf-volant tombé de l’autre côté de la frontière de barbelés. Cet objet symbolise un désir de liberté et d’émancipation des femmes. Ce mariage forcé aboutit à un divorce qui stigmatisera la jeune femme à vie. La réalisatrice ne se lance pas dans de grands discours politiques. Elle fait le constat des absurdités d’une situation où les frontières empêchent les peuples de communiquer et de s’aimer. C’est avec humour, qu’elle montre les femmes communiquer par mégaphone d’un village à un autre. Elle dénonce également les conditions de vie de ces femmes voilées condamnées au bon vouloir de leurs maris. Par certains côtés, le film rappelle « Intervention divine » d’Elia Suleiman.
Note : 4 étoiles

Lui :
Ce film nous permet de porter un regard très particulier sur les à-côtés de la guerre de territoire au Proche-Orient, et plus particulièrement sur une famille coupée en deux, dont les membres sont séparés par un no man’s land d’un kilomètre. Le réalisateur a choisi de nous montrer sans drame et même avec beaucoup d’humour, cette famille forcée de se parler par mégaphone. C’est aussi un regard porté sur une certaine opposition entre deux types de sociétés, puisque le personnage principal est une jeune fille de 15 ans que sa famille veut marier de force. Beaucoup de délicatesse dans cette histoire, malgré l’environnement peu favorable, et une certaine candeur qui force l’adhésion.
Note : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Flavia Bechara
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26 mars 2005

Une vie à t’attendre (2004) de Thierry Klifa

VieaattendreElle :
Un premier film pas mal mis en scène mais avec un sujet bien éculé et assez ennuyeux: les retrouvailles de deux amants après douze ans d’absence. Patrick Bruel incarne l’amant hésitant en permanence entre une nouvelle vie avec la jeune Claire ou refaire sa vie avec son ancienne compagne (Nathalie Baye) plus âgée que lui. Il sourit tout le temps et nous sert tout un flot de platitudes sur le sens de la vie. Le traitement du film est très convenu et bourré de clichés sur l’amour. Les seconds rôles qui gravitent autour des personnages principaux manquent d’épaisseur. Thierry Klifa a du mal à remplir et à finir son film.
Note : 2 étoiles

Lui :
Cette histoire d’amour inachevée il y a 15 ans est on ne peut plus conventionnelle, on y trouve toute la panoplie des dialogues de circonstance les plus banals et l’on a toujours l’impression de pouvoir prédire la suite. La mise en place des personnages est assez confuse. Patrick Bruel sourit beaucoup, il passe même tout le film à sourire (il faut reconnaître qu’il est d’ailleurs assez bon pour sourire, il pleure une fois vers la fin, mais c’est plus moyen…) Nathalie Baye sourit beaucoup aussi ; en revanche, les seconds rôles font franchement la gueule… Pour un premier film, la mise en scène est plutôt réussie mais le film est franchement desservi par un scénario trop faible et bien trop conventionnel.
Note : 2 étoiles

Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 1,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Nathalie Baye, Patrick Bruel, Géraldine Pailhas
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25 mars 2005

Zatôichi (2003) de Takeshi Kitano

ZatoichiElle :
Kitano comme dans tous ses films incarne le personnage central du film. Ici il s’agit de Zatôichi, un vieil aveugle qui joue du sabre plus vite que son ombre. C’est un héros populaire au Japon. Kitano transpose son personnage blond platiné dans le Japon des samouraïs. Il lui faut éliminer des bandes de bandits. L’histoire se construit également autour d’une sœur et d’un frère déguisé en femme qui veulent venger la mort de leurs parents. Les images sont belles et les scènes d’action sont saisissantes. Il n’hésite pas à utiliser à jouer les effets de surprise et de décalage, à parsemer son scénario d’humour et à utiliser une musique contemporaine étonnante à base de percussions. Kitano se fait plaisir et jongle avec sa caméra. Malgré quelques petites longueurs, on passe un bon moment.
Note : 4 étoiles

Lui :
Kitano s’est visiblement amusé en mettant en scène ce personnage de héros japonais, il s’est amusé mais pour notre plus grand plaisir. Zatôichi est par certains côtés proche d’une bande dessinée par les côtés « super héros » de son personnage principal. Les hommes tombent comme des mouches mais Kitano sait montrer juste ce qu’il faut, sans complaisance envers la violence. Il joue beaucoup avec la construction du film, plaçant des flash-back assez courts sans prévenir, et aussi avec la musique, les percussions. La scène finale est complètement décalée et presque délirante, puisque des paysans du XIXe siècle y font des claquettes… La mise en scène est particulièrement efficace, sans failles. Un très beau moment de pur divertissement.
Note : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Takeshi Kitano, Tadanobu Asano, Michiyo Ookusu
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