12 novembre 2007

Deux hommes dans l’Ouest (1971) de Blake Edwards

Titre original : « Wild Rovers »

Deux hommes dans l'OuestElle :
(pas vu)

Lui :
Bien que Deux Hommes dans l’Ouest soit le seul western qu’il ait réalisé, Blake Edwards n’est pas totalement étranger au genre puisqu’il a écrit plusieurs scénarios au début de sa carrière. Ici, il nous offre un film d’un grand classicisme où tous les grands thèmes du western et de la vie du cow-boy sont bien là : grands espaces avec de superbes paysages, grande propriété avec ses innombrables têtes de bétail, bagarre au saloon, femmes de petite vertu, attaque de banque (assez peu orthodoxe toutefois, très calme), poursuites à cheval, capture d’une cheval sauvage, partie de poker qui tourne mal,… oui tout est là, mais sans ce côté spectaculaire habituel qui rend tout artificiel. Avec Blake Edwards tout semble couler de source, un naturel qui donne à Deux Hommes dans l’Ouest une grande authenticité. Celle-ci est d’ailleurs accentuée par l’absence d’acteurs trop connus. Nous avons simplement l’impression de partager leurs vies dont la rudesse trouve écho dans le drame qui se déroule devant nous. Oui, Deux Hommes dans l’Ouest est un western peu spectaculaire, certes, mais vraiment très beau et très authentique.
Note : 4 étoiles

Acteurs: William Holden, Ryan O’Neal, Karl Malden, Tom Skerritt
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Note : Le film a été amputé de 30 minutes par les distributeurs qui, en outre, ont cru bon que rajouter les scènes (parfaitement inutiles et un peu ridicules) de ralentis.

7 novembre 2007

Une nuit à l’opéra (1935) de Sam Wood

Titre original : A night at the Opera

Une nuit à l'OpéraElle :
(pas revu)

Lui :
La scène du restaurant, au tout début du film, entre Groucho et Margaret Dumont donne le ton général : l’humour coule non-stop et à gros flots. Cela va en effet continuer ainsi pendant les 90 minutes que dure Une Nuit à l’Opéra. Les scènes de la cabine du bateau, du petit-déjeuner, de la lecture du contrat sont mémorables… On ne s’en lasse pas. Une nuit à l'Opéra Pour la première fois, les Marx Brothers ont un réalisateur de premier plan qui sait parfaitement mettre en valeur les scènes que les frères Marx ont souvent longuement rodées dans leurs spectacles en tournée. Le film est bien mieux construit et l’humour a un effet décuplé. Une nuit à l’Opéra est sans aucun doute l’un des tous meilleurs films des Marx Brothers. Un vrai petit bijou.
Note : 5 étoiles

Acteurs: Groucho Marx, Chico Marx, Harpo Marx, Kitty Carlisle, Margaret Dumont
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4 novembre 2007

Conversations avec une femme (2005) de Hans Canosa

Titre original : Conversations with other women

Conversation avec une femmeElle :
Un huis clos amoureux pour un couple de quarantenaires qui se retrouvent après 15 ans lors d’une soirée de mariage. Le film se laisse regarder mais l’ensemble parait un peu vain. C’est une comédie intimiste et nostalgique autour d’un amour de jeunesse dont les protagonistes cherchent à réveiller les éclats. Le réalisateur a préféré plus se concentrer sur la forme que sur le fond. Cela nuit à la richesse du scénario qui présente des phases parfois longues et ennuyeuses.
Note : 3 étoiles

Lui :
Conversations avec une femme est un film assez original dans ses apparences : de longs dialogues entre deux personnages, quasiment un huis clos à deux. Sur ce plan le film est assez intéressant en soi. Dommage que cette histoire de quarantenaires qui se retrouvent fortuitement 15 ans après avoir eu une aventure de jeunesse ne soit pas plus passionnante. Le film paraît futile dès les premières minutes et l’on attend que cette histoire s’intensifie… Mais Conversations avec une femme reste hélas futile jusqu’au bout. Le réalisateur utilise le split-screen (écran coupé en deux) sur certaines scènes, effet qui n’apporte absolument rien si ce n’est une (petite) touche d’humour dans la toute scène finale.
Note : 2 étoiles

Acteurs: Aaron Eckhart, Helena Bonham Carter
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3 novembre 2007

Tina (1993) de Brian Gibson

Titre original : What’s love got to do with it

TinaElle :
Film musical touchant sur la vie tumultueuse et tragique de Tina Turner qui fit carrière en tandem avec le talentueux mais brutal Ike Turner. Il lui en a fait baver à la pauvre Tina. Ce n’est qu’au bout de 18 ans qu’elle parvient à échapper à ses griffes de cocaïnomane violent et possessif. Quelle énergie et charisme elle dégageait sur scène! Les acteurs qui interprètent le couple Turner sont très crédibles et parviennent à nous insufler l’ambiance soul de l’époque.
Note : 5 étoiles

Lui :
Tina est un film vraiment très bien fait. Bien sûr, une grande partie de son attrait réside dans la mise en scène des prestations d’Ike & Tina Turner (toute une époque, snif…), mais en plus on est happé par l’histoire, le trajet mouvementé et tragique de Tina Turner. C’est sa version des faits, certes, mais une version que personne n’a contredite. Le couple Fishburne/Bassett est merveilleux, cette dernière parvenant parfaitement à transcrire la prodigieuse énergie de la chanteuse. A noter que les morceaux (même les plus anciens) sont chantés par Tina Turner, ceux originellement avec Ike ayant été ré-enregistrés.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Angela Bassett, Laurence Fishburne, Khandi Alexander
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2 novembre 2007

Les quatre cavaliers de l’apocalypse (1962) de Vincente Minnelli

Titre original : « The Four Horsemen of the Apocalypse »

Les quatre cavaliers de l’apocalypse Elle :
(pas vu)

Lui :
40 ans après la version de Rex Ingram avec le beau Rudolph Valentino, Minnelli signe une nouvelle adaptation du roman de Vicente Blasco Ibáñez en transposant l’action au cours de la seconde guerre mondiale. Les Quatre Cavaliers de l’Apocalypse met toujours en scène une riche famille qui va se déchirer entre sa branche allemande et sa branche franco-argentine. La mise en scène de Minnelli est d’un très beau classicisme, en cinémascope mais sans esbroufe dans un Paris occupé en très beau technicolor, assez épuré.

Les quatre cavaliers de l’apocalypse Hélas, si Minnelli parvient parfaitement à créer une tension au tout début du film (très belle scène du dîner) et également à la fin, il faut bien avouer que Les Quatre Cavaliers de l’Apocalypse manque souvent d’intensité. Très sobre comme toujours dans son jeu, Glenn Ford signe une belle performance, même si on peut le juger un peu trop âgé pour ce rôle de jeune séducteur (dans son autobiographie, Minnelli raconte qu’il avait rencontré le jeune Alain Delon mais la MGM refusa un débutant). Face à lui, Ingrid Thulin est hélas doublée (sauf, bizarrement, dans quelques scènes m’a-t-il semblé), les producteurs n’ayant pas voulu prendre de risque à cause de son accent suédois et ce doublage contribue à donner cette impression de manque d’intensité.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Glenn Ford, Ingrid Thulin, Charles Boyer, Paul Henreid
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Autre version :
Les Quatre Cavaliers de l’Apocalypse de Rex Ingram (1921) avec Rudolph Valentino est l’un des énormes succès de l’époque du muet. L’histoire est très proche mais se tient cette fois au cours de la première guerre mondiale. C’est le film qui fit naître la popularité de Valentino dont la célébrité explosera ensuite avec The Sheik.

1 novembre 2007

Limbo (1999) de John Sayles

LimboElle :
Beau film au scénario original dans les paysages d’Alaska. Une femme, sa fille et son compagnon se retrouvent malgré eux entraînés dans une aventure haletante sur fond de trafic de drogue, d’île déserte et de survie dans un environnement hostile. Les personnages sont attachants et leur parcours de rescapés riche en enseignements.
Note : 5 étoiles

Lui :
Le film s’articule en deux volets. La première moitié correspond à une approche sociologique, mettant en scène quelques habitants d’un village du sud de l’Alaska. Ce début est presque déroutant sur le plan de la construction : on saute brutalement d’un personnage à l’autre, sans qu’il n’y ait de lien visible. Il faut se laisser bercer. On finit par s’attarder plus longuement sur trois personnages et la seconde partie,  plus psychologique, les place en huis clos sur une île. Au final, le film est très intéressant et attachant.
Note : 5 étoiles

Acteurs: Mary Elizabeth Mastrantonio, David Strathairn, Vanessa Martinez, Kris Kristofferson
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28 octobre 2007

Buena Vista Social Club (1999) de Wim Wenders

Buena Vista Social ClubElle :
Pour apprécier ce film, il faut (beaucoup) aimer la musique cubaine ce qui n’est pas exactement mon cas, je le crains. Ce que filme Wenders à la Havane, c’est le délabrement d’une ville dont la seule joie de vivre est de faire de la musique. Ces grands-pères oubliés sont émouvants et le mérite de Ry Cooder est de les avoir fait découvrir hors de Cuba.
Note : 2 étoiles

Lui :
Wenders aurait pu nous raconter le chemin suivi par Ry Cooder pour retrouver ces musiciens, comment il les a convaincus, etc… Non, il a choisi de mettre bout à bout des mini-interviews pas très intéressantes, des scènes de concert où le son est d’une qualité déplorable et des scènes d’enregistrement. Ajoutez une bonne dose de caméra à l’épaule, des images surexposées ou floues et vous avez un film assez complaisant, plutôt indigne de Wenders.
Note : 1 étoiles

Acteurs:
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27 octobre 2007

La lumière verte (1937) de Frank Borzage

Titre original : « Green light »

La lumière verteElle :
(pas vu)

Lui :
Un jeune chirurgien se laisse accuser du décès de l’un de ses patients afin d’éviter la disgrâce et la ruine à un autre chirurgien plus âgé. Tel est le point de départ de La Lumière Verte qui va permettre à Frank Borzage d’aborder plusieurs grandes questions sur notre rôle sur terre, l’éthique, le sacrifice. Ce dernier thème est appuyé par la présence du personnage du Révérend, avec un parallèle entre médecine et religion, le corps et l’âme… Errol Flynn incarne à merveille ce chirurgien chevaleresque, alliant le charme à une forte détermination morale. Finalement, La Lumière Verte est certainement un film moins anodin qu’il ne paraît au premier abord.
Note : 3 eacute;toiles

Acteurs: Errol Flynn, Anita Louise, Margaret Lindsay, Cedric Hardwicke
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27 octobre 2007

Le cargo maudit (1940) de Frank Borzage

Titre original : « Strange cargo »

Strange CargoElle :
(pas vu)

Lui :
Après La Lumière Verte, Frank Borzage centre une nouvelle fois un film, non pas sur l’amour et ses pouvoirs, mais sur une forte notion plus spirituelle. Il va cette fois beaucoup plus loin. Le Cargo Maudit suit le périple d’un petit groupe de bagnards qui tentent de s’échapper d’une île-prison en Guyane. L’un d’entre eux, que l’on pourrait appeler un ange pour simplifier (mais dans la scène finale, Cargo maudit Borzage laisse supposer qu’il est même bien plus que cela), va peu à peu les transformer : en chaque homme, le « bon » sommeille et ne demande qu’à être révélé. Clark Gable est bien entendu parfait dans le rôle de mauvais garçon endurci et indomptable ; il partage ici pour la huitième fois l’affiche avec Joan Crawford. Leur talent empreint de connivence n’est toutefois pas suffisant pour rendre le film vraiment convaincant ; peut-être, le sujet était-il un peu trop ambitieux. Le Cargo Maudit reste toutefois un film surprenant et donc intéressant.
Note : 3 eacute;toiles

Acteurs: Joan Crawford, Clark Gable, Ian Hunter, Peter Lorre
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23 octobre 2007

Ripley’s game (2002) de Liliana Cavani

Ripley’s gameElle :
(pas vu)

Lui :
Adaptation du livre du même nom signé Patricia Highsmith, Ripley’s Game ne doit pas être confondu avec Le Talentueux Monsieur Ripley qui a déjà été brillamment adapté par René Clément (Plein Soleil en 1960 avec Alain Delon et Maurice Ronet) et par Anthony Minghella (Le Talentueux Monsieur Ripley en 1999). Ce roman reprend le personnage de Ripley quelque 20 ans après son premier forfait, tout comme Wim Wenders l’avait déjà fait avec L’Ami américain en 1977 dans son style très personnel, en laissant un peu de côté le côté policier de cette histoire. Cette version en revanche lui donne toute sa place et nous découvrons qu’elle se révèle hélas bien peu intéressante. Le film ne tient que par la présence de John Malkovitch qui excelle dans son rôle de truand classieux, parfaitement amoral mais plein de charme. Ce rôle lui va comme un gant et c’est un vrai plaisir de le voir évoluer pendant la première moitié du film. Hélas, dès qu’il apparaît un peu moins, nous retrouvons une histoire de faible intérêt et mise en scène de façon assez terne.
Note : 2 eacute;toiles

Acteurs: John Malkovich, Dougray Scott, Ray Winstone, Lena Headey
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