21 octobre 2008

Qu’est-ce que maman comprend à l’amour? (1958) de Vincente Minnelli

Titre original : « The reluctant debutante »

The reluctant debutanteElle :
(pas vu)

Lui :
The Reluctant Debutante, qui n’est guère servi par une traduction puérile de son titre en Qu’est-ce que maman comprend à l’amour?, n’est sans aucun doute pas l’un des films majeurs de Minelli mais cela ne l’empêche pas d’être un vrai petit bijou. Une toute jeune fille, élevée en Amérique, rentre à Londres. Sa mère décide de la « faire débuter dans le monde ». Rien ne va se passer comme prévu… Ce scénario, adapté d’une pièce par son auteur, William Douglas-Home, permet à Minelli de concocter une comédie vive et brillante qui se moque sans équivoque des rites de la vieille Angleterre Qu'est-ce que maman comprend à l'amour? et de sa haute société engoncée dans ses principes et ses apparences. Le rythme est très enlevé avec un humour omniprésent et de nombreux moments vraiment jubilatoires. Les personnages sont vraiment hauts en couleur à commencer par la mère, formidablement interprétée par Kay Kendall qui insuffle beaucoup de vivacité à l’ensemble et aussi beaucoup de charme avec son petit nez retroussé… Plusieurs scènes évoquent la perfection, tout semblant parfaitement en place au service de la comédie. Oui, Qu’est ce que Maman comprend à l’amour? est certainement mésestimé, un vrai petit bijou.
Note : 5 étoiles

Acteurs: Rex Harrison, Kay Kendall, John Saxon, Sandra Dee, Angela Lansbury
Voir la fiche du film et la filmographie de Vincente Minnelli sur le site IMDB.

Voir les autres films de Vincente Minnelli chroniqués sur ce blog…

Note :
Au moment du tournage, Rex Harrisson et Kay Kandall étaient depuis peu mari et femme et leur complicité est évidente dans le film. L’actrice devrait être emportée un an plus tard par une leucémie à l’âge de 33 ans.

Remake :
Ce dont rêvent les filles (2003, What a girl wants) de Dennis Gordon avec Amanda Bynes et Colin Firth.

20 octobre 2008

Fur, un portrait imaginaire de Diane Arbus (2006) de Steven Shainberg

Titre original : « Fur: An imaginary portrait of Diane Arbus »

Fur, un portrait imaginaire de Diane ArbusElle :
On connaît l’attirance de la célèbre photographe Diane Arbus pour les gens hors norme, les gens décalés, les univers imaginaires. Le réalisateur tente ici d’imaginer ce qui a conduit Diane Arbus vers une telle approche photographique. Le film oscille entre réalité et fiction puisqu’on voit la photographe évoluer de l’artificialité de son milieu d’origine réel vers l’univers fantasmagorique d’un voisin qui vit à l’écart de la normalité tant dans sa vie que dans son apparence physique. L’ensemble tient surtout grâce à la présence mystérieuse de Nicole Kidman. Le film a le mérite de nous inciter à redécouvrir la vie et les photos de Diane Arbus.
Note : 3 étoiles

Lui :
Si le film de Steven Shainberg a le mérite de mieux faire connaître la photographe américaine Diane Arbus, on peut s’interroger sur l’intérêt de créer une biographie imaginaire, sorte de fourre-tout hollywoodien où les scénaristes inventent des scènes censées avoir inspiré l’artiste new-yorkaise. Le seul point réel dans tout cela est le milieu d’où elle est issue : fille d’un riche négociant en fourrures, elle fut d’abord assistante de son mari, photographe de mode. La rencontre avec ce voisin si particulier n’a donc certainement jamais eu lieu. Le film reste plaisant à regarder même s’il a un peu tendance à abuser d’images et de situations décalées et hors normes. Il faut dire que la présence de Nicole Kidman porte le film : l’actrice donne une interprétation très délicate d’une Diane Arbus en recherche, prête à l’exploration de nouvelles voies.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Nicole Kidman, Robert Downey Jr., Ty Burrell
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19 octobre 2008

Les anges aux figures sales (1938) de Michael Curtiz

Titre original : « Angels with dirty faces »

Les anges aux figures salesElle :
(pas vu)

Lui :
Deux gamins chapardeurs d’un quartier très populaire de New-York se retrouvent 15 ans plus tard. L’un est devenu prêtre alors que l’autre est un petit caïd admiré par une bande de gamins du quartier. Le scénario de Les anges aux figures sales n’est franchement pas novateur en cette fin des années 30 mais le traitement que Curtiz en fait est néanmoins remarquable. Si le film connut un franc succès au moment de sa sortie, il est généralement moins bien considéré aujourd’hui où il est de bon ton de railler les films un tant soit peu moralisateurs. C’est dommage car la réalisation de Michael Curtiz est irréprochable : un rythme très bien enlevé avec un joli mélange de scènes d’action et de scènes de réalisme social, une belle photographie jouant avec les ombres et surtout une parfaite interprétation, James Cagney en tête qui fait à nouveau tandem avec Pat O’Brien. Les anges aux figures sales propulsa la carrière d’Ann Sheridan et celle des Dead End Kids qui interprètent ici la petite bande de gamins. Bogart est ici dans un second rôle, plutôt effacé.
Note : 4 étoiles

Acteurs: James Cagney, Pat O’Brien, Humphrey Bogart, Ann Sheridan, George Bancroft
Voir la fiche du film et la filmographie de Michael Curtiz sur le site IMDB.

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Pour capitaliser sur le succès de Les anges aux figures sales, la Warner sortit un  an plus tard Angels Wash Their Faces (cela ne s’invente pas!) avec Ann Sheridan, Ronald Reagan et les Dead End Kids. Ce n’est pas une suite mais plutôt un film sur le même thème. Un film hélas de bien moindre intérêt.

18 octobre 2008

D’une vie à l’autre (1998) de Richard LaGravenese

Titre original : Living Out Loud

D'une vie à l'autreElle :
(En bref) Après son divorce, une femme de la bourgeoise new-yorkaise se retrouve face à elle-même et cherche un nouveau sens à donner à sa vie. D’une vie à l’autre se laisse regarder sans déplaisir mais ne laissera pas de trace. Le scénario manque quelque peu de richesse.
Note : 3 étoiles

Lui :
(En bref) On reste assez étranger à cette histoire et les portraits des personnages manquent de profondeur.
Note : 2 étoiles

Acteurs: Holly Hunter, Danny DeVito, Queen Latifah
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15 octobre 2008

Thomas Garner (1933) de William K. Howard

Titre original : « The power and the glory »

Thomas GarnerElle :
(pas vu)

Lui :
Thomas Garner est souvent cité comme le premier film à utiliser largement le flashback : le film débute par la cérémonie de funérailles d’un grand patron d’une compagnie de chemin fer dont on va ensuite nous raconter la vie. C’est exactement le type de construction que l’on retrouvera 8 ans plus tard dans Citizen Kane et Orson Welles a toujours cité Thomas Garner comme l’une de ses sources d’inspiration. En dehors de cette particularité, il faut bien reconnaître que le film manque de puissance dans son récit : l’accent est plus mis sur la vie sentimentale de cet homme parti du plus bas pour arriver au plus haut socialement alors que sa vie sentimentale est parti du plus haut pour finir au plus bas. Le portrait manque de profondeur et l’ensemble paraît assez anecdotique. Spencer Tracy, alors âgé de 33 ans, doit interpréter un personnage bien plus âgé que lui et il semble le faire sans grande conviction. Thomas Garner apparaît donc bien moins fort que le titre anglais ne le laisserait supposer (à noter que le film n’a aucun lien avec le roman homonyme de Graham Greene, La puissance et la gloire).
Note : 2 étoiles

Acteurs: Spencer Tracy, Colleen Moore, Ralph Morgan
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11 octobre 2008

Chut, chut, chère Charlotte (1964) de Robert Aldrich

Titre original : « Hush… hush, sweet Charlotte »
Autre titre parfois utilisé :
« Berceuse pour un massacre » (Belgique)

Chut, chut, chère CharlotteAvec Chut chut, chère Charlotte, Robert Aldrich poursuit dans la veine du terrifiant Qu’est-il arrivé à Baby Jane qui venait de remporter un franc succès : c’est un film assez noir et même cruel, un polar à la frontière du fantastique. Charlotte vit seule dans son immense demeure de Louisiane ; tout le monde la dit folle mais quel terrible secret cache t-elle ? Charlotte, c’est bien entendu Bette Davis, absolument magistrale quand elle paraît au bord de la démence. Chut, chut, chère Charlotte Il est plus surprenant de trouver en face Olivia de Havilland dans un rôle de personnage trouble qui cache admirablement ses intentions. Agnes Moorehead, en bonne à tout faire haute en couleur, complète cet admirable trio d’acteurs qui tient tout le film par une interprétation puissante. Le scénario est plutôt complexe, faisant intervenir moult mensonges et hallucinations, assez inattendu dans son explication finale. Chut chut chère Charlotte n’est généralement pas très bien considéré par la critique, étant jugé inférieur à Baby Jane. C’est un peu injuste car le film est puissant à la fois dans son interprétation et son scénario. Il vaut vraiment la peine d’être (re)vu.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Bette Davis, Olivia de Havilland, Agnes Moorehead, Joseph Cotten, Mary Astor, Bruce Dem
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Berceuse pour un massacre Remarque :
Originellement, Joan Crawford devait faire face à Bette Davis, comme dans Baby Jane. L’actrice se déclara « malade » peu avant le début du tournage, refusant de sortir de l’hôpital… Elle fut donc remplacée de façon un peu précipitée par Olivia de Havilland.

9 octobre 2008

Echec à la Gestapo (1942) de Vincent Sherman

Titre original : « All through the night »

Echec à la GestapoElle :
(pas vu)

Lui :
Comme le titre français le laisse supposer sans subtilité, Echec à la Gestapo est un de ces films dits « de propagande » sortis pendant la seconde guerre mondiale : un joueur professionnel qui n’a pas froid aux yeux démasque un dangereux réseau d’activistes nazis de la 5e Colonne agissant en plein New York. Le film est traité sous forme d’une comédie, qui donne à l’ensemble beaucoup de légèreté, avec une bonne dose de suspense. La qualité de l’interprétation donne un film assez plaisant, Humphrey Bogart semblant particulièrement à l’aise dans ce rôle où il donne parfois l’impression de se parodier lui-même. Les seconds rôles sont particulièrement bien tenus, y compris les rôles de vilains qui ont ainsi une certaine ampleur. Echec à la Gestapo fut mal reçu à sa sortie : la première eut lieu le lendemain de Pearl Harbour et, dès lors, plus aucun américain n’avait le cœur à rire ni même à sourire sur le sujet d’espions ennemis infiltrés.
Note : 3 eacute;toiles

Acteurs: Humphrey Bogart, Conrad Veidt, Kaaren Verne, Peter Lorre, William Demarest, Frank McHugh
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5 octobre 2008

Le Parrain 3 (1990) de Francis Ford Coppola

Titre original : « The Godfather, part III »

Le Parrain 3Elle :
(pas vu)

Lui :
C’est contraint et forcé que Francis Ford Coppola s’attelle, 15 ans plus tard, à filmer un troisième film sur le thème du Parrain de Mario Puzo : ses difficultés financières des années 80 ne lui laissent guère d’autre choix. Sur le plan du scénario, ce 3e volet est plutôt plus intéressant que les deux précédents car il montre un homme qui cherche à échapper à son destin, qui tente par-dessus tout d’inverser le cours des choses. Hélas, pour faire bonne figure à côté des deux premiers Parrain, Coppola étire le récit au maximum et nous sommes presque pressés d’en finir alors qu’arrive la plus belle scène, la scène finale de l’opéra, réglée comme du papier à musique (!) La mise en scène est assez fastueuse sans que ce soit, cette fois, de façon trop ostensible. Le fond du propos s’ancre dans le thème de la « conspiration occulte » (des hommes puissants et invisibles tirent les ficelles), théorie qui est devenue très en vogue depuis, mais il faut reconnaître qu’elle ne l’était pas autant en 1990 ; on ne peut accuser les scénaristes d’avoir cédé à la mode. C’était certainement pour Coppola un moyen de donner à la mafia un adversaire à sa mesure et de lancer au passage des piques bien appuyées à l’Eglise. Sur le plan des acteurs, on peut noter la présence au premier plan de la sœur de Coppola, Talia Shire, et de sa fille, Sofia Coppola. Mais le rôle en or, le rôle du jeune protégé que tant d’acteurs convoitaient, c’est Andy Garcia qui le décrocha et il fait là une belle prestation, pleine de vigueur et de colère contenue. Le succès populaire du Parrain 3 fut moindre et le film n’eut donc cette fois aucun Oscar… C’est toutefois, à mes yeux du moins, le meilleur des 3 volets.
Note : 3 eacute;toiles

Acteurs: Al Pacino, Andy Garcia, Eli Wallach, Diane Keaton, Talia Shire
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La trilogie du Parrain de Francis Ford Coppola :
Le Parrain (1972) avec Marlon Brando et Al Pacino
Le Parrain 2 (1974) Avec Al Pacino et Robert De Niro
Le Parrain 3 (1990) Avec Al Pacino et Andy Garcia.

4 octobre 2008

Le Parrain 2 (1974) de Francis Ford Coppola

Titre original : « The Godfather, part II »

Le Parrain 2Elle :
(pas vu)

Lui :
Si Francis Ford Coppola n’avait pas eu tous les moyens qu’il désirait pour réaliser Le Parrain, il est visible qu’il a pu se rattraper avec Le Parrain 2 : les reconstitutions sont spectaculaires avec un nombre impressionnant de figurants dans certaines scènes. Le film se déroule sur deux périodes mises en parallèle. Les scènes de la période contemporaine sont assez ennuyeuses, plombées par des sempiternelles histoires de famille pas bien passionnantes. Toutes les scènes se déroulant au début du siècle sont bien plus intéressantes, avec une belle photographie et une reconstitution réussie. Marlon Brando ayant mis dans son contrat initial une clause par laquelle il refusait toute suite, c’est De Niro qui joue le rôle du Parrain jeune et c’est amusant de le voir imiter Brando au niveau de la voix (en italien s’il vous plait). Le film est vraiment très long, plus de 3 heures ; il paraît d’autant plus long qu’il n’a pas la vivacité du premier volet dans le montage, il est beaucoup plus policé, standardisé. Le Parrain 2 fut comme son prédécesseur un gros succès commercial, un succès qu’Hollywood salua en lui accordant pas moins de six Oscars.
Note : 2 eacute;toiles

Acteurs: Al Pacino, Robert De Niro, Robert Duvall, Diane Keaton
Voir la fiche du film et la filmographie de Francis Ford Coppola sur le site IMDB.

Voir les autres films de Francis Ford Coppola chroniqués sur ce blog…

La trilogie du Parrain de Francis Ford Coppola :
Le Parrain (1972) avec Marlon Brando et Al Pacino
Le Parrain 2 (1974) Avec Al Pacino et Robert De Niro
Le Parrain 3 (1990) Avec Al Pacino et Andy Garcia.

2 octobre 2008

L’homme qui tua Liberty Valance (1961) de John Ford

Titre original : The man who shot Liberty Valance

L’homme qui tua Liberty ValanceElle :
(pas vu)

Lui :
Avec L’homme qui tua Liberty Valance, John Ford nous plonge une fois de plus dans une période charnière de l’Histoire, le moment où la loi des armes s’efface : la naissance de la démocratie. La pensée de John Ford a trop souvent été réduite à la phrase qu’il fait prononcer à un journaliste « Quand la légende dépasse la réalité, c’est la légende que l’on publie » mais, en fait, Ford nous montre autant la réalité que la légende. L’homme qui tua Liberty ValanceL’homme qui tua Liberty Valance s’inscrit parmi les tous derniers films de John Ford et le réalisateur y montre tout son talent pour faire un récit vif, très rythmé, intense et riche. James Stewart et John Wayne livrent chacun une des interprétations les plus enthousiasmantes de toute leur carrière. Le film est en noir et blanc, tourné entièrement en studio, donc assez en dehors des normes du début des années 60. D’être confiné à quelques lieux n’enlève rien de sa force, bien au contraire et L’homme qui tua Liberty Valance est l’un des films les plus fascinant de toute l’histoire du cinéma.
Note : 5 étoiles

Acteurs: James Stewart, John Wayne, Vera Miles, Lee Marvin, Edmond O’Brien
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