Lui :
Ce film d’animation que le créateur d’Akira aurait mis 10 ans à réaliser ne m’a pas totalement convaincu. Pourtant on ne peut pas dire que cette fable rétro-futuriste manque d’ampleur, on a même l’impression que la démesure des personnages a contaminé le réalisateur qui semble vouloir faire date dans le cinéma d’animation. Certaines scènes sont vraiment impressionnantes avec une inventivité dans les machines infernales qui semble ne jamais s’arrêter. Hélas, le scénario n’est pas très passionnant. D’autre part, sur la forme, les images sont vraiment sombres et je n’arrive toujours pas à me faire aux animations saccadées dans les déplacements des personnages (sans doute, est-ce un problème générationnel : je n’ai pas été élevé aux dessins animés japonais…) C’est une belle prouesse technique… mais un peu ennuyeuse à mes yeux.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Elle :
Eyal, un agent du Mossad vient de perdre sa femme. Mal en point, il est chargé de retrouver un ancien officier nazi par le biais de son petit fils Axel qu’il accompagne en tant que guide en Israël auprès de sa soeur. Eytan Fox mêle habilement le film d’espionnage à la dure réalité d’Israël. Il filme sans concession les relations haineuses avec les palestiniens, les fantômes d’un passé douloureux avec l’Allemagne nazie, les tabous sur l’homosexualité et le machisme ambiant. Eyal et Axel portent en eux le poids d’un passé trop lourd. On assiste peu à peu à la naissance d’une amitié entre eux ainsi qu’à leur rédemption. Cette nouvelle légèreté leur permet de marcher sur l’eau en toute liberté. Ce film israélien à la mise en scène sobre est intéressant et émouvant.
Note :
Lui :
Ce film d’Eytan Fox est plusieurs choses à la fois : un film d’espionnage, un drame psychologique, un film sentimental, une comédie… Et ce qui est remarquable, c’est que tous ces éléments se combinent parfaitement, se complètent en un ensemble cohérent dont le suspense policier forme la colonne vertébrale. Notre intérêt se maintient constamment même si le film n’est pas sans défaut, notamment par l’utilisation de symboles un peu faciles (à commencer par celui qui donne son titre au film). L’israélien Eytan Fox prône la tolérance et n’épargne pas son propre camp quand il s’agit de montrer l’aveuglement engendré par la haine et on image sans mal les difficultés qu’il a du rencontrer pour produire son film.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Elle :
Délicieuse comédie pétillante et grinçante à la fois. L’humour est empreint de légèreté et de fantaisie. On suit le parcours séparé plusieurs personnages qui finissent par se rencontrer. Karine Viard en femme mariée qui commet l’adultère est géniale ; Victor Lanoux en vieil ours mal léché doit retrouver son ancien amour sous les traits de Jane Birkin; Helen Fillières se fait mettre enceinte par le marié lors du repas de mariage ; Sergi Lopez, un chauffeur de bus se fait plaquer par sa Clémentine Célarié. Les situations de Reines d’un jour sont loufoques et incongrues, les personnages sont drôles et attachants, enfin le scénario est riche, bourré de gags et de trouvailles visuelles. Marion Vernoux réussit à parfaitement à créer une atmosphère parisienne parfois gaie, parfois triste où des êtres ordinaires sont confrontés à leurs fantasmes et leur solitude.
Note :
Lui :
Très bonne comédie basée sur des tranches de vie, ou plutôt une tranche de vie puisque le film ne montre qu’une journée (d’où le titre). L’équilibre trouvée par la réalisatrice est parfait: L’humour est très présent mais jamais lourd ni forcé, les personnages sont fantasques mais sans être crispants. La construction est assez originale et contribue à susciter sans cesse l’intérêt. Marion Vernoux a également été très habile pour retourner le schéma classique de nombre de films: son histoire repose uniquement sur les personnages féminins, les hommes sont soit des potiches, soit des loques! Tout cela est donc très bien fait, intelligemment dosé, et au final, pour nous, très amusant.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Elle :
Ce film dramatique met en scène deux lieutenants de garnison qui connaissent enfin l’amour avec deux jeunes femmes simples et sincères. Au travers de cette intrigue presque banale, Max Ophüls s’attache à faire transparaître des émotions au travers de ses personnages et ce qui les rend si touchants..
Note :
Lui : Liebelei est le film qui mit Max Ophüls sur le devant de la scène, c’est effectivement le premier grand film d’Ophuls mais c’est le dernier qu’il fit en Allemagne : devant la montée du nazisme, il émigrera quelques mois plus tard et réalisera même une version française de ce film, « Une histoire d’amour » (1933), en faisant doubler certains acteurs et en introduisant des acteurs français. C’est toutefois cette première version allemande qui est la plus réussie, un cinéma intimiste tout en délicatesse qui tranche franchement avec la tendance de l’époque vers le réalisme. Dans cette histoire d’amour tragique, Ophüls nous place très près de ses personnages et de leurs émotions. Magda Schneider est particulièrement touchante de simplicité. Sa fille, Romy Schneider, tournera un remake de ce film en 1958 (« Christine » par Pierre Gaspard-Huit), un film qui hélas a laissé une trace plutôt comme point de départ de l’idylle Romy Schneider / Alain Delon que pour ses qualités cinématographiques…
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Lui :
Adapté d’une pièce de théâtre et traitant du monde du théâtre à un moment très particulier de son histoire, ce film de Richard Eyre est bien entendu entièrement imprégné de théâtre et peut paraître peu cinématographique. Il est toutefois fort réussi, grâce à une alchimie parfaite de ses éléments et aussi à une tension soutenue et très également répartie. En 1661, le roi d’Angleterre abolit une loi qui interdisait aux femmes de jouer sur scène. Auparavant, tous les rôles féminins étaient tenus par des hommes. Nous suivons le plus brillant de ces acteurs qui a bien des difficultés à se mettre à jouer des rôles masculins. La reconstitution historique est réussie, n’étant ni empesée, ni moderne et racoleuse. L’ensemble est bien enlevé, assez léger même : pas de grand message délivré si ce n’est de témoigner de l’arrivée d’un nouveau style de jeu, plus spontané, sans fioriture inutile, plus réel en somme (c’est l’Actors Studio du XVIIe…) Stage Beauty est à la fois divertissant et intéressant. Très bonne prestation d’acteurs.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Elle :
J’ai tenu jusqu’au bout mais vraiment par curiosité, pour voir ce qui pouvait justifier tous ces Oscars engrangés. Le film est loin d’être fameux. Où est la vérité historique? Quel est l’intérêt d’édulcorer ainsi un épisode peu probable de la vie de Shakespeare? Je crois tout simplement qu’Hollywood a surtout voulu créer une grande histoire d’amour pour réitérer le succès de Titanic.
Note :
Lui :
J’ai trouvé le personnage de Shakespeare (Joseph Fiennes) parfaitement insupportable… et même ridicule. Je n’ai vu dans ce film qu’un pur produit hollywoodien dont les ficelles paraissent bien grosses. La réalisation survoltée, probablement censée donner un ton actuel à l’histoire, a agi pour moi comme un repoussoir et j’ai craqué en moins d’une heure.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Elle :
Une mère névrosée, incarnée par une Nicole Garcia un peu trop spartiate ; sa fille Betty, perturbée par le manque d’affection de sa mère, est incarnée par une Sandrine Kiberlain très émouvante. Betty Fisher perd son fils et sa mère kidnappe un enfant délaissé par sa mère. Ce film lucide et glacé parle de la difficulté des relations mère-enfant qui peuvent se transformer en duel égoïste et vengeur. Claude Miller tisse sa toile en peignant séparément la vie d’êtres tourmentés et individualistes où seul le chacun pour soi compte. Sa démarche est intéressante et témoigne des maux de notre société occidentale.
Note :
Lui :
J’ai eu un peu de mal à accrocher à cette histoire où chaque personnage semble un peu plus névrosé que le précédent. Le générique, assez insupportable, donne un peu le ton général du film qui m’a mis assez mal à l’aise. De plus, je suis toujours un peu sceptique sur la démarche: je pense que le propos de Claude Miller est de dénoncer l’égoïsme de ses personnages, mais en même temps, le fait de l’étaler ainsi contribue à établir cet individualisme comme une normalité de notre société. A part cela, très bonne prestation de Sandrine Kimberlain mais, en revanche, Nicole Garcia force un peu trop son jeu de mère névrotique.
Note :
Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 3,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Lui :
Célèbre film à sketches du début des années 30 basé sur un scénario simple : à la veille de sa mort, un industriel richissime, déçu par la cupidité de ses proches, décide de donner un million de dollars à huit inconnus pris au hasard dans l’annuaire. Cet argent tombé du ciel va bien entendu avoir des conséquences très différentes selon les cas. Les sketches sont assez inégaux, tous remplis de cet humour un peu grinçant des années trente, humour même franchement noir pour l’un des sketches. Celui avec WC Fields est complètement farfelu. L’attribution des sketches aux différents réalisateurs est assez incertaine mais Lubitsch aurait signé le très court (mais excellent) sketch avec Charles Laughton. Parmi les scénaristes, on peut noter la présence du jeune Joseph Mankiewicz.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Elle :
Un célibataire endurci qui s’est fait plaquer par toutes ses compagnes part sans conviction à la recherche d’un fils hypothétique à travers l’Amérique. Solitaire, prostré devant sa télévision, cet homme interprété par un Bill Murray impassible contemple sans rien faire le vide abyssal de son existence. On retrouve la patte de Jarmusch face à cette Amérique désenchantée, sa prédilection pour les errances et son amour pour la musique. Ce road-movie amer et teinté de touches d’humour transforme le regard de cet homme qui revit le passé en rencontrant quatre anciennes compagnes vingt ans plus tard. Peu à peu, il s’intéresse au devenir de cette filiation sans toutefois pouvoir agir car il est trop tard. Un bon film sur le temps qui passe mais que j’ai trouvé un peu lent. Je préfère toujours les premiers Jarmusch tels que Stranger than Paradise, Down by Law ou encore Nights on Earth.
Note :
Lui :
« Broken flowers » est une lente introspection, triste et mélancolique, d’un homme qui a vécu avec plusieurs femmes et part à la recherche de celle qui lui affirme qu’il a un fils. Jim Jarmusch se complaît à prendre certains clichés hollywoodiens à contre-pied : cet homme qui possède les attributs classiques de la réussite sociale est totalement passif, pris en main par un voisin, débrouillard et pauvre. D’ailleurs, la façon dont Bill Murray interprète son personnage évoque par moment Buster Keaton par son apathie apparente. On ne sent même pas de désenchantement dans cette dégringolade où chaque rencontre est pire que la précédente ; non, juste une très grande mélancolie. Jarmusch réussit une nouvelle fois à faire un film d’ambiance, avec entre autres une belle utilisation de la musique. Cependant, le personnage joué par Bill Murray n’a pas toute la force qu’il faudrait et le film apparaît souvent excessivement lent. Il a toutefois le grand mérite de se situer tout à fait en dehors des schémas classique du cinéma hollywoodien actuel. D’ailleurs, qu’Hollywood ait vendu ce film comme une comédie est une chose qui me dépasse un peu. Sans doute est-ce du fait de la présence de Bill Murray, car personnellement je trouve ce film effroyablement triste, à l’image de sa scène finale, très courte, très simple, mais aussi assez terrible en soi.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Elle :
J’ai du mal à parler de ce film. J’ai du mal à entrer dans l’univers d’Almodovar. La forme du film est sophistiquée, innovante, bourrée de références au cinéma, à la danse, au théâtre et à la chanson espagnole, peut-être même un peu trop. Le scénario centré sur l’amour de cet infirmier solitaire pour cette jeune fille dans le coma ne m’a pas beaucoup ému. Il m’a au contraire mis très mal à l’aise. On peut rétorquer qu’il a réussi à la sortir de son long sommeil pour excuser son acte. Almodovar a sans doute voulu peindre la passion et la solitude en créant une atmosphère baroque et onirique mais a un peu perdu de vue ses personnages que je n’ai pas trouvé très attachants.
Note :
Lui :
Les personnages que nous dépeint Almodovar sont assez hors du commun et assez attachants, même s’ils ne sont pas (loin de là, pour certains) exempts de défauts… Son histoire est touchante, tout en étant un peu dérangeante, et c’est un peu cet équilibre qui est remarquable.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)