21 novembre 2005

La femme modèle (1957) de Vincente Minnelli

Titre original : « Designing Woman »

La femme modèle Elle :
Ce petit chef-d’oeuvre d’humour met en scène Mike (Gregory Peck) et Marilla (Lauren Bacall) qui se marient sur un coup de tête pendant leurs vacances. Ce n’est quand rentrant chez eux qu’ils découvrent qu’ils appartiennent à des milieux totalement différents. Le monde de la boxe et de la haute couture se télescopent joyeusement. Vincente Minelli égratigne avec beaucoup de justesse et de drôlerie le milieu mondain new-yorkais. Le scénario de La Femme Modèle fourmille de détails très amusants et de personnages hauts en couleur tels le caniche qui saute dans les bras des invités, le boxeur primaire qui dort les yeux ouverts. Bref, on passe un délicieux moment et on rit franchement.
Note : 5 étoiles

Lui :
La Femme Modèle est une bonne comédie, très classique dans son scénario, assez bon enfant, mais qui fonctionne parfaitement grâce à une mise en scène sans faille et une excellente interprétation. Ce film de Vincente Minelli s’inscrit dans la lignée des meilleures comédies américaines des années 30 et 40.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Lauren Bacall, Gregory Peck
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20 novembre 2005

Mon père est ingénieur (2004) de Robert Guédiguian

Mon père est ingénieur Elle :
Je n’ai pas du tout accroché à ce film qui met en scène une femme (Ariane Ascaride) qui ne parle plus et son ancien ami Jean-Pierre Darroussin qui tente de comprendre la raison de cet enfermement. Une histoire de crèche vivante dans laquelle se réincarnent ces personnages se greffe sur cette situation ainsi que d’autres thèmes sur les utopies perdues ou la noirceur de la vie des cités. A vouloir brasser trop de thèmes à la fois, le scénario devient hermétique et confus avec des personnages peu attachants.
Note : 1 étoile

Lui :
Je n’ai pas réussi à m’intéresser à l’histoire de cet homme qui se remet en question à la vue d’une ancienne amie en état de prostration totale. Est-ce parce que le film est assez fouillis dans sa construction? Peut-être…
Note : 1 étoile

Acteurs: Jean-Pierre Darroussin, Ariane Ascaride, Gérard Meylan
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19 novembre 2005

The assassination of Richard Nixon (2004) de Niels Mueller

The assassination of Richard Nixon Elle :
(pas vu)

Lui :
J’ai un peu du mal à voir la finalité du film car, si le propos est de montrer qu’un homme qui a la sensation d’être un laissé pour compte peut faire les actions les plus insensées qui soient, le film n’atteint pas vraiment son objectif : d’une part, le personnage incarné par Sean Penn n’est pas franchement un laissé pour compte (il a seulement de gros déboires sentimentaux et professionnels) et d’autre part rien n’est fait pour qu’il attire notre sympathie. On a l’impression que le réalisateur est resté entre deux chaises, que le film a perdu son sens, sa direction. Au final, tout l’ensemble repose sur Sean Penn, excellent acteur, mais qui, comme pour pallier un manque, en fait beaucoup trop, surtout avec les expressions de visage qu’il tord vraiment dans tous les sens pour exprimer son désarroi…
Note : 1 étoile

Acteurs: Sean Penn, Naomi Watts
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18 novembre 2005

Genesis (2004) de Claude Nuridsany et Marie Pérennou

Genesis Elle :
Les réalisateurs de Microcosmos se sont attelés à retracer la naissance le l’univers et l’apparition de la vie sur terre. Le premier quart d’heure m’a paru ennuyeux. La mise en place manque de légèreté et se veut un peu trop pédagogique. La longue présence d’un vieux sage africain qui est chargé d’expliquer cette genèse nuit à l’ensemble. Ce n’est que lorsque les premiers animaux terrestres tous plus étranges les uns que les autres, apparaissent que la magie commence à opérer. Les images sont magnifiques et font rêver. On passe de la séduction à l’amour, de la procréation à la naissance et à la survie de l’espèce. On assiste à des ballets sublimes, des parades étonnantes, des ruses cocasses. J’aurai préféré voir s’afficher discrètement le nom des animaux et le nom de l’endroit où ils ont été filmés plutôt que de le découvrir en catimini pendant le générique. Un bon documentaire tout de même.
Note : 4 étoiles

Lui :
Genesis est un documentaire tout aussi remarquable que ne l’était Microcosmos. Dans la première partie, la naissance de l’univers nous est contée, expliquée et surtout superbement mise en image (en utilisant parfois de belles). Ensuite, c’est l’émergence de la vie et son passage sur la terre ferme qui sont illustrés par des scènes étonnantes avec des animaux souvent fort étranges. Les images sont réellement superbes. Seul ratage : le vieux conteur africain qui raconte l’ensemble (il doit toutefois faire un tabac auprès des moins de 10 ans…)
Note : 4 étoiles

Acteurs: Sotigui Kouyaté
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17 novembre 2005

Stupeur et tremblements (2003) d’ Alain Corneau

Stupeur et tremblements Elle :
Satire féroce et amusante de la société japonaise engoncée dans ses carcans, sa hiérarchie pyramidale et perverse, ses rapports de soumission ambigus. Le film ou le livre ne donne vraiment pas envie d’aller vivre au Japon. J’ai la même impression que lorsque j’ai lu le roman d’Amélie Nothomb dont le film est adapté. De bonnes observations autobiographiques bien que parfois exagérées. Toute initiative ou créativité de la part d’un employé sont bannies sous peine de punition humiliante. Prouesse de Sylvie Testud qui s’exprime tout le temps en japonais. Néanmoins, certaines scènes de Stupeur et Tremblements distillent hélas le même ennui et la même monotonie que la vie de bureau au Japon.
Note : 3 étoiles

Lui :
Cette confrontation d’une occidentale à la mentalité japonaise est assez amusante… mais hélas guère plus. On reste au niveau de l’anecdote et on peut se demander si le trait n’est pas un peu grossi, parce que le film reprend un peu trop tous les clichés que l’on peut avoir sur la société japonaise : rigidité, soumission dans le travail, etc… Toutefois, si l’on ne va pas chercher trop loin, le film est assez plaisant avec ses bons mots et Sylvie Testud est vraiment étonnante.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Sylvie Testud, Kaori Tsuji, Taro Suwa
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16 novembre 2005

Un Mariage à Boston (1947) de Joseph L. Mankiewicz

Titre original : « The Late George Apley »

Un Mariage à Boston Elle :
Amusante satire de la société bostonienne engoncée dans ses principes de puritanisme, de bonnes manières, de niveau social au début des années 1900. Les femmes commencent à se rebeller contre les traditions de cette société corsetée. Les maris chancellent et sont choqués par les bouleversements à venir. Mankiewicz s’amuse et croque ces personnages de façon assez lucide. Certes, le film a un peu vieilli. Malgré quelques petites longueurs, on passe un bon moment en se disant que bien du chemin a été parcouru depuis ces années-là.
Note : 3 étoiles

Lui :
Inédit en France jusqu’en 2004, ce troisième film de Mankiewicz, Un Mariage à Boston,  n’est pas aussi abouti que les petits bijoux qui lui succéderont mais il est assez remarquable par la qualité de ses dialogues et le ton général, à la fois léger et grave. Cette satire de la haute bourgeoisie bostonienne du début du XXe siècle est assez mordante, mais également souvent drôle et plaisante. Le personnage principal du père, engoncé dans des principes absurdes, permet de placer des répliques assez savoureuses, parfaitement désuètes. On peut juste reprocher au film un scénario assez simple, qui manque un peu de développement, mais il se regarde avec plaisir.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Ronald Coleman, Peggy Cummins
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15 novembre 2005

« Monsieur N. » (2003) de Antoine de Caunes

Monsieur N. Elle :
Monsieur N est bien plus convaincant que le film précédent d’Antoine de Caunes qui choisit ici de revisiter les dernières années de Napoléon à Sainte-Hélène ainsi que les mystères qui ont entouré sa mort. C’est lors de l’exhumation de son corps, pour le rapatrier aux Invalides, que son garde du corps anglais mène l’enquête pour savoir si c’est bien réellement Napoléon qui est dans le cercueil. Il interroge tous les proches qui l’ont assisté. La mise scène est belle et a nécessité de gros moyens. Néanmoins, parfois, on se laisse gagner par un certain ennui peut-être dû à la lourdeur de cette production.
Note : 4 étoiles

Lui :
Malgré une mise en scène par moment un peu brouillonne, le film Monsieur N est assez réussi dans son ensemble. Philippe Torreton est assez convaincant dans son interprétation de Napoléon et la thèse développée par le film semble tenir debout. La reconstitution de Sainte-Hélène est plutôt soignée et assez prenante. Par contre, le film souffre de ses imprécisions, manquant de cohésion dans le déroulement du scénario laissant le spectateur souvent insatisfait.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Philippe Torreton, Richard E. Grant, Jay Rodan, Elsa Zylberstein
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14 novembre 2005

Les Neuf Reines (2000) de Fabián Bielinsky

Titre original : « Nueve reinas »

Les Neuf Reines Elle :
Malgré de bonnes choses et de bons acteurs dans ce film argentin, on n’adhère pas complètement et même on s’ennuie parfois. Deux hommes s’associent pour escroquer les gens. Leurs confrontations sont assez longues. Nous sommes au royaume de l’arnaque, des combines foireuses et de la débrouille. La crise économique est là et le système D est roi. On ne peut se fier à personne et tout le monde manipule ou se fait manipuler. La fin est excellente avec un retournement de situation inattendu.
Note : 3 étoiles

Lui :
Dans le style « escroqueries et manipulations », le film Les Neuf Reines est plutôt réussi : les apparences sont trompeuses, tout relève de la manipulation et la fin n’est pas celle que l’on imaginait. Le film dresse un portrait assez amer de l’Argentine, portrait où les magouilles et corruptions sont omniprésentes. Les Neuf Reines se laisse regarder, assez plaisant avec de bonnes notes d’humour, mais que l’on oubliera sans doute trop vite.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Gastón Pauls, Ricardo Darín, Leticia Brédice
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13 novembre 2005

La Mauvaise Education (2004) de Pedro Almodóvar

Titre original : « La Mala educación »

La Mauvaise Education Elle :
Almodovar aborde le sujet provocant de la pédophilie entre un enfant et un prêtre défroqué avec des allers et retours entre les rigides années 60 sous Franco et les années 80 de liberté sexuelle. Il nous introduit une nouvelle fois dans le milieu homosexuel et des travestis. La mise en scène est complexe et brillante. Le thème est dérangeant et bouscule les idées reçues. Ce film qui montre la noirceur de l’âme humaine avec toutes ses perversités ne m’a pas beaucoup passionnée ni touchée malheureusement. J’ai en général un peu de mal à accrocher à l’univers d’Almodovar.
Note : 3 étoiles

Lui :
Avec ses nombreuses facettes, ce film d’Almodovar m’a paru plus abouti que ses précédents. La construction de la première partie de La Mauvaise Education fait penser à un puzzle, un puzzle que cherche à reconstituer le personnage du metteur en scène, un puzzle remarquablement mis en images avec des transitions originales et fortes. S’il a suffisamment de trame policière pour être qualifié de film noir, c’est aussi un film psychologique, social aussi bien entendu. Almodovar me semble mieux parvenir à un bon équilibre, le côté homosexuel/travesti est d’ailleurs moins exubérant et irritant tout en restant central, et les personnages ont une vraie force.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Gael García Bernal, Fele Martínez, Javier Cámara
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12 novembre 2005

Band of Brothers (2001) (TV : série de 10 épisodes)

Titre français : « Frères d’armes »

Réalisateurs :
Phil Alden Robinson (1), Richard Loncraine (2), Mikael Salomon (3 et 10), David Nutter (4), Tom Hanks (5), David Leland (6), David Frankel (7 et 9), Tony To (8).

Band of BrothersElle :
Dix épisodes de grande qualité pour cette série télévisée qui retrace le parcours effroyable de la « Easy Company ». Du 6 juin 1944 à la chute définitive des allemands en Autriche, huit réalisateurs différents se lancent avec talent dans la reconstitution de la vie de ces soldats au quotidien. Rien ne nous est épargné ni les combats sanglants, les blessures béantes, les membres coupés, les cadavres des camps, les angoisses, la folie meurtrière. Ce réalisme des images sert le propos et contribue à perpétuer la mémoire de ces jeunes soldats. Deux épisodes semblent inférieurs : le premier assez académique où on se serait bien passé de la présence de David Schwimmer pas vraiment crédible en chef implacable et le sixième qui donne dans le sensationnel gratuit.
Note : 5 étoiles

Lui :
Easy CompanyBand of Brothers : Cette reconstitution du parcours d’une unité de l’armée américaine permet de retracer les évènements depuis le débarquement de 1944 jusqu’à la capitulation de l’Allemagne. Etalée sur dix épisodes d’une heure (avec huit réalisateurs différents), cette épopée est assez réussie, même si les épisodes sont assez inégaux, car elle parvient à nous mettre dans la peau de ces soldats, de comprendre ce qu’ils ont vu et enduré. Mis à part un ou deux épisodes, les effets dramaturgiques ne sont pas amplifiés à outrance et la mise en scène est d’une manière générale assez sobre. L’interprétation est excellente. Si on peut critiquer l’inévitable côté militariste de l’ensemble ou le style « c’est dans la guerre que l’on noue des relations fortes avec ses camarades », il n’en reste pas moins que cette série constitue un bel hommage à ces soldats.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Damian Lewis, Donnie Wahlberg, Ron Livingston, Matthew Settle
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