2 mars 2010

Slumdog Millionaire (2008) de Danny Boyle et Loveleen Tandan

Slumdog MillionaireElle :
Un film à la mise en scène très énergique qui a le mérite de montrer le vrai visage de l’Inde. Il nous plonge brutalement dans la réalité d’une Inde déshéritée avec ses gamins abandonnés, livrés à eux même et à l’appétit de gangs assez sordides. Danny Boyle utilise une caméra spéciale très fluide et mobile pour parvenir à se fondre dans la foule colorée sans se faire remarquer. Le montage est nerveux et complexe; les scènes de rue ou celles surplombant la ville avec ses bidonvilles sont très impressionnantes. Le prétexte de ce jeu télévisé pour faire découvrir une autre Inde par l’intermédiaire de ce jeune concurrent qui a déjà tout vécu de la vie est plutôt une bonne idée de construction car il permet de peindre d’autant plus crûment le décalage entre la société technologique qui avance à grand pas et ces milliers de miséreux qui hantent la ville dans les tas d’ordures. La fin du film, à la manière Bollywood, parait déplacée. Elle semble un peu facilement tirer un trait sur les malheurs et injustices.
Note : 4 étoiles

Lui :
Adaptation d’un roman indien de Vikas Swarup, Slumdog Millionaire (littéralement « le ramassis des bas-quartiers millionnaire ») raconte l’histoire terrible d’un enfant qui, abandonné à lui-même dans les taudis, finira par gagner plusieurs millions à un jeu télévisé. C’est un film à deux faces : un conte de fée et un drame social. La construction, assez originale, entremêle les deux. Sur la forme, Slumdog Millionaire surprend vraiment par son rythme souvent effréné et ses scènes de foules. Danny Boyle a utilisé des nouvelles caméras digitales très petites qui lui ont permis de filmer en décors réels sans trop être remarqué et d’avoir une mobilité extrême de la caméra. Le résultat est assez différent du classique caméra à l’épaule, moins nauséeux mais engendrant souvent des cadrages approximatifs. Danny Boyle abuse des effets, mais heureusement cela ne dure jamais trop longtemps. Jouant beaucoup sur une courte profondeur de champ, l’image est assez belle, ce qui crée un décalage avec l’histoire qui, elle, est très dure et assez violente. Le côté « conte de fée », bien que totalement improbable, fait passer les aspects, parfois quasi insoutenables, de la réalité et le film est globalement positif, s’achevant même de façon un peu béate… Cinématographiquement, le film est indéniablement une réussite même si on peut être un peu plus réservé sur le fond.
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Dev Patel, Anil Kapoor, Rajendranath Zutshi, Freida Pinto, Madhur Mittal
Voir la fiche du film et la filmographie de Danny Boyle sur le site imdb.com.

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25 février 2010

Soit je meurs, soit je vais mieux (2008) de Laurence Ferreira Barbosa

Soit je meurs, soit je vais mieuxElle :
Note : 1 étoile

Lui :
Un adolescent et sa mère doivent déménager après le départ du père. Le jeune garçon a du mal à trouver ses repères dans sa nouvelle école. Il est attiré par deux sœurs jumelles au comportement assez mystérieux. Il est un peu difficile de cerner les intentions de Laurence Ferreira Barbosa. La relation entre cet adolescent et sa mère fantasque est assez conventionnelle, le trio formé avec les deux jumelles n’est guère crédible, le film passant (on le suppose, volontairement) la limite pour aller dans le domaine du fantasme. Peut-être s’agit-il tout simplement d’un film sur l’adolescence. Toujours est-il qu’après une mise en place des personnages plutôt bien faite, nous nous sommes hélas désintéressés du sujet.
Note : 1 étoile

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Florence Thomassin, François Civil, Marine Barbosa, Carine Barbosa, Emile Berling
Voir la fiche du film et la filmographie de Laurence Ferreira Barbosa sur le site IMDB.

24 février 2010

Ulzhan (2007) de Volker Schlöndorff

UlzhanLui :
Un français arrive au Kazakhstan. Lorsque sa voiture tombe en panne d’essence peu après, il continue à pied. Dans une sorte de fuite en avant, cet homme calme et obstiné poursuit son chemin « vers l’est » pour des raisons que l’on découvrira peu à peu… Sur un scénario écrit par Jean-Claude Carrière, Volker Schlöndorff nous met en images un voyage d’introspection dans un pays quasi-désertique qui porte encore les cicatrices de son passé (les goulags en ruines, les zones interdites où eurent lieu les essais nucléaires soviétiques) et qui se voit sur-exploité aujourd’hui (les compagnies pétrolières, la Mer d’Aral asséchée). Philippe Torreton était indéniablement l’acteur parfait pour ce rôle d’homme têtu, renfermé, mû par une volonté autant immuable que mystérieuse. Face à lui, la jeune Ulzhan est tout aussi obstinée mais dotée d’une grande soif de vie. Le troisième personnage principal, le vendeur de mots, serait directement inspiré par un personnage du Mahâbhârata, livre sacré de l’Inde. On se laisse peu à peu gagner par l’atmosphère de ce film, entre méditation, géopolitique et ethnologie.
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 1,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Philippe Torreton, Ayanat Ksenbai, David Bennent
Voir la fiche du film et la filmographie de Volker Schlöndorff sur le site IMDB.

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Détail étonnant :
Shakuni, le vendeur de mots, est interprété par David Bennett, le même acteur qui, presque 30 ans plus tôt, jouait le jeune garçon dans Le Tambour, l’un des films les plus marquants de Volker Schlöndorff.

23 février 2010

Two Lovers (2008) de James Gray

Two LoversElle :
Two lovers est un film magnifique tant pour sa beauté visuelle qu’émotionnelle. C’est un film d’une grande intensité sur la façon d’aimer ; soit on choisit son destin, soit on se le laisse imposer un schéma par sa famille sécurisante. Léonard hésite entre Sandra, une femme rassurante et aimante et Michelle, une femme imprévisible et éblouissante. La vie toute tracée et l’amour sage ou le risque accompagné de la fulgurance de l’amour. Les ambiances nocturnes sont sublimes, les déambulations dans New York sont presque déchirantes. Joaquin Phoenix impose la forte présence d’un homme chez qui tout peut basculer. Gwyneth Paltrow et Vinessa Shaw sont également émouvantes. L’amour et la tendresse filtrent de l’image à chaque plan.
Note : 5 étoiles

Lui :
Revenu vivre chez ses parents après une rupture douloureuse, Leonard va devoir choisir entre un amour raisonnable et une passion plus instable. Avec Two Lovers, James Gray délaisse (enfin) le monde de la Mafia pour nous livrer un mélodrame sentimental de toute beauté. Ses personnages ont une telle profondeur, il y a tant d’intensité dans cette histoire d’amour à plusieurs facettes que le film ne semble jamais nous lâcher ; aucun temps mort, aucune scène ne paraît plus faible qu’une autre. Joaquim Phoenix livre une interprétation très riche, empreinte d’une forte sensibilité. Gwyneth Paltrow, que l’on a l’habitude de voir dans rôles plus futiles, est à la fois resplendissante et tourmentée. La photographie est très belle, James Gray montre tout son talent dans les scènes de nuit à New York, de superbes images mise en parfaite harmonie avec la musique, et aussi dans les scènes d’intérieur, souvent en demie pénombre, focalisant notre attention par un subtil jeu de lumières. Que ce soit sur le contenu ou sur la forme, Two Lovers est vraiment du grand cinéma.
Note : 5 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Joaquin Phoenix, Gwyneth Paltrow, Vinessa Shaw, Moni Moshonov, Isabella Rossellini, Bob Ari
Voir la fiche du film et la filmographie de James Gray sur le site IMDB.

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20 février 2010

Dorothy (2008) de Agnès Merlet

Titre anglais : « Dorothy Mills »

DorothyLui :
Agnès Merlet est une réalisatrice qui ne tourne que très peu. Après son remarqué premier long métrage Le Fils du Requin, elle a mis cinq ans pour écrire et tourner Artemisia et dix ans pour Dorothy. Elle aborde une fois de plus un genre bien différent puisqu’il s’agit ici d’un thriller surnaturel et psychologique centré sur une adolescente au comportement étrange (les distributeurs le présentent comme « une version moderne de l’Exorciste »…) L’histoire prend place sur une île isolée irlandaise et Agnès Merlet l’a tournée en anglais. Le climat est étrange et nous met particulièrement mal à l’aise. L’histoire n’échappe pas à certaines conventions du genre, jouant certainement un peu trop avec l’obscurantisme de cette petite communauté. Dorothy est remarquablement interprétée par la jeune Jenn Murray qui réussit à donner une vraie dimension à son personnage multi-facettes.
Note : 2 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Carice van Houten, Jenn Murray, David Wilmot, Ger Ryan
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19 février 2010

Le premier jour du reste de ta vie (2008) de Rémi Bezançon

Le premier jour du reste de ta vieElle :
Une chronique familiale pleine de tendresse autour de trois enfants, leurs parents et le grand-père. Elle évoque les problèmes du lien familial et de la transmission entre les générations. Elle s’égrène en plusieurs tableaux montrant certains des moments importants de leur vie: l’adolescence, l’amour, les ruptures, le mariage, la vieillesse et la mort. On peut reprocher quelques clichés et un scénario qui s’étiole peu à peu.
Note : 3 étoiles

Lui :
Le premier jour du reste de ta vie est une chronique familiale évoquant l’évolution d’une famille, deux parents et trois enfants, sur une quinzaine d’années. Les enfants grandissent… Le scénario ne parvient pas à éviter les conventions et les clichés, les personnages sont typés et nous avons le quota réglementaire de conflits, de fragilités, de joies et de tragédies. Le film parvient toutefois à trouver un bon équilibre grâce à un excellent jeu d’acteurs, Jacques Gamblin et Zabou Breitman en tête, et grâce à une certaine sensibilité de la part de Rémi Bezançon dont c’est ici le second long métrage.
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Jacques Gamblin, Zabou Breitman, Déborah François, Marc-André Grondin, Pio Marmaï, Roger Dumas
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10 février 2010

Entre les murs (2008) de Laurent Cantet

Entre les mursElle :
Un très bon film admirablement bien interprété et senti. Nous sommes immergés de façon crédible dans la réalité scolaire d’un établissement difficile où le langage devient une arme pour faire passer les idées et le sensible. D’un côté, des adolescents aux ethnies mélangées qui doutent d’eux-mêmes et ne maîtrisent pas bien la langue française et de l’autre, des professeurs qui tentent de nouer le contact, d’élever les âmes et de valoriser. Dans le regard de Laurent Cantet, on sent de la tendresse et du respect pour les deux parties. C’est une partie d’échecs complexe qui se joue sur le fil du rasoir. Chacun avance ses pions à l’aide des mots et des registres de langage différents. Il suffit d’un grain de sable pour que la pyramide du savoir patiemment échafaudée, s’écroule d’un seul coup.
Note : 5 étoiles

Lui :
Dans une classe de 4e d’un collège parisien réputé difficile, un professeur de français s’applique à établir un dialogue avec ses élèves pour faire passer son enseignement. Entre les Murs est l’adaptation d’un roman de François Bégaudeau qui joue ici son propre rôle. Le film de Laurent Cantet parvient à nous intéresser sur un sujet peu facile, il montre les choses sans forcer le trait, sans dramatiser à outrance et c’est ce qui fait sa force. Il souligne l’étroitesse de la marge d’erreur dans une voie qui met en avant le dialogue, les inévitables faux-pas entraînant obligatoirement un repli sur un arsenal plus lourd. Entre les murs est parfaitement interprété, que ce soit par le professeur ou par les jeunes élèves. Un film tout en retenue et très réussi.
Note : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: François Bégaudeau
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5 février 2010

Katyn (2007) de Andrzej Wajda

KatynElle :
Un témoignage bouleversant sur une tragédie de la Seconde Guerre mondiale qui n’est toujours pas pleinement reconnue, un film dénonçant la barbarie humaine et la falsification de la vérité.
Note : 3 étoiles

Lui :
Au printemps 1940, dans la forêt de Katyn, l’armée soviétique exécute des milliers d’officiers polonais qu’ils avaient fait prisonniers quelques mois plus tôt. Les charniers seront découverts plus tard par les allemands qui les utiliseront pour leur propagande. De leur côté, les soviétiques attribueront la responsabilité du massacre aux allemands (1). Avec ce film, Andrzej Wajda tient à rétablir une vérité, vérité qui le touche de près puisque son propre père fait partie des officiers exécutés à Katyn. Il nous fait revivre cette période par les yeux de trois femmes d’officiers, pendant et après la guerre. Son film montre à quel point le peuple polonais était pris en étau entre allemands et soviétiques, il montre que les méthodes soviétiques n’avaient hélas rien à envier aux méthodes nazies, il montre enfin que la falsification de la vérité est un outil courant de propagande. Wajda ne s’étend pas en revanche sur les motivations des soviétiques, motivations qui n’étaient pas, bien évidemment, purement militaires mais aussi idéologiques (ces officiers assassinés étaient majoritairement issus de la bourgeoisie). Le film bénéficie d’une réalisation parfaitement maîtrisée. Si l’on peut reprocher à Wajda une certaine confusion dans la présentation des personnages et une utilisation parfois excessive de la caméra à l’épaule, ces reproches paraissent bien futiles et secondaires en regard du sujet traité : tout en étant très facilement abordable, Katyn fait partie de ces films dont l’importance et la portée dépassent largement le cadre pur du cinéma car cette page d’Histoire n’est pas encore totalement écrite.
Note : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Andrzej Chyra, Maja Ostaszewska, Artur Zmijewski, Danuta Stenka
Voir la fiche du film et la filmographie de Andrzej Wajda sur le site IMDB.

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(1) Le Massacre de Katyn sera largement utilisé par Staline et les régimes soviétiques suivants comme symbole de la lutte contre la barbarie. Il faudra attendre 1990 pour que Mikhaïl Gorbatchev reconnaisse la responsabilité soviétique dans ce massacre. Cependant, la Tragédie de Katyn est toujours l’objet de polémiques à propos de sa reconnaissance, cette tragédie n’étant toujours pas qualifiée de « crime contre l’humanité ». Une demande polonaise reste en suspens.

4 février 2010

There will be blood (2007) de Paul Thomas Anderson

There Will Be BloodElle :
Impossible de pénétrer dans cet univers étouffant (abandon).
Note : pas d'étoile

Lui :
Dès le début de There will be blood, Paul Thomas Anderson ne ménage pas ses effets pour mettre le spectateur mal à l’aise : climat lourd d’imminence de catastrophe, peu de dialogues, musique dissonante et décalée… Le réalisateur appuie très fort sur la pédale et il le fera durant toute cette histoire de pionnier du pétrole californien afin de le rendre hautement haïssable à nos yeux. Daniel Day-Lewis franchit très souvent la ligne jaune et surjoue inutilement son personnage. En plus (ou du fait) de ce manque de subtilité, l’histoire apparaît plutôt ennuyeuse : ce face à face entre la frénésie de l’argent et le fanatisme religieux manque singulièrement de texture et de matière. Le film s’étire et paraît interminable.
Note : 1 étoile

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Daniel Day-Lewis, Paul Dano, Dillon Freasier, David Warshofsky
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28 janvier 2010

Largo Winch (2008) de Jérôme Salle

Largo WinchLui :
Largo Winch est une bande dessinée des années quatre-vingt-dix qui avait un certain charme et avait réussi à nous captiver avec un sujet pas bien passionnant à priori : une histoire d’héritier caché d’un grand groupe industriel qui se retrouve, malgré lui, victime de viles manœuvres de luttes de pouvoir. La bande dessinée de Jean Van Hamme et Philippe Francq jouait sur le choc de cultures, un (beau) garçon bourré d’idéaux lâché dans un panier de crabes, le tout saupoudré d’une bonne dose d’aventures. Le film ne parvient bien pas à retrouver cet équilibre. Menée tambour battant, cette histoire devient confuse et finalement pas très intéressante.
Note : 2 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Tomer Sisley, Kristin Scott Thomas, Miki Manojlovic, Mélanie Thierry, Gilbert Melki, Anne Consigny
Voir la fiche du film et la filmographie de Jérôme Salle sur le site IMDB.