13 mars 2006

Lundi matin (2002) d’ Otar Iosseliani

Titre original : « Lunedì mattina »

Lundi   matin Elle :
Grand admirateur de Tati, Otar Iosseliani lui rend hommage en nous livrant une comédie fantaisiste, loufoque et poétique. Ce père de famille qui quitte sa famille et part en voyage pour rompre la routine du quotidien et du travail à l’usine rappelle l’univers de Tati : monologues, sons stridents de l’usine et de la rue, personnages cocasses, humour. Tout ce petit monde défile sous nos yeux ébahis. Une intelligente manière de dénoncer les méfaits du monde moderne. L’interprétation médiocre de certains acteurs novices nuit cependant à la qualité de l’ensemble.
Note : 4 étoiles

Lui :
Lundi Matin est en quelque sorte une variation sur le thème de la vie quotidienne dans un milieu ouvrier/rural. La quasi absence de dialogues, l’importance des sons, l’importance des détails font penser à Jacques Tati, sans toutefois atteindre le niveau d’humour, de pittoresque et de tendresse auquel il était parvenu. Les similitudes sont importantes toutefois, et on retrouve de nombreux thèmes : l’usine déshumanisée, avoir son jardin secret, les objets détournés, etc… La seconde partie, à Venise, s’enlise un peu et les acteurs sont épouvantables…!
Note : 3 étoiles

Acteurs: Jacques Bidou
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11 février 2006

Le mystère d’Oberwald (1980) de Michelangelo Antonioni

Titre original : « Il Mistero di Oberwald »

Le Mystère d'Oberwald Elle :
Antonioni se livre à du cinéma expérimental qui semble avoir extrêmement mal vieilli. L’ensemble fait presque amateur et kitsch. On décroche vite. (Abandon)
Note : pas d'étoile

Lui :
A la fois le ton très emphatique et la forme trop particulière ne nous inspirent guère. Ces effets de couleur ou de superposition étaient certainement des essais à l’époque, mais le résultat n’est pas convaincant et a terriblement vieilli. (Abandon)
Note : pas d'étoile

Acteurs: Monica Vitti, Franco Branciaroli, Paolo Bonacelli
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5 février 2006

« La Dolce Vita » (1960) de Federico Fellini

Titre français : « La douceur de vivre »

La dolce vitaElle :
J’ai bien aimé la première partie de ce film que je revois vingt ans plus tard. On suit le séduisant Mastroianni dans ses virées nocturnes au cœur de la bourgeoisie intellectuelle romaine. La rencontre avec la belle américaine (Anita Ekberg) fera date avec le bain dans la fontaine de Trévise. Mais ce n’est pas un simple voyage d’agrément pour Fellini. Il pointe le doigt sur le déclin de la société italienne. Il fait le portrait cruel et ironique d’une certaine caste intellectuelle riche, oisive et stupide mais également celui des catholiques. Les plans et portraits noir et blanc sont de toute beauté. Les personnages sont caricaturés et provocateurs. Il ne faut pas oublier qu’à l’époque, ce genre de film était quasiment censuré dans l’Italie catholique conservatrice de l’époque. Cependant, j’ai trouvé le film trop long (3h). Cette observation de la déchéance de ces gens finit par être lassante dans la deuxième partie.
Note : 4 étoiles

Lui :
La dolce vita Ce film de Fellini, aussi grandiose et merveilleusement provocateur qu’il pouvait nous paraître il y a 20 ou 30 ans, souffre un peu d’être revu avec tout le recul que l’on peut avoir maintenant. Le regard qu’il porte sur cette faune romaine riche et oisive est tout de même un peu trop appuyé et le film se révèle assez long. Les différents tableaux (c’est presque un film à sketches) sont assez inégaux. Il n’en reste pas moins que certaines scènes sont marquantes, assez mémorables et impérissables. C’est un film que j’ai vu de nombreuses fois par le passé et je suis un peu surpris de beaucoup moins l’apprécier aujourd’hui.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Marcello Mastroianni, Anita Ekberg, Anouk Aimée, Yvonne Furneaux, Magali Noël, Alain Cuny
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5 février 2006

« 1900 » (1976) de Bernardo Bertolucci

1900 Elle :
Foisonnante fresque historique sur le monde paysan italien entre 1900 et 1945. Cinq heures trente de film à savourer pour son écriture osée et novatrice, pour cette peinture crue et cruelle d’une famille de grands propriétaires terriens qui exploitent sa main d’oeuvre. Bertolucci prend parti sur le plan politique et montre le démantèlement progressif de ce monde. Les révoltes grondent, le communisme et le fascisme montent parallèlement. C’est Depardieu et De Niro qui incarnent respectivement l’exploité et l’exploiteur. La première partie célèbre la nature, la sensualité du monde paysan et la deuxième partie évoque les souffrances, les exactions des uns et des autres. Avec le recul, on comprend 30 ans après sa sortie que le film ait pu choquer par son ton provocateur, ses scènes osées ou insoutenables et les thèmes politiques soulevés. Maintenant, c’est revivifiant.
Note : 5 étoiles

Lui :
Cette énorme (5h30) fresque de Bertolucci est très riche, puisqu’elle nous fait traverser un demi-siècle de l’histoire de l’Italie en suivant deux personnages de conditions sociales opposées. Les tableaux que nous dresse le réalisateur sont étonnants de puissance et de vérité. Seule la fin est de niveau inférieur, Bertolucci se laissant aller et il frise le ridicule avec une dernière demi-heure qui ressemble à un film de propagande russe de l’époque stalinienne. Autre défaut, inhérent à ces grandes productions multinationales des années 70, tous les acteurs sont doublés, aucun ne parle sa langue. Un film tout de même très intéressant et même assez passionnant.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Robert De Niro, Gérard Depardieu, Dominique Sanda
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31 décembre 2005

Respiro (2002) de Emanuele Crialese

Respiro Elle :
Film intéressant et novateur qui rappelle un peu les cadrages et ambiances à la Pasolini. Une île sicilienne isolée du monde sur laquelle une femme libérée et farfelue fait scandale parmi les habitants pétris de traditions et de préjugés. Des nuées de gamins livrés à eux-mêmes qui se battent et subsistent chichement. Les images sont contrastées comme pour un film noir et blanc et les prises de vue expriment la violence des actes et des sentiments.
Note : 4 étoiles

Lui :
Cette histoire de femme de pêcheur, un peu décalée dans le microcosme d’une petite île italienne, aurait pu laisser peu de traces, mais il y a un style certain dans ce film d’Emanuele Crialese. Tout d’abord, ses personnages sont très forts et sa camera semble épouser le paysage, faire corps avec cette île à la fois quasi-désertique et féerique. Il nous offre de nombreux plans assez marquants, utilisant non seulement les paysages, la mer et les scènes sous l’eau, mais aussi certains objets, comme tous ces plans où il met en scène le scooter pour montrer la cohésion de cette famille si turbulente. Il joue également fortement avec l’ambiguïté de ces rapports, on semble parfois être à la limite de quelque chose. Beaucoup d’authenticité également, on a l’impression de toucher les personnages. Respiro est un beau film.
Note : 5 étoiles

Acteurs: Valeria Golino, Vincenzo Amato, Francesco Casisa
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9 décembre 2005

Prima della rivoluzione (1964) de Bernardo Bertolucci

Prima della rivoluzione Elle :
Je n’ai pas vraiment réussi à accrocher à ce deuxième film très hermétique de Bertolucci. Certes, un style se dessine avec des prises de vues noir et blanc très photographiques mais Bertolucci se laisse trop emporter par la forme au détriment de ses personnages qui ne sont pas attachants. Une jeune tante névrosée tombe amoureuse de son neveu et fait état de ses doutes et de ses angoisses, peut-être un peu trop d’ailleurs… Ce long métrage semble faire partie de ces films (peut-être trop intellectualisant) de la nouvelle vague qui vieillissent assez mal et perdent de leur impact avec le temps.
Note : 1 étoile

Lui :
Ce genre de réflexion, existentielle et politique, a beaucoup plus de mal à prendre, quarante ans plus tard.
Note : 1 étoile

Acteurs: Evelina Alpi, Gianni Amico, Adriana Asti
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18 septembre 2005

Le facteur (1994) de Michael Radford

Titre original : « Il Postino »

Le facteur Elle :
Film tendre et touchant sur un facteur, fils de pêcheur qui découvre son amour pour la poésie et son admiration sans bornes pour le poète chilien Pablo Neruda en exil sur une île italienne. Grâce à ce contact amical avec le poète, Mario, issu d’un milieu très simple, prend contact avec le monde des mots, des métaphores, la beauté du monde et de l’amour. La poésie de cet homme affable touche au plus profond le cœur des gens simples. Le départ de Neruda et l’absence de nouvelles laisse Mario dans un profond abattement. Mario est interprété par un acteur qui mourra à la fin du tournage. Son jeu un peu naïf, ses hésitations verbales et son regard grave nous touche. Le film tourné sur une île italienne dans un minuscule village coincé contre d’immenses falaises témoigne de l’isolement, l’absence de communication et d’instruction de ces familles de pêcheurs.
Note : 4 étoiles

Lui :
Michael Radford réussit à faire passer beaucoup d’émotion dans ce film, l’histoire assez touchante de la confrontation de Pablo Neruda en exil avec un facteur sicilien d’apparence simple mais touché par la poésie. C’est aussi un film sur la magie et la force des mots, sur leur puissance évocatrice. Et il y a cet acteur merveilleux, Massimo Troisi, qui interprète parfaitement ce facteur un peu gauche mais très délicat.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Massimo Troisi, Philippe Noiret
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14 août 2005

Nos meilleures années (2003) de Marco Tullio Giordana

Titre original : « La meglio gioventù »

Nos meilleures années Elle :
J’ai complètement craqué pour Nos meilleures années, un film de six heures qui rappelle la belle époque du cinéma italien. Marco Tullio Giordana se livre à une brillante et bouleversante analyse de la société italienne des dernières quarante années. Pour cela, il choisit de suivre passionnément le destin d’une famille et plus particulièrement celui de deux frères dont les parcours vont s’opposer. Mattéo, le solitaire est idéaliste et coléreux. Nicola, le médecin tourné vers les autres, sacrifie sa vie pour sa femme terroriste. Cette saga familiale souligne les idéaux qui animent la jeunesse, l’envie de se trouver une place dans la société pendant qu’autour règne la violence, la corruption. Les évènements politiques qui ont marqué l’Italie défilent sous nos yeux. Les utopies s’estompent au fur et à mesure que les années défilent. Les personnages finissent par se couler dans le moule et se fondre dans le système. Les personnages sont très attachants. Leur vie s’égrène et fait étrangement écho à la nôtre. Le réalisateur est très sobre dans sa mise en scène même s’il sait faire appel à l’émotion quand besoin est. Enfin, c’est une réelle performance de tenir le spectateur en haleine pendant six heures.
Note : 5 étoiles

Lui :
Ce film de six heures nous fait suivre le parcours de deux frères depuis 1966 jusqu’en 2000. La chaleur humaine qui se dégage de Nos meilleurs années est franchement remarquable, elle engendre une extraordinaire proximité des personnages. Le scénario ne repose pas sur une succession de catastrophes ou d’évènements particuliers mais plutôt sur des seconds rôles assez hors du commun, ce qui permet à l’histoire d’aborder plusieurs domaines, politiques notamment, même si ces domaines sont quelque peu survolés. Marco Tullio Giordana parvient à faire passer beaucoup d’émotions, sans jamais abuser d’effets faciles et au final les 6h de film sont passionnantes à suivre.
Note : 5 étoiles

Acteurs: Luigi Lo Cascio, Alessio Boni, Adriana Asti
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10 août 2005

Profession: magliari (1959) de Francesco Rosi

Titre original : « I Magliari »

MagliariElle :
Ce quatrième film de Francesco Rosi est surtout remarquable par sa mise en scène. L’intrigue autour d’escrocs napolitains vivant en Allemangne est plus faible et on a tendance à s’en désintéresser. L’histoire d’amour entre l’apprenti-escroc au cœur pur et la belle italienne attirée par l’argent est trop superficielle. Le plus intéressant est d’arpenter les cafés enfumés de Hanovre, les quais brumeux et bas quartiers de Hambourg, de croiser des bandes rivales qui s’affrontent, de regarder ces napolitains qui gesticulent. Il faut noter également la présence hilarante d’Alberto Sordi qui fait déploie tout son talent de comique pour vendre des tapis ou du tissu.
Note : 2 étoiles

Lui :
Avec I magliari, Francesco Rosi montre des qualités qui préfigurent bien de son futur cinéma, mais le film n’est pas sans défauts, ce qui gâche un peu l’ensemble. D’un côté, nous avons en effet une belle mise en scène, avec beaucoup de scènes urbaines de nuits (qui ne sont pas sans rappeler la nouvelle vague en France) et une peinture assez réaliste, et non dénuée de tendresse, de travailleurs tout en contraste avec le monde de petits malfrats. De l’autre côté, nous avons un scénario assez faible, avec une histoire d’amour qui semble interminable et une certaine confusion dans la mise en place de l’histoire.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Renato Salvatori, Alberto Sordi, Belinda Lee
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9 juillet 2005

Violence et passion (1974) de Luchino Visconti

Titre original : « Gruppo di famiglia in un interno »

Violence et passion Elle :
Cet avant-dernier film de Visconti, deux ans avant sa disparition, reflète au travers de Burt Lancaster les angoisses d’un vieil homme face au chamboulement des moeurs suite à mai 68, à l’effritement des valeurs familiales et la crainte du retour du fascisme. La vie monacale et solitaire de cet homme se trouve bouleversée par l’irruption dans sa vie d’une famille extravagante dont tous les codes moraux sont renversés. La mère a un gigolo qui lui-même couche avec sa fille. Cette cellule de personnages évolue dans une atmosphère étouffante, survoltée et malsaine. Le vieillard comprend son isolement et sort de sa coquille attiré par la jeunesse, la beauté des corps et le mouvement. Visconti joue en permanence sur l’ambiguïté des personnages ainsi que l’homosexualité refoulée du vieil homme. Tous les thèmes sont abordés, la solitude, la vieillesse, la mort, le sens de la vie, l’amour, le respect des valeurs. Visconti s’interroge et émet ses doutes sur une société en mouvement.
Note : 5 étoiles

Lui :
Cette confrontation d’un homme déjà âgé et de jeunes et riches oisifs revêt chez Visconti de nombreux aspects: politique, culturel, sociologique, etc… Ce n’est pas qu’un conflit de génération, c’est la confrontation de deux mondes et l’inaptitude du personnage principal à s’identifier avec ce monde bougeant. Comme toujours avec Visconti, les personnages sont très forts, même quand le trait est très appuyé et que les caractères sont très marqués. C’est un beau film, assez sombre dans son dénouement, comme un dernier regard de Visconti sur ce monde qu’il redoute et ne comprend plus.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Burt Lancaster, Helmut Berger
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Plus d’infos sur ce film sur un site consacré à Visconti

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