Elle :
Andrzej Zulawski semble projeter à l’écran sa propre vie au travers de sa compagne Sophie Marceau. Brillante photographe, celle-ci épouse le fils d’un magnat de la presse à scandales mais tombe amoureuse d’un jeune et beau photographe. Jusque là, tout va bien sauf que les personnages et situations tournent à la caricature exacerbée et à l’artificialité. Le jeu des acteurs est forcé, certaines scènes sont invraisemblables et ennuyeuses.
Note :
Lui :
Difficile d’accrocher à cette adaptation du roman « La princesse de Clèves ». L’univers de Zulawski est assez pénible, tout y est forcé, exacerbé, le jeu des acteurs y est caricatural, les personnages tourmentés à l’extrême. Le film semble fait pour Sophie Marceau, seul personnage du film qui ne soit pas exaspérant.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Elle :
Je ne suis pas parvenue à rentrer dans l’univers déstructuré, un peu glauque et dissonant d’Arnaud Desplechin et ai préféré abandonner. J’ai trouvé l’histoire assez ennuyeuse et l’ensemble assez verbeux.
Note :
Lui :
Les deux personnages qu’Arnauld Desplechin met en parallèle suivent des chemins presque contraires : d’une part une femme qui se croie libre se retrouve comme prisonnière de son passé, de son présent et de son entourage, et d’autre part un homme qui subit un internement abusif évolue vers une situation de liberté. Le scénario à la base est assez original et aurait pu être passionnant. En revanche, la forme m’a franchement rebuté : Desplechin filme cela de façon déstructurée (certes, c’est à l’image des personnages, mais cela reste pénible), avec une bande sonore inutilement encombrée et des personnages qui ne se départissent jamais de ce soupçon de suffisance qui ne les rend pas très attirants. Même si je trouve qu’il y a quelque chose dans le cinéma de Desplechin, le film a globalement (à mes yeux) un petit côté « intello » qui maintient à distance…
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Elle :
Claude Berri rend hommage à son père incarné par l’excellent Yves Robert et nous livre un film drôle, émouvant, nostalgique d’une époque perdue. Ce récit autobiographique retrace le parcours chaotique de Claude Berri qui ne voulait pas finir fourreur comme son père mais rêvait de cinéma et de scénarios. La rudesse de son père qui n’avait pu faire d’études se transforme en réelle complicité avec son fils au cours des années. Un grand moment d’émotion.
Note :
Lui :
Ce récit autobiographique de Claude Berri fait beaucoup penser à la série des Doisnel de Truffaut. C’est un peu le même ton, et son histoire est tout aussi pittoresque et le réalisateur ne laisse aucun doute sur son personnage puisque c’est lui-même qui l’interprète. Berri montre là une bonne maîtrise du déroulement du scénario et mélange assez habilement réalité et imagination. Très amusant…
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Lui :
Dans ses premières minutes, le film fait plutôt peur… crainte de se trouver face à un éventaire de clichés sur les suisses, qui ne traversent pas au feu vert et qui ne jetent pas de papier par terre. Mais rapidement, on s’aperçoit que le film est tout autre : Léa Fazer s’amuse de ces différences, tourne en dérision les images d’Epinal, se moque gentiment de tout le monde et nous délivre par-dessus tout cela une histoire qui finit par nous intriguer. C’est assez réussi pour un premier film, car elle a su trouver le ton juste et éviter les écueils et la facilité. L’ensemble reste très léger, il y a beaucoup d’humour (à prendre au second degré), mais sans être trop superficiel. Un film qui fait passer un bon moment.
Note :
Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 3,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Elle :
Ce portrait de bobos parisiens accablés de phobies et d’angoisses n’est pas très réussi malgré la présence de Victoria Abril qui chasse les mites, de Jean-Pierre Darroussin qui a peur de la campagne et de Sylvie Testud qui tombe amoureuse d’un muet. Se greffe autour de ces couples une histoire que Jeanne Labrune tente en vain de rendre inquiétante sur le rôle de ce muet. Les dialogues et les situations ne paraissent pas très naturelles et crédibles. Le scénario est trop mince pour que l’on puisse s’y intéresser et on finit par s’ennuyer.
Note :
Lui :
Cette comédie de Jeanne Labrune apparaît trop artificielle à la fois au niveau des dialogues et des mises en situation. L’humour paraît vraiment plaqué, ces réflexions pseudo existentielles à la Woody Allen ne s’intègrent pas bien ; de plus, quand Jeanne Labrune veut nous mener en bateau, cela ne marche pas bien du tout… Il y a cependant quelques bons moments, mais ils sont hélas bien trop rares et courts.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Elle :
Adaptation moderne du roman de Henry James dans les magnifiques paysages de Venise avec Dominique Sanda en femme envoûtante et manipulatrice, et Isabelle Huppert, une riche oisive atteinte d’une grave maladie. Ce duo de femmes va se fréquenter par intérêt ou pour vaincre la solitude et la peur de la mort. Sandro, le bel italien se fait manipuler pour séduire la jeune fille malade. Benoît Jacquot joue sur l’ambiguïté des sentiments et des comportements. C’est original mais on peut reprocher certaines longueurs et une trop grande froideur de la mise en scène.
Note :
Lui :
Ce film vaut surtout pour son atmosphère délicatement étrange, atmosphère qui doit beaucoup à Dominique Sanda et son regard énigmatique. Mais hélas, cela ne suffit pas tout à fait pour faire un film et le résultat manque de vie, paraît très froid et finalement un peu long. Dommage.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Elle :
Quelle justesse de ton dans cet excellent film psychologique de Sautet qui contrairement à son habitude choisit de brosser les portraits d’un père et d’un fils dans un milieu ouvrier. Patrick Dewaere et Yves Robert révèlent toutes les facettes de leur talent pour exprimer la solitude, la frustration, la colère, le remords. Une grande partie de ce manque de communication passe également par les regards. Du beau cinéma à la fois sobre et plein d’émotion.
Note :
Lui :
Sautet nous avait habitué à regarder évoluer la haute bourgeoisie, il parvient tout aussi bien à nous tracer le portrait de ce fils et de son père ouvrier de chantier. Très près de ses personnages, il nous met presque en intimité avec eux, on a l’impression de parfaitement partager ce qu’ils ressentent. Dewaere est assez merveilleux dans ce rôle de fils qui fait tout pour remonter la pente.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Elle :
Difficile de rester insensible devant le sujet de ce film jamais abordé au cinéma : la vie douloureuse des clandestins et le milieu sordide des passeurs. Olivier Gourmet interprète le rôle d’un homme qui exploite les clandestins. Il est secondé par un fils fragile et débrouillard. La mise en scène contrairement à celle du « Fils » est dynamique de par ses mouvements de caméra et ses dialogues angoissés. On est tout de suite happé par le destin tragique de ces malheureux qui se font exploiter et par les exactions que sont capables de commettre ces trafiquants pour sauver leur peau. Les propos et situations sont crus et sordides ; les décors gris de la banlieue de Liège sont glauques ; les personnages sont authentiques. Un cinéma du réel sans artifice.
Note :
Lui :
La Promesse décrit avec force réalisme la complicité qu’un gamin entretient, un peu malgré lui, avec son père “marchand de sommeil”. On sent parfaitement comment il est totalement enfermé dans ce sordide trafic et les scrupules qu’il a encore, à la différence de son père. Mis en scène de façon sobre mais avec beaucoup d’authenticité, le film nous fait pénétrer dans un univers qui nous est, il faut le reconnaître, assez étranger.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Elle : (En bref) La caméra baladeuse et hoquetante est constamment rivée sur la nuque de ce prof de menuiserie interprété par Olivier Gourmet. C’est terrifiant. Du fait de sa forme, le film est franchement inabordable. (Abandon)
Note :
Lui : (En bref) Je ne parviens pas à regarder l’écran de façon prolongée. (Abandon)
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Elle :
Abdel Kechiche, réalisateur de L’Esquive, nous plonge dans l’univers de galères, de solitude mais aussi de solidarité, d’un immigré clandestin à Paris. C’est le royaume de la débrouille, des foyers, de l’hôpital psychiatrique, des faux papiers, de l’entraide mais aussi de l’amour. Ce parcours est à la fois triste et joyeux car l’espoir de construire sa vie est toujours présent. La réussite du film réside également dans le choix de personnages attachants, émouvants et même truculents : Sami Bouajila incarne avec talent un homme vulnérable, Elodie Bouchez, une jeune femme déglinguée et Bruno Lochet, le copain au grand coeur. Les seconds rôles sont également bien campés. Du beau cinéma également avec de superbes éclairages pendant des scènes d’amour filmées avec beaucoup de sensualité. Ce film plein d’humanité et d’émotion ne laisse pas indifférent et montre avec vérité et sans caricature l’envers du décor.
Note :
Lui : La Faute à Voltaire a de bons côtés, avec en tout premier ses personnages, candides, attachants, très humains, mais aussi des imperfections, notamment une tendance à idéaliser les rapports humains et un étirement certain du récit qui fait paraître certaines scènes interminables, surtout dans la seconde moitié du film. C’est néanmoins un film réussi dans le sens où Abdelatif Kechiche parvient à faire passer de nombreux sentiments dans son film qui en devient ainsi plein d’humanité. Il a aussi le mérite de nous faire comprendre les difficultés rencontrées par des immigrants plus ou moins clandestins tout en évitant de trop flirter avec le documentaire ou le film social. C’est réellement une histoire qu’il nous raconte, une histoire assez forte d’ailleurs du parcours de cet homme et de ses deux rencontres féminines. Elodie Bouchez se donne visiblement à coeur joie dans son rôle de fille gentiment névrosée. Kechiche montre une certaine attirance pour les cadrages très serrés et sa caméra est assez mobile mais sans excès.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)