16 décembre 2007

Burt Munro (2005) de Roger Donaldson

Titre original : « The World’s Fastest Indian »

Burt MunroElle :
Bien que le film ne soit pas dépourvu de tendresse grâce à la performance d’Anthony Hopkins qui joue le rôle d’un papy rêvant de battre le record du monde en moto aux Etats-Unis, l’ensemble reste beaucoup trop gentillet et académique pour maintenir mon intérêt.
Note : pas d'étoiles

Lui :
Burt Munro, c’est le nom du néo-zélandais passionné de moto qui battit le record de vitesse alors qu’il avait plus de 60 ans. Roger Donaldson utilise son côté de gentil papy original et excentrique pour former un film en forme de road-movie attendrissant. Par certains côtés, Burt Munro peut faire penser à Une histoire vraie de Lynch mais sans en avoir la richesse d’émotions ni la perfection dans la réalisation. Anthony Hopkins délaisse pour une fois les personnages de dangereux psychopathe auxquels il semble abonné à vie. L’ensemble est hélas trop convenu, extrêmement prévisible et, dès lors, l’émotion a du mal à naître.
Note : 2 étoiles

Acteurs: Anthony Hopkins, Graig Hall
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14 décembre 2007

La main au collet (1955) de Alfred Hitchcock

Titre original : « To catch a thief »

La main au colletElle :
Malgré les somptueuses images de la Côte d’Azur, je n’ai pas du tout accroché à cette intrigue d’ex-voleur de haut vol qui se voit contraint de chercher à piéger un voleur de bijoux qui se fait passer pour lui. L’intrigue manque d’intérêt.
Note : 1 étoile

Lui :
Dans la filmographie d’Alfred Hitchcock, La Main au Collet a beau être placée au beau milieu de la dizaine de chefs d’œuvre qu’il produisit dans la décennie 50-59, il s’agit certainement l’un de ses films les plus faibles. La Main au Collet n’a ni le suspense ni l’intensité que l’on peut trouver dans ses autres films. Il reste cependant un spectacle léger avec de splendides couleurs (Technicolor en Vistavision), éclatantes et même un peu trop poussées, qui mettent particulièrement bien en valeur les deux grands atouts du film : la Côte d’Azur avec de splendides vues prises du haut de l’arrière-pays (la corniche, Eze, …), rarement la Riviera n’a été si magnifiquement mise en images, et le photogénique couple formé par Cary Grant et la belle Grace Kelly qui, de beauté froide typique à la Hitchcock en début de film, se transforme peu à peu en amoureuse passionnée. Hélas, en dehors des beaux paysages et des belles robes, La Main au Collet est globalement assez décevant.
Note : 2 étoiles

Acteurs: Cary Grant, Grace Kelly, Jessie Royce Landis, John Williams, Charles Vanel
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11 décembre 2007

La Dame de Shanghai (1947) de Orson Welles

Titre original : « The Lady from Shanghai »

La Dame de Shanghai Elle :
(pas (re)vu)

Lui :
Même si l’on sait maintenant que le film fut en grande partie massacré par un montage effectué à la hussarde par la Columbia, La Dame de Shanghai reste un superbe film noir où la patte de Welles reste bien visible. Au-delà de la trame policière, c’est pour une fois d’une histoire d’amour qu’il traite, ou plus exactement une histoire d’attirances… Il y a beaucoup d’ambiguïté dans ce film et le fait que le cinéaste fut alors en pleine procédure de divorce avec Rita Hayworth n’y est certainement pas étranger. Il prend le contre-pied de son image : il lui coupe les cheveux, la teint en blonde et surtout la transforme en meurtrière machiavélique, la rendant même hideuse dans la scène finale (la filmant avec un grand-angle et en contre-plongée… alors qu’elle est à terre!) Orson Welles casse tout. Le mythe de Gilda et la femme qui fit fantasmer des milliers de G.I. sont bien loin. Est-ce pour cette raison que le jeu de Rita Hayworth est rigide et glacial pendant tout le film? Ou est-elle simplement sclérosée devant son génie de mari? Le wonder boy prend aussi le contre-pied de l’image classique du film noir puisque l’essentiel de La Dame de Shanghai se passe en plein soleil, à bord d’un luxueux yacht (pour la petite histoire, il s’agit du yacht personnel d’Errol Flynn qui a tenu à le piloter lui-même pendant le tournage). Son inventivité sur le placement des caméras reste toujours remarquable (étonnants plans sur les hauteurs d’Acapulco au bord du précipice), il utilise assez largement des plans très serrés et certaines de ses scènes ont été maintes et maintes fois copiées au cinéma : la scène de l’aquarium et, bien entendu, la célèbre scène finale dans la galerie des glaces. Le public n’aimant pas que l’on abîme ses icônes, La Dame de Shanghai fut un échec commercial, mettant à mal la carrière de Rita Hayworth et surtout, hélas, celle d’Orson Welles.
Note : 5 étoiles

Acteurs: Rita Hayworth, Orson Welles, Everett Sloane, Glenn Anders
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Note: Wong Kar-wai prépare actuellement le tournage d’un remake de The Lady from Shanghai initalement prévu pour sortir en 2009. La rumeur donne Nicole Kidman comme actrice principale. Il est tout de même assez étonnant qu’un cinéaste comme Wong Kar-wai fasse un tel remake, surtout que l’histoire en elle-même, un roman policier de Sherwood King, est somme toute assez banale. Le synopsis semble toutefois un peu différent puisqu’il y est question d’un espion.
[Mise à jour du 16/01/2012] Le projet de remake est constamment repoussé mais ne semble pas abandonné.

10 décembre 2007

La grande ville (1937) de Frank Borzage

Titre original : « Big city »

La Grande VilleElle :
(pas vu)

Lui :
Dans La Grande Ville, Borzage prend comme support la guerre entre les taxis indépendants et une compagnie qui utilise des méthodes de mafia. Bien entendu, ce n’est pour lui qu’un support pour une grande histoire d’amour mais l’ensemble a bien du mal à prendre, sans doute Borzage n’était pas bien à l’aise avec le côté policier de l’histoire (ce n’est d’ailleurs pas lui qui dirigea la scène finale de bagarre générale). Il n’a donc pas vraiment de fusion entre les deux aspects du film. La Grande Ville est l’un des trop rares films avec Luise Rainer, une actrice allemande pour laquelle la MGM nourrissait de grands espoirs, tel prendre la relève de Greta Garbo. Le public ne suivit pas.
Note : 2 eacute;toiles

Acteurs: Luise Rainer, Spencer Tracy
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Homonymes :
La Grande Ville (Mahanagar) film indien de Satyajit Ray (1963)
Big City film français de Djamel Bensalah (2007)

8 décembre 2007

Docteur Jekyll et Mr. Hyde (1931) de Rouben Mamoulian

Titre original : « Dr Kekyll and Mr. Hyde »

Docteur Jekyll et Mister HydeLui :
Si la version de Victor Fleming de Docteur Jekyll et Mister Hyde avec Spencer Tracy est certainement la plus connue, celle de Mamoulian 10 années plus tôt est sans aucun doute la plus réussie, avec un caractère brut et sans artifice qui convient si bien au roman de Stevenson. Pourtant la réalisation de Rouben Mamoulian est soignée et fait même preuve d’inventivité (camera subjective, écran coupé en deux, transformations étonnantes du visage, superpositions) mais sans jamais édulcorer le côté sauvage de son Mister Hyde. Plus que sur l’opposition classique entre le Bien et Mal, le propos est ici centré sur la frustration sexuelle de Jekyll, frustration imposée par les convenances d’une bonne société qu’il voudrait tant bousculer. Indéniablement, Rouben Mamoulian parvient à mettre dans son Docteur Jekyll et Mr. Hyde une force que les autres versions n’ont pas.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Fredric March, Miriam Hopkins, Rose Hobart, Halliwell Hobbes, Edgar Norton
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Les adaptations du roman de Robert Stevenson ont été nombreuses.
Les plus notables sont probablement :
> Docteur Jekyll et Mr. Hyde de John Robertson (1920) avec John Barrymore, très belle version (à noter que la même année sortaient trois autres versions dont Der Januskopf de F.W. Murnau)
> Docteur Jekyll et Mister Hyde de Victor Fleming (1941) avec Spencer Tracy, Ingrid Bergman et Lana Turner, une version plus policée.
> Le Testament du Docteur Cordelier de Jean Renoir (1959) pour la télévision avec Jean-Louis Barrault.
> Docteur Jerry et Mister Love (The Nutty Professor) de Jerry Lewis (1963), version étonnante, probablement le meilleur film de ce comique (son Professor a d’ailleurs un air de famille avec le Hyde de Mamoulian…)
>> Voir une liste (incomplète) des autres versions sur IMDB (pour une liste plus complète, voir à Stevenson: le site liste 54 adaptations !)

7 décembre 2007

Plumes de cheval (1932) de Norman McLeod

Titre original : « Horse feathers »

Plume de chevalElle :
(pas vu)

Lui :
Plumes de cheval est le quatrième film des Marx Brothers ; il se révèle être l’un des plus faibles de leur première période à la Paramount. Pourtant le point de départ du scénario a de quoi nous allécher : Groucho est nommé recteur d’un collège…! On s’attend à ce que son mode de direction ne soit pas très orthodoxe. En fait, la situation est bien mal utilisée et l’histoire s’enferre dans une histoire de football pas bien passionnante. Tout cela semble tourné à la hâte, les gags tombent souvent à plat et s’enchaînent plutôt mal. Même la scène de Groucho faisant un cours d’anatomie devant une classe mixte et bien sage (situation qui nous met en joie rien que d’y penser) tourne court et ne tient pas ses promesses. Groucho est d’ailleurs beaucoup moins prolixe en bons mots que d’habitude. Le film peut néanmoins plaire pour son côté déstructuré et anarchique.
Note : 2 étoiles

Acteurs: Groucho Marx, Harpo Marx, Chico Marx, Zeppo Marx, Thelma Todd
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7 décembre 2007

Viva Villa (1934) de Howard Hawks et Jack Conway

Viva VillaElle :
(pas vu)

Lui :
Si Jack Conway est le seul réalisateur cité au générique de Viva Villa, Howard Hawks y participa grandement puisqu’il tourna toutes les scènes en extérieurs au Mexique, notamment les scènes de foule. Ce sont les plus spectaculaires dans cette reconstitution de la l’action de Pancho Villa dans la révolution mexicaine, une reconstitution qui est d’ailleurs certainement plus fidèle au mythe qu’à l’Histoire, le rôle de Francisco Madero apparaissant ici bien faible. Peter Conway a ensuite terminé le film en studio à Hollywood. Le film est surtout remarquable pour l’excellente prestation de Wallace Beery, à qui ce rôle de bandit au grand cœur va comme un gant… et il le montre. Il ne reste pas beaucoup de place pour les autres acteurs à côté de lui. Le film fut un énorme succès pour la MGM.
Note : 3 eacute;toiles

Acteurs: Wallace Beery, Leo Carrillo, Fay Wray, Henry B. Walthall, Katherine DeMille
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2 décembre 2007

La dernière séance (1971) de Peter Bogdanovich

Titre Original : The last picture show

The last picture showElle :
Un paysage désolé, un bled perdu au fin fond du Texas et quelques habitants aux illusions déçues qui survivent. Dans cet univers bridé, Timothy Bottoms et Jeff Bridges tentent de donner un sens à leur vie d’adolescents esseulés. Les filles et les femmes victimes des conventions les enfoncent dans la solitude. Bogdanovich nous livre de façon très touchante des scènes de la vie ordinaire de gens simples. Le noir et blanc accentue magnifiquement cet effet de désolation.
Note : 5 étoiles

Lui :
Quelques maisons plantées au beau milieu d’une plaine aride, c’est Anarene, Texas dans les années 50. Nous sommes loin d’American Graffiti : les adolescents y trainent leur vide existentiel, enchaînant déceptions sur déceptions en amour, sexe, sport et renaclant à prendre exemple sur leur aînés qui ruminent leurs rêves brisés. L’art de Bogdanovich est de nous faire partager leurs sentiments, de nous les faire prendre en amitié, évitant de générer une pitié simplificatrice. À noter : une omniprésente mais excellente musique, Hank Williams et Bob Wills en tête. Peter Bogdanovitch tournera une suite en 1990 : Texasville.
Note : 5 étoiles

Acteurs: Timothy Bottoms, Jeff Bridges, Cybill Shepherd, Ben Johnson, Cloris Leachman, Ellen Burstyn
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1 décembre 2007

Ennemi d’état (1998) de Tony Scott

Titre original : Enemy of the State

Ennemi d'étatElle :
Voici un film supposé être un thriller qui se gargarise de thèmes à la mode tel que le flicage via satellite, caméras, micros et autres gadgets interposés. Malgré une abondance d’effets visuels et sonores, de scènes d’action en tout genre, la sauce ne prend pas et me laisse impassible. Tout cela n’est pas très crédible et est destiné à séduire des adolescents en mal de technologie.
Note : 2 étoiles

Lui :
Dans le genre du film d’action et d’espionnage, Ennemi d’état est plutôt bien ficelé. Le scénario est assez riche en rebondissements et la technologie exposée est, soit déjà actuelle, soit réalisable dans un futur proche ; seuls quelques points prêtent à sourire et le côté didactique est quelquefois un peu appuyé. La mise en scène est efficace, les poursuites sont originales (car 90% à pied!), les scènes de respiration sont réduites, la fin est assez remarquable. Ennemi d’état est un produit de l’Hollywood bien classique, certes, mais il fonctionne bien et constitue un bon divertissement.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Will Smith, Gene Hackman, Jon Voight, Lisa Bonet
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30 novembre 2007

La soupe aux canards (1933) de Leo McCarey

Titre original : « Duck soup »

La soupe aux canardsElle :
(pas (re)vu)

Lui :
Tourné à contrecœur par Leo McCarey (1), La Soupe aux Canards est probablement le plus célèbre des Marx Brothers. C’est justifié à mes yeux car ils sont là au sommet de leur art avec une densité de gags et de calembours rare. Certaines scènes sont devenues des grands classiques, comme la scène du miroir que personne n’a rendue aussi drôle qu’eux. Il y a beaucoup de jeux de mots, certains d’ailleurs ne passant pas à la traduction, l’idéal serait de le voir avec des sous-titres anglais. Car cela va vite, cela fuse sans discontinuer. Le film ne dure que 68 minutes et il n’y a pas les intermèdes musicaux habituels de Chico et Harpo. On peut voir et revoir Duck Soup, il y en a toujours à découvrir ! En plus des brouettes de gags, le film porte une satire assez mordante de l’état, tournant en dérision totale le gouvernement du petit état imaginaire  de Freedonia. On a pu ainsi parler de coloration anarchisante. Cet aspect n’est sans doute pas étranger à son manque de succès à l’époque : La Soupe aux Canards est le dernier film des Marx Brothers à la Paramount et le dernier où jouent les 4 frères.
Note : 5 étoiles

Acteurs: Groucho Marx, Harpo Marx, Chico Marx, Zeppo Marx, Margaret Dumont, Louis Calhern
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Anecdote : Le film se déroule dans un pays imaginaire, Freedonia. Le maire de Fredonia, petite ville de l’état de New York, adressa une lettre aux Marx Brothers leur « suggérant » de changer le nom. Les frères Marx auraient répondu : « Monsieur le Maire, nous vous demandons de changer le nom de votre ville car cela porte tort à notre film. D’autre part, qu’est ce qui vous fait dire que vous êtes maire de Fredonia? Avez-vous une grosse moustache noire, savez-vous jouer de la harpe, parler avec l’accent italien, courir après les filles comme Harpo? Nous sommes sûrs que non. De ce fait, c’est nous qui devrions être maire de Fredonia, pas vous. Les vieux maires en complet gris ne sont plus d’actualité. »

(1) Leo McCarey ne voulait pas tourner de film avec les Marx Brothers à cause de leur épouvantable réputation : ils n’en faisaient qu’à leur tête, prenaient sans arrêt des libertés avec les horaires et le scénario, avaient des caprices de diva. McCarey aurait même tenté de quitter la Paramount pour éviter de tourner ce film.

Remarque :
L’idée de la célèbre scène du miroir n’est pas des Marx Brothers : elle vient d’un film de Max Linder Seven years of bad luck (1921).