29 août 2008

Agence Cupidon (1951) de George Cukor

Titre original : « The Model and the Marriage Broker »

La croisée des destinsElle :
(pas vu)

Lui :
George Cukor est connu pour ses portraits de femmes et ce film n’échappe pas à la règle. Agence Cupidon est plus profond que le titre français ne le laisse supposer. Mae Swasey, une énergique quadragénaire que la vie n’a pas toujours épargnée, tente de maintenir à flot sa petite agence matrimoniale. Elle organise des rencontres, conseille, donne un coup de pouce à des personnes qui n’ont pas tous les atouts pour y parvenir seuls. Un hasard va mettre une jeune et jolie femme-mannequin sur sa route. Tout le film repose sur la performance de Thelma Ritter, actrice de grand talent, éternellement vouée aux seconds rôles du fait de son physique trop « ordinaire », une sorte de Pauline Carton américaine. Thelma Ritter Le fait que son nom ne figure qu’en 3e position au générique d’Agence Cupidon montre bien toute l’injustice du physique pour les acteurs : Jeanne Crain n’a pour travail que de montrer son joli minois, et elle n’en fait pas beaucoup plus d’ailleurs… mais elle se retrouve en tête d’affiche. Quoiqu’il en soit, le rôle principal est bien tenu par Thelma Ritter et elle ne laisse pas passer cette occasion hélas trop rare : avec son accent new-yorkais, elle se donne totalement pour donner vie à ce personnage au grand cœur. Elle sait apporter à la fois une dimension dramatique et beaucoup d’humour, parfois dans la même scène. Sa performance permet à Agence Cupidon d’être assez relevé et plaisant à regarder.
Note : 3 eacute;toiles

Acteurs: Jeanne Crain, Scott Brady, Thelma Ritter
Voir la fiche du film et la filmographie de George Cukor sur le site IMDB.

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18 août 2008

Trust the man (2005) de Bart Freundlich

Autre titre (dvd) : Chassé-croisé à Manhattan

Trust the ManElle :
Un film à oublier très vite sur le sujet ultra rabâché des déboires amoureux de deux couples new-yorkais. Le réalisateur ne fait pas dans la subtilité et préfère s’enfoncer dans la mièvrerie. On est très loin du charme des comédies romantiques de Woody Allen. Que vient faire Julianne Moore dans ce film inconsistant ?
Note : 2 étoiles

Lui :
Si Trust The Man semble plutôt bien démarrer avec un ton léger, quoiqu’un peu gras, le film tourne assez rapidement en rond, donnant l’impression que les scénaristes ne savent plus que faire du capital sympathie qu’ils ont engrangés, pour finir de façon épouvantable dans la guimauve hollywoodienne. Il y a pourtant quelques traits d’humour plutôt réussis (comme ces séances chez le psy, clins d’œil à Woody Allen) mais l’ensemble manque de profondeur et de punch. Trust the man reste au niveau de la comédie gentillette insignifiante. Que vient faire Julianne Moore dans cette galère ? C’est très simple : la réalisateur est son mari…
Note : 2 étoiles

Acteurs: Julianne Moore, David Duchovny, Maggie Gyllenhaal, Billy Crudup
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16 août 2008

La croisée des destins (1956) de George Cukor

Titre original : « Bhowani Junction »

La croisée des destinsElle :
(pas vu)

Lui :
Avec La Croisée des Destins, George Cukor nous montre qu’il est tout aussi à l’aise avec une grande production utilisant des milliers de figurants qu’avec une comédie plus intimiste. La scène se passe en Inde en 1947, à la veille du départ des Anglais. Victoria Jones (Ava Gardner), à moitié indienne et à moitié anglaise, est partagée entre son amour pour l’Inde en train de gagner son indépendance et son amour pour un officier anglais. Comme toujours avec Cukor, c’est donc une femme qui occupe le point central du film, rôle qu’Ava Gardner remplit merveilleusement bien en donnant une réelle étoffe à son personnage. La croisée des destins Les scènes de foule sont impressionnantes par ces milliers de figurants qui forment de véritables marées humaines. Cukor a tourné presque toutes les scènes au Pakistan. La photographie est superbe, y compris dans les scènes assez tragiques. Les producteurs ont exigé que les personnages importants soient tenus par des acteurs anglais ou américains, ce qui choque un peu pour au moins un ou deux cas. Ce parti-pris est d’ailleurs assez paradoxal puisque La Croisée des Destins traite aussi d’un certain racisme envers les « sang-mêlés ».
Note : 3 eacute;toiles

Acteurs: Ava Gardner, Stewart Granger, Bill Travers, Abraham Sofaer, Francis Matthews
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8 août 2008

Adieu Cuba (2005) de Andy Garcia

Titre original : « The Lost City »

Adieu CubaElle :
Certes, Andy Garcia nous offre de belles images d’un Cuba de carte postale… mais cela ne suffit pas à rendre le film intéressant. Le scénario de cette saga familiale située au moment de l’arrivée de Fidel Castro est particulièrement confus avec des digressions interminables et souvent un peu mièvres. La multiplicité des morceaux de musique composés par l’acteur-réalisateur est agaçante car ils prennent beaucoup trop de place. La présence inutile de Bill Murray et Dustin Hoffman ne fait qu’alourdir l’ensemble. Bref, on s’ennuie ferme.
Note : 1 étoiles

Lui :
Pour son premier long métrage, l’acteur Andy Garcia a tenu à rendre hommage à son pays natal. Adieu Cuba retrace le passage de la révolution castriste vue des yeux d’un directeur de club qui tente de préserver l’intégrité de sa famille et son amour pour une femme. Le projet était ambitieux, peut-être trop car Andy Garcia tombe indéniablement dans l’écueil de vouloir trop en faire. Certains effets de montage sont très maladroits telle cette attaque du palais présidentiel entrecoupée de flashs de show musical, le tout sur fond de musique tonitruante. La musique, justement, est extrêmement présente, insistante et au final embarrassante au point de provoquer un sentiment d’overdose. Andy Garcia a lui-même composé et assemblé pas moins de 40 morceaux ! Le film est très long (2h19) et il est difficile de dire si le scénario, mieux traité, aurait pu se révéler être un tant soit peu intéressant.
Note : 1 étoiles

Acteurs: Andy Garcia, Inés Sastre, Bill Murray, Nestor Carbonell, Dustin Hoffman
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6 août 2008

Le paradis des mauvais garçons (1952) de Josef von Sternberg et Nicholas Ray

Titre original : « Macao »

Le paradis des mauvais garçonsElle :
(pas vu)

Lui :
C’est contraint et forcé que Josef von Sternberg a accepté de tourner Macao, Le Paradis des mauvais garçons et son manque d’enthousiasme se perçoit dans le film. Il n’avait pas participé à l’écriture du scénario comme à son habitude. On peut considérer qu’il s’agit plutôt d’un film de producteur, en l’occurrence Howard Hughes, qui imposa également les deux acteurs vedettes : Robert Mitchum et Jane Russell, « sa » création, actrice qui le fascinait toujours autant. Sternberg n’aimait ni l’un ni l’autre… Quant à Gloria Grahame, elle ne voulait pas tourner dans ce film et fut forcée par Hughes. Josef von Sternberg fut remercié avant la fin du tournage et le film fut terminé par Nicholas Ray (alors en procédure de divorce d’avec… Gloria Grahame) qui assura également le montage, sans toutefois être mentionné au générique. L’histoire, purement policière, ne parvient pas à s’envoler réellement malgré l’exotisme du lieu sauf dans quelques scènes comme celle de poursuite au tout début et à la fin. Comme ordonné par le producteur, Le Paradis des Mauvais Garçons met très bien en valeur Jane Russell sans toutefois exploiter beaucoup son personnage. Au final, le film se laisse regarder avec plaisir mais sans être enthousiasmant comme purent l’être d’autres créations de Sternberg.
Note : 3 eacute;toiles

Acteurs: Robert Mitchum, Jane Russell, William Bendix, Gloria Grahame, Brad Dexter
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Ne pas confondre ce film avec :
Macao, l’enfer du jeu de Jean Delannoy (1942) avec Eric von Stroheim

5 août 2008

Guerre au crime (1936) de William Keighley

Titre original : « Bullets or ballots »

Guerre au crime Elle :
(pas vu)

Lui :
Guerre au crime est inspiré des exploits d’un policier de l’époque, John Broderick, qui d’après Edward G. Robinson était tout comme lui fort mécontent du scénario. En fait, il s’agissait surtout pour la Warner de faire jouer à l’acteur un rôle à biface (policier/truand) et donc de respecter les nouvelles règles du Code Hays qui interdisaient de glorifier les truands. Guerre au crime Humphrey Bogart tient le rôle de second couteau, impulsif et borné comme souvent dans ses films des années 30. Sans être vraiment remarquable, Guerre au crime (le titre anglais, Bullets or Ballots, « des balles ou des votes », est soit dit-en passant bien plus représentatif du film) est de bonne facture, bien enlevé par un rythme assez soutenu. Edward G. Robinson est toutefois un peu plus retenu que dans certains de ses autres rôles.
Note : 3 eacute;toiles

Acteurs: Edward G. Robinson, Joan Blondell, Barton MacLane, Humphrey Bogart
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3 août 2008

Casablanca (1942) de Michael Curtiz

CasablancaSi Casablanca est maintenant considéré comme un classique du cinéma et l’un des films les plus aimés par les américains, on peut dire qu’il revient de loin. Le scénario eut bien du mal à trouver preneur : cette histoire de personnes fuyant la guerre et se retrouvant bloqués à Casablanca était tout d’abord destinée à n’être qu’une production moyenne avec Ronald Reagan et Ann Sheridan. Si Humphrey Bogart fut rapidement pressenti, ce n’est qu’après avoir européanisé l’héroïne qu’Ingrid Bergman fut choisie. Ni l’un, ni l’autre n’étaient alors de grandes stars… Même la fameuse chanson « As time goes by », devenue l’emblème du film, revient de loin, elle aussi : elle n’était que provisoire et devait être remplacée par une autre chanson ; si elle est restée, ce n’est que parce que la scène ne put être retournée, Ingrid Bergman s’étant coupé les cheveux un peu prématurément (1)… Le scénario fut bricolé, modifié au jour le jour. Dans son autobiographie, Ingrid Bergman décrit les conditions de tournage comme étant désastreuses, tout le monde travaillant dans le vague. Elle dit avoir à peine fait la connaissance d’Humphrey Bogart que ces conditions de travail rendaient fou et qui s’isolait dans sa loge. Tous les acteurs étaient très tendus.

Et pourtant, de cette apparente confusion a émergé un film qui trouve un équilibre parfait entre une superbe histoire d’amour et le drame de la guerre qui se rapproche. Malgré les extérieurs de carton-pâte, on se croit parfaitement à Casablanca (en revanche, les scènes du flash-back à Paris sont franchement ratées et relèvent du plus mauvais Hollywood). Michael Curtiz a su créer une ambiance parfaite, jouant beaucoup avec la lumière à la fois sur les décors et sur les personnages (les gros plans d’Ingrid Bergman sont fabuleux). Le film est parsemé de scènes assez fortes, s’appuyant sur de très beaux seconds rôles. Et il y a bien entendu cette histoire d’amour, l’une des plus belles du cinéma, l’amour fidèle et atemporel, celui qui vous arrache des larmes. Cette femme, écartelée par son amour profond pour deux hommes, est parfaitement interprétée par Ingrid Bergman et le fait que l’actrice était déboussolée pendant le tournage y a probablement contribué (2).

Casablanca
Rick : « If that plane leaves the ground and you’re not with him, you’ll regret it. Maybe not today. Maybe not tomorrow, but soon and for the rest of your life. »

Et, bien entendu, Casablanca repose beaucoup sur un Humphrey Bogart magistral qui n’est pas étranger au succès que le film a connu dès sa sortie : dans ce personnage dur mais intègre, libre et refusant de plier sous le joug, toute l’Amérique de 1943 s’est reconnue, une Amérique qui s’apprêtait alors à intervenir plus activement en Europe. Son personnage fonctionne tout aussi bien encore maintenant d’ailleurs. Et il y a cette scène finale, mythique (3), avec cette tirade émouvante et déchirante de Bogart qui renvoie Ingrid Bergman vers son rival. Oui, c’est bien l’une des plus belles fins de cinéma.

Si, techniquement parlant, ce n’est pas le plus grand film de l’histoire du cinéma et s’il faut bien reconnaître qu’il souffre d’imprécisions, ne boudons pas notre plaisir : 65 ans après son tournage, la magie de Casablanca est bel et bien toujours là. Elle semble être, elle aussi, atemporelle.
Elle: 5 étoiles
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Humphrey Bogart, Ingrid Bergman, Paul Henreid, Claude Rains, Sydney Greenstreet, Peter Lorre
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(1) Dès le lendemain du dernier jour de tournage de Casablanca, Ingrid Bergman s’est coupé les cheveux : elle devait tourner un essai pour le rôle de Maria dans « Pour qui sonne le glas », un rôle qui lui tenait bien plus à cœur.

(2) Dans son autobiographie « Ma Vie », elle rapporte : « Je ne cessais de demander de qui je devais être amoureuse : de Paul Henreid ou de Humphrey Bogart ? Quand je posais la question, Curtiz me répondait : On ne sait pas encore… joue entre les deux ! »

(3) Woody Allen rend un amusant hommage à Casablanca en débutant son film Play it again Sam (1972) par la scène finale de Casablanca. De plus, Play it again Sam est bien entendu cette phrase célèbre de Bogart au pianiste du Rick’s Café (phrase qu’il ne prononce pas d’ailleurs… en réalité il dit « If she can stand it, I can! Play it! » mais certains mythes ont la vie dure…)

Casablanca
Humphrey Bogart, Claude Rains, Paul Henreid et Ingrid Bergman dans Casablanca.

25 juillet 2008

La Belle de Saigon (1932) de Victor Fleming

Titre original : « Red Dust »

Red DustElle :
(pas vu)

Lui :
La Belle de Saigon est un pur produit de la MGM, « l’usine à rêves ». Pour ce triangle amoureux situé en pleine forêt indochinoise, le studio au lion rugissant réunit pour la première fois en tête d’affiche (1) ses deux stars montantes, la blonde incendiaire Jean Harlow et le viril et séduisant Clark Gable. Il y a là de quoi mettre le feu à toute la forêt et effectivement le face à face tient toutes ses promesses, l’un comme l’autre se montrant particulièrement à l’aise. Les meilleurs moments sont à mettre à l’actif de Jean Harlow qui n’a pas sa pareille pour sortir du tac au tac ses réparties cinglantes avec un naturel rare. Face à ce couple de choc, Mary Astor a bien du mal à se faire une petite place. L’histoire de La Belle de Saigon est en elle-même très classique et mise au second plan ; la réalisation de Victor Fleming est honorable. La Belle de Saigon fut un énorme succès à l’époque, succès encore amplifié par le récent suicide du mari de Jean Harlow, un de ces scandales dont Hollywood a le secret.
Note : 3 eacute;toiles

Acteurs: Clark Gable, Jean Harlow, Mary Astor
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La belle de SaigonLe scandale qui entoura la sortie de Red Dust (La Belle de Saigon) :
Peu avant la sortie de La Belle de Saigon (le tournage n’était pas encore terminé), Paul Bern fut retrouvé mort dans sa salle de bains, à peine 2 mois après son mariage avec Jean Harlow. Paul Bern était également producteur et même associé d’Irvin Thalberg à la tête du studio. Présentée comme un suicide, cette mort violente (par balle) alimenta rumeurs et spéculations. Il faut préciser que le lendemain, la police avait repêché dans la Sacramento River le corps d’une certaine Dorothy Millette qui clamait depuis quelque temps être toujours mariée à Paul Bern. Malgré une réouverture du dossier dans les années 60, l’affaire ne fut jamais élucidée. Certains observateurs croit voir là l’œuvre d’Eddie Mannix, surnommé The Fixer, l’homme qui résolvait toutes sortes de « problème » à la MGM.

Remake :
Mogambo le très beau film de John Ford (1953) avec Ava Gardner et… Clark Gable. Cette fois, l’histoire se passe au Kenya.

(1) Jean Harlow et Clark Gable avaient déjà tourné ensemble dans The Secret Six mais il s’agissait de petits rôles.

24 juillet 2008

L’appât (1953) de Anthony Mann

Titre original : « The naked spur »

The naked spurElle :
(pas vu)

Lui :
L’appât est un western qui bouscule les codes du genre. L’histoire est simple : trois hommes, un ranger solitaire, un chercheur d’or malchanceux et un soldat au passé trouble, doivent convoyer un meurtrier recherché et sa naïve compagne. Ils traversent des contrées montagneuses pendant plusieurs jours dans le but d’aller toucher la prime. Cette intrigue permet à Anthony Mann de placer son film entièrement en extérieurs (on ne voit pas une seule maison) dans des décors somptueux qui tranchent avec la noirceur des sentiments mis en relief tout en ayant en commun avec eux une certaine dureté : ce sont des paysages montagneux impressionnants, parfois même hostiles. Une autre originalité de L’appât est de n’avoir que cinq personnages, cinq individualités au tempérament très marqué qui se côtoient avec rudesse et non sans heurt. ”L’appat” Le fait de prendre des acteurs en dehors de la sphère habituelle du western permet à Anthony Mann de donner une substance peu courante à ses personnages. Le déroulement du récit est remarquable et comporte très peu de temps mort, en tout cas aucun moment faible. La photographie est très belle, les cadrages utilisant souvent la verticalité, celle des grands arbres ou des parois rocheuses, pour durcir encore les sentiments. L’appât est l’un des plus beaux westerns de tous les temps ; c’est aussi beaucoup plus qu’un western.
Note : 5 étoiles

Acteurs: James Stewart, Janet Leigh, Robert Ryan , Ralph Meeker, Millard Mitchell
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Le titre français L’appât est plus faible que le titre américain qui joue sur le double sens de spur : The naked spur pourrait être littéralement traduit par L’éperon nu mais le terme spur désigne aussi ce qui motive, ce qui aiguillonne, ce qui pousse à aller de l’avant et le propos d’Anthony Mann est plutôt sur ce registre.

Les 5 (superbes) westerns d’Anthony Mann avec James Stewart :
Winchester ‘73 (1950) Winchester 73
Bend of the river (1952) Les affameurs
The Naked Spur (1953) L’appât
The Far Country (1955) Je suis un aventurier
The Man from Laramie (1955) L’homme de la plaine

22 juillet 2008

A bout portant (1964) de Don Siegel

Titre original : « The killers »

The killersElle :
(pas vu)

Lui :
A bout portant est le remake d’un des plus beaux films noirs de Robert Siodmak The Killers (Les tueurs, 1946). L’histoire, adaptée d’une nouvelle d’Ernest Hemingway, a pour point de départ un homme qui se laisse abattre sans chercher à se défendre. Pourquoi ? Dans cette version, ce sont les deux tueurs à gage eux-mêmes qui vont reconstituer le fil de sa vie pour comprendre. Le scénario est habilement transformé avec l’ajout de cet univers de la course automobile. La femme fatale est ici Angie Dickinson qui parvient à distiller presque autant de magnétisme que ne le faisait Ava Gardner 20 ans auparavant. L’ensemble est toutefois beaucoup moins puissant, notamment dans la profondeur des personnages, mais reste de bonne facture, assez prenant. Son excellent scénario n’étant sans doute pas pour rien dans ce résultat. 
Note : 3 eacute;toiles

Acteurs: Lee Marvin , Angie Dickinson, John Cassavetes, Ronald Reagan, Clu Gulager
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A bout portant fut originellement tourné pour la télévision mais il fut jugé trop violent et ne sortit qu’en salles (cela donne d’ailleurs une notion de l’évolution de la violence considérée comme acceptable en ces 40 dernières années : les films pour enfants d’aujourd’hui sont hélas parfois plus violents que ce film dit « violent » en 1964… !)

A bout Portant fut le dernier film tourné par Ronald Reagan qui, il faut bien l’avouer (et sans prendre en considération son parcours politique ultérieur), n’est pas un acteur doté d’une grande présence naturelle…

Film original : The Killers (Les tueurs) de Robert Siodmak (1946) avec Burt Lancaster et Ava Gardner, film qui fit découvrir ces deux grands acteurs (pour Burt Lancaster, c’était même son tout premier film). Dans cette version, c’est un agent d’assurance (Edmond O’Brien) qui enquête.