Lui :
(Fantômas V, 70 mn) Un audacieux double vol de bijoux, une évasion de Fantômas d’une prison belge, une cavale où le hasard permet à Fantômas de prendre l’identité d’une juge d’instruction. C’est l’adaptation de la douzième nouvelle parue en janvier 1912 sous le titre Le Magistrat cambrioleur.
Quatre chapitres :
1. Le prisonnier de Louvain
2. Monsieur Charles Pradier, juge d’instruction
3. Le magistrat cambrioleur
4. L’extradé de Louvain
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Titre original : « The Treasure of the Sierra Madre »
Lui :
Adapté du livre d’un mystérieux B. Traven (1), Le Trésor de la Sierra Madre nous fait suivre un trio de chercheurs d’or dont les relations se tendent au fur et à mesure de leurs découvertes. John Houston a tenu à mettre l’accent sur le réalisme en allant tourner sur place au Mexique (2), sa réalisation est absolument parfaite. Les personnages peuvent paraître exagérément typés, surtout le rôle tenu par Bogart qui retrouve ici le jeu dur et cassant qu’il avait dans les années trente, avec des montées de férocité trop brutales. En revanche, Walter Houston, père du réalisateur, est vraiment admirable en vieux briscard, malgré son débit ultra rapide parfois à la limite du grotesque. Le Trésor de la Sierra Madre est généralement plutôt bien considéré, pourtant on peut trouver qu’il manque un peu d’intensité (3).
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Voir les autres films de John Huston chroniqués sur ce blog…
(1) B. Traven n’a pas voulu se dévoiler pendant le tournage. John Huston raconte dans ses mémoires comment l’écrivain organisait des rendez-vous mystérieux auxquels il ne se montrait pas et comment il a fini par envoyer « son traducteur » pour travailler avec Houston. Le réalisateur a compris qu’il s’agissait de l’écrivain lui-même. La véritable identité est restée incertaine, on a cru qu’il s’agissait d’un émigré allemand, Red Marut, auteur de pamphlets anarchistes dans les années 20 mais Houston explique que rien n’est moins sûr. (2) Le film est parfois présenté comme étant le premier film américain tourné presque entièrement en extérieurs hors du pays (Houston le présente ainsi dans ses mémoires), affirmation un peu étonnante car il semble qu’il y ait eu d’autres films américains tournés hors des USA (ne serait-ce que les derniers films de Rex Ingram dans les années 20). (3)The Naked Spur (L’appât) d’Anthony Mann, avec lequel on peut noter certains parallèles dans la situation, est par exemple autrement plus intense.
Remarques :
L’homme en costume blanc auquel Humphrey Bogart demande une petite pièce par trois fois au début du film est John Huston lui-même.
Lui :
Pris la main dans le sac, un bagagiste de Roissy se retrouve de force employé par les services secrets pour démasquer un homme d’affaires suspecté de trafic d’explosifs. Espion(s) est le premier long métrage de Nicolas Saada, ex-chroniqueur aux Cahiers du Cinéma. Si l’histoire en elle-même, très classique, n’est pas entièrement convaincante, le jeu des acteurs l’est beaucoup plus et Nicolas Saada parvient parfaitement à développer une vraie tension psychologique sur une trame policière. Guillaume Canet et Géraldine Pailhas mettent beaucoup d’authenticité dans leur jeu ce qui les place très proches de nous. L’ambigüité de leurs rapports se mue en une certaine fragilité qui devient attachante. Les scènes de suspense pur paraissent en regard plus conventionnelles et ne parviennent pas pleinement à générer la tension attendue. Espions(s) paraît néanmoins globalement plutôt réussi, un film d’espionnage plein de délicatesse, ce qui n’est pas courant et plutôt bienvenu.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Lui :
Premier film de la trilogie de John Ford sur la cavalerie (1), Le Massacre de Fort Apache retrace la défaite du Général Custer à Little Big Horn. John Ford s’attache à la réalité historique, du moins une version de celle-ci (2), tout au plus déplace t-il la scène un peu plus au sud en la plaçant dans le décor majestueux de Monument Valley, son décor préféré. C’est d’ailleurs la beauté des images qui frappent en premier, perfection dans le cadrage, la composition et la position de la caméra. Certains plans vous coupent le souffle par leur perfection. Cette maestria frappe d’autant plus que John Ford entrait alors dans une période où il avait atteint une simplicité qui fait fantasmer tous les réalisateurs depuis 50 ans : c’est parfait et évident. On retrouve cette simplicité dans le déroulement du récit et dans les dialogues, aucune scène ne semble superflue. Sur le fond, John Ford rétablit « la vérité » sur la fin de Custer tout en justifiant son édulcoration : nous avons besoin de héros (3). Avec Le Massacre de Fort Apache, il redonne aussi aux indiens une dignité dans le sens où leur combat nous est montré comme étant légitime, justifié par les faits, pendant que Custer est dépeint comme un raciste et sans respect de la parole donnée. Au final, si on peut, bien entendu, être effarouché par les grandes valeurs d’exaltation véhiculées, Le Massacre de Fort Apache n’en est pas moins un film quasiment parfait par sa force et son évidence.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
(1) Trilogie sur la cavalerie par John Ford :
– Le Massacre de Fort Apache (Fort Apache) (1948)
– La Charge Héroïque (She wore a yellow ribbon) (1949)
– Rio Grande (1951)
(2) Le sujet fait toujours couler beaucoup d’encre. Plusieurs théories s’affrontent. John Ford adopte celle où c’est l’aveuglement de Custer qui l’a conduit à la défaite. (3) Cette fin fait penser à celle de l’Homme qui tua Liberty Valance qu’il tournera 13 ans plus tard où le patron de presse dit : « Quand la légende devient si réelle, il faut imprimer la légende » (« When the legend becomes fact, print the legend. »)
Lui :
Un intrépide anglais se fait inviter chez un comte qui a fait disparaître deux de ses amis, afin de le démasquer et le faire juger. Le Mystère du Château Noir a tout ce qu’il faut pour nous offrir une atmosphère gothique à souhait : l’époque, le XVIIIe siècle, un château isolé en pleine Forêt-Noire à l’atmosphère épaisse avec portes dérobées, cachots et mécanismes, une chasse au léopard (très bien faite, juste un peu trop courte) dont l’ambiance n’est pas sans rappeler Les Chasses du Comte Zaroff, des crocodiles qui ne semblent pas manger tous les jours, des cercueils, des poisons, un serviteur muet et difforme, homme à vraiment tout faire (surtout le pire), une belle et candide comtesse… la panoplie semble complète mais contrairement à ce que l’on pourrait croire à la lecture de cette liste, le film n’est pas un fourre-tout, tous ces éléments sont à leur juste place et sans excès. Boris Karloff, cette fois, ne joue pas le rôle du méchant mais au contraire désapprouve celui-ci. Son rôle est toutefois assez effacé. L’ensemble est vraiment crédible. Le scénario aurait sans doute gagné à être développé davantage. Le Mystère du Château Noir est surtout un film d’atmosphère, réalisé dans le style des productions Universal des années 30 et 40. C’est réussi.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Elle :
Un premier film d’une grande maturité pour le jeune réalisateur de 25 ans qu’est James Gray en 1994. Un film d’une grande intensité visuelle, dramatique et sensorielle. Le côté polar n’est qu’un des aspects du film; il permet de naviguer dans le sombre Brooklyn de la mafia russe et d’analyser les relations familiales complexes qui unissent les personnages de cette famille au bord de la destruction. En ce sens, le film est âpre, sépulcral, émouvant aussi car les personnages retrouvent de temps à autre des éclairs d’humanité bien qu’ils courent à leur perte. La mort rôde dans chaque plan. Le format cinémascope met en relief la grande beauté des espaces enneigés et désolés de New-York, la solitude des personnages, les rues dans la pénombre. Chaque plan est une magnifique photo.
Note :
Lui :
A 25 ans, James Gray réalise un premier film vraiment étonnant qui mêle habilement plusieurs genres. A un simple thriller, un tueur à gages forcé de revenir dans son quartier natal pour un contrat, il donne une profondeur remarquable en montrant les relations complexes qu’il entretient avec sa famille. Rancoeurs, haine, connivence, amour, tous les sentiments semblent être réunis au sein de cette famille écartelée. James Grays fait preuve d’une grande maitrise dans tous les aspects de la réalisation de Little Odessa, le plus enthousiasmant étant probablement la qualité graphique de ses plans et sa façon d’utiliser merveilleusement le format large de l’image cinéma. Le montage est assez doux, malgré le thème assez sombre, utilisant des plans assez longs mais jamais avec excès. Le cinéma de James Gray possède également une force, amplifiée par un beau jeu d’acteurs : ce n’est guère étonnant de Vanessa Redgrave mais cela l’est plus de Tim Roth ou Edward Furlong qui sont des acteurs dont le jeu est généralement plus inégal. Little Odessa forme un ensemble complet, complexe et parfaitement maitrisé.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Lui : L’homme qui rétrécit est l’un des films de science-fiction les plus remarquables de la décennie des années cinquante (à laquelle on doit plusieurs des plus belles perles du genre). Richard Matheson a écrit lui-même l’adaptation de son second roman de science-fiction (1), l’histoire d’un homme qui rétrécit après avoir traversé un nuage d’insecticide radioactif. Au-delà des trompe-l’œil et des effets spéciaux, remarquables pour l’époque, le film possède une dimension psychologique, l’influence de cette infirmité sur les rapports affectifs et sociaux, une dimension philosophique, puisque qu’il aborde les notions de l’existence de l’Homme et de sa place dans l’univers, et aussi un aspect écologique avec la crainte de l’énergie atomique et cette notion que l’homme doit redéfinir sa place. Toute la seconde partie du film se déroule presque sans parole, seule une voix off nous fait partager les angoisses et raisonnements du héros, ce qui rend le film très intense, une tension qui monte pour ne plus se relâcher. La fin est étonnante, totalement ouverte, très audacieuse pour le Hollywood de cette époque. Un très beau film qui, hélas, ne va pas échapper à l’épidémie du remake (2).
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
(1) Le premier roman de science-fiction de Richard Matheson est Je suis une Légende qui sera adapté plusieurs fois au grand écran (dont deux fois par Hollywood).
(2) Un remake de L’homme qui rétrécit est prévu pour 2012, réalisé par Brett Ratner (Rush Hour) avec… Eddie Murphy. Au moins, il ne cherchera probablement pas à copier l’original… (nota: il ne s’est finalement pas fait)
Lui :
Premier film de René Clément, La Bataille du Rail était à l’origine un court métrage commandé par le CNR (Conseil National de la Résistance) au lendemain de la Libération. Les premières épreuves furent jugées si intéressantes qu’il fut décidé d’en faire un long métrage. La Bataille du Rail se présente en premier non comme une fiction mais comme un document, montrant les actions de la Résistance et de nombreux cheminots anonymes au moment du débarquement des forces alliées. L’art de René Clément est d’impliquer le spectateur et de nous faire adhérer totalement sans jamais utiliser le sentimentalisme ou le spectaculaire gratuit. En tant que premier grand film sur la Résistance, La Bataille du Rail définit de facto un certain nombre de codes que suivront bon nombre de films sur le sujet. L’image d’une résistance pratiquée par tous les français répondait un besoin légitime de glorification immédiate, au lendemain de la Libération. Le film fut tourné en grande partie avec des acteurs non professionnels, en utilisant des balles réelles (les plus faciles à se procurer). Ses scènes les plus fortes restent marquées durablement dans les esprits : l’exécution des otages, l’attaque du train blindé et le déraillement de l’Apfelkern, reconstitué avec un train réel et filmé par trois caméras. Le film garde ainsi toute sa force soixante-cinq ans plus tard.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Acteurs: Jacques Desagneaux, Tony Laurent, Robert Le Ray
Voir la fiche du film et la filmographie de René Clément sur le site imdb.com.
Voir les autres films de René Clément chroniqués sur ce blog…
Remarques :
Le film fut primé à Cannes en 1946 mais ne fut que très peu distribué à l’étranger, ce qui explique sa faible notoriété hors de France.
Titre original : « The Crimson Wing: Mystery of the Flamingos »
Elle :
Le lac Natron en Tanzanie, un lac fascinant en permanente métamorphose tant sur le plan des couleurs que des éléments qui le composent … un volcan qui crache des cendres au-dessus du lac et une eau de source particulière qui descend de la montagne … cela suffit à créer un univers hors du commun qui permet, à la saison des pluies, aux flamants roses de se reproduire par centaines de milliers malgré des conditions de vie extrêmes : il y fait très chaud et la concentration en sel est tellement élevée qu’il recouvre le lac d’une croute. Les flamants roses se nourrissent d’algues rouges uniques qui donnent ce beau pigment à leur plumage. Les prises de vues sont époustouflantes de beauté, les atmosphères de brumes et de reflets extraordinaires. On assiste à d’étonnantes parades amoureuses, à la nidification, à la naissance puis à l’envol. Un film-documentaire à grand spectacle pour un grand bain de nature.
Note :
Lui :
Des images belles et étonnantes, toute la magie de la Nature à l’œuvre. Cette production Disney Nature (nouvelle société de production basée à Paris) bénéficie d’une réalisation, artistique et technique, parfaite. Le commentaire sait heureusement rester assez discret mais part parfois dans des digressions inutiles pour forcer l’émerveillement. Les Ailes Pourpres est un ravissement pour l’œil.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Elle :
Je me suis laissée entraînée avec plaisir dans l’univers de la Belle Epoque aux côtés de cette femme attachante et téméraire qui transgresse les conventions et codes de la bienséance. Face au machisme des hommes qui détiennent le pouvoir et l’argent, elle revendique sa liberté de vie, son désir de travailler et son indépendance avec courage et ténacité. Le jeu d’Audrey Tautou est délicat et convaincant. Anne Fontaine parvient à bien faire passer l’importance de l’influence de Coco Chanel sur une société corsetée et des codes vestimentaires dépassés. Les femmes de cette époque étaient bridées dans leur corps, leurs vêtements, leur tête et contraintes de dépendre de leurs amants ou de leurs maris sur le plan financier car elles ne travaillaient pas.
Note :
Lui : Coco avant Chanel nous fait découvrir la jeune créatrice avant qu’elle ne crée sa maison de couture. D’abord chanteuse, elle vit ensuite chez son protecteur, Etienne Balsan et manifeste une liberté d’esprit peu courante à son époque. Audrey Tautou est assez convaincante dans ce rôle de femme anticonformiste et déterminée, montrant ainsi une profondeur inhabituelle pour l’actrice. L’histoire, qui paraît quelque peu romancée, n’échappe pas aux conventions du genre mais le film d’Anne Fontaine est plutôt réussi. Un film plaisant.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)