29 novembre 2021

Heureux comme Lazzaro (2018) de Alice Rohrwacher

Titre original : « Lazzaro felice »

Heureux comme Lazzaro (Lazzaro felice)Dans un hameau agricole du Latium resté à l’écart du monde et du modernisme, la marquise Alfonsina de Luna impose à une cinquantaine de paysans, hommes, femmes et enfants, un servage de type médiéval à la technologie rudimentaire. Lazzaro, un jeune paysan naïf et plein de bonté, aussi exploité par ses pairs, travaille dur sans jamais protester…
Heureux comme Lazzaro est un film italien écrit et réalisé par Alice Rohrwacher. La réalisatrice est partie d’un fait réel pour bâtir une histoire particulièrement originale. Avec un petit brin de surnaturel, elle fait accéder son personnage à un niveau proche de la sainteté. L’art de la cinéaste est de nous faire accepter cette élévation sans que cela paraisse ridicule à aucun instant. Personnage particulièrement attachant, Lazzaro est naturellement désintéressé, il aide constamment ceux qui vivent autour de lui sans même y réfléchir. Sur le fond, le propos souligne le passage d’une civilisation paysanne à la migration vers les villes. Sur ce plan, la cinéaste dresse un tableau plutôt pessimiste car son groupe de personnages, une fois émancipés, n’y gagne rien : ils passent d’un « Moyen Âge matériel à un Moyen Âge humain ». Les paysages rocailleux et montagneux sont très bien utilisés, même avec une image techniquement perfectible (16mm). Heureux comme Lazzaro est au final une fable assez attachante et vraiment originale.
Elle: 4 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Adriano Tardiolo, Alba Rohrwacher, Luca Chikovani, Tommaso Ragno, Sergi López, Nicoletta Braschi
Voir la fiche du film et la filmographie de Alice Rohrwacher sur le site IMDB.
Voir la fiche du film sur AlloCiné.

Heureux comme Lazzaro (Lazzaro felice)Adriano Tardiolo dans Heureux comme Lazzaro (Lazzaro felice) de Alice Rohrwacher.

28 novembre 2021

Livre : 1001 films à voir avant de mourir

1001Je dois avouer avoir une méfiance instinctive vis-à-vis des listes « les plus grands films » que l’on peut voir fleurir ici et là. C’est surtout l’idée de classement qui m’inspire cette défiance. En revanche, dresser une liste de films remarquables à un titre ou à un autre est une démarche plus concevable et même naturelle. C’est ce que fait ce livre d’origine anglaise, « 1001 films à voir avant de mourir »,  qui est ici dans sa douzième édition depuis 2003. J’ai plutôt eu une bonne surprise en l’achetant.

Sa grande qualité est de ne pas simplement dresser une liste : outre les informations traditionnelles de production et de casting, chaque film est présenté avec un commentaire écrit par l’un des quelque 70 contributeurs internationaux, critiques pour la plupart. Ces commentaires sont bien écrits et intéressants. Les films sont présentés chronologiquement depuis Le Voyage dans le Lune de Méliès (1902) jusqu’à Nomadland de Chloé Zhao (2020). Chaque film est présenté soit sur une double page (avec affiche + photo pleine page), soit sur une page (avec affiche et photo quart de page), soit sur une demi-page (sans photo). Cela crée donc trois classes d’importance. L’impression est de grande qualité et l’ouvrage totalise 960 pages. Revers de la médaille, il est assez lourd à tenir en main mais on ne s’en plaindra pas…

Trouver que tel film ne devrait pas y figurer ou, à l’inverse, s’indigner de ne pas y trouver tel autre n’a que peu d’intérêt car c’est inévitable. L’approche à avoir est plutôt de puiser dans ces suggestions, de faire des découvertes. La liste me semble assez bien faite, plutôt classique jusqu’à 1970 (qui est approximativement à la moitié du livre). C’est dans la seconde moitié que l’on pourrait ergoter à propos de certains choix. Tous les genres sont représentés, y compris les films d’horreur (j’espère pouvoir mourir sans avoir vu certains des films listés :-)) Les Etats-Unis sont bien entendu les plus représentés (569 films) suivi de la France (155), de la Grande-Bretagne (95), de l’Italie (73), de l’Allemagne (61) et du Japon (30, ce qui est certainement trop peu) (1).
Note : 4 étoiles

Voir le livre sur Livres-cinema.info

Voir la liste des films cités…. (édition anglaise, toutes éditions confondues)

(1) Ces statistiques viennent de Wikipédia et concerne l’édition anglaise. Certains films français ont été ajoutés à l’édition française mais l’éditeur ne précise pas combien.

27 novembre 2021

Tueurs de dames (1955) de Alexander Mackendrick

Titre original : « The Ladykillers »

Tueurs de dames (The Ladykillers)Se faisant passer pour des musiciens, le « professeur » Marcus et ses complices louent une chambre chez la vieille madame Wilberforce. Leur but : le vol d’un transfert de fonds à la gare de King’s Cross voisine…
Tueurs de dames (The Ladykillers) est un film britannique réalisé par Alexander Mackendrick. Film en couleurs, il s’agit du dernier grand film produit par les Studios Ealing qui seront vendus à la BBC peu après. C’est aussi l’un des plus réussis. Le scénario a été écrit par William Rose, américain d’origine mais anglais d’adoption. L’interprétation de cette brillante fantaisie d’humour noir est menée par le facétieux Alec Guinness et cinq excellents acteurs dont Peter Sellers (c’est l’une des toutes premières apparitions au cinéma). Les cinq truands forment une équipe délicieusement hétéroclite. L’interprétation est pour beaucoup dans le fonctionnement de cet humour très british, les personnages sont placides, toujours (enfin presque toujours) maitres d’eux-mêmes, anxieux de sauver les apparences. On peut aussi voir cette histoire comme une allégorie d’une Angleterre sclérosée qui reste prisonnière de son passé (Mackendrick filera aux Etats-Unis après ce film). The Ladykillers se revoit avec délice, le fait d’en connaitre le déroulement n’enlève rien au plaisir… c’est même le contraire qui se produit.
Elle: 4 étoiles
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Alec Guinness, Cecil Parker, Herbert Lom, Peter Sellers, Danny Green, Katie Johnson
Voir la fiche du film et la filmographie de Alexander Mackendrick sur le site IMDB.

Voir les autres films de Alexander Mackendrick chroniqués sur ce blog…

Voir les livres sur les studios Ealing

Remake :
Ladykillers (The Ladykillers) par Joel et Ethan Coen (2004) avec Tom Hanks (non vu, mais généralement considéré comme peu réussi).

Tueurs de dames (The Ladykillers)Alec Guinness et Katie Johnson dans Tueurs de dames (The Ladykillers) de Alexander Mackendrick.

Tueurs de dames (The Ladykillers)Peter Sellers, Danny Green et Herbert Lom dans Tueurs de dames (The Ladykillers) de Alexander Mackendrick.

Tueurs de dames (The Ladykillers)Alec Guinness et Danny Green dans Tueurs de dames (The Ladykillers) de Alexander Mackendrick.

26 novembre 2021

Rango (2011) de Gore Verbinski

RangoUn caméléon domestique, bavard et féru de théâtre, se retrouve par accident projeté en plein désert de Mojave. Il parvient à la ville de Dirt (Poussière) dont les habitants sont tentés de fuir car ils manquent cruellement d’eau. Le caméléon parvient à s’y rendre très populaire en s’inventant un personnage de justicier…
Après avoir tourné trois films de la série Pirates des Caraïbes, Gore Verbinski revient à l’un de ses anciens projets : faire un film d’animation inspiré des grands westerns. Le résultat est assez réussi avec un humour bien dosé et constant et de nombreux clins d’œil à des films marquants, western ou autre (1). Il s’est assuré d’un casting prestigieux pour donner de la voix à ses personnages. Selon la communication faite autour du film, une attention toute particulière aurait été donnée pour mettre ces acteurs dans leur rôle en les habillant, en les plaçant dans un décor proche de celui du film et surtout en les faisant jouer ensemble. L’animation est de grande qualité et l’inventivité dans les personnages assez présente. Divertissement assuré.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs : Johnny Depp, Isla Fisher, Abigail Breslin, Ned Beatty, Alfred Molina, Bill Nighy, Harry Dean Stanton
Voir la fiche du film et la filmographie de Gore Verbinski sur le site imdb.com.
Voir la fiche du film sur AlloCiné.

RangoRango de Gore Verbinski.

(1) Le film contient de nombreuses références provenant de films, principalement des westerns, dont The Shakiest Gun in the West, Pour une poignée de dollars, Chinatown, Le Bon, la Brute et le Truand, Il était une fois dans l’Ouest, Cat Ballou, Mad Max, Arizona Junior, Las Vegas Parano et beaucoup d’autres. L’une des références les plus frappantes est le personnage de l’Esprit de l’Ouest sous la forme d’un sosie de Clint Eastwood vêtu d’un poncho comme dans les films de la Trilogie du dollar de Sergio Leone. Verbinski cite également El Topo comme influence.

RangoJames Ward Byrkit, Harry Dean Stanton et Ryan Hurst sur le doublage de Rango de Gore Verbinski.

Homonyme :
Rango (1931) de Ernest B. Schoedsack, film semi-documentaire qu’il a réalisé seul à Sumatra.

26 novembre 2021

Les Bêtes du Sud sauvage (2012) de Benh Zeitlin

Titre original : « Beasts of the Southern Wild »

Les bêtes du Sud sauvage (Beasts of the Southern Wild)Hushpuppy, une fillette de six ans, vit dans le bayou de Louisiane avec son père au milieu de la mangrove, dans une cabane délabrée et miséreuse avec d’autres abandonnés de la société américaine. Un jour, une violente tempête provoque la montée des eaux, mettant en péril leurs vies déjà fort précaires. Les changements climatiques ont libéré des aurochs — auparavant prisonniers des glaces polaires — qui migrent jusqu’en Louisiane…
Les Bêtes du sud sauvage est un film indépendant américain coécrit et réalisé par Benh Zeitlin, jeune réalisateur américain de trente ans dont c’est le premier long métrage. Il s’agit d’une fable (les éléments de nature fantastique viennent de la tête de l’enfant) très ancré dans un réel particulièrement miséreux mais aussi très original. Le réalisateur parvient à mettre cet univers en images de façon percutante. Mais ce qui frappe tout autant, c’est l’interprétation de Quvenzhané Wallis, la fillette joue avec un naturel et une richesse incroyable et Dwight Henry, qui interprète le père, montre une intensité rare dans son jeu. Il s’agit de leur première expérience d’acteur. Le film a été très remarqué et a connu un succès international.
Elle: 3 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Quvenzhané Wallis, Dwight Henry
Voir la fiche du film et la filmographie de Benh Zeitlin sur le site IMDB.
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Remarque :
* Les animaux fantastiques sont appelés « aurochs » tout en ressemblant à des cochons. On peut penser qu’ils ont pris cette apparence dans la tête de la fillette en fonction des animaux qu’elle connaissait (elle n’avait vu les fameux aurochs que sur un tatouage).

Les bêtes du Sud sauvage (Beasts of the Southern Wild)Quvenzhané Wallis dans Les bêtes du Sud sauvage (Beasts of the Southern Wild) de Benh Zeitlin.

25 novembre 2021

Léon (1994) de Luc Besson

LéonLéon est un tueur à gages solitaire et efficace qui officie à New York dans le quartier Little Italy. Il recueille à contrecœur une jeune adolescente qui veut apprendre le « métier » pour tuer l’homme qui a assassiné toute sa famille. Une relation inhabituelle va se nouer entre les deux…
Bloqué dans son projet Le Cinquième élément par l’indisponibilité de Bruce Willis, Luc Besson a écrit le scénario de Léon en 30 jours et l’a tourné en 90. Il reprend l’un des personnages secondaires de Nikita, « le nettoyeur », et le transforme en tueur à gages tout en gardant son look. L’alliance entre cet homme taciturne, un peu attardé, et une jeune fille vive et intelligente permet de créer des scènes surprenantes et cocasses. L’histoire est assez réduite mais Luc Besson prouve, une fois de plus, son talent pour créer des scènes d’actions efficaces et même jubilatoires. Son cinéma est apte à séduire grâce à un mélange de naïveté dans le propos et de punch dans les images. Ses personnages sont typés, presque à l’excès. Gary Oldman fait un méchant assez mémorable et Natalie Portman (12 ans au moment du tournage) montre une maturité étonnante pour sa première apparition au cinéma. Le succès a été au rendez-vous et la popularité du film n’a cessé de croitre depuis. Aujourd’hui, il est toujours porté en très haute estime par bon nombre de spectateurs.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Jean Reno, Gary Oldman, Natalie Portman, Danny Aiello
Voir la fiche du film et la filmographie de Luc Besson sur le site IMDB.
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Voir les autres films de Luc Besson chroniqués sur ce blog…
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Remarque :
* Le surprenant téléphérique que Mathilda prend à la fin du film relie la 2nd Avenue à Roosevelt Island, l’île tout en longueur située entre le Queens et Manhattan. Il permet de traverser l’East River en longeant le Queensboro Bridge qui enjambe l’île sans la desservir.
* La prostituée au début du film est interprétée par la toute jeune Maïwenn qui était alors la femme de Luc Besson. Elle apparaît au générique sous le nom « Ouin-Ouin ».
* Le film a été tourné en anglais et a fait une belle carrière internationale.

LéonJean Reno et Natalie Portman dans Léon de Luc Besson.

24 novembre 2021

Edge of the World (2021) de Michael Haussman

Edge of the WorldEn 1839, l’explorateur anglais James Brooke arrive sur l’île de Bornéo avec son neveu et son cousin. Il aide le gouverneur local à mettre fin de façon pacifique à une rébellion menée par de simples villageois. En gage de reconnaissance, le sultan du Brunei le nomme Rajah (vice-roi) de Sarawak. Conquis par les charmes de cette région exotique, Brooke décide de rester sur place…
Le personnage historique James Brooke a été une source d’inspiration littéraire et cinématographique (1). Le scénario est signé Rob Allyn qui s’est passionné pour le personnage depuis une dizaine d’années, a fait des recherches approfondies et produit le film. Il en a confié la réalisation à Michael Haussman, un réalisateur de clips dont c’est le premier long métrage. L’histoire de cet explorateur promu vice-roi est assez étonnante en soi, tout comme sa façon de diriger le Royaume de Sarawak, très respectueuse de chacun. Hélas, le récit que nous offre le film est assez confus, plutôt mal construit et, surtout, se révèle incapable de développer notre intérêt. Les faiblesses sont plutôt du côté du scénario car l’interprétation est assez bonne. Jonathan Rhys-Meyers semble se donner à fond pour entrer dans la peau de son personnage.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Jonathan Rhys Meyers, Josie Ho, Dominic Monaghan, Ralph Ineson, Otto Farrant
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Remarque :
* Le Sarawak est situé au nord de l’île de Bornéo. Avec une superficie de 124 450 km2 (un quart de celle de la France, c’est aujourd’hui le plus grand des États de la Malaisie).

(1) James Brooke a servi de modèle pour Lord Jim de Joseph Conrad (1899-1900), porté au cinéma par Richard Brooks : Lord Jim (1965). De plus, il aurait probablement été une des sources d’inspirations pour la nouvelle de Kipling L’Homme qui voulut être roi (1888), également porté au cinéma : L’Homme qui voulut être roi (1975) par John Huston.

Edge of the WorldJonathan Rhys Meyers dans Edge of the World de Michael Haussman.

Homonyme (sur un tout autre sujet) :
A l’angle du monde (The Edge of the World) de Michael Powell (1937)

23 novembre 2021

Dans la peau de John Malkovich (1999) de Spike Jonze

Titre original : « Being John Malkovich »

Dans la peau de John Malkovich (Being John Malkovich)Craig Schwartz est marionnettiste de rue, mais ne parvient pas à vivre de son art. Lotte, son épouse, s’intéresse beaucoup plus à ses animaux qu’à lui. Devant leurs difficultés financières, il trouve un emploi à l’étage sept et demi du building Mertin-Flemmer. En classant des dossiers, il va faire une découverte inattendue…
Après avoir réalisé quelques clips, Spike Jonze a surpris tout le monde avec Dans la peau de John Malkovich, son premier long métrage. C’est l’un des films les plus originaux qui soient, si original que le scénario, signé Charlie Kaufman, a eu bien du mal à trouver preneur. Les idées, tout à fait surréalistes, sont fort bien exploitées, puisque que l’on peut noter quatre utilisations très différentes du « passage » selon les personnages. Il y a beaucoup d’humour et les dialogues ne sont pas en reste. John Cusak et Cameron Diaz sont méconnaissables et John Malkovich a accepté de jouer avec sa propre personne sans craindre la dérision, avec pour apothéose une scène d’anthologie. Un petit bijou.
Elle: 4 étoiles
Lui : 5 étoiles

Acteurs: John Cusack, Cameron Diaz, Catherine Keener, John Malkovich
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Dans la peau de John Malkovich (Being John Malkovich)Catherine Keener et John Cusack dans Dans la peau de John Malkovich (Being John Malkovich) de Spike Jonze.

22 novembre 2021

Exodus: Gods and Kings (2014) de Ridley Scott

Exodus: Gods and KingsDans l’Égypte antique, deux princes, Ramsès et Moïse, sont élevés comme des frères. Tandis que Ramsès devient pharaon d’Égypte, Moïse apprend son appartenance au peuple hébreu, réduit en esclavage depuis plusieurs siècles…
Après avoir dépoussiéré le péplum romain avec Gladiator en 2000, Ridley Scott s’attaque au péplum biblique. Exodus: Gods and Kings est presque un remake du film Les Dix Commandements de Cecil B. DeMille (1923 et 1956). Comparé à ce dernier, les images sont bien entendu un peu plus spectaculaires : le nombre moindre de figurants est largement compensé par l’utilisation des images de synthèse qui rend les scènes de foule plus vastes encore. L’ordinateur fait aussi des merveilles pour créer des images exceptionnelles dans les survols de la ville égyptienne de Memphis et dans la représentation des dix plaies d’Egypte. L’histoire se concentre sur la lutte entre Ramsès et Moïse et préfère faire l’impasse sur les suites de l’exode (Moïse est un prophète commun à plusieurs religions, les récits divergeant après l’exode). Le choix probablement le plus discutable a été de faire apparaître Dieu à Moïse sous la forme d’un garçon de dix ans (qui ne manque pas de paraître capricieux quand il est en colère). Le film a été très mal reçu par la critique qui l’a même parfois ridiculisé. En outre, il a suscité diverses polémiques. Personnellement, comme tout péplum, je pense qu’il faut le voir avant tout comme un beau et grand spectacle.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Christian Bale, Joel Edgerton, John Turturro, Ben Mendelsohn, María Valverde, Sigourney Weaver, Ben Kingsley, Golshifteh Farahani
Voir la fiche du film et la filmographie de Ridley Scott sur le site IMDB.
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 Exodus: Gods and KingsChristian Bale (Moïse) dans Exodus: Gods and Kings de Ridley Scott.

 Exodus: Gods and KingsGolshifteh Farahani (Nefertari) et Joel Edgerton (Ramsès II) dans Exodus: Gods and Kings de Ridley Scott.

Remarque :
* L’existence d’un esclavage en Égypte antique fait l’objet de débats parmi les égyptologues, aussi bien dans sa définition que dans son application. Les spécialistes s’accordent pour dire que l’esclavage, tel qu’il se pratiqua dans la Grèce antique, n’a pas existé en Égypte avant la période ptolémaïque (soit à partir de 323 av. J.C., un millénaire après Ramsès II), même si des formes de servitude ont pu exister. (Extrait de Wikipédia)

 Exodus: Gods and KingsExodus: Gods and Kings de Ridley Scott.

21 novembre 2021

The Homesman (2014) de Tommy Lee Jones

The HomesmanA la fin du XIXe siècle, dans un petit village du Nebraska, Mary Bee Cuddy est une pionnière de tempérament qui, à 31 ans, n’a pas réussi à se marier car les hommes la trouvent trop austère et autoritaire. Par humanisme, elle accepte de transporter en Iowa trois femmes qui ont perdu la raison. Elle sauve un vagabond sur le point d’être pendu pour qu’il l’accompagne dans ce long périple de plusieurs semaines…
Depuis Trois enterrements, nous savons qu’un western signé par Tommy Lee Jones a peu de chances d’être banal. Effectivement, The Homesman n’a rien d’ordinaire. Le scénario est une adaptation du roman « Le Charlot des Damnés », publié par l’auteur américain Glendon Swarthout en 1988. Paul Newman en avait très tôt acquis les droits sans pouvoir concrétiser son projet. Il est vrai que l’histoire peut rebuter à première vue mais, en réalité, c’est une histoire très forte. Le personnage central est une femme et le traditionnel univers masculin du western en prend un coup. C’est aussi l’idéal américain qui est à la peine car l’individualisme prévaut dans ces terres presque vierges. La photographie de ces grands espaces est assez réussie avec, occasionnellement, des images insolites. Si le film n’est pas exempt de défauts, ceux-ci sont plutôt du côté de la construction. Le début est en effet assez confus. Ce second long métrage de Tommy Lee Jones est assurément un film hors du commun.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Tommy Lee Jones, Hilary Swank, Grace Gummer, Miranda Otto, Sonja Richter, John Lithgow
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Remarque :
* Homesman est une production française (Europacorp, Luc Besson).

 The HomesmanHilary Swank et Tommy Lee Jones dans The Homesman de Tommy Lee Jones.