18 avril 2026

Valeur sentimentale (2025) de Joachim Trier

Titre original : « Affeksjonsverdi »

Valeur sentimentale (Affeksjonsverdi)Après la mort de leur mère, les sœurs Nora et Agnes doivent faire face à leur père, Gustav, un cinéaste autrefois connu, mais aujourd’hui presque oublié. Les deux sœurs ont pris des chemins de vie différents tout en restant proches l’une de l’autre. Nora a fait passer sa carrière d’actrice de théâtre avant tout le reste, tandis que sa sœur cadette, Agnes, a opté pour un emploi plus sûr et a construit une vie de famille avec son mari et son enfant…
Valeur sentimentale est un film norvégien réalisé par le dano-norvégien Joachim Trier. Il en a écrit le scénario avec son co-scénariste habituel, Eskil Vogt. Le récit nous faire suivre plusieurs personnages, passant de l’un à l’autre, multipliant ainsi les émotions et donnant une indéniable richesse à l’ensemble. Car c’est d’héritage émotionnel dont il est ici question avec une maison familiale comme lieu d’ancrage. Les relations des deux filles avec leur père cinéaste s’alourdissent d’un passé parfois douloureux. Une autre facette expose le processus de création, plus précisément l’influence de son propre vécu sur tout acte de création. L’approche de l’ensemble est délicate. C’est un film d’une belle richesse. Remarqué (et récompensé) à Cannes 2025.
Elle: 4 étoiles
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Renate Reinsve, Stellan Skarsgård, Inga Ibsdotter Lilleaas, Elle Fanning, Anders Danielsen Lie, Jesper Christensen, Lena Endre
Voir la fiche du film et la filmographie de Joachim Trier sur le site IMDB.
Voir la fiche du film sur AlloCiné.

Voir les autres films de Joachim Trier chroniqués sur ce blog…

Stellan Skarsgård et Renate Reinsve dans Valeur sentimentale (Affeksjonsverdi) de Joachim Trier.
Valeur sentimentale (Affeksjonsverdi) de Joachim Trier.
Renate Reinsve et Inga Ibsdotter Lilleaas dans Valeur sentimentale (Affeksjonsverdi) de Joachim Trier.

16 décembre 2016

L’insoutenable légèreté de l’être (1988) de Philip Kaufman

Titre original : « The Unbearable Lightness of Being »

L'insoutenable légèreté de l'êtrePrague, printemps 1968. Un vent de liberté souffle sur la Tchécoslovaquie. Tomas est un jeune et séduisant chirurgien du cerveau qui multiplie les conquêtes féminines. Il cultive une forme d’amitié érotique avec une artiste, Sabina, et développe un amour plus sérieux pour Tereza, une jeune serveuse rencontrée lors d’un déplacement en province… L’insoutenable légèreté de l’être est un roman à succès de Milan Kundera, adapté ici pour le grand écran par Jean-Claude Carrière. Le thème principal est l’opposition entre légèreté et gravité : comment peut-on être léger et insouciant face à la pesanteur des destinées? Tereza finit par trouver insoutenable la légèreté de Tomas alors qu’ils assistent impuissants à l’écrasement de leur pays. Le récit de Kundera a en effet aussi un aspect historique, par son témoignage de l’irruption des chars et soldats soviétiques à Prague en août 1968 et du processus de « normalisation » qui a suivi. Kundera a orné son récit d’une sensualité érotique que l’on retrouve à l’écran. Elle contribue à l’équilibre général de l’ensemble en lui donnant une plus grande accessibilité (ou bien Kundera aurait-il cherché à privilégier une certaine légèreté ?) Bien qu’un peu trop long (près de 3 heures), le film de Philip Kaufman est une belle adaptation du roman.
Elle: 4 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Daniel Day-Lewis, Juliette Binoche, Lena Olin, Stellan Skarsgård
Voir la fiche du film et la filmographie de Philip Kaufman sur le site IMDB.

Remarques :
* L’insoutenable légèreté de l’être a lancé la carrière internationale de Juliette Binoche.
* Roman (publié en 1984) et film précèdent la chute du Mur de quelques années. Kundera a écrit son roman juste après la mort de Brejnev (qui avait ordonné la « normalisation » de la Tchécoslovaquie en 1968).

 

L'insoutenable légèreté de l'être
Légèreté : Lena Olin et Daniel Day-Lewis dans L’insoutenable légèreté de l’être de Philip Kaufman.

L'insoutenable légèreté de l'être
Gravité : Juliette Binoche dans L’insoutenable légèreté de l’être de Philip Kaufman.