A New York, un producteur au chômage et porté sur la boisson prend sous son aile une jeune chanteuse anglaise, abandonnée par son petit ami, future pop star… New York Melody est une comédie américaine écrite et réalisée par l’irlandais John Carney. L’histoire se déroule dans le milieu de la musique. John Carney a été lui-même musicien avant d’être cinéaste ; il a écrit la plupart des chansons du film. Il s’agit d’une gentille histoire, agréablement positive, plaisante bien que très formatée et prévisible. Keira Knightley montre d’étonnantes qualités de chanteuse et Adam Levine (qui joue l’ex-petit ami), chanteur du groupe Maroon 5 dans la vraie vie, montre d’étonnantes qualités d’acteur. Mark Ruffalo, quant à lui, fait une excellente prestation. La musique est plutôt bonne. Tout cela est bien sympathique. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
2003 : les États-Unis et l’Angleterre souhaitent intervenir en Irak. Katharine Gun, employée des renseignements britanniques, reçoit une note de la NSA : les États-Unis sollicitent l’aide de la Grande-Bretagne pour rassembler des informations compromettantes sur certains membres du Conseil de sécurité de l’ONU hostiles à la guerre afin de les obliger à voter en faveur de l’invasion. Gun prend alors la décision de divulguer le mémo à la presse… Official Secrets est un film britannico-américain coécrit et réalisé par le sud-africain Gavin Hood. Il est basé sur l’histoire réelle de la lanceuse d’alerte Katharine Gun. Le récit est assez classique, sans création d’une réelle tension et la mise en scène ne montre rien de remarquable. Keira Knightley a heureusement beaucoup de présence à l’écran. Son interprétation accentue (ou restitue ?) la naïveté et l’impulsivité de son personnage. Le mérite principal du film est de rappeler les conditions du déclenchement de la seconde guerre du Golfe et les manœuvres des américains pour la légitimer. Le film n’est pas sorti en salles en France. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
1893. La jeune Gabrielle Sidonie Colette a épousé Willy, un écrivain égocentrique et séducteur, âgé de quatorze ans de plus qu’elle. Willy fait écrire ses livres par des nègres et il encourage Gabrielle à écrire pour lui un roman basé sur ses souvenirs d’enfance. Le succès est immédiat, ce sera le premier d’une série autour du même personnage prénommée Claudine…
C’est donc un réalisateur anglais qui signe le premier long métrage consacré à la vie de Colette (1). Le récit se concentre sur l’émancipation de l’écrivaine, il s’arrête au moment où elle va enfin signer son prochain roman de son nom. La forme est classique mais l’ensemble est intéressant, assez fidèle à la réalité, nullement romancé et sans effet de dramatisation. La relation homosexuelle de Colette avec Missy est montrée avec simplicité. De même, la reconstitution du Paris de 1900 reste sobre tout en montrant un soin évident dans les décors et costumes. La critique a éreinté le film (c’est habituel pour ce style de film). Il nous apprend pourtant à mieux connaitre le parcours de cette grande figure de la littérature et du féminisme. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
(1) Nadine Trintignant avait toutefois réalisé précédemment un téléfilm pour France 2 en deux parties en 2003 : Colette, une femme libre avec Marie Trintignant dans le rôle-titre (dernier rôle de l’actrice, morte tragiquement peu avant la fin du tournage fin juillet 2003).
Keira Knightley et Dominic West dans Colette de Wash Westmoreland.
En 1951, un inspecteur de police enquêtant sur le cambriolage du domicile d’un certain Alan Turing s’étonne que la victime semble souhaiter éviter toute enquête. Il décide de fouiller le passé de ce professeur et découvre que son dossier est classé secret… Adapté d’une biographie signée Andrew Hodges, le film britannique Imitation Game retrace le rôle joué par le mathématicien Alan Turing pendant la Seconde Guerre mondiale : enfermé avec une petite équipe à Bletchley Park en Angleterre, il parviendra à concevoir un moyen de décoder les messages allemands cryptés par la machine Enigma. Cette connaissance de tous les messages de l’état-major allemand et la gestion habile de cet avantage seront décisifs dans l’issue de la guerre. Ce point n’a été déclassifié qu’en 1996 (le premier livre à en parler date toutefois de 1974). Même s’il met en relief la séparation entre recherche fondamentale et recherche appliquée, le film du norvégien Morten Tyldum n’aborde pas les principes mathématiques de la cryptographie mais se concentre sur la personnalité d’Alan Turing, son isolement affectif, sa maladresse pour communiquer et son homosexualité qui lui vaudra d’être condamné après la guerre. Même s’il se conforme aux clichés des biopics (avec, par exemple, l’inévitable scène « Euréka! »), Imitation Game est un film très réussi, vraiment prenant, un bel hommage à ce brillant mathématicien qui a contribué à tracer la route vers les machines intelligentes. L’interprétation est excellente, Benedict Cumberbatch en tête. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Benedict Cumberbatch est Alan Turing dans Imitation Game de Morten Tyldum.
Remarques :
* Imitation Game est le nom que Turing avait donné à son test sur l’intelligence artificielle. Le nom « Test de Turing » n’apparaitra qu’en 1968 sous la plume du romancier de science-fiction Arthur C. Clarke et le terme restera. A ce jour, aucune machine n’a réussi à passer ce test de façon incontestable (mais nous en sommes indéniablement très proches).
* Une pomme entamée a été découverte à côté du lit d’Alan Turing et il est vraisemblable qu’il l’ait utilisée pour absorber le cyanure. La légende selon laquelle elle aurait inspiré les créateurs du logo d’Apple a été démentie mille fois mais elle circule toujours autant…
* La reine Élisabeth II a gracié Alan Turing à titre posthume en 2013, soit 61 ans après sa condamnation.
* Précédent film sur le décryptage du code allemand : Enigma (2001) de Michael Apted avec Kate Winslet et Dougray Scott, film d’espionnage qui ne cherche pas à être historiquement exact et qui ne mentionne pas Alan Turing d’ailleurs.
Keira Knightley, Matthew Beard, Benedict Cumberbatch, Matthew Goode et Allen Leech dans Imitation Game de Morten Tyldum.
Charles Dance et Benedict Cumberbatch dans Imitation Game de Morten Tyldum.
Titre français (vidéo) : « Auprès de moi toujours »
Dans une réalité alternative, la médecine a vaincu cancer et maladies incurables dès 1952. C’est dans ce monde que Kathy, Ruth et Tommy sont les pensionnaires inséparables d’une école élitiste et coupée du monde… Adapté du roman très primé de Kazuo Ishiguro « Auprès de moi toujours » (1), Never Let Me Go est un film de science-fiction très différent des standards actuels du genre. C’est un film plein de sensibilité, émouvant, qui interroge sur la définition de l’humanité, l’essence de l’être humain. Certes, c’est un questionnement que l’on retrouve souvent dans la littérature de science-fiction mais Ishiguro l’a joliment développé et Mark Romanek fait preuve de beaucoup de délicatesse pour le mettre en images, en insistant juste un peu plus sur l’histoire d’amour. Sous-jacente, il y a aussi une certaine réflexion sur la notion de résignation que l’auteur nous invite à creuser. L’interprétation est irréprochable, même celle des enfants. Carey Mulligan fait preuve de beaucoup de sensibilité pour interpréter son personnage dont toute la réflexion se situe à l’intérieur. Son jeu est riche et délicat. Never Let Me Go n’est sans doute pas à conseiller aux amateurs de films actuels de science fiction. C’est un film assez bouleversant, plein de délicatesse et assez enthousiasmant. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarque :
Comme toujours, mais ici plus que jamais, il faut éviter de lire les critiques qui racontent le film ou qui en exposent le thème, car on découvre peu à peu la réalité avec étonnement et stupéfaction et cette découverte amplifie l’emprise du film.
(1) Le roman a été sélectionné en 2005 au Booker Prize, au Arthur C. Clarke Award et au National Book Critics Circle Award. Le Time Magazine l’a désigné comme le meilleur roman de la décennie et l’a placé dans les 100 meilleurs romans modernes jamais écrits.