24 décembre 2007

Manderlay (2005) de Lars von Trier

ManderlayElle :
(pas vu)

Lui :
Deuxième volet de la trilogie que Lars von Trier consacre à l’Amérique « Land of opportunity » (le premier étant Dogville et le troisième sera prochainement Washington [NDLR: projet finalement abandonné]), Manderlay reprend le même principe totalement dénudé de mise en scène que Dogville : un sol peint avec l’emplacement des bâtiments et autres lieux de décors, le tout agrémenté de seulement quelques éléments de mobilier. Cette fois, Lars von Trier traite du pouvoir, de l’exploitation et de l’esclavage. Son héroïne Grace est une jeune oie blanche, assise sur ses certitudes issues du politiquement correct, qui désire instaurer de force un système basé sur la démocratie et la liberté au sein d’un petit domaine rural dans l’Alabama des années 30 (on peut faire aussi le parallèle avec l’Irak puisque la jeune Grace a quelques sbires armés à sa disposition pour imposer ses vues). Manderlay m’a paru beaucoup moins convaincant que Dogville, l’ensemble étant plus confus à mes yeux, avec une caméra à l’épaule plus pénible à supporter et surtout un contenu uniquement centré sur le discours un peu simplet de la jeune femme dont les certitudes ne seront sérieusement bousculées (dans un registre un peu surprenant d’ailleurs) que dans les 15 dernières minutes. Manderlay a beau soulever des problèmes tout aussi intéressants (sinon plus), il n’a pas, hélas, la richesse de développement de Dogville.
Note : 3 eacute;toiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Bryce Dallas Howard, Isaach De Bankolé, Danny Glover, Willem Dafoe, Lauren Bacall
Voir la fiche du film et la filmographie de Lars von Trier sur le site imdb.com.

Voir les autres films de Lars von Trier chroniqués sur ce blog…

23 décembre 2007

Scoop (2006) de Woody Allen

ScoopElle :
Ce nouveau volet londonien certes parfaitement mis en scène n’a hélas pas la saveur et la richesse de Match Point sur le plan du scénario. Aux côtés de l’étourdissante Scarlett Johansson, Woody Allen signe son retour à l’écran dans cette comédie policière légère. Il a tendance à faire de la surenchère dans son jeu ; cela en devient agaçant. Je le préfère derrière la caméra maintenant.
Note : 2 étoiles

Lui :
Scoop permet à Woody Allen de revenir sur le terrain de la comédie avec cette enquête d’une jeune journaliste sur un beau et jeune Lord qu’elle soupçonne d’être un tueur en série. La mise en place est particulièrement réussie, sur une idée vraiment amusante (la barque de la mort, le numéro du magicien, etc…) et l’on se réjouit d’avance de la suite. Hélas, celle-ci se révèle un peu moins relevée qu’attendu. Il n’en reste pas moins que Woody Allen a un bon sens du rythme et qu’il peut nous gratifier de quelques répliques dont il a le secret ; il charge parfois un peu trop son personnage comme trop souvent dans ses films récents. A l’instar de son personnage dans le film, Woody donne l’impression de vouloir prendre sous son aile Scarlett Johansson qui, il faut bien le reconnaître, n’a pas ici une présence folle. Scoop est un film mineur, certes, mais cela reste un Woody Allen et donc vaut la peine d’être vu…
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 3,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Scarlett Johansson, Hugh Jackman, Woody Allen, Ian McShane
Voir la fiche du film et la filmographie de Woody Allen sur le site imdb.com.

Voir les autres films de Woody Allen chroniqués sur ce blog…

20 décembre 2007

Les fragments d’Antonin (2006) de Gabriel Le Bomin

Les fragments d'AntoninElle :
Spécialiste des documentaires sur les traumatismes de guerre, Gabriel Le Bomin livre sa vision toute personnelle de la guerre dans ce premier film émouvant et authentique. Il préfère se pencher sur les blessures intérieures invisibles qui marquent à jamais la vie de ces soldats plutôt que sur les blessures extérieures. C’est à travers le regard d’Antonin, atteint d’un grand choc traumatique qui le secoue de tremblements, que l’on va revivre les fragments de sa vie éclatée et reconstituer son parcours. Dans une ambiance sonore un peu irréelle, le réalisateur choisit la sobriété. Pas d’effets inutiles, des décors couleur de cendre, des dialogues réduits au strict nécessaire, des scènes dans les tranchées à hauteur d’homme et des acteurs qui jouent en subtilité et retenue. Il se concentre sur les regards, les gros plans de visages, les silences, le toucher des mains pour reconstruire le terrible puzzle de ce soldat traumatisé.
Note : 4 étoiles

Lui :
Les fragments d’Antonin est le premier long métrage de Gabriel Le Bomin, auteur de plusieurs documentaires sur les traumatismes de la guerre qui lui avaient fait découvrir que « la guerre ne provoquait pas seulement des blessures corporelles, mais aussi des blessures de l’âme, qui ne se voient pas et dont on ne parle pas ». Antonin est un soldat que la fin de la guerre de 14-18 laisse profondément traumatisé. Le docteur qui le soigne cherche à lui faire revivre certains moments pour l’en libérer. Gabriel Le Bomin trouve le ton juste, un ton assez original, sobre, sans paroles inutiles, sans esbroufe, sans en faire un spectacle. Il ne porte pas d’accusations, ni de jugement ; il témoigne, ce qui est déjà beaucoup. Mais son témoignage est finalement terriblement efficace.
Note : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Grégori Derangère, Anouk Grinberg, Aurélien Recoing, Niels Arestrup
Voir la fiche du film et la filmographie de Gabriel Le Bomin sur le site imdb.com.

19 décembre 2007

Dans Paris (2006) de Christophe Honoré

Dans ParisElle :
Dans Paris a pour ambition de retrouver le ton des films de la Nouvelle Vague. Je ne l’ai pas senti en ce qui me concerne, il manque le style, la fraîcheur, l’inventivité des années 60 et surtout le contenu. Pour ne rien arranger, la qualité sonore est loin d’être parfaite : dans la première partie, les dialogues sont à peine compréhensibles. (Abandon)
Note : pas d'étoiles

Lui :
Dans Paris nous dresse le portrait d’une famille sans aucune communication et plus particulièrement celui de deux frères. L’un des deux est totalement anéanti par une histoire d’amour malheureuse (exposée dans les 20 premières minutes) pendant que l’autre entame une virée à pied dans Paris où il fera plusieurs rencontres. Dans de nombreuses scènes, Christophe Honoré s’inspire ostensiblement de la Nouvelle Vague, à commencer par Godard et Truffaut, et le ton général est assez libre presque improvisé, Dans Paris ayant visiblement été tourné assez prestement. Si la démarche de faire ainsi des films plutôt atypiques me séduit assez, le film m’a hélas assez franchement ennuyé, tout cela est assez vide, le film est à l’image du personnage interprété par Romain Duris…. A mes yeux, Dans Paris est surtout un exercice de style.
Note : 1 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Romain Duris, Louis Garrel, Joana Preiss, Guy Marchand, Marie-France Pisier
Voir la fiche du film et la filmographie de Christophe Honoré sur le site imdb.com.

17 décembre 2007

La Californie (2006) de Jacques Fieschi

La CalifornieElle :
Adapté d’un roman de Simenon, ce film sur l’univers d’une petite bande de oisifs qui vivent aux crochets d’une femme sur la Côte d’azur est assez inégal, voire franchement ennuyeux. Certes, il y a un ton, Jacques Fieschi a d’ailleurs travaillé avec Claude Sautet, il utilise ici d’excellents acteurs à contre-emploi comme Nathalie Baye ou Roschdy Zem et mais cela ne suffit pas pour maintenir l’intérêt.
Note : 2 étoiles

Lui :
Premier film de Jacques Fieschi, scénariste entre autres de films de Sautet et de Nicole Garcia, La Californie est un film assez personnel dans lequel il parvient à parfaitement recréer le monde artificiel qu’une femme fortunée s’est bâti comme un rempart contre la vacuité de son existence (La Californie est le nom d’un quartier de Cannes). Elle s’est entourée d’un petit groupe hétéroclite et déraciné qui mène une vie frivole et inutile. Nathalie Baye interprète magnifiquement ce rôle très légèrement décalé par rapport à son image. Roschdy Zem, presque méconnaissable, montre une fois de plus son grand talent en personnifiant un serbe viril extrêmement convaincant, on a vraiment l’impression qu’il a parlé serbe toute sa vie ; il donne une très grande dimension à son personnage. La Californie tient surtout sur la performance de ces deux acteurs, il faut bien l’avouer, mais le film reste assez intéressant pour son étude de mœurs.
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Nathalie Baye, Roschdy Zem, Ludivine Sagnier, Mylène Demongeot, Radivoje Bukvic
Voir la fiche du film et la filmographie de Jacques Fieschi sur le site imdb.com.

16 décembre 2007

Burt Munro (2005) de Roger Donaldson

Titre original : « The World’s Fastest Indian »

Burt MunroElle :
Bien que le film ne soit pas dépourvu de tendresse grâce à la performance d’Anthony Hopkins qui joue le rôle d’un papy rêvant de battre le record du monde en moto aux Etats-Unis, l’ensemble reste beaucoup trop gentillet et académique pour maintenir mon intérêt.
Note : pas d'étoiles

Lui :
Burt Munro, c’est le nom du néo-zélandais passionné de moto qui battit le record de vitesse alors qu’il avait plus de 60 ans. Roger Donaldson utilise son côté de gentil papy original et excentrique pour former un film en forme de road-movie attendrissant. Par certains côtés, Burt Munro peut faire penser à Une histoire vraie de Lynch mais sans en avoir la richesse d’émotions ni la perfection dans la réalisation. Anthony Hopkins délaisse pour une fois les personnages de dangereux psychopathe auxquels il semble abonné à vie. L’ensemble est hélas trop convenu, extrêmement prévisible et, dès lors, l’émotion a du mal à naître.
Note : 2 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Anthony Hopkins, Graig Hall
Voir la fiche du film et la filmographie de Roger Donaldson sur le site imdb.com.

Voir les autres films de Roger Donaldson chroniqués sur ce blog…

13 décembre 2007

Le pressentiment (2006) de Jean-Pierre Darroussin

Le pressentimentElle :
Ce premier film de Jean-Pierre Darroussin adapté d’un roman d’Emmanuel Bove est une jolie surprise pleine de poésie, de fantaisie mais aussi de mélancolie. Cet avocat en pleine recherche sur lui-même, rejette le milieu bourgeois d’où il est sorti et s’installe dans les quartiers populaires du vieux Paris. Darroussin campe ce personnage déphasé et en retraite spirituelle avec retenue. Il observe ce petit monde placidement de façon intériorisée. Il ouvre son appartement aux gens simples et en difficulté ; il donne de sa personne pour soulager la peine. Il couche sur le papier ses observations pour redonner un sens à sa vie, une vie que Jean-Pierre Darroussin fait vaciller avec intensité et émotion dans la dernière partie du film.
Note : 3 étoiles

Lui :
Un avocat qui renonce à une vie qu’il juge trop confortable pour aller vivre dans un quartier populaire et écrire des poèmes, telle est la trame de Le Pressentiment, le premier long métrage de cet excellent acteur Jean-Pierre Darroussin. Cette sorte de retraite spirituelle pour retrouver des fondamentaux en lui sera un peu bousculée par son entourage immédiat et le personnage principal, joué par Darroussin lui-même, semble traverser les évènements sans jamais les pénétrer. Le Pressentiment parvient bien à créer ce personnage en proie à tant de questionnements et la mise en scène, sobre et discrète, n’est pas étrangère à cette réussite. On peut regretter toutefois un certain essoufflement en milieu de film qui ne se retrouve relancé que dans la toute fin. Le Pressentiment est néanmoins un film bien sympathique et qui incite à espérer que Darroussin poursuive dans cette voie.
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Jean-Pierre Darroussin, Valérie Stroh, Amandine Jannin, Hippolyte Girardot
Voir la fiche du film et la filmographie de Jean-Pierre Darroussin sur le site imdb.com.

9 décembre 2007

Les amitiés maléfiques (2006) de Emmanuel Bourdieu

Mes amitiés maléfiquesElle :
Ancien professeur de philosophie et fils de Pierre Bourdieu, Emmanuel Bourdieu a le mérite d’approcher des thèmes peu abordés au cinéma. Il nous plonge avec retenue et authenticité dans le milieu estudiantin, les cours de littérature en amphithéâtre et le milieu littéraire parisien. C’est aussi l’occasion pour lui d’évoquer les questionnements adolescents, les plans échafaudés sur l’avenir, les rêves, les vraies rencontres mais aussi les amitiés perverses, les trahisons, les mauvaises influences d’amis en mal de reconnaissance. Bien que parfois un peu confus, on se laisse emporter par cette frénésie de création qui traverse les personnages.
Note : 3 étoiles

Lui :
Avec Les amitiés maléfiques, Emmanuel Bourdieu se penche sur les relations qui peuvent se nouer au moment de la post-adolescence, ici entre quatre jeunes étudiants à la Sorbonne. L’un d’entre eux, plus charismatique et intransigeant, joue le rôle de leader et influence grandement les trois autres. Les amitiés maléfiques a le mérite de nous plonger dans un univers inhabituel, la façon dont ses personnages se passionnent pour la littérature lui donne même un petit côté XIXe très agréable. Il manque toutefois un peu de flamboyance à son histoire pour nous happer totalement. Très belle prestation de Thibault Vinçon (avec un physique à la Jim Morrison) et de Malik Zidi.
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Malik Zidi, Thibault Vinçon, Dominique Blanc, Natacha Régnier, Jacques Bonnaffé, Alexandre Steiger, Thomas Blanchard
Voir la fiche du film et la filmographie de Emmanuel Bourdieu sur le site imdb.com.

26 novembre 2007

Munich (2006) de Steven Spielberg

MunichElle :
(pas vu)

Lui :
Munich relate la mission secrète d’un petit commando du Mossad chargé d’éliminer onze responsables de Septembre Noir après l’attentat aux Jeux Olympiques de Munich en 1972. L’histoire serait donc réelle mais les faits sont invérifiables puisque cette opération n’a officiellement jamais existé. Le déroulement pratique de cette mission est donc en grande partie inventé. Spielberg en fait un long métrage qui paraît extrêmement répétitif, souvent un peu brouillon (ce qui paraît difficilement compréhensible de la part d’un tel cinéaste) et dont le propos de fond qui s’interroge sur la finalité de cette action se retrouve dilué dans un ensemble beaucoup trop disparate. Le film est beaucoup trop long (2h30), a beaucoup trop de personnages et cela n’engendre qu’une grande confusion qui finit par pousser au désintérêt.
Note : 2 eacute;toiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Eric Bana, Daniel Craig, Ciarán Hinds, Mathieu Kassovitz, Michael Lonsdale, Mathieu Amalric, Hiam Abbass
Voir la fiche du film et la filmographie de Steven Spielberg sur le site imdb.com.

Voir les autres films de Steven Spielberg chroniqués sur ce blog…

22 novembre 2007

The Queen (2006) de Stephen Frears

The QueenElle :
Un portrait à la fois caustique et amusant sur la comédie du pouvoir au sein de la famille royale lors de la disparition de la princesse Diana. Stephen Frears nous offre une mise en scène efficace entremêlée d’archives et de scènes étonnantes dans la sphère intime de la Reine Elisabeth et du fraîchement nommé Tony Blair. Il oppose la modernité et la décontraction du premier ministre à la rigidité, l’indifférence et la froideur du couple royal qui préfère aller à la chasse à Balmoral plutôt que de manifester sa présence à Buckingham Palace peu avant les funérailles. Etonnant Tony Blair qui établit une étrange complicité avec la reine. Cette fresque satirique montre le décalage d’une monarchie vieillissante encombrée de protocoles et de préjugés avec la réalité de la société anglaise.
Note : 4 étoiles

Lui :
Sur un sujet qui n’est pas forcément très passionnant quand on n’est pas sujet britannique (la réaction de la famille royale lors de la mort de Diana), Stephen Frears parvient à nous intéresser avec un film bien ficelé. Tout en jouant un peu avec la fascination de pénétrer des sphères de pouvoir, il dresse le portrait d’une famille royale en net décalage avec la vie normale. C’est pour lui l’occasion de placer des dialogues amusants et certaines de leurs réactions semblent vraiment surnaturelles. Passées les premières minutes, où les personnages de la Reine et de Tony Blair paraissent assez peu crédibles, l’interprétation se révèle ensuite assez juste. Sur le fond, tout cela paraît tout de même un peu futile… mais The Queen reste plaisant.
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Helen Mirren, Michael Sheen, James Cromwell, Alex Jennings
Voir la fiche du film et la filmographie de Stephen Frears sur le site imdb.com.

Voir les autres films de Stephen Frears chroniqués sur ce blog…