27 novembre 2008

Moi, toi et tous les autres (2005) de Miranda July

Titre original : « Me and you and everyone we know »

Moi, Toi et tous les AutresElle :
Un film original au ton nouveau qui dépeint les névroses de société américaine de consommation. Une vidéaste rêveuse et poétique interprétée par Miranda July est en quête d’amour tout comme les personnages qu’elle côtoie : un père séparé dont elle tombe amoureuse, ses jeunes enfants qui tiennent des discussions pornographiques sur internet en donnant des rendez-vous, des retraités désabusés sur leur couple, une petite fille qui constitue minutieusement sa dot, de jeunes adolescentes qui rêvent de séduire des hommes plus âgés qu’elles. Tous ses personnages aspirent à s’affranchir de leur âge, croyant ainsi trouver le bonheur. Ils évoluent entre burlesque, fantaisie mais aussi mélancolie. Ils semblent englués dans leur condition et quotidien tant que l’affection, l’amour, le regard des autres n’effleurent pas leur vie personnelle.
Note : 3 étoiles

Lui :
Moi toi et tous les autres apparaît comme un ensemble de fragments de vie de plusieurs personnages d’un quartier de petite cité nord-américaine. Ils ont tous en commun d’être assez décalés : les enfants ont des préoccupations ou des aspirations d’adultes et les adultes semblent ne pas trouver leur place et montrent un fort mal-être affectif. L’ensemble est franchement original et amusant, tirant assez souvent sur la gaminerie, mais le fond du propos est plutôt désabusé. On peut probablement lui reprocher d’avoir une portée un peu limitée.
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: John Hawkes, Miranda July, Miles Thompson
Voir la fiche du film et la filmographie de Miranda July sur le site imdb.com.

24 novembre 2008

Le fils de l’épicier (2007) de Eric Guirado

Le Fils de l'épicierElle :
Un film authentique, tendre, drôle aussi parfois, qui fleure bon les superbes paysages de la Drôme, la nostalgie des petits villages hauts perchés désertés par les jeunes, les petits magasins de campagne, les épiceries ambulantes, la vie simple au grand air. Cette histoire met à jour les incompréhensions et le manque de communication qui règnent entre un père et un fils, aussi refermés l’un que l’autre. La plongée de ce jeune homme un peu perdu vers ses racines et son milieu rural d’origine pour aider son père cardiaque à l’épicerie se transforme en une véritable quête initiatique. Il réapprend à dialoguer avec sa famille, découvre son amie qui l’accompagne, aide les personnes âgées dans les villages lors de ses passages en camionnette ambulante et puis surtout il parvient par trouver qui il est et ce qu’il veut faire dans la vie. Les acteurs sont attachants, le scénario est bien construit et la mise en scène est belle et simple à la fois.
Note : 4 étoiles

Lui :
Antoine quitte Lyon et revient dans son village natal de la Drôme pour remplacer temporairement son père malade dans son épicerie de campagne. Il est venu avec sa seule amie, Claire. Le fils de l’épicier est une chronique sur la vie dans ces petits villages isolés, une vie rythmée par le passage de l’épicier ambulant. Le film n’aborde pas tant les difficultés économiques de cette activité mais se concentre plutôt sur les rapports difficiles du jeune Antoine avec sa mille et aussi avec son amie. Le Fils de l’épicier est un film qui réussit à allier légèreté et fraîcheur avec une certaine profondeur du propos. C’est aussi une occasion de nous sensibiliser à l’importance des épiciers ambulants dont la disparition accélérera la désertification de nombreux villages. Belle interprétation de Nicolas Cazalé.
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Nicolas Cazalé, Clotilde Hesme, Daniel Duval, Jeanne Goupil
Voir la fiche du film et la filmographie de Eric Guirado sur le site IMDB.

21 novembre 2008

Boxes (2007) de Jane Birkin

BoxesElle :
Une fois les premières réticences franchies pour entrer dans l’univers hanté de Jane Birkin, on finit par s’attacher à sa tentative de d’éclairer des pans entiers de sa vie. Elle filme dans sa grande maison austère du Finistère les retrouvailles entre les êtres vivants et morts qui ont jalonné sa vie. Ses trois filles, les fantômes de ses parents et des trois hommes de sa vie surgissent à ses côtés. Ce journal intime expose les difficultés relationnelles entre une mère et ses filles, ses échecs amoureux. Il fait jaillir les souvenirs douloureux, les reproches, les explications, les confidences, le pardon comme pour mieux extirper la souffrance enfouie de chacun. Jane Birkin très centrée sur sa famille cherche à savoir ce qu’elle a réussi ou pas dans sa vie de femme et de mère. Les larmes, la culpabilité, les remords mais aussi beaucoup de tendresse et d’amour s’échappent de ces boîtes ouvertes.
Note : 3 étoiles

Lui :
Jane Birkin se livre à une introspection sur sa vie où ressortent les questionnements qui ont surgi en elle au passage de la cinquantaine. Tourné dans sa propre maison en Bretagne, Boxes est donc un film très personnel, peut-être même trop personnel, peuplé par les personnes disparues ou présentes qui ont rempli sa vie. Elle s’y livre à une autocritique sans chercher à se ménager le moins du monde. Pour ma part, du fait cette façon de se définir uniquement par son passé, presque un constat de fin de vie, Boxes m’est apparu profondément déprimant.
Note : 1 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Jane Birkin, Geraldine Chaplin, Michel Piccoli, Natacha Régnier, Lou Doillon, Maurice Bénichou, Tchéky Karyo
Voir la fiche du film et la filmographie de Jane Birkin sur le site IMDB.

Remarque :
Lou Doillon n’interprète pas son propre rôle mais celui de Charlotte Gainsbourg. C’est la jeune Adèle Exarchopoulos qui interprète Lou Doillon alors que Natacha Régnier interprète Kate Barry.

12 novembre 2008

Man of the Year (2006) de Barry Levinson

Titre français (Canada) : « L’homme de l’année »

Man of the yearElle :
(pas vu)

Lui :
L’homme de l’année, c’est Tom Dobbs, un animateur de talk-show qui décide de se présenter aux élections présidentielles… et qui est élu. Mais une jeune femme découvre un bogue dans le système électronique de vote. Man of the Year oscille donc entre satire politique et thriller, hélas sans parvenir à les réunir pleinement. C’est la partie show politique qui est la plus réussie, essentiellement grâce à la présence de Robin Williams qui est vraiment très à l’aise dans ce rôle d’amuseur qui débite des blagues à un rythme effréné. On retrouve avec un certain plaisir le Robin Williams de Good Morning Vietnam. Les dialogues sont vraiment percutants et le débat entre les trois candidats est amusant. Les piques lancées vers la politique politicienne et les partis en place restent toutefois à un niveau assez basique. La partie thriller, quant à elle, est franchement simplette et guère convaincante. Son seul mérite est de souligner qu’un bogue (un vrai) dans le système de vote électronique pourrait n’être connu que de quelques personnes et donc être caché. Au final, Man of the Year est un film léger et amusant mais de portée moins importante que l’on ne pourrait le supposer en lisant le sujet.
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Robin Williams, Christopher Walken, Laura Linney, Jeff Goldblum
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Voir les autres films de Barry Levinson chroniqués sur ce blog…

10 novembre 2008

La vie d’artiste (2007) de Marc Fitoussi

La Vie d'artisteElle :
Certes, ce n’est pas un grand film mais il se laisse regarder. Drôle et léger, ce premier film de Marc Fitoussi traite du désir de starification qui saisit les générations de notre époque. L réalisateur centre son film sur trois personnages qui voudraient accéder à la notoriété en littérature, dans le cinéma et la chanson. On les voit traverser en parallèle les aléas, les fausses joies, les espoirs déçus, les épreuves. Marc Fitoussi, entouré par toute une pléiade de bons acteurs, les dépeint avec tendresse.
Note : 3 étoiles

Lui :
Les trois personnages principaux de La vie d’artiste ne se connaissent pas mais ils ont en commun d’être persuadé avoir du talent et de vouloir réussir. Mais il n’est pas si facile de devenir écrivain, chanteuse ou comédienne… Marc Fitoussi met bien en place ses personnages et parvient petit à petit à les rendre attachants malgré tous leurs défauts. Sa mise en scène est simple et contribue à donner beaucoup de naturel au film. Tout au plus pourrait-on reprocher une trop grande profusion d’acteurs connus pour tous les seconds rôles… et ils sont nombreux : cela distrait car on passe son temps à les reconnaître. Mais pour un premier long métrage, La Vie d’Artiste est plutôt une réussite car vraiment plaisant et bien équilibré.
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Sandrine Kiberlain, Émilie Dequenne, Denis Podalydès, Aure Atika, Grégoire Leprince-Ringuet, Jean-Pierre Kalfon, Marilyne Canto
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4 novembre 2008

Cartouches gauloises (2007) de Mehdi Charef

Cartouches gauloisesElle :
C’est par les yeux du jeune Ali que Mehdi Charef replonge dans ses souvenirs d’enfance du printemps 1962, dernier printemps avant l’indépendance de l’Algérie. Ali est ami avec tout le monde, les français, les harkis, les fellaghas. Il assiste sans le vouloir à bon nombre d’exactions, de meurtres, de tortures. Ses yeux d’enfant s’interrogent sur ce monde en bouleversement. Le film en partie autobiographique est issu d’une longue réflexion. Mehdi Charef nous offre un film sensible qui a le mérite d’évoquer cette lourde et intolérable période de la colonisation française.
Note : 3 étoiles

Lui :
En grande partie autobiographique, Cartouches gauloises nous plonge dans l’Algérie de 1962, juste avant l’indépendance. Mehdi Charef a vécu cette période étant enfant et donc c’est à travers les yeux d’un enfant qu’il nous montre la réalité quotidienne de cette guerre finissante. Distributeur de journaux, l’enfant se faufile partout et voit beaucoup de choses. Mehdi Charef réussit à faire un film comportant des scènes révoltantes tout en gardant un œil plein de tendresse : il trouve un équilibre entre la gravité des évènements et l’insouciance de l’enfance. Cartouches gauloises (le titre a bien entendu un double sens) a le mérite de lever le voile sur la réalité de la guerre d’Algérie et de la présence française, sans manichéisme et sans volonté de règlement de compte. Le jeune Ali Hamada est merveilleux avec un jeu tout en douceur et en délicatesse.
Note : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Ali Hamada, Thomas Millet
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30 octobre 2008

Sarajevo, mon amour (2006) de Jasmila Zbanic

Titre original : « Grbavica »

Sarajevo, mon amourElle :
Un film poignant sur le Sarajevo d’après guerre qui connaît la pauvreté, le chômage, les trafics, la mafia. Sa population est meurtrie et traumatisée par les tortures, les disparitions, les décès des maris mais aussi par les viols à la chaîne. La réalisatrice choisit d’évoquer le destin de la mère d’une fille de douze ans, très perturbée par l’absence de son père. La honte la pousse à cacher les origines de sa naissance à sa fille car elle est l’enfant de la haine. Malgré tout, l’amour et la tendresse traversent le film car il permet de survivre. La caméra est sensible et bien maîtrisée notamment sur les portraits de femmes et les extérieurs fantomatiques de Sarajevo sous la neige.
Note : 4 étoiles

Lui :
Sarajevo mon amour nous plonge dans la Bosnie de l’après-guerre avec le portrait d’une femme qui élève tant bien que mal sa fille de 12 ans. La guerre a laissé des traumatismes qui seront longs à effacer et pèsent lourdement. Avec peu de moyens, Jasmila Zbanic est parvenu à réaliser un film centré sur l’humain, avec une importance laissée au quotidien. Elle nous montre bien aussi cette volonté de faire repartir la vie, de retrouver un équilibre psychologique et social. Sarajevo mon amour laisse enfin une grande place aux émotions de ses personnages, ces émotions que l’on a souvent tenté d’enfouir mais qui finissent par ressurgir immanquablement.
Note : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Mirjana Karanovic, Luna Mijovic, Leon Lucev
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26 octobre 2008

Laissons Lucie faire! (2000) de Emmanuel Mouret

Laissons Lucie faire!Elle :
Inconstance de l’amour pour un jeune homme lunaire aux allures de Fernandel et son amie Lucie. Ce badinage sentimental gentillet est un peu trop léger et est loin de la qualité des films de Rohmer.
Note : 2 étoiles

Lui :
Il y a beaucoup de bonnes choses dans Laissons Lucie Faire… à commencer par une rare fraîcheur. A 30 ans, le jeune Emmanuel Mouret apporte un ton différent, à contre-courant du cinéma français actuel. Pourtant il semble s’inscrire dans la droite lignée des Rohmer, de la nouvelle vague, de Woody Allen mais il semble aussi s’en affranchir totalement. Son cinéma est léger, semblant effleurer son sujet, faussement futile. Il parsème son film d’un humour multi facettes, parfois absurde, souvent farfelu, de nombreux gags de situations ou de dialogues pas toujours parfaitement mis en valeur. Emmanuel Mouret interprète lui-même le personnage principal, un jeu homme candide, timide et gauche, utilisant à merveille son faux air de Fernandel. Bien entendu on pourra reprocher à Laissons Lucie Faire d’être trop léger mais il y a un beau style en puissance dans le cinéma d’Emmanuel Mouret et, en attendant, on passe un bon moment car tout cela est vraiment très drôle.
Note : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Marie Gillain, Emmanuel Mouret, Dolores Chaplin, Georges Neri
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22 octobre 2008

Waiter! (2006) de Alex van Warmerdam

Titre original : « Ober »

Waiter!Elle :
(pas vu)

Lui :
Edgar est serveur dans un restaurant un peu miteux, il a une épouse malade, des voisins odieux, une maîtresse qui le harcèle… Peu satisfait de son sort, il va se plaindre auprès du scénariste qui est en train d’écrire l’histoire qu’il vit. Telle est la situation de base de Waiter!, une situation qui semble prometteuse. Hélas, si le film comporte des bonnes trouvailles, l’ensemble manque de souffle et repose trop sur les réactions démesurées de certains personnages. C’est parfois très amusant, comme dans la scène du cabillaud, mais ce type de situation revient trop souvent sans que cela forme vraiment un tout. Le réalisateur Alex Van Warmerdam joue lui-même le rôle principal.
Note : 2 eacute;toiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Alex van Warmerdam, Ariane Schluter, Jaap Spijkers, Thekla Reuten
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20 octobre 2008

Fur, un portrait imaginaire de Diane Arbus (2006) de Steven Shainberg

Titre original : « Fur: An imaginary portrait of Diane Arbus »

Fur, un portrait imaginaire de Diane ArbusElle :
On connaît l’attirance de la célèbre photographe Diane Arbus pour les gens hors norme, les gens décalés, les univers imaginaires. Le réalisateur tente ici d’imaginer ce qui a conduit Diane Arbus vers une telle approche photographique. Le film oscille entre réalité et fiction puisqu’on voit la photographe évoluer de l’artificialité de son milieu d’origine réel vers l’univers fantasmagorique d’un voisin qui vit à l’écart de la normalité tant dans sa vie que dans son apparence physique. L’ensemble tient surtout grâce à la présence mystérieuse de Nicole Kidman. Le film a le mérite de nous inciter à redécouvrir la vie et les photos de Diane Arbus.
Note : 3 étoiles

Lui :
Si le film de Steven Shainberg a le mérite de mieux faire connaître la photographe américaine Diane Arbus, on peut s’interroger sur l’intérêt de créer une biographie imaginaire, sorte de fourre-tout hollywoodien où les scénaristes inventent des scènes censées avoir inspiré l’artiste new-yorkaise. Le seul point réel dans tout cela est le milieu d’où elle est issue : fille d’un riche négociant en fourrures, elle fut d’abord assistante de son mari, photographe de mode. La rencontre avec ce voisin si particulier n’a donc certainement jamais eu lieu. Le film reste plaisant à regarder même s’il a un peu tendance à abuser d’images et de situations décalées et hors normes. Il faut dire que la présence de Nicole Kidman porte le film : l’actrice donne une interprétation très délicate d’une Diane Arbus en recherche, prête à l’exploration de nouvelles voies.
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Nicole Kidman, Robert Downey Jr., Ty Burrell
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