13 janvier 2011

La fille du RER (2009) d’ André Téchiné

La fille du RERElle :
Note : 3 étoiles

Lui :
On se souvient de l’affaire de « l’agression du RER D » qui avait, en 2004, défrayé la chronique : une jeune fille déclarait avoir été agressée par un groupe de jeunes gens qui la croyait juive, avant de reconnaître quelques jours plus tard qu’elle avait tout inventé. André Téchiné s’inspire de cette affaire et crée les évènements qui précédent et ceux qui suivent. Il le fait non pour expliquer le geste de la jeune fille (il ne faut donc surtout pas attendre d’explications car le film n’en donne pas) mais pour créer une histoire qui met en relief une série de fêlure dans la vie de cette jeune fille et un certain besoin de liens. Si Téchiné ne convainc pas totalement sur le fond, il réussit en revanche totalement sur la forme. La Fille du RER est un film très beau, assez délicat malgré le sujet propice à générer des lourdeurs. André Téchiné filme magnifiquement Emilie Dequenne dont émane une constante fragilité. Le plan final de son héroïne en rollers qui apparaît en pointillés à travers les herbes est absolument superbe.
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Émilie Dequenne, Michel Blanc, Catherine Deneuve, Mathieu Demy, Ronit Elkabetz, Nicolas Duvauchelle
Voir la fiche du film et la filmographie de André Téchiné sur le site IMDB.

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10 janvier 2011

Looking for Eric (2009) de Ken Loach

Looking for EricLui :
Admirateur d’Eric Cantona, un postier anglais dont la vie est en déroute voit son idole apparaître en chair et en os pour lui prodiguer des conseils qui vont lui permettre de reprendre goût à la vie… Looking for Eric est un film assez étonnant de Ken Loach, une variation sur le « thème de l’ange », thème souvent abordé au cinéma mais en tout cas jamais sous les traits d’un (vrai) footballer! C’est plutôt amusant mais je suppose qu’une partie de l’humour a du m’échapper du fait que je connais très mal Eric Cantona (je le connais surtout par les Guignols des années 90, donc je l’ai plus souvent vu peindre des tableaux que pousser un ballon…!) Sur le déroulement, Ken Loach est moins convaincant qu’à l’habitude, moins subtil aussi : il charge beaucoup son personnage principal. Il vire ensuite vers le polar à mi-parcours, incursion un peu longuette mais qui lui permet de mettre en place un final inattendu et amusant.
Note : 2 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Steve Evets, Eric Cantona, Stephanie Bishop, Gerard Kearns
Voir la fiche du film et la filmographie de Ken Loach sur le site IMDB.

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8 janvier 2011

Agora (2009) de Alejandro Amenábar

AgoraLui :
Nous sommes à Alexandrie au IVe siècle, alors que la ville est l’objet de grandes tensions entre le peuple majoritairement chrétien et les notables païens. Une philosophe tente de préserver les connaissances accumulées depuis des siècles… Agora est librement adapté de la vie d’Hypatie d’Alexandrie, philosophe platonicienne et probablement astronome dont nous ne savons que peu de choses puisque tous ses travaux ont disparu dans l’incendie de la bibliothèque d’Alexandrie (1). Le film met l’accent sur l’obscurantisme religieux qui s’oppose à la science et sur les luttes de pouvoirs entre païens et chrétiens, puis entre juifs et chrétiens. Mais Agora est avant tout un film à grand spectacle ; il n’échappe pas à un maniérisme très marqué du genre : c’est le spectaculaire qui est privilégié à grands renforts d’infrabasses qui font vibrer les murs. Le propos quant à lui est très simple, extrêmement manichéen et nourri de stéréotypes.
Note : 2 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Rachel Weisz, Max Minghella, Oscar Isaac, Ashraf Barhom, Michael Lonsdale, Rupert Evans
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(1) Rappelons que nous ne savons toujours pas comment a disparu la bibliothèque d’Alexandrie. Il n’y a même aucun vestige matériel étudiable. Les historiens sont divisés et avancent plusieurs hypothèses hélas invérifiables. Le film Agora repose sur l’une d’elles (assez contestée) : la bibliothèque aurait été détruite par les chrétiens lors de la destruction des temples païens à la fin du IVe siècle.

Voir une critique plus récente du même film : Agora …

6 janvier 2011

L’échange (2008) de Clint Eastwood

Titre original : « Changeling »

L'échangeLui :
L’inconcevable histoire de L’échange aurait certainement été difficile à accepter si un carton ne nous avait prévenus dès le début qu’il s’agissait d’une histoire vraie. Clint Eastwood a même respecté de très près le fil réel des évènements. En 1928, la police de Los Angeles est fortement corrompue. Dans une affaire de disparition d’enfant, elle ramène à une mère un enfant qui n’est pas le sien et s’obstine, pour ne pas perdre la face devant la presse. Elle ira assez loin pour accuser la mère de ne pas reconnaitre son enfant. Le film de Clint Eastwood est d’un grand classicisme, s’appuyant sur une belle reconstitution du Los Angeles des années vingt. Mais, le point fort de L’échange est plutôt son équilibre global et sa délicatesse de traitement : aucun excès de dramatisation, ni d’effets faciles, Eastwood trouve le ton juste pour traiter cette histoire émouvante tout en donnant beaucoup d’intensité à son film. La performance d’Angelina Jolie est assez étonnante, bien qu’un peu inégale : son jeu est très plat dans certaines scènes (retrouvailles à la gare) mais parfois beaucoup plus fort (scène de la prison). Elle est tout de même le pivot du film. Le choix d’une telle actrice, plus réputée pour ses côtés people que pour ses talents d’actrice, était passablement audacieux de la part Clint Eastwood.
Note : 4 étoiles

Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 4,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Angelina Jolie, John Malkovich, Jeffrey Donovan, Michael Kelly, Jason Butler Harner
Voir la fiche du film et la filmographie de Clint Eastwood sur le site IMDB.

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5 janvier 2011

La proposition (2009) d’ Anne Fletcher

Titre original : « The proposal »

La propositionLui :
Une directrice de collection littéraire d’origine canadienne force son assistant à l’épouser pour pouvoir rester aux Etats-Unis. Si le scénario de La proposition est aussi improbable que simplet, le film repose sur de solides recettes pour fonctionner : inversion des genres dans la situation de départ, immersion dans un monde de riches, un acteur principal au physique à faire craquer toute la gent féminine et… du rythme, du rythme, du rythme. On ne peut pas dire que le résultat soit mauvais, mais il est très loin d’être bon ! Accessoirement, on s’aperçoit que Sandra Bullock a certainement fréquenté les salles de fitness beaucoup plus assidûment que les cours d’art dramatique.
Note : 2 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Sandra Bullock, Ryan Reynolds, Mary Steenburgen, Craig T. Nelson, Betty White
Voir la fiche du film et la filmographie de Anne Fletcher sur le site IMDB.

Homonymes :
La Proposition (The proposition) de l’américaine Lesli Linka Glatter (1998) avec Kenneth Branagh
The Proposition de l’autralien John Hillcoat (2005) avec Guy Pearce et Ray Winstone.

2 janvier 2011

L’âge de glace 3 – Le temps des dinosaures (2009) de Carlos Saldanha

Titre original : « Ice age: Dawn of the dinosaurs »

L'âge de glace 3 - Le temps des dinosauresLui :
Poursuite des aventures de la petite famille hétéroclite d’animaux des deux précédents opus. Cette fois, ils se retrouvent dans un monde qui leur est complètement étranger où vivent encore des dinosaures. L’Age de Glace 3 offre bien de bons moments d’inventivité mais globalement ce nouvel épisode semble trop reposer sur des recettes éprouvées et calibrées. Les possibilités du monde souterrain merveilleux des dinosaures ne sont pas vraiment exploitées. Toute la créativité semble s’être concentrée sur les quelques scènes avec Scat, l’écureuil qui courre toujours après son gland. On peut aussi avoir l’impression que la série vise un public de plus en plus jeune… Le meilleur de la série reste le tout premier.
Note : 2 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: (voix) Ray Romano, Denis Leary, John Leguizamo, Simon Pegg
Voir la fiche du film et la filmographie de Carlos Saldanha & Mike Thurmeier (co-directeur) sur le site imdb.com.

31 décembre 2010

Le bal des actrices (2009) de Maïwenn Le Besco

Le bal des actricesLui :
En regardant Le Bal des Actrices, on se dit que la caricature est un art bien difficile. Le film montre Maïwenn Le Besco filmant un documentaire sur une dizaine d’actrices françaises. Chacune des actrices joue un rôle où elle se moque un peu d’elle-même. Ainsi Karine Viard joue l’actrice prétentieuse et snob, Marina Foïs l’actrice inquiète, adepte de chirurgie esthétique et qui a des difficultés à se voir confier des rôles, etc… Le tout est entrecoupé de chansons chorégraphiées par le style Bollywood. Le problème dans ce genre de film est qu’il est difficile de trouver le bon équilibre. Bertrand Blier (qui fait d’ailleurs une petite apparition amusante dans le film) l’avait trouvé dans son excellent film Les Acteurs mais ce n’est hélas pas le cas pour Maïwenn Le Besco qui reste un peu entre deux chaises : n’allant pas assez loin dans la caricature, Le Bal des Actrices est trop proche du documentaire. Quand il est présent, l’humour ne fonctionne pas bien ; l’ensemble est aussi trop improvisé. Le second degré étant en panne, on se retrouve alors avec un film plutôt nombriliste sur la profession d’actrice… ce qui n’est pas un sujet très passionnant en soi. Les scènes les moins superficielles sont finalement celles de Maïwenn en couple avec Joey Starr (qui, de façon surprenante, joue avec naturel et retenue!) A la décharge de Maïwenn Le Besco, reconnaissons qu’elle avait choisi là un exercice difficile.
Note : 1 étoile

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Karin Viard, Marina Foïs, Romane Bohringer, Julie Depardieu, Mélanie Doutey, Jeanne Balibar, Charlotte Rampling, Muriel Robin, Karole Rocher, Joey Starr, Yvan Attal
Voir la fiche du film et la filmographie de Maïwenn Le Besco sur le site IMDB.

30 décembre 2010

Louise-Michel (2008) de Gustave Kervern et Benoît Delépine

Louise-MichelLui :
Victimes d’un patron-voyou qui a fermé et vidé son usine en une nuit, une vingtaine d’ouvrières décident de se venger en engageant un tueur « professionnel ». Ouvrière analphabète, Louise se charge de le recruter. Elle trouve Michel, ex-agent de sécurité qui vivote dans un labyrinthe de mobile homes abandonnés. Sur un vague fond social (1), le film est surtout une comédie bien déjantée avec un humour noir débridé. Tout est déglingué, saugrenu. Beau jeu d’acteur de Bouli Lanners et de Yolande Moreau. S’il y a quelques inévitables longueurs, L’ensemble est plutôt réussi car on rit souvent et franchement.
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Yolande Moreau, Bouli Lanners, Benoît Poelvoorde, Mathieu Kassovitz
Voir la fiche du film et la filmographie de Gustave Kervern et Benoît Delépine sur le site IMDB.

(1) Louise-Michel est une militante révolutionnaire de la commune de Paris (1871) devenue ensuite l’une des figures du mouvement anarchiste.

Remarques :
* Albert Dupontel fait une courte mais amusante apparition dans une scène… après le générique de fin.
* Gustave Kervern et Benoît Delépine sont des piliers de l’émission télévisée Bienvenue au Groland.

Homonyme :
Louise-Michel, la rebelle de Solveig Anspach (2008) avec Sylvie Testud.

29 décembre 2010

Séraphine (2008) de Martin Provost

SéraphineLui :
Le film est basé sur l’histoire de Séraphine de Senlis, peintre naïf de condition très modeste qui fut découverte par le collectionneur d’art visionnaire Wilhelm Uhde (il fut l’un des premiers acheteurs de Picasso). Séraphine peignait dans un état proche de l’extase, « sur ordre d’en haut »… Martin Provost réalise un film à la mise en scène sobre, à l’image de son personnage, mais a parfois le défaut de s’attarder un peu trop. Le film est porté par l’interprétation inspirée de Yolande Moreau qui semble vivre réellement son personnage. Les couleurs sont volontairement assez neutres pour mieux faire ressortir les éclatantes couleurs des peintures de Séraphine. Le film a permis de redécouvrir cette peintre qui connut une fin tragique, sorte de Camille Claudel de la peinture.
Note : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Yolande Moreau, Ulrich Tukur, Anne Bennent
Voir la fiche du film et la filmographie de Martin Provost sur le site IMDB.

Remarques :
Tableau de Séraphine de Senlis Séraphine Louis dite Séraphine de Senlis * Séraphine de Senlis n’a jamais dévoilé le secret de fabrication de ses couleurs. Sur ce point précis, le film ne fait donc qu’émettre des hypothèses.
* Sur plainte d’Alain Vircondelet, auteur de la biographie Séraphine de Senlis (Albin Michel), le T.G.I. de Paris a condamné le 26 novembre 2010 le réalisateur Martin Provost et la société TS Productions à verser 25 000 euros de dommages et intérêts à l’auteur qui les accusait de plagiat. Tout en reconnaissant les similitudes sur quelques passages précis, le Tribunal a donc fortement relativisé les demandes de l’auteur qui réclamait 600 000 euros.

23 décembre 2010

Lovers (2008) de Isabel Coixet

Titre original : « Elegy »

ElegyLui :
Un intellectuel sexagénaire, auteur et critique culturel, se targue d’avoir une vie sentimentalement émancipée et sans attaches. Sa liaison avec une jeune femme tente ans plus jeune que lui va remettre en cause ses certitudes. Il en tombe amoureux et se retrouve un peu écartelé entre son amour et sa peur panique du fossé jeunesse-vieillesse. En adaptant un roman de Philip Roth, Isabel Coixet signe une nouvelle fois un film très délicat avec une interprétation très juste. Ben Kingsley est remarquable dans ce rôle d’intellectuel libertin vieillissant et Penélope Cruz lumineuse et pleine de sensualité. Cette histoire, beaucoup plus complexe qu’attendue, se révèle être suffisamment riche pour porter une série de réflexions sur l’avancée en âge, l’amour et le désir. Et il ne faut pas se laisser tromper par le titre : le film n’a rien d’une élégie ou d’une plainte!
Note : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Penélope Cruz, Ben Kingsley, Dennis Hopper, Patricia Clarkson, Peter Sarsgaard
Voir la fiche du film et la filmographie de Isabel Coixet sur le site IMDB.

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Remarques :
Le roman (semi-autobiographique?) de Philip Roth s’intitule « La bête qui meurt », il fait partie de sa trilogie David Kepesh.

Homonyme :
Lovers – Dogme France #1 de Jean-Mac Barr (1999) avec Elodie Bouchez