2 février 2011

Les trois singes (2008) de Nuri Bilge Ceylan

Titre original : « Üç maymun »

Les trois singesLui :
Après avoir accidentellement renversé un piéton et pris la fuite, un notable demande à son chauffeur de se laisser accuser à sa place contre une grosse somme d’argent. Celui-ci accepte. Sa famille, déjà très ébranlée par une tragédie familiale ancienne, va-t-elle pouvoir traverser cette épreuve…? Comme le laisse supposer le titre (1), Les Trois Singes accorde une grande place aux difficultés de communication. Ce qui est assez inhabituel, et donc remarquable, dans ce film, c’est le fait que les silences sont plus parlants que les paroles échangées (souvent anodines). Nuri Bilge Ceylan parvient à tisser devant nos yeux un canevas assez complexe avec quelques bribes, en fait surtout alimenté par les non-dits et une situation simple mais difficile. Le rythme est donc assez lent en apparence ce qui lui permet de créer de très beaux plans, très contrôlés ; le réalisateur est toujours très précis dans sa mise en place. Avec Les Trois Singes, Nuri Bilge Ceylan continue de symboliser un cinéma turc très créatif.
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Yavuz Bingol, Hatice Aslan, Rifat Sungar, Ercan Kesal
Voir la fiche du film et la filmographie de Nuri Bilge Ceylan sur le site IMDB.

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(1) Le titre Les Trois Singes fait référence au symbole des « trois singes de la sagesse » : le premier se bouche les oreilles, le second se bouche les yeux et le dernier met ses mains sur sa bouche. Cette métaphore dit en sorte qu’à celui qui n’entend rien de mal, ne voit rien de mal et ne dit rien de mal, il ne peut rien arriver de mal.

30 janvier 2011

Welcome (2009) de Philippe Lioret

WelcomeElle :
Note : 4 étoiles

Lui :
Bien décidé à rejoindre sa petite amie dont la famille s’est installée en Angleterre, Bilal, un jeune kurde de 17 ans, arrive à Calais après avoir traversé toute l’Europe. Il lui reste le plus difficile, traverser la Manche là où des centaines de réfugiés tentent le même passage. Après une première tentative infructueuse, il se met en tête de traverser à la nage et fait la rencontre d’un maître-nageur… Si le film de Philippe Lioret était au départ une (double) histoire d’amour, l’actualité a fait résonner son côté documentaire sur la condition des clandestins bloqués à Calais de manière très particulière. En montrant les tentatives, assez folles, pour échapper aux détecteurs et en faisant découvrir les sanctions pénales prévues en cas d’aide, même très simple, à une personne en situation irrégulière, Welcome a fort logiquement suscité des réactions. Ce n’est toutefois pas un film militant, Welcome reste l’histoire d’une rencontre entre un adolescent à l’aube d’une histoire d’amour avec un quinquagénaire au crépuscule de la sienne. C’est aussi et surtout un film très humain. Le jeu des acteurs, très juste, rend Welcome assez émouvant.
Note : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Vincent Lindon, Firat Ayverdi, Audrey Dana
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Remarques :
Le jeune Bilal est interprété par un acteur non professionnel (Firat Ayverdi). De même, beaucoup de seconds rôles sont tenus par des non professionnels.

29 janvier 2011

Wall-E (2008) d’ Andrew Stanton

Wall-ELui :
Alors que toute vie a disparu de la Terre, Wall-E, petit robot débrouillard, a survécu et continue sa tâche : compacter les ordures. Un jour, il voit arriver dans une navette automatique un robot aux formes modernes et gracieuses, bien plus évolué et plus intelligent que lui. Ce nouvel arriavnt a une mission très spécifique… Avec Wall-E, les studios Pixar réveillent la créativité dans le film d’animation. Il y a une inventivité permanente dans l’humour et dans les situations. L’humanisation de ces robots est une merveille. Rien n’est trop appuyé, tout est parfaitement dosé. Wall-E est une très grande réussite.
Note : 5 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: (voix) Ben Burtt, Elissa Knight, Jeff Garlin, Fred Willard
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Remarques :
Visuellement, le robot Wall-E reprend certains des éléments du robot du film Short-Circuit (1986) de John Badham (ce n’était pas un film d’animation). La tête, par exemple, est la même. Les histoires n’ont ceci dit rien en commun.

27 janvier 2011

Romaine par moins 30 (2009) de Agnès Obadia

Romaine par moins 30Lui :
Alors que Justin, son petit ami, l’emmène en voyage-surprise au Québec, Romaine apprend en plein vol que l’avion sa s’écraser. Elle commence à lui avouer des choses qu’elle lui a toujours cachées. Une fois arrivés à destination, ils vont avoir bien du mal à recoller les morceaux… Romaine par moins 30 est une amusante comédie sur les déboires d’une jeune femme, absolument déboussolée par ses mésaventures amoureuses et par le dépaysement total, dû notamment à la neige. Les angoisses des différents personnages ont une certaine importance mais sans que l’ensemble soit sombre : le ton reste très léger, le film joue avec ces phobies multiples. En fait, le style évoque plutôt celui d’une bande dessinée. Sandrine Kiberlain est parfaite dans ce style de personnage et le film repose en grande partie sur elle. L’actrice contribue à donner à Romaine par moins 30 un ton assez original.
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 1,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Sandrine Kiberlain, Pascal Elbé, Elina Löwensohn, Pierre-Luc Brillant, Louis Morissette, Maxim Roy
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Remarques :
Agnès Obadia a repris ici le personnage qu’elle avait créé et interprété dans trois courts-métrages, réunis par la suite en un long métrage : Romaine (1997).

25 janvier 2011

Dans la brume électrique (2009) de Bertrand Tavernier

Titre anglais : « In the electric mist »

Dans la brume électrique Lui :
En Louisiane, un détective de la police d’une petite ville enquête sur une série de meurtres assez sauvages commis dans sa région… Dans la brume électrique avec les morts confédérés est un roman de James Lee Burke, issu d’une série mettant en scène le détective Dave Robicheaux. Bertrand Tavernier est un grand connaisseur et amateur de cinéma américain mais c’est ici la première fois qu’il tourne aux Etats-Unis : le film est doté d’une production française mais tourné avec une équipe entière américaine. Dans la brume électrique Tavernier prend avant tout le temps de créer une belle atmosphère très prégnante qui nous plonge dans le bayou et avec ce rapport si particulier des habitants de Louisiane avec leur passé. La photographie, souvent en basse lumière, est très belle. Tommy Lee Jones montre une présence très forte ; il faut dire que, l’histoire étant vécue par ses yeux, le personnage du détective est présent dans toutes les scènes. Dans la brume électrique n’est pas sorti en salles aux Etats-Unis, ce qui a hélas limité sa diffusion.
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 4,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Tommy Lee Jones, John Goodman, Peter Sarsgaard, Mary Steenburgen, Kelly Macdonald, Justina Machado
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Remarques :
Buddy Guy et Tommy Lee JonesBertrand Tavernier et Tommy Lee Jones sont tous deux grands amateurs de blues. Outre la bande sonore très riche de musique cajun et de blues, on peut noter la présence dans des petits rôles du grand bluesman Buddy Guy (dans le rôle de Hogman Patin) et de Levon Helm, le batteur du groupe The Band (dans le rôle du général).

24 janvier 2011

Avatar (2009) de James Cameron

AvatarLui :
Fable écologique futuriste, Avatar brille surtout par ses images du monde imaginaire de Pandora. La création de cet univers est assez magique même si l’on peut regretter son côté un peu fourre-tout et un certain manque d’épuration. Pour donner tout son intérêt à la version 3D, le film multiplie les plans vertigineux qui sont, ceci dit, généralement réussis. Les scènes de vol sont très belles. Si le scénario, dans ses grandes lignes, ne brille pas vraiment par son originalité (c’est le moins que l’on puisse dire), il renferme en revanche une multitude de belles petites trouvailles sur les objets ou les interactions avec les éléments de ce monde imaginaire. Pour le reste, le film est très formatté et plutôt trop long.
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (4 note(s), moyenne : 4,25 sur 5, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Sam Worthington, Zoe Saldana, Sigourney Weaver, Stephen Lang
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21 janvier 2011

Un prophète (2009) de Jacques Audiard

Un prophèteElle :
Note : 3 étoiles

Lui :
Condamné à six ans de prison, Malik est enrôlé de force par César Luciani qui, à la tête du clan corse, contrôle la prison. D’abord utilisé pour de basses besognes, il va peu à peu prendre le pas sur le chef mafieux… Dès les premières minutes, Un prophète nous plonge sans ménagement dans l’univers carcéral avec ses clans, ses règlements de compte et son univers très masculin. La caméra de Jacques Audiard se colle à son personnage principal et ne le quitte plus, accroissant cette impression de vivre cette histoire. Son film est d’une réalisation technique parfaite, parsemé de scènes de forte intensité qui mettent souvent mal à l’aise. Tahar Rahim fait une performance remarquable pour son premier grand rôle et le fait que son visage nous est inconnu, accentue encore l’impression d’authenticité qui se dégage du film. Film largement plébiscité par la critique, Un prophète est un film particulièrement percutant ; il est aussi assez éprouvant.
Note : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Tahar Rahim, Niels Arestrup, Adel Bencherif, Hichem Yacoubi, Reda Kateb
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18 janvier 2011

Burn After Reading (2008) de Joel Coen et Ethan Coen

Burn After ReadingLui :
Burn after reading est une comédie qui fait plaisir à voir. L’intrigue est passablement complexe, sans être compliquée, disons qu’elle fait intervenir des gens ordinaires un peu nigauds dans une pseudo-affaire d’espionnage. Des évènements insignifiants vont avoir des conséquences passablement démesurées… Les frères Coen font preuve de beaucoup de finesse dans leur humour, ce qui est de plus en plus rare aujourd’hui où la norme semble être de forcer le trait. Burn after Reading est ainsi parfaitement équilibré, une histoire complètement loufoque mais pas totalement improbable, des personnages qui font des choses stupides sans être des imbéciles, un rythme enlevé mais jamais précipité. Les acteurs semblent prendre plaisir à jouer leur personnage (sans crainte de dérouter : le film est déconseillé aux fans de Brad Pitt ou de George Clooney). On notera aussi un certain regard amusant et amusé sur la société américaine. Burn after Reading semble avoir été largement qualifié de « film mineur » par la critique… mais les frères Coen ont toujours excellé sur leurs films soit-disant « mineurs »! En tous cas, mineur ou pas, c’est du cinéma de grand plaisir.
Note : 5 étoiles

Lecteurs : (3 note(s), moyenne : 4,67 sur 5, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: George Clooney, Frances McDormand, Brad Pitt, John Malkovich, Tilda Swinton, Richard Jenkins
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16 janvier 2011

Eldorado (2008) de Bouli Lanners

EldoradoLui :
Deux types traversent la Belgique dans une vieille Chevrolet. Ils se sont rencontrés de la façon la plus improbable qui soit, l’un découvrant l’autre venu le cambrioler, caché sous son lit… Eldorado est un road-movie assez atypique. Bien qu’il ne se passe finalement que peu de choses, on ne s’ennuie pas une seconde. Bouli Lanners réussit à établir un joli rythme et surtout à créer un film graphiquement très beau, avec de superbes travelings. Il utilise merveilleusement le plan large et le paysage de son plat pays qu’il fait parfois ressembler au grand Ouest américain. Grands espaces et routes minuscules, le très grand croise le plus petit. Si les rencontres sont peu nombreuses, elles sont totalement inattendues et créent des situations autant imprévisibles qu’improbables. Doté d’un humour discret mais solide, Eldorado est un film original et attachant.
Note : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Bouli Lanners, Fabrice Adde, Philippe Nahon
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Homonymes :
El Dorado de Marcel l’Herbier (1921)
Eldorado film canadien de Charles Binamé (1995)
Eldorado de Richard Driscoll (2010)

14 janvier 2011

In the loop (2009) d’ Armando Iannucci

In the LoopLui :
Faire une comédie des tensions et tractations politiques entre Londres et Washington à la veille de la déclaration de guerre à l’Irak n’est pas un pari gagné d’avance…
C’est pourtant ce qu’a fait l’anglais Armando Iannucci en s’appuyant, il est vrai, sur la popularité de sa série télévisée The thick of it, comédie satirique politique. Dans In the Loop, il va beaucoup plus loin et nous fait une caricature assez extrême de la vie politique où les ministres et hauts fonctionnaires sont manipulateurs, épouvantablement grossiers, arrivistes et aveuglément bellicistes… et les rares qui ne sont pas ainsi sont incompétents et gaffeurs ! Les conseillers sont tous de très jeunes arrivistes dotés d’un Q.I. de sauterelle. Le personnage le plus haut en couleur est le Directeur de la Communication et de la Stratégie du Premier Ministre, interprété avec énergie et exubérance par Peter Capaldi ; constamment en colère, il déroule un flot quasi continu d’injures, de menaces et d’obscénités ; il faut saluer la créativité des scénaristes car l’inventivité dans la grossièreté est assez incroyable. Et tout cela, dans un style d’humour très britannique, c’est à dire filmé avec tant de sérieux que l’on pourrait presque prendre cela au premier degré. Le film utilise d’ailleurs largement la caméra à l’épaule et les cadrages approximatifs pour donner l’impression d’images prises sur le vif. Sur le fond, In the loop montre une Angleterre servile, à la botte des Etats Unis qui la mènent en bateau, sans jamais la faire participer réellement aux décisions. Les clins d’oeil à la réalité sont nombreux (1). Voilà un film qui ne va pas vraiment arranger l’image des politiques (et il a été tourné avant le scandale des notes de frais colossales des députés britanniques !) Le film a été bien reçu en Angleterre et même aux Etats Unis où il a sans doute fait office d’exutoire. Extrême, outrancier, doté d’un comique ravageur, In the Loop est une satire vraiment mordante et très amusante.
Note : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Peter Capaldi, Tom Hollander, Chris Addison, Gina McKee, Mimi Kennedy, James Gandolfini
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In the loop

Remarques :
* Aussi incroyable que cela puisse paraître, les scènes censées se dérouler dans les bureaux du 10, Downing Street ont réellement été tournées au 10, Downing Street. C’est la popularité de la série TV qui a permis cela : les membres du personnel voulaient voir les acteurs qui allaient jouer leur rôle.
* Armando Iannucci a pris soin d’éviter tout financement d’origine américaine pour son film car il voulait garder une totale indépendance.

(1) Le directeur de la communication et de la stratégie de Tony Blair était à cette époque Alastair Campbell (qui, comme on peut s’en douter, n’a guère apprécié le film). Le personnage du ministre pacifique et incompétent est inspiré de Clare Short (qui a démissionné peu après le début de la guerre en Irak). Côté américain, le corpulent général pacifique est bien entendu Colin Powell alors que le va-t-en-guerre Linton Barwick peut évoquer Donald Rumsfeld ou Dick Cheney.