20 février 2011

Les noces rebelles (2008) de Sam Mendes

Titre original : « Revolutionary Road »

Les noces rebellesLui :
Après quelques années de mariage et deux enfants, Franck et April sont insatisfaits de leur vie, cette impression d’avoir manqué quelque chose, cette peur devant le vide sans espoir (« hopeless emptiness » très belle formule en anglais) de leur existence. Dans un sursaut, ils envisagent de tout plaquer et de partir vivre à Paris. C’est décidé, ils le feront dans quelques mois… Les Noces Rebelles est une belle réflexion sur la normalité et la façon dont elle broie les idéaux : cette jeune femme s’était faite une haute idée de l’homme qu’elle épousait, la réalité est toute différente. Sam Mendes met en scène cette histoire avec retenue. Un beau second rôle : présenté comme souffrant de maladie mentale, ce personnage est utilisé pour énoncer sans ménagement la vérité sur l’état de leur couple. Malgré une tête d’affiche racoleuse, Les Noces Rebelles se révèle assez profond et intense.
Note : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Leonardo DiCaprio, Kate Winslet, Kathy Bates, Michael Shannon, Kathryn Hahn, David Harbour
Voir la fiche du film et la filmographie de Sam Mendes sur le site IMDB.

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17 février 2011

La vie moderne (2008) de Raymond Depardon

La vie moderneElle :
Note : 4 étoiles

Lui :
Dernier volet d’une série de trois documentaires sur le monde paysan, La Vie Moderne nous plonge au cœur d’un monde rarement montré, celui de très petites exploitations, ici dans la région montagneuse de la Lozère. Il nous montre ici ce que sont devenus ceux qu’il a rencontrés quelques années plus tôt. Ce monde des petites exploitations est un monde qui s’éteint, les exploitants vieillissent, sont de plus en plus isolés et souvent personne ne prend la suite. Raymond Depardon connaît bien le monde rural puisqu’il y a vécu toute son enfance et sait parfaitement nouer le contact avec ces agriculteurs pas toujours très expansifs : même avec peu de mots, il nous permet de les comprendre. Depardon ne tombe dans la facilité, il ne surfe pas sur la vogue du retour à la nature, ne parle pas de « vraies valeurs »… Non, il nous fait partager simplement son regard, un regard plein d’authenticité, sans fard et qui est en lui-même au bel hommage au monde rural. En regardant La Vie Moderne, on se dit qu’il était temps de faire ce film car plus tard aurait peut-être été trop tard.
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs:
Voir la fiche du film et la filmographie de Raymond Depardon sur le site imdb.com.
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Le panorama complet « Profils Paysans » :
1. L’approche (2001)
2. Le quotidien (2005)
3. La Vie Moderne (2008) 

Homonyme :
La Vie Moderne de Laurence Ferreira Barbosa (2000) avec Isabelle Hupert

15 février 2011

Hôtel Woodstock (2009) de Ang Lee

Titre original : « Taking Woodstock »

Hôtel WoodstockElle :
Note : 4 étoiles

Lui :
Adapté des mémoires d’Elliot Tiber, Hôtel Woodstock nous ramène quarante années en arrière. Le film d’Ang Lee nous fait revivre, non pas l’évènement en lui-même mais ses coulisses, sa préparation, comment le plus grand festival pop de tous les temps a été mis sur pied à la va-vite en à peine un mois. C’est par la ruse qu’Elliot Tiber fournit un terrain à ce festival qui n’avait plus de point de chute. Le motel délabré de ses parents allait servir de camp de base aux organisateurs. L’ensemble est doublé du portrait d’un jeune homme en pleine prise de conscience mais cet aspect reste peu approfondi, voire même suscite quelques longueurs. Joliment mise en image, cette vision de Woodstock est assez amusante, elle nous replonge dans l’esprit de cette fin des années soixante.
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 3,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Demetri Martin, Henry Goodman, Imelda Staunton, Jonathan Groff, Liev Schreiber
Voir la fiche du film et la filmographie de Ang Lee sur le site IMDB.

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Remarques :
* Dans la vraie vie, Elliot Tiber a quitté Bethel peu après le festival pour s’installer en Californie. Le El Monaco Motel a été revendu rapidement, il est devenu un restaurant italien qui a été détruit en 2004. Aujourd’hui, à son emplacement, se dresse un tour-horloge qui souhaite la bienvenue à White Lake.
* Max Yasgur, le propriétaire du champ, a été attaqué en justice par ses voisins. Il a revendu sa ferme deux ans plus tard et est mort peu après. A l’emplacement du champ, se tient aujourd’hui le « Bethel Woods Center ».
Voir l’emplacement sur Google maps…

Voir aussi : Woodstock de Michael Wadleigh (1970)

13 février 2011

Villa Amalia (2009) de Benoît Jacquot

Villa AmaliaElle :
Note : 5 étoiles

Lui :
Quand elle voit son compagnon embrasser une autre femme, Ann, une pianiste à forte sensibilité, décide de changer de vie… Adaptation d’un roman de Pascal Quignard, Villa Amalia nous fait suivre le cheminement de cette femme que nous découvrons peu à peu. La tromperie de son compagnon n’est en fait qu’un déclencheur, les motivations de cette fuite sont en réalité plus complexes. Avec une indéfectible détermination, refusant tout pragmatisme, Ann brouille les pistes, coupe tous les ponts sauf un, un ami d’enfance retrouvé par hasard et que personne de son entourage ne connaît. Grâce au jeu d’Isabelle Huppert, Villa Amalia est empreint d’une grande sensibilité couplée à une force qui agit comme un aimant. C’est un film qui se ressent autant qu’il se regarde.
Note : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Isabelle Huppert, Jean-Hugues Anglade, Xavier Beauvois, Maya Sansa
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Remarque :
Ce lieu (qui semble hors du temps) où se situe la Villa Amalia est l’île d’Ischia, en face de Naples.

11 février 2011

Étreintes brisées (2009) de Pedro Almodóvar

Titre original : « Los abrazos rotos »

Étreintes briséesElle :
Note : 5 étoiles

Lui :
Un écrivain aveugle qui écrit des scénarios pour le cinéma, une secrétaire qui fait l’escort-girl pour sauver son père malade… Le lien entre ces deux personnages n’est pas évident de prime abord, mais il y en a bien un, une histoire où le cinéma est impliqué… Le scénario d’Etreintes Brisées est assez difficile à résumer sans le dévoiler car il comporte plusieurs facettes. Loin d’être compliqué toutefois car il se déroule parfaitement avec une clarté admirable qui évoque les grands films romanesques des années cinquante. On retrouve ce grand et beau classicisme au niveau des images, la photographie est superbe, jouant avec la faible profondeur de champ qui fait de très beaux portraits. Et il y a le film dans le film, ou plutôt les films dans le film puisqu’il y en a deux, ce qui permet à Almodóvar de donner corps à son amour pour le cinéma et de faire des clins d’œil appuyés (1). Le cinéma ici est tout : il est à la fois celui qui montre, celui est montré et celui qui regarde. Parfaitement maîtrisé, Etreintes brisées est un très beau film, empreint du meilleur classicisme, l’un des meilleurs d’Almodóvar.
Note : 5 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Penélope Cruz, Lluís Homar, Blanca Portillo, José Luis Gómez, Rubén Ochandiano, Tamar Novas
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(1) Penelope Cruz est coiffée exactement comme Audrey Hepburn dans Sabrina de Billy Wilder (1954) (en aussi en fausse Marilyn, mais cela est plus courant) et le film dans le film est très proche de Femmes au bord de la crise de nerfs (1988), le film qui a fait connaitre Almodóvar au grand public (ah le fameux gaspacho… !) L’extrait du film avec Ingrid Bergman et Georges Sanders qui passe à la télévision est Voyage en Italie de Roberto Rossellini (1954). Plusieurs scènes evoquent, dans leur forme, certains films d’Hitchcock.
Lire nos commentaires sur Sabrina…
Lire nos commentaires sur Femmes au bord de la crise de nerfs…

10 février 2011

Fais-moi plaisir! (2009) de Emmanuel Mouret

Fais-moi plaisir!Elle :
Note : 2 étoiles

Lui :
Dans une poussée soudaine d’ouverture d’esprit, Ariane demande à son compagnon d’avoir une aventure avec autre femme qu’il a rencontrée fugitivement. Elle espère ainsi le libérer d’un désir et sauver son couple… Avec Fais-moi plaisir, Emmanuel Mouret reprend son personnage de don Juan malgré lui, ingénu, hésitant et souvent désorienté par ce qui lui arrive. L’acteur/réalisateur crée des situations loufoques, inattendues, improbables. Dans sa relation avec les objets, il s’inscrit dans la lignée de Buster Keaton, Tati ou Blake Edwards mais il ne copie pas. Même si l’on peut penser à certains films précis, il est particulièrement inventif et a su se créer un personnage attachant. L’humour est toujours délicat, jamais excessif. Il y a bien quelques passages à vide à mi-parcours, l’ensemble s’essouffle parfois, mais il y a aussi des trouvailles absolument fantastiques (comme la sculpture dans les W.C. !) Il est indéniable qu’Emmanuel Mouret est l’un des comiques les plus originaux, dans le sens avec une vraie personnalité, du cinéma actuel.
Note : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Emmanuel Mouret, Judith Godrèche, Déborah François, Frédérique Bel, Jacques Weber
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9 février 2011

Good Morning England (2009) de Richard Curtis

Titre original : « The boat that rocked »

Good Morning EnglandLui :
Faire revivre la grande époque des radios pirates qui arrosaient l’Angleterre à partir de bateaux ancrées dans les eaux internationales est une proposition alléchante et je me faisais personnellement une joie de regarder ce film. Hélas, si l’environnement musical tient ses promesses (même si une bonne partie des morceaux passés sont plutôt post-67… mais ne chipotons pas) et si l’esprit des années soixante est bien restitué, le scénario est revanche est totalement vide. Dès lors, les quelque 130 minutes finissent par paraître bien longues, Good Morning England aurait été parfait s’il avait duré une heure de moins.
Note : 2 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Philip Seymour Hoffman, Bill Nighy, Rhys Ifans, Tom Sturridge, Rhys Darby, Kenneth Branagh, Nick Frost
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Remarque :
La radio pirate la plus écoutée était Radio Caroline qui a émis de 1964 à 1968, bravant les interdictions. On pouvait la capter sur les côtes du Nord de la France jusqu’en Normandie (assez mal toutefois). Son disc-jockey le plus célèbre était Rosko (« le plus beau, celui qui marche sur l’eau »), effectivement d’origine américaine. (Après une interruption de plusieurs années pour des raisons financières, la station a continué d’émettre jusqu’en 1990. Le bateau des débuts a coulé en 1980).

7 février 2011

Michael Clayton (2007) de Tony Gilroy

Michael ClaytonLui :
Ancien policier, Michael Clayton est employé par un très gros cabinet d’avocats pour arranger les situations délicates. Quand le meilleur avocat du cabinet, en charge d’un énorme dossier d’une multinationale d’agrochimie, craque et semble prêt à se retourner contre son puissant client, c’est lui qui se retrouve en première ligne d’une sombre affaire de substance toxique… Dès le début du film, inutilement verbeux, Tony Gilroy s’amuse à embrouiller le spectateur. Il semble vouloir faire de son histoire, somme toute assez simple, une sorte de kaléidoscope avec moult digressions inutiles. Résultat, le film manque singulièrement de rythme et n’est finalement guère captivant. Les acteurs ne semblent d’ailleurs pas vraiment convaincus non plus (même l’excellent Tom Wilkinson n’est pas dans son personnage). Ils semblent pressés d’en finir. Nous aussi…
Note : 1 étoile

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: George Clooney, Tom Wilkinson, Sydney Pollack, Tilda Swinton
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6 février 2011

Le ruban blanc (2009) de Michael Haneke

Titre original : « Das weiße Band – Eine deutsche Kindergeschichte »

Le ruban blanc Elle : Note : 5 étoiles

Lui :
Dans un village d’Allemagne à la veille de la Première Guerre mondiale, d’étranges incidents surviennent, un câble tendu entre deux arbres pour faire chuter le docteur, le fils d’un riche propriétaire roué de coups, des incidents qui ressemblent à un rituel punitif… Le titre original (« Le ruban blanc, une histoire allemande d’enfants ») nous met sur la voie : Michael Haneke nous montre les enfants qui vont écrire les pages les plus noires de l’Histoire de l’Allemagne deux ou trois décennies plus tard et comment l’éducation rigide qu’ils ont reçue peut faire partie des explications. Le Ruban Blanc est non seulement un film dénonçant l’éducation trop stricte, il montre aussi comment l’établissement d’un idéal en tant que dogme peut engendrer des véritables monstres. L’atmosphère du film est assez lourde, austère, presque carcérale, s’appuyant sur une image en noir et blanc, aux intérieurs très sombres, très noirs. Cette noirceur est omniprésente, Le ruban blanc elle contraste avec cet idéal symbolisé par ce ruban blanc que l’on porte en brassard (le parallèle possible avec un futur brassard n’est pas innocent). On peut reprocher peut-être à Haneke d’avoir un peu complexifié son récit (de plus, la voix-off qui explique beaucoup de choses est un peu dure à suivre) mais c’est un film qui mérite une certaine réflexion après sa vision pour en saisir bien tout le sens et toutes les implications.
Note : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Christian Friedel, Leonie Benesch, Ulrich Tukur, Burghart Klaußner, Rainer Bock
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4 février 2011

Mademoiselle Chambon (2009) de Stéphane Brizé

Mademoiselle ChambonElle :
Note : 4 étoiles

Lui :
Jean est maçon, mari et père de famille sans histoire. Mademoiselle Chambon est l’institutrice de son fils . A la suite d’une rencontre, ils vont être attirés l’un vers l’autre… Stéphane Brizé adapte un roman d’Eric Holder et signe un film plein de délicatesse, qui utilise peu de mots : tout est dans les regards, les attentes. Vincent Lindon exprime très bien toute la sensibilité enfouie de son personnage et Sandrine Kiberlain joue parfaitement en petites touches. Loin de tout spectaculaire, Mademoiselle Chambon est au final très authentique dans sa peinture des sentiments.
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Vincent Lindon, Sandrine Kiberlain, Aure Atika, Jean-Marc Thibault
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Remarques :
* Le morceau de musique que Mademoiselle Chambon joue à Jean est « La Valse Triste en do mineur » de Franz von Vecsey (violoniste hongrois, 1893-1935). Le morceau qu’elle joue à l’anniversaire est « Salut d’amour » du compositeur anglais Edward Elgar (1857-1934).
* Le film n’est techniquement pas parfait au niveau du son. Il aurait notamment fallu sous-titrer Vincent Lindon…