12 juin 2008

Juste un Baiser (2001) de Gabriele Muccino

Titre original : « L’ultimo bacio »

Juste un BaiserElle :
Pas grand-chose à dire… juste une petite comédie légère sans importance sur les problèmes de couple qui touchent tous les âges aussi bien la mère vieillissante qui jalouse la vie remplie de sa fille que la-dite jeune femme qui se fait tromper par son compagnon en pleine crise de doute. Les personnages et quiproquos défilent longuement sur un air de déjà vu.
Note : 2 étoiles

Lui :
Certes, Juste un baiser est un film de plus sur les trentenaires indécis, sur ce moment où l’on balance entre l’insouciance et les responsabilités qui se profilent, mais le film Gabrielle Muccino possède un charme certain, pas seulement parce qu’il est italien (cela nous change agréablement des trentenaires américains ou français que l’on commence à connaître un peu beaucoup) mais aussi parce qu’il est porteur d’une certaine innocence, une ingénuité assez rafraîchissante. Juste un baiser est donc plaisant, pittoresque à souhait avec ses scènes de (jeune) ménage « à l’italienne », c’est-à-dire démonstratives en gestes et en paroles, mais aussi plein de vie. Il faut aussi reconnaître que c’est passablement moralisateur…
Note : 4 étoiles

Acteurs: Stefano Accorsi, Giovanna Mezzogiorno, Stefania Sandrelli, Marco Cocci, Pierfrancesco Favino, Sabrina Impacciatore
Voir la fiche du film et la filmographie de Gabriele Muccino sur le site imdb.com.

Le film ayant été un gros succès en Italie, Juste un baiser eut un remake américain : The Last Kiss (2006) de Tony Goldwyn
(dont on peut raisonnablement supposer que toute cette fraîcheur aura disparu…)

7 avril 2008

TwentyNine Palms (2003) de Bruno Dumont

Twentynine PalmsElle :
Un homme et une femme sont à la dérive en plein désert californien pour faire du repérage photographique. Ambiance de road movie avec ses bars, ses motels, ses stations-service et ses grands espaces désertiques. Mis à part des scènes de sexe assez crus, le temps s’écoule très lentement sans qu’il arrive quelque chose de notoire. La routine du quotidien prend le dessus : manger, dormir, faire l’amour, rouler. C’est une parenthèse hors du temps dans laquelle Bruno Dumont ausculte un couple dans ses rapports de domination de l’un par rapport à l’autre en tentant de faire monter l’angoisse dans ce no man’s land sans fin. Cet homme et cette femme passent de la plus grande des jouissances à la pire des violences et douleurs. L’amour et la haine se catapultent, les ego s’entrechoquent entre masculin et féminin. La deuxième partie est longue et confuse. Le réalisateur préfère laisser le spectateur démêler les fils de son histoire qui se termine violemment. C’est assez frustrant ; on reste sur sa faim et on trouve l’exercice un peu vain.
Note : 3 étoiles

Lui :
Dans 29 Palms, Bruno Dumont n’a visiblement aucune intention narrative. Le film est une errance d’un photographe et de son amie dans les déserts du sud de la Californie. Il est difficile de dire que nous les observons puisqu’ils ne parlent pas beaucoup et qu’il ne passe que peu de choses durant les ¾ du film, à part des accouplements un peu primitifs et quelques disputes. Partant d’un environnement neutre, l’atmosphère devient un peu plus inquiétante et oppressante mais les transitions sont brutales, laissant le spectateur sans explication à ces changements inopinés. La fin est quant à elle dramatique et brutale, laissant libre cours à une certaine bestialité. L’image et le son sont globalement très bruts, à tel point qu’une scène de nuit comporte même le bruit lancinant de la machinerie de l’équipe de cinéma (cela donne l’impression d’avoir enfilé un générateur électrique comme sac à dos). 29 Palms est à mes yeux plus à voir comme un film assez expérimental ; cela a sans doute permis à Bruno Dumont de faire ensuite des films assez puissants comme Flandres.
Note : 2 étoiles

Acteurs: Yekaterina Golubeva, David Wissak
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24 janvier 2008

La chute (2004) de Oliver Hirschbiegel

Titre original : « Der Untergang »

La ChuteElle :
Un film aux allures de téléfilm et de documentaire-fiction qui m’a mis mal à l’aise. La chute d’un régime criminel et du pire dictateur de tous les temps dans son bunker, entouré de ses terribles comparses, la lente décomposition d’un Hitler vieillissant et tremblant, capable d’avoir la larme à l’œil et de se montrer attentif envers les enfants et les jeunes femmes, des visages angéliques d’enfants et de secrétaires qui suscitent un certain attendrissement et assez peu d’éléments précis sur la barbarie du national socialisme malgré les quelques abominables vociférations d’Hitler. Il faudra le générique de fin pour en avoir une meilleure idée. Est-ce suffisant pour faire passer le message aux jeunes générations ? Il faut saluer la performance d’acteur de Bruno Ganz.
Note : 3 étoiles

Lui :
Il est certain que l’existence même d’un film sur les derniers jours du plus grand tyran de l’Histoire n’est pas sans poser quelques problèmes : le risque de le rendre humain n’est pas négligeable et sur ce point le film peut être critiqué à cause de certaines scènes, notamment celle où l’on voit une larme perler sur sa joue à l’annonce de la défection de l’un de ses proches. Néanmoins, La Chute parvient à dresser le portrait d’un dictateur parvenu à une impasse, aveuglé par une idéologie primaire et brutale, lâché peu à peu par une partie de ses généraux. Il est présenté comme étant parfaitement lucide et revendiquant la justesse de ses actes. C’est une bonne chose dans la mesure où il aurait été trop facile (et non-conforme à l’Histoire) de le montrer comme un fou psychopathe. En revanche, sur le plan physique, le film nous le montre vieillissant très rapidement et pris de tremblements permanents. Evitant les écueils, La Chute parvient donc à trouver une représentation juste de ce monstre de l’Histoire, aidé par l’interprétation particulièrement remarquable de Bruno Ganz. On peut, bien entendu, s’interroger sur la nécessité ou l’intérêt de faire un tel film mais son succès en Allemagne montre qu’il a un grand besoin de savoir. Et sur ce point, seule une production allemande pouvait parvenir pleinement à ce résultat.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Bruno Ganz, Alexandra Maria Lara, Ulrich Matthes, Juliane Köhler, Corinna Harfouch
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10 janvier 2008

Le Cadeau d’Elena (2004) de Frédéric Graziani

Le Cadeau d'ElenaElle :
Un premier film qui ne manque pas de sensibilité. Frédéric Graziani nous fait revivre le retour de Socrate accompagné de son fils vers sa Corse natale, 40 ans après. Il nous plonge dans les particularités de l’île avec le poids de la famille, des traditions, les secrets, les mensonges, la méfiance. Il fait sentir également les fils invisibles qui attachent à jamais les Corses à leur île avec les départs vers le continent et les retours au pays. Sans être un grand film et malgré quelques passages un peu lisses avec le fils de Socrate et de son amie, Le Cadeau d’Elena nous touche car c’est un retour émouvant vers les racines que le réalisateur dévoile avec délicatesse et émotion.
Note : 3 étoiles

Lui :
Ce retour au pays d’un sexagénaire veuf et de son jeune fils est filmé avec beaucoup de justesse par Frédéric Graziani. La difficulté de communiquer se ressent tout au long du film et le silence ne pourra se briser que sous les coups de butoir d’un fils qui veut savoir. Le Cadeau d’Elena se déroule en grande partie dans la vieille ville de Bastia, montrée ici un peu austère mais fort joliment tout de même. L’interprétation de Michel Duchaussoy est sobre et juste. Le Cadeau d’Elena n’est certes pas un film spectaculaire qui recevra des longues louanges mais c’est un film qui respire l’authenticité et qui sait montrer la société insulaire sans, me semble t-il, tomber dans les clichés.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Michel Duchaussoy, Stéphane Rideau, Vahina Giocante, Andréa Ferréol, Marie-José Nat
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9 novembre 2007

Gladiator (2000) de Ridley Scott

GladiatorElle :
Grosse déception pour la première partie de ce film qui est, à mes yeux, ennuyeuse et remplie de poncifs hollywoodiens. J’étais même sur le point d’abandonner mais c’est alors que le brave gladiateur ébahi devant la grandeur du Colisée me fit sortir de ma torpeur. Ce n’est qu’à partir de ce moment que le film prend toute son ampleur grâce à des scènes de reconstitution de Rome de toute beauté, au combat psychologique des personnages et à la grandeur d’âme et souffrance du gladiateur. Dommage qu’il n’y ait pas eu plus d’homogénéité dans le scénario.
Note : 3 étoiles

Lui :
Ce n’est pas du coté du scénario que réside l’attrait de Gladiator : il est manichéen à souhait. Le méchant est puissant, lâche, fourbe et cruel. Le gentil est réduit à l’esclavage, courageux et droit… et il n’est pas manchot au combat! L’intérêt du film réside plutôt dans le spectacle offert, spectacle dont la reconstitution du Colisée est le pivot central. Egalement remarquable est la mise en image d’une bataille romains contre barbares. Les combats sont un peu longs toutefois. En revanche, les rares vues plus globales de Rome sont décevantes, moins crédibles. Au final,  Gladiator constitue un bon divertissement, du « grand spectacle », mais hérite aussi des défauts classiques des grosses productions hollywoodiennes.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Russell Crowe, Joaquin Phoenix, Connie Nielsen, Oliver Reed, Richard Harris, Derek Jacobi
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26 octobre 2007

La méthode (2005) de Marcelo Piñeyro

Titre original : El método

La méthodeElle :
Marcelo Piñeyro nous convie à un jeu de massacre édifiant et cruel entre sept cadres qui postulent pour le même poste. Pour les départager, il les enferme dans un bocal et observe par l’intermédiaire de caméras, leurs comportements et confidences comme des rats de laboratoire tandis qu’une manifestation alter mondialiste se déchaîne au pied de l’immeuble de verre. Tests, présence d’une taupe, mensonges, ruses diaboliques tout est bon pour éliminer son prochain. Les réticences de départ font peu à peu place à la stratégie. Les noirceurs humaines se révèlent. Le réalisateur nous livre un film sociologique d’une grande intensité psychologique. Il y dénonce un type de société où la compétition, l’argent, l’individualisme forcené sont rois. Il met peu à peu à jour les failles des uns et des autres et parvient à nous perdre sur les motivations de chacun.
Note : 4 étoiles

Lui :
Film argentin, La Méthode est un huis clos assez original : sept candidats à un poste de cadre supérieur sont réunis dans une pièce pour être soumis à des tests psychologiques en groupe. C’est donc à une étude comportementale que nous convie le réalisateur argentin Marcelo Pineyro puisque ces tests vont révéler certains aspects de la personnalité de chacun. Malgré le trait un peu grossi et la présence de certains éléments racoleurs (par exemple le fait que les candidats d’éliminent eux-mêmes à la façon d’une émission de télé-réalité), l’ensemble est très crédible grâce à la qualité de l’interprétation qui donne une réelle force dans les échanges. Le propos de fond semble être de fustiger l’individualisme qui prend inévitablement le dessus dans ce genre de compétition, un individualisme encouragé par le durcissement des méthodes de recrutement.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Eduardo Noriega, Najwa Nimri, Eduard Fernández, Pablo Echarri
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25 octobre 2007

Brothers (2004) de Susanne Bier

Titre original : « Brødre »

BrothersElle :
Un film intense, poignant et parfois violent qui analyse avec justesse et sans forcer le trait les difficiles relations familiales qui existent entre deux frères. L’aîné, soldat de l’ONU passe pour mort alors qu’il est en fait, prisonnier en Afghanistan. Son épouse doit survivre ; elle devient très complice avec le second frère. L’intensité dramatique monte d’un cran lorsque sont évoquées les terribles conditions de détention et lorsque ce soldat retrouve la liberté, sa femme et ses enfants. Le regard que porte Susan Bier sur les conflits familiaux me rappelle l’esprit du film Festen dans lequel les frustrations enfouies surgissent avec grande violence et vérité.
Note : 5 étoiles

Lui :
Brothers traite à la fois des relations de deux frères aux parcours très différents et des conséquences psychologiques sur les militaires engagés en Afghanistan sous l’égide de l’ONU. En observant ainsi les relations intrafamiliales, le film peut évoquer Festen de Thomas Vinterberg, impression favorisée par la présence de l’acteur Ulrich Thomsen dans les deux films, mais le traitement est ici complètement différent, moins brut et austère, plus en délicatesse et avec douceur. Cela n’empêche pas Brothers d’avoir beaucoup de force avec même des pics d’intensité assez fréquents. C’est cet équilibre qui est remarquable dans le film de Susanne Bier et qui, au final, le rend très authentique. L’interprétation des 3 acteurs principaux est remarquable.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Connie Nielsen, Ulrich Thomsen, Nikolaj Lie Kaas
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23 octobre 2007

Ripley’s game (2002) de Liliana Cavani

Ripley’s gameElle :
(pas vu)

Lui :
Adaptation du livre du même nom signé Patricia Highsmith, Ripley’s Game ne doit pas être confondu avec Le Talentueux Monsieur Ripley qui a déjà été brillamment adapté par René Clément (Plein Soleil en 1960 avec Alain Delon et Maurice Ronet) et par Anthony Minghella (Le Talentueux Monsieur Ripley en 1999). Ce roman reprend le personnage de Ripley quelque 20 ans après son premier forfait, tout comme Wim Wenders l’avait déjà fait avec L’Ami américain en 1977 dans son style très personnel, en laissant un peu de côté le côté policier de cette histoire. Cette version en revanche lui donne toute sa place et nous découvrons qu’elle se révèle hélas bien peu intéressante. Le film ne tient que par la présence de John Malkovitch qui excelle dans son rôle de truand classieux, parfaitement amoral mais plein de charme. Ce rôle lui va comme un gant et c’est un vrai plaisir de le voir évoluer pendant la première moitié du film. Hélas, dès qu’il apparaît un peu moins, nous retrouvons une histoire de faible intérêt et mise en scène de façon assez terne.
Note : 2 eacute;toiles

Acteurs: John Malkovich, Dougray Scott, Ray Winstone, Lena Headey
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19 octobre 2007

Le pique-nique de Lulu Kreutz (2000) de Didier Martiny

Le pique-nique de Lulu KreutzElle :
J’avais lu la pièce de théâtre qui ne m’avait guère passionnée mais le film m’a hélas semblé encore plus ennuyeux. Que sont allés faire Noiret, Audran, Bouquet, Aumont dans cette galère ? J’avoue avoir un peu de mal à comprendre l’engouement qui s’opère à l’égard des scénarios de Yasmina Reza.
Note : 1 étoiles

Lui :
D’excellents acteurs mais une histoire bien ennuyeuse. Sur la forme, le film se calque trop sur le théâtre. Beaux paysages alpestres.
Note : 1 étoiles

Acteurs: Philippe Noiret, Carole Bouquet, Niels Arestrup, Stéphane Audran, Michel Aumont
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10 septembre 2007

La fausse suivante (2000) de Benoît Jacquot

La fausse suivanteElle :
L’approche théâtre filmé, certes originale, est assez ennuyeuse à mes yeux et je déclare rapidement forfait. (Abandon)
Note : pas d'étoiles

Lui :
La Fausse Suivante fut vraiment pour moi une bonne surprise car je dois bien avouer que je ne m’attendais pas à tant aimer cette transcription au cinéma d’une pièce de Marivaux, filmée dans un théâtre vide. La forme est originale puisque Benoît Jacquot utilise aussi bien la scène de ce théâtre vide que les coulisses et même la salle. Sandrine Kimberlain est parfaitement charmante et interprète à merveille ce rôle de jeune fille déguisée en homme. Les autres acteurs semblent tout autant pénétrés par leur personnage même si Isabelle Huppert paraît un peu en retrait, assez distante. Le texte de Marivaux est splendide et pétillant. Du pur plaisir.
Note : 5 étoiles

Acteurs: Isabelle Huppert, Sandrine Kiberlain, Pierre Arditi, Mathieu Amalric
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