18 mars 2011

L’ombre de l’introuvable (1941) de W.S. Van Dyke

Titre original : « Shadow of the Thin Man »

L'ombre de l'introuvableLui :
Par pur hasard, Nora et Nick Charles se retrouvent par deux fois à l’endroit où un crime est commis. L’enquête va les entraîner dans le milieu des paris sur les courses hippiques et les combats de catch… L’ombre de l’introuvable est le quatrième film de la série des Introuvable et force est de constater que la formule continue de très bien fonctionner. Mêlant humour et enquête, le film forme un cocktail très divertissant, les scénaristes ayant l’intelligence de ne trop appuyer leurs effets. Les personnages de Nick et Nora restent égaux à eux-mêmes, lui en alcoolique mondain qui aborde les pires situations avec grand flegme, elle en épouse frivole mais audacieuse ; on remarquera que le personnage de Nora est moins mis en avant, il faut dire que Myrna Loy ruait dans les brancards et d’ailleurs quittera la MGM pour quelque temps après ce film. Le scénario de L’ombre de l’introuvable est assez peu vraisemblable mais on ne s’en soucie guère car l’ensemble est on ne peut plus plaisant.
Note : 4 étoiles

Acteurs: William Powell, Myrna Loy, Barry Nelson, Donna Reed, Sam Levene
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10 mars 2011

Le diable au corps (1947) de Claude Autant-Lara

Le diable au corpsLui :
Retraçant les amours d’un collégien avec une jeune fille mariée à un soldat parti au front, le roman autobiographique du très jeune Raymond Radiguet avait fait scandale dès sa sortie en 1923, au lendemain de la Première Guerre mondiale. Claude Autant-Lara l’adapte au cinéma au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et le film choqua tout aussi profondément (1). Le cinéaste a rapporté que c’est le pacifisme du livre qui l’avait poussé à faire cette adaptation ; cet aspect est étonnamment assez absent du film final. Le diable au corps reste une belle ode à l’amour, celui qui est au dessus des guerres, des conventions sociales, de la raison. Gérard Philipe, ici dans son premier très grand rôle au cinéma, est parfait pour le rôle, fougueux et spontané. Micheline Presle apporte beaucoup de fraîcheur. On peut regretter la construction en flashback, qui n’apporte qu’une lourdeur inutile, et la platitude de certains dialogues qui peinent souvent à émouvoir. Pourtant certaines scènes sont très fortes comme celle, trop courte hélas, de leur second passage au restaurant parisien (Le Grand Véfour) ou très belles comme celle, également trop courte, de la promenade en barque. La mauvaise qualité (visuelle et surtout sonore) de la copie visionnée empêche quelque peu d’apprécier la qualité de la réalisation d’Autant-Lara.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Micheline Presle, Gérard Philipe, Denise Grey, Jean Debucourt
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(1) L’historien Georges Sadoul rapporte que, lors de sortie à Bordeaux, la presse locale écrivit : « Cette production ajoute le cynisme le plus révoltant à l’exaltation de l’adultère, en ridiculisant la famille, la Croix-Rouge et même l’armée. Devant le flot de boue qui monte, au nom du public, nous demandons que ce film ignoble soit retiré des écrans. » A Paris, de nombreux critiques jugèrent le sujet « répugnant ».

Remarques :
Raymond Radiguet est mort à l’âge de 20 ans en 1923 (de la fièvre typhoïde). Il a écrit deux romans : Le diable au corps et Le Bal du comte d’Orgel (qui a été adapté au cinéma par Marc Allégret en 1970).

Autres adaptations du roman :
Le diable au corps (Diavolo in corpo) de Marco Bellocchio (1986) avec Maruschka Detmers
Devil in the Flesh de l’australien Scott Murray (1989)
… toutes deux plus « racoleuses ».

8 février 2011

Lady Hamilton (1941) de Alexander Korda

Titre original (USA) : « That Hamilton woman »

Lady HamiltonLui :
Aux alentours de 1800, Emma Lyon arrive à Naples, littéralement vendue par son fiancé à son oncle, diplomate. Elle devient ainsi Lady Hamilton. Elle y rencontre le jeune vice-amiral Nelson, venu à Naples chercher des renforts pour attaquer les français… Mettre en scène la liaison tapageuse entre Nelson et Lady Hamilton en pleine Seconde Guerre mondiale peut paraître étonnant… sauf que le film d’Alexandre Korda permettait de réveiller la fibre patriotique en évoquant l’icône militaire britannique la plus populaire. De plus, il était facile de faire le parallèle entre Napoléon et Hitler. Alexandre Korda se concentre toutefois beaucoup plus sur le romanesque que sur la stratégie, et plus particulièrement sur son actrice principale. A 28 ans, Vivien Leigh est absolument resplendissante dans ce film où elle est dans toutes les scènes. Elle est lumineuse, vive et le pauvre Laurence Olivier, Lady Hamilton qui manque de scènes marquantes, fait même pâle figure face à elle. Bien que faits en temps de guerre, les décors et costumes sont fastueux et la reconstitution de la bataille de Trafalgar est superbe. Lady Hamilton a cette rare particularité d’être à la fois un grand film romantique et un film de propagande. Le magnifique résultat montre toute la maîtrise d’Alexandre Korda, l’une des figures les plus importantes du cinéma britannique.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Vivien Leigh, Laurence Olivier, Alan Mowbray, Sara Allgood, Gladys Cooper, Henry Wilcoxon
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Remarques :
Lady Hamilton et Vivien Leigh * Laurence Olivier et Vivien Leigh étaient depuis peu mari et femme.
* Ce seraient les distributeurs américains qui, par pudibonderie, auraient exigé de rajouter la première scène qui montre la déchéance finale de Lady Hamilton, tout le film devenant un flashback. Ceci dit, dans la réalité, Lady Hamilton est réellement morte dans la misère à Calais en 1815.
* Lady Hamilton était le film favori de Winston Churchill qui en avait une copie dans son bunker. La légende dit qu’il l’aurait vu 83 fois. Alexandre Korda est devenu Lord Alexandre Korda en grande partie grâce à ce film.

Autre adaptation de l’histoire de Lady Hamilton :
The Divine lady de Frank Lloyd (1929) avec Corinne Griffith et Victor Varconi
Les amours de Lady Hamilton de Christian-Jacque (1968) avec Michèle Mercier et Richard Johnson

26 janvier 2011

Entre onze heures et minuit (1949) de Henri Decoin

Entre onze heures et minuitLui :
A Paris, un avocat véreux est assassiné à son domicile. Quelques heures plus tard, entre onze heures et minuit, un autre homme est tué de trois balles de révolver dans un tunnel proche des Ternes. Par un extraordinaire hasard, cet homme était le sosie parfait d’un inspecteur de police qui va prendre sa place pour continuer son enquête… En adaptant ce roman de Claude Luxel, Henri Decoin réalise un film qui s’inspire des grands films noirs américain tout en gardant un style qui lui est propre. De cette incursion dans les milieux de la pègre se distille une atmosphère trouble qui s’appuie sur un beau noir et blanc et sur le jeu de Louis Jouvet qui sait trouver le ton juste avec un jeu tout en retenue. La personnalité du film vient aussi de cette pointe d’humour, alimentée par les merveilleux dialogues d’Henri Jeanson. L’histoire a beau être franchement improbable, on se laisse totalement happer dans son déroulement. Les seconds rôles paraissent un peu plus faibles, y compris Madeleine Robinson qui montre ici assez peu de présence. Très différent des adaptations de Simenon par Henri Decoin, Entre Onze heures et minuit est l’un des films policiers français les plus intéressants des années quarante et cinquante : il se rapproche du film noir américain mais sans aucun mimétisme.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Louis Jouvet, Madeleine Robinson, Robert Arnoux, Jean Meyer, Gisèle Casadesus
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4 janvier 2011

La foire aux chimères (1946) de Pierre Chenal

La foire aux chimèresLui :
La foire aux chimères est un petit bijou qui a été oublié pendant quarante ans pour être redécouvert dans les années quatre-vingt. C’est à la fois un mélodrame et un film policier qui repose sur un scénario riche et complexe, même s’il est plutôt improbable. Un brillant graveur de billets de banque (officiels) est l’objet de moqueries car il a été défiguré par un accident. Solitaire, il rencontre dans une foire une jeune femme aveugle d’une grande beauté qu’il épouse et couvre d’attentions assez coûteuses… Au-delà du caractère policier de l’intrigue, c’est le traitement que fait Pierre Chenal qui fait tout l’attrait de La Foire aux Chimères. L’atmosphère est étrange, à la frontière de l’irréel ou du conte de fées, une atmosphère souvent épaisse, parfois légère, s’appuyant sur des décors habilement cadrés. De nombreuses scènes sont des petites merveilles. Eric von Stroheim exprime toute la complexité de son personnage avec son jeu multi-facettes et forme avec Madeleine Sologne, beauté froide presque irréelle et aérienne, un couple étonnant de contrastes. Il faut aussi mentionner le troisième personnage du gangster mondain et poète (Louis Salou) et les merveilleux dialogues de Louis Ducreux. Le caractère inéluctable de l’issue (on sait, bien entendu, que tout cela va mal se terminer) ajoute à ce sentiment de d’instabilité et d’irréalité. Et quelles étonnantes dernières minutes filmées entièrement en cadrages inclinés ! On peut se demander comment un film comme La foire aux chimères peut rester si méconnu.
Note : 5 étoiles

Acteurs: Erich von Stroheim, Madeleine Sologne, Louis Salou, Margo Lion, Yves Vincent
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Anecdote :
La chanteuse dans le cabaret est… Line Renaud, alors âgée de 17 ans !

24 décembre 2010

La vie est belle (1946) de Frank Capra

Titre original : « It’s a wonderful life »

La vie est belleElle :
Note : 5 étoiles

Lui :
Avec cette histoire qui a tout d’un conte de Noël, Frank Capra semble avoir été touché par la grâce. Son film est parfait,  un subtil équilibre entre drame et comédie, un film riche empreint de tendresse et d’humanité mais sans aucun pathos. Apte à requinquer un bataillon entier de cafardeux, c’est le film optimiste par excellence. Capra a aussi choisi l’interprète parfait. James Stewart est l’archétype de l’homme ordinaire, le grand homme qui s’ignore, l’homme qui sans le savoir rend notre monde meilleur. L’histoire de La Vie est Belle est une jolie fable : alors qu’il est déprimé et prêt à se supprimer, It's a wonderful life un entrepreneur altruiste est sauvé par l’intervention d’un ange qui lui montre quel serait son monde s’il n’était pas né. Frank Capra montre là tout son talent pour raconter une histoire et pour créer l’émotion. La construction rend le film passionant, le dernier quart nous amenant à revivre différemment tout le film. La Vie est Belle n’a eu bizarrement que peu de succès à sa sortie. Il était trop en décalage avec l’esprit du public au lendemain de la guerre. Il s’est rattrapé assez rapidement en devenant l’un des films les plus aimés au monde.
Note : 5 étoiles

Acteurs: James Stewart, Donna Reed, Lionel Barrymore, Thomas Mitchell, Henry Travers, Gloria Grahame
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Remarques :
La vie est belle * La Vie est Belle détient probablement le record du nombre de diffusions à la télévision américaine.
* Détail amusant, c’est sans aucun doute le film le plus cité dans les autres films : on ne compte plus les films dont l’un des personnages regarde La Vie est Belle à la télévision soit pour se requinquer soit pour passer un réveillon seul.
* L’histoire est née sous la plume de Philip Van Doren Stern qui écrivait un petit conte qu’il envoyait à ses amis comme carte de vœux de Noël. Son histoire eut tellement de succès qu’il en fit un livre.

Homonyme :
La Vie est belle très beau film de Roberto Benigni (1997) où il réussit le difficile challenge de nous faire rire sur le sujet des camps de concentration. Aucun lien donc entre les deux films.

22 décembre 2010

Passion fatale (1949) de Robert Siodmak

Titre original : « The great sinner »

Passion fataleLui :
Dans la station thermale de Wiesbaden en 1860, un jeune écrivain (Gregory Peck) suit une jolie femme (Ava Gardner) qu’il a rencontrée dans le train pour découvrir qu’elle a la passion du jeu. Décidé à tout faire pour la délivrer du démon des casinos, il va lui aussi se laisser prendre… Le scénario de Passion Fatale est une adaptation du roman de Dostoïevski « Le joueur ». Le film nous laisse sur des impressions mitigées car s’il montre une belle progression, débutant dans un grand classicisme pour aller peu à peu vers le démoniaque, suivant ainsi le parcours de son personnage principal, le film se termine de façon décousue. Cette fin peut même paraître un peu bâclée (1). On peut se consoler en admirant la belle Ava Gardner dans ses robes victoriennes et le couple qu’elle forme avec Gregory Peck est plein de séduction.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Gregory Peck, Ava Gardner, Melvyn Douglas, Walter Huston, Ethel Barrymore, Frank Morgan
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(1) Hervé Dumont, dans son livre sur Robert Siodmak, affirme que le film a été terminé par Jack Conway et que Siodmak aurait mentionné un « rapiéçage de 25 mn fait par Mervyn LeRoy », ce qui n’a pas été confirmé (citation mentionnée par Jacques Lourcelles dans son commentaire sur le film). S’ils ont vraiment eu lieu, ces rafistolages pourraient expliquer le caractère inégal du film Passion fatale.

2 novembre 2010

La charge héroïque (1949) de John Ford

Titre original : « She wore a yellow ribbon »

La charge héroïqueLui :
La charge héroïque est le deuxième film de la trilogie de John Ford sur la cavalerie. Il se déroule à l’époque qui suit celle de Fort Apache, c’est-à-dire juste après la défaite du Général Custer. Nous sommes dans un fort isolé qui est entouré de tribus indiennes sur le sentier de la guerre et dont le capitaine est à quelques jours de la retraite. John Ford nous emmène une fois de plus dans des paysages somptueux pour partager la vie de garnison (1). Son héros est un homme d’expérience, qui cherche à plus comprendre qu’à combattre les indiens. John Wayne, vieilli pour le rôle de quelque vingt années, montre ici de réelles qualités pour incarner cet homme de paix. Plus qu’une vision historique, c’est une réflexion sur le début de la vieillesse que nous propose John Ford : que fait un héros ordinaire quand il est mis à la retraite ? Ford se concentre sur les rapports humains, la complicité entre les générations chez les soldats de métier, la force des sentiments. Cette glorification de la vie militaire pourra bien entendu bloquer certains spectateurs mais il faut aller au delà pour apprécier le cinéma de John Ford, la simplicité d’une grande pureté amplifiée par les décors majestueusement graphiques de Monument Valley. La Charge Héroïque est avant tout un très beau film…
Note : 4 étoiles

Acteurs: John Wayne, Joanne Dru, John Agar, Ben Johnson, Harry Carey Jr., Victor McLaglen
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(1) Le titre français La Charge Héroïque est trompeur et n’est pas vraiment représentatif du film : s’il y a de nombreuses scènes d’action, il n’y a pas vraiment de charge… A noter que le titre original (= elle porte un ruban jaune) met en avant la romance autour de la fille du commandant : quand une jeune fille mettait un ruban jaune dans ses cheveux, cela signifiait qu’elle était amoureuse.

La trilogie sur la cavalerie par John Ford :
Le Massacre de Fort Apache (Fort Apache) (1948)
La Charge Héroïque (She wore a yellow ribbon) (1949)
Rio Grande (1951)

14 octobre 2010

Volpone (1941) de Maurice Tourneur

Titre parfois utilisé : Volpone ou l’amour de l’or

Volpone ou l'amour de l'orLui :
Volpone est la transcription au grand écran d’une pièce de théâtre créée par l’anglais Ben Jonson en 1606 puis adaptée par Jules Romains dans les années 1920. A Venise, un riche armateur (Harry Baur) victime d’un revers momentané de fortune, voit ses amis le lâcher et même le faire emprisonner. Libéré et renfloué, il décide de se venger en leur faisant croire qu’il est à l’article de la mort dans le but d’attirer les prétendants à sa succession. Volpone ou l'amour de l'or Pour mener à bien sa tromperie, il se fait aider par son valet, ex-compagnon de cellule (Louis Jouvet). Le film de Maurice Tourneur est remarquable par son interprétation : Harry Baur est plutôt exubérant mais sans excès, Charles Dullin crée de manière expressive un usurier vraiment abominable et Louis Jouvet fait une interprétation très juste, assez retenue, de ce valet rusé. L’histoire est très amusante et plusieurs décors sont utilisés ce qui permet d’atténuer, et même d’éviter, la sensation de théâtre filmé.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Harry Baur, Louis Jouvet, Charles Dullin, Jean Témerson, Fernand Ledoux, Jacqueline Delubac
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Remarques :
1) Les personnages principaux ont des noms d’animaux qui en disent long sur leur caractère : Volpone = renard en italien, le serviteur Mosca = la mouche, l’usurier Corbaccio = corneille nécrophage, le marchand Corvino = le corbeau, le notaire/avocat Voltore = le vautour.
2) Jacques de Baroncelli a débuté le tournage en juin 1938 et dut l’interrompre rapidement pour raisons financières. Il fut repris avec les mêmes acteurs par Maurice Tourneur en mars 1940. Quelques scènes tournées en 38 sont présentes dans le montage final.

Autres versions :
Guêpier pour trois abeilles (The Honey Pot) de Joseph L. Mankiewicz (1967) avec Rex Harrison et Susan Hayward.
Volpone, pièce filmée par Pierre Sabbagh (1978) pour l’émission télévisée Au théâtre ce soir avec Jean Le Poulain et Francis Huster (à noter que Pierre Sabbagh a un rôle de figuration dans le film de Maurice Tourneur : c’est le page qui se trouve derrière l’usurier dans la scène du banquet, on ne l’aperçoit que très fugitivement).
Volpone, film TV pour TF1 de Frédéric Auburtin (2003) avec Gérard Depardieu, Daniel Prévost et Gérard Jugnot.

12 octobre 2010

White cargo (1942) de Richard Thorpe

Titre français parfois utilisé : « Tondelayo »

TondelayoLui :
White Cargo est l’adaptation d’une pièce sulfureuse qui avait mis Broadway en ébullition dans les années 20. En Afrique, une plantation isolée de caoutchouc est dirigée par quatre britanniques. Hormis le climat, le plus grand danger semble être la belle Tondelayo… Si la perspective de voir Hedy Lamarr, « la plus belle actrice d’Hollywood », en indigène sensuelle et tentatrice a de quoi éveiller l’intérêt, White Cargo force est de reconnaître que le résultat n’est pas à la hauteur des attentes. Certes, enduite des pieds à la tête d’une épaisse couche de beurre de cacao, l’actrice ne manque pas de charmes… mais les codes de censure ont calmé les ardeurs (1) et surtout l’ensemble est baigné d’un exotisme de pacotille qui semblait déjà vieillot au moment de la sortie du film (2) et donc à fortiori aujourd’hui. En réalité, c’est plutôt dans ses moments de comédie, les relations entre ces quatre occidentaux irritables car accablés de chaleur, que le film réussit le mieux.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Hedy Lamarr, Walter Pidgeon, Frank Morgan, Richard Carlson, Henry O’Neill
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(1) Après son succès à Broadway, White Cargo a été mis sur la liste noire par la censure comme une histoire interdite d’adaptation. C’est pour cette raison que la première adaptation cinématographique en 1929 fut réalisée en Angleterre, à la grande fureur de Hays. En adaptant sa propre pièce en 1942, Leon Gordon a du faire des concessions importantes pour que le scénario soit accepté. Détail amusant : pour que le mariage avec le britannique soit conforme au Code Hays, Tondelayo est déclarée comme étant mi-égyptienne mi-arabe. D’ailleurs, sur toutes les photos publicitaires et sur l’affiche, Hedy Lamarr n’a pas son épais maquillage cacaoté, elle est blanche de peau.
(2) Hedy Lamarr rapporte dans son autobiographie l’anecdote suivante : lors d’une projection new-yorkaise, au moment de la scène où elle dit « Me Tondelayo, Me stay », le célèbre critique de cinéma George Jean Nathan s’est levé et a clamé « Me George Jean Nathan, Me go » avant de quitter la salle.
Le film a eu néanmoins un certain succès, notamment auprès des soldats américains qui furent nombreux à envoyer des lettres enflammées à la belle Tondelayo.

Précédente version :
White Cargo de J.B. Williams (1929), l’un des tous premiers films parlants britanniques (film aujourd’hui perdu ?)