23 décembre 2006

Cléopâtre (1934) de Cecil B. DeMille

Titre original : « Cleopatra »

Cléopâtre de Cecil B. De MilleElle :
J’avoue être un peu déçue car je m’attendais à des décors plus grandioses alors que les décors m’ont paru étriqués et les personnages peu crédibles en Romains ou Egyptiens. Mais l’histoire de Cléopâtre en reine manipulatrice et séductrice est digne d’intérêt.
Note : 3 étoiles

Lui :
CléopâtreLe faste des films de Cecil B. DeMille est bien présent dans cette reconstitution historiquement exacte : figuration imposante, décors impressionnants (la scène de l’entrée de César et Cléopâtre dans Rome est somptueuse), scènes lyriques. Remarquable de concision (1h40 là où les suivants feront plus de 3h), le film laisse le spectateur émerveillé, la magie restant intacte après 70 ans. Cette magie opère bien-sûr en partie grâce à un érotisme sous-jacent, mais aussi grâce à la grande maitrise du metteur en scène, à une époque où l’on n’avait pas besoin d’un bataillon d’ordinateurs pour créer le spectacle…
Note : 5 étoiles

Acteurs: Claudette Colbert, Warren William, Henry Wilcoxon
Voir la fiche du film et la filmographie de Cecil B. DeMille sur le site imdb.com.
Voir les autres films de Cecil B. DeMille chroniqués sur ce blog…

Voir aussi sur ce blog les autres versions :
César et Cléopâtre de Gabriel Pascal (1945)
Cléopâtre de Joseph L. Mankiewicz (1963)
Cléopâtre de Franc Roddam (TV) (1999)
et Cléopâtre a inspiré d’autres réalisateurs pour des productions un peu moins importantes : voir la liste sur Cleopatra sur Imdb. A noter, une production qui semble assez importante en préparation pour 2010.

Cléopâtre (1934) de Cecil B. DeMilleClaudette Colbert est Cléopâtre, la reine éponyme du film de Cecil B. DeMille.

8 décembre 2006

The golden arrow (1936) d’ Alfred Green

Titre français : « La flèche d’or »

La flèche d'orElle :
(pas vu)

Lui :
Marquant le début de sa bataille avec Warner Bros pour obtenir de meilleurs rôles, Bette Davis aurait pris comme un affront le fait que les studios l’obligent à tourner cette histoire un peu gentillette de fausse héritière qui trompe un journaliste. En voyant le film, on s’aperçoit que ce n’est pas tant le scénario qui pose problème car l’histoire est assez amusante avec de bons rebondissements, tout à fait le terreau des meilleures comédies américaines des années 30. Non, le problème est plutôt du côté de la réalisation un peu plate d’Alfred Green, réalisateur très prolixe et un peu tâcheron, qui avait pourtant signé « L’intruse » (« Dangereous ») un an auparavant avec la même Bette Davis. Le film reste amusant mais n’est pas vraiment brillant.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Bette Davis, George Brent
Voir la fiche du film et la filmographie de Alfred Green sur le site imdb.com.

19 novembre 2006

Little man, what now ? (1934) de Frank Borzage

Titre français (rarement utilisé) : « Et demain ? »

Et demain?Elle :
(pas vu)

Lui :
Dans l’Allemagne économiquement déprimée de l’entre-deux-guerres, un jeune couple tente de survivre et de s’établir. Frank Borzage réussit parfaitement à faire un film à deux faces, tout en contraste : d’un côté, l’homme qui cherche à trouver un emploi stable, ne parvenant que difficilement à contrôler une rage envers lui-même et la société ; de l’autre, sa femme aimante qui, par sa charmante pétulance et l’enfant qu’elle porte, parvient à maintenir la foi en l’avenir et donner un sens à leur couple. C’est le dosage et l’entremêlement de ces deux facettes qui fait la réussite du film et lui donne toute sa profondeur : si Borzage nous montre ce qui a fait le terreau de la montée du nazisme, misère, bourgeoise dépravée, c’est un monde où l’amour a toujours sa place, où il reste le plus fort. Margaret Sullavan est lumineuse, un véritable rayon de soleil dans ce monde rude et difficile.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Margaret Sullavan, Douglass Montgomery
Voir la fiche du film et la filmographie de Frank Borzage sur le site imdb.com.

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6 novembre 2006

Le grand jeu (1934) de Jacques Feyder

Le grand jeuElle :
Film beaucoup trop long qui ne m’a guère passionnée malgré la bonne prestation de Pierre-Richard Wilm et Françoise Rosay. Toutefois cette histoire de jeune riche, qui doit s’expatrier au Maroc et se fait abandonner par son amante intéressée, finit par lasser. Au sein de la légion étrangère, le jeune homme regrette son amour déçu, s’engage dans une autre aventure qui n’aboutit nulle part. La mise en scène a hélas bien vieilli.
Note : 2 étoiles

Lui :
Considéré comme un grand classique du cinéma français, ce film est bien moins convaincant 70 ans après sa sortie. Le scénario est assez prévisible, jouant un peu trop avec cet exotisme qui était à la mode dans les années 30. Le jeu des acteurs est assez inégal.
Note : 2 étoiles

Acteurs: Marie Bell, Pierre Richard-Willm, Françoise Rosay, Charles Vanel
Voir la fiche du film et la filmographie de Jacques Feyder sur le site imdb.com.

Robert Siodmak a signé un remake de ce film Le grand jeu  en 1954 avec Gina Lollobrigida. Voir la fiche et voir l’affiche

5 novembre 2006

La Grande illusion (1937) de Jean Renoir

La grande illusionElle :
Ce grand classique continue de tenir admirablement sa place. Pendant la première guerre mondiale, une amitié profonde se tisse entre des prisonniers aux origines sociales très diverses. Bien que les conditions de détention ne soient pas trop draconiennes, ils ne pensent bien évidemment qu’à s’évader. Et c’est Boeldieu, le bourgeois parisien, qui se sacrifie pour Maréchal issu d’un milieu populaire et son comparse juif. Les apparences sont trompeuses. De même que Renoir montre que, en dehors des lois de la guerre, des hommes tels Von Stroheim ou la jeune femme allemande peuvent éprouver de l’amitié et de l’amour à l’égard de leurs ennemis français. Une belle leçon d’humanisme. Gabin, Fresnay, Dalio, Carette y sont remarquables.
Note : 5 étoiles

Lui :
Même avec le recul des années, ce film paraît toujours aussi complet et même complexe. Par exemple, on comprend que le fond du propos est antimilitariste mais en même temps l’effet d’exaltation de la guerre y est magnifié. De même, on peut y voir un pamphlet contre les différences de classe sociale, mais aussi la force de la notion d’appartenance sociale qui transcende les frontières. Ainsi, le film semble s’attaquer surtout aux visions simplificatrices, réductrices car c’est avant tout une histoire humaine que nous raconte Renoir. Les personnages sont typés, certes, mais très forts. Une histoire qui, en final, nous marque en tant que spectateur.
Note : 5 étoiles

Acteurs: Jean Gabin, Pierre Fresnay, Erich von Stroheim, Julien Carette, Marcel Dalio
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26 octobre 2006

Agent X27 (1931) de Josef von Sternberg

Titre original : « Dishonored »
Autre titre français : « X-27 »

Agent X27
Elle :
(pas vu)

Lui :
Dishonored est le troisième des sept films que Josef von Sternberg tournera avec Marlène Dietrich, « son » actrice… Il l’a révélée un an plus tôt avec L’ange bleu et Morocco (avec Gary Cooper). Cette fois, c’est lui-même qui écrit la base de cette histoire d’espionne autrichienne dans le pur style Mata-Hari, une histoire écrite sur mesure pour la mettre en valeur. Effectivement, elle occupe tout l’écran et cela est d’autant plus net que, Gary Cooper ayant refusé le rôle, son rival masculin est loin d’avoir la présence suffisante face à une Marlène sublimée par la mise en scène minutieuse de Sternberg. Elle semble jouer avec l’œil de la caméra comme elle se joue de ses opposants pour nous donner un film à la fois fougueux et romanesque. La scène finale de l’exécution reste parmi les scènes les plus fortes de l’histoire du cinéma. Le film est juste un peu en deçà de Shanghai Express ou de Scarlet Empress (L’impératrice rouge), film sublime qui marquera la fin de la collaboration Sternberg / Dietrich.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Marlene Dietrich, Victor McLaglen
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15 octobre 2006

Trois camarades (1938) de Frank Borzage

Titre original : « Three Comrades »

Trois camaradesElle :
1921, dans l’Allemagne troublée de l’après-guerre, trois camarades à l’amitié très soudée tentent de reconstruire leur vie. L’arrivée d’une jeune femme éblouissante et fragile bouleverse leur existence. Cette histoire d’amour est pathétique car la vie de cette femme interprétée par une émouvante Margaret Sullivan ne tient qu’à un fil. Les trois amis mettent tout en leur pouvoir pour la sauver. Cependant, malgré la générosité et l’amour qui irradie cette histoire, le film a vieilli et certaines scènes sentimentales ont tendance à virer dans la mièvrerie et parfois le ridicule.
Note : 3 étoiles

Lui :
Frank Borzage est un réalisateur américain qui fut assez prolixe, tout particulièrement dans le domaine des mélodrames et des histoires d’amour fou. « Three comrades » est considéré comme l’un de ses films majeurs. Je dois bien avouer avoir un peu de mal à partager l’enthousiasme que génère généralement ce film, le côté mélo me paraissant trop marqué et assez convenu. Le film gagne toutefois en intensité dans son dernier tiers. Il reste la belle performance de Margaret Sullavan et surtout sa voix si particulière, frêle et presque envoûtante.
Note : 2 étoiles

Acteurs: Margaret Sullavan, Robert Taylor, Franchot Tone, Robert Young
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1 octobre 2006

« Fantôme à vendre » (1935) de René Clair

Titre original : « The ghost goes west »

Fantôme à vendre Elle :
Un château écossais vendu à un américain avec un fantôme en prime. Personnellement, cette comédie ne m’a pas beaucoup passionnée. Le film a pas mal vieilli.
Note : 2 étoiles

Lui :
Fantôme à vendre Amusante comédie anglaise de Réné Clair basée sur une histoire de château hanté écossais, démonté puis reconstruit aux Etats-Unis. La mise en place est un peu longue mais l’humour fonctionne encore parfaitement. La satire des américains est sans doute un peu caricaturale mais amusante et quelques scènes sont vraiment mémorables. Un film dans le meilleur style des comédies des années 30.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Robert Donat,Jean Parker, Eugene Pallette, Elsa Lanchester
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2 septembre 2006

Le testament du Dr Mabuse (1933) de Fritz Lang

Titre original : « Das Testament von Dr Mabuse »

Das Testament des Dr. MabuseElle :
(pas vu)

Lui :
Cette suite au Mabuse, le joueur, que Fritz Lang a tourné dix ans auparavant, peut bien entendu être vue indépendamment. C’est le second film parlant de Lang, tourné juste après M le maudit avec lequel il a quelques points communs : à la base, il s’agit aussi d’une histoire policière où le monde du crime est particulièrement organisé et efficace, et une nouvelle fois le film a aussi une couleur sociale et politique. L’organisation criminelle du Docteur Mabuse symbolise bien entendu le nazisme, avec tout un discours sur l’instauration d’un ordre nouveau que Lang met dans la bouche d’un homme pris de folie. Das Testament des Dr. Mabuse Le film fut d’ailleurs immédiatement interdit en Allemagne. Même vu 75 ans après sa sortie, Le Testament du Dr Mabuse frappe par la richesse de son scénario, l’intensité et la force de son déroulement. Il frappe aussi par la maîtrise et l’inventivité de sa mise en scène, les transitions entre certains plans sont remarquables et très modernes dans l’utilisation du son. Le film est prenant, particulièrement efficace car il sait rester très simple à aborder.
Note : 5 étoiles

Acteurs: Rudolf Klein-Rogge, Oscar Beregi, Otto Wernicke
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Affiche de la version française : Le Testament du Dr Mabuse Parallèlement à la version allemande, Lang a tourné une version française avec des acteurs différents. Cette version française, un peu plus courte (95′), est excessivement rare. Fritz Lang, aidé pour cette version par René Sti, aurait utilisé les mêmes décors et la même équipe technique. L’acteur interprétant Mabuse reste le même mais les autres rôles principaux sont tenus par les français Jim Gérald, Monique Rolland, Thomy Bourdelle et Maurice Maillot.

Ce fut le dernier film tourné en Allemagne par Fritz Lang. Il émigra en France puis aux Etats-Unis. Il ne reviendra en Allemagne qu’en 1959 pour y tourner ses 3 derniers films dont une suite à la série des Mabuse : « Le diabolique Docteur Mabuse » (1960). Ce sera son dernier film.

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30 août 2006

« Le FP1 ne répond plus » (1932) de Karl Hartl

Titre original : « F.P.1 antwortet nicht »

Le FP1 ne répond plusElle :
(pas vu)

Lui :
Curiosité: cet obscur film allemand de 1932 est l’un des rares films de science-fiction des années 30. On y construit une plate-forme au beau milieu de l’Atlantique, escale pour les avions qui traversent l’océan. C’est aussi et surtout une histoire d’amour mâtiné d’espionnage. Malgré quelques maladresses et quelques petites longueurs, il reste intéressant à regarder grâce à la qualité de son scénario, de la réalisation et de l’interprétation. A noter, l’une des toutes premières apparitions à l’écran de Peter Lorre, à l’époque encore en Allemagne qu’il quitta ensuite pour fuir le nazisme.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Hans Albers, Sybille Schmitz, Paul Hartmann, Peter Lorre
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Le film a été tourné en 3 langues avec 3 distributions d’acteurs :
Version allemande : F.P.1 antwortet nicht. C’est la version décrite ci-dessus.
Version anglaise : F.P.1., assez proche de la version originale avec toutefois des scènes sur la plate-forme moins nombreuses.
Version française : Le FP1 ne répond plus avec Charles Boyer et Pierre Brasseur. Cette version serait perdue.